Un cloaque en plein Paris - 1924

Un cloaque en plein Paris

La rue Richemond - Cliché Paris-Soir - 24 janvier 1924

Ne croyez pas que cette photographie représente une rue de banlieue après le passage de l'inondation. Non ! Il s'agit de la rue Richemond prolongée qui, dans le treizième arrondissement, relie la rue du Château-des-Rentiers à la rue Nationale.

Les travaux d'aménagement de cette voie ayant été abandonnés, la rue reste sans pavage, sans trottoir, sans lumière et sans égouts et les voitures ont pu tracer de profondes ornières dans une boite qui atteint 0 m. 20 d'épaisseur.

Ceci au centre d'un des quartiers les plus populeux de Paris — ce cloaque débouche, en effet, sur la rue Tolbiac — et ce n'est pas sans inquiétude qu'on se demande où vont les eaux résiduaires provenant des maisons de cette rue si pitoyablement délaissée.

Comment, après cela, s'étonner que le treizième arrondissement détienne un record comme foyer d'épidémie, et que la mortalité y soit particulièrement élevée !

Comment les enfants fréquentant cette savane parisienne n'y récolteraient-ils pas le germe de maladies contagieuses ?

Mais que font les services d'hygiène ? Ne pourraient-ils montrer, auprès des services compétents de la Ville de Paris un peu de cette exigeante sévérité dont ils savent faire preuve parfois dans des cas beaucoup moins graves !

Il y a là un scandale qui doit cesser.

Paris Soir — 24 janvier 1924

La rue Richemond prolongée prit le nom de rue Ponscarme le 13 janvirer 1934. François Joseph Hubert Ponscarme, dit Hubert Ponscarme (1827-1903) était sculpteur et médailleur.

Dernières mises en ligne

Dernières mises en ligne

Faits divers

La Folie de la Vitesse

Un dramatique accident s’est produit, hier, vers deux heures de l’après-midi, boulevard Kellermann, sous les yeux de nombreux témoins qui ont été profondément impressionnés.

Lire la suite


Dans la presse

Aux Gobelins: le nouveau jardin a été inauguré et ouvert au public

Hier matin, était inauguré, dans le quartier Croulebarbe, un nouveau jardin public. II s'étend sur 22.500 mètres carrés, derrière la Manufacture des Gobelins et le Garde-Meubles National.
C'est à Émile Deslandres que l'on doit cette initiative. Ayant représenté pendant plus de vingt-cinq années ce quartier, au nom du Socialisme, il s’était penché sur les misères et les besoins de la classe ouvrière dont il était lui-même. (1938)

Lire la suite


Saviez-vous que ...

C'est le 22 octobre 1944 que le jardin des Gobelins, encore appelé square des Gobelins depuis son inauguration en mai 1938, prit le nom de Square René Le Gall.

C'est arrivé dans le 13e...

 L'ami de « Nini La Pompe » - 1901

Rue Bobillot

L'ami de « Nini La Pompe »

Le Journal — 14 avril 1901

Un individu de mauvaise mine entrait hier soir, en compagnie d'une femme connue, dans le quartier de la Gare, sous le sobriquet de « Nini la Pompe », dans le débit de M. Antoine Falvine, marchand de vins, 2, rue Bobillot

Le couple, après s'être attablé, consomma force petits verres, si bien qu'à un moment, l'homme, surexcité, chercha querelle à sa compagne, une violente discussion éclata bientôt. Tout à coup, l'ami de « Nini la Pompe » saisit cette dernière et la précipita à travers la devanture du débit.

La glace vola en éclats et la malheureuse alla s'affaler sur le sol, couverte de blessures et criblée d'éclats de verre.

Le marchand de vins voulut intervenir, mais l'irascible consommateur, retournant alors contre lui sa colère, le frappa violemment avec un emporte-pièce dont il était porteur.

Puis il prit la fuite, poursuivi par les agents que l'on était allé prévenir. On parvint à capturer le dangereux individu place d'Italie, après avoir soutenu avec lui une lutte des plus mouvementées.

Les agents conduisirent leur capture au commissariat de M. Yendt, à qui il déclara se nommer Antoine Calmeni.

N'ayant pu obtenir de lui l'adresse de son domicile, le magistrat le fit enfermer dans la chambre de sûreté. Mais là, pris d'un accès de fureur alcoolique, il se dévêtit complètement, jeta ses habits dans le baquet, et complètement nu, se mit à arpenter sa cellule en poussant des cris qui attirèrent les agents.

En les voyant, Calneni, dont l'exaspération était à son comble, saisit un banc et le jeta à la tête d'un de ceux-ci, Pierre Perrichon, qui fut grièvement atteint. Conduit dans une pharmacie, il y fut pansé et regagna son domicile. Pendant ce temps, on ligotait Calmeni, que M. Yendt commissaire de police, expédiait au Dépôt.

L'état de « Nini la Pompe » est assez grave.


Un proverbe dit que l'on se lasse de tout.

Ce n'est pas vrai pour la Tour Eiffel, qui voit tous les jours augmenter le nombre de ses visiteurs ; on l'a vue, on la revoit et on y retournera toujours avec le même plaisir.


 Une mère qui martyrisait sa fillette a failli être lynchée par les voisins -

EMOTION DANS LE QUARTIER CROULEBARBE

Une mère qui martyrisait sa fillette a failli être lynchée par les voisins

Paris-Soir — 10 mai 1939

A l'école des filles de la rue Broca, la petite Jacqueline, âgée de 11 ans, arrivait chaque matin en classe avec de nouvelles plaies au visage et sur les jambes. Interrogée par ses petites camarades et par la maîtresse, elle refusait de répondre.

Une assistante sociale, informée du fait, enquêta, puis amena ce matin l'enfant au commissariat de police du quartier de la Salpêtrière.

L'inspecteur Dumont fut chargé d'aller chercher la mère, Yvonne Deuzet, 43 ans, demeurant 48, rue des Cordelières, et de l'amener au cabinet de M. Cauchet, commissaire de police.

L'inspecteur parvint non sans difficulté à protéger la femme Deuzet lorsqu'il quitta son domicile, car les voisins voulaient la lyncher.

Au commissariat, elle dut reconnaître qu'elle avait parfois la main leste et arrachait les cheveux de son enfant par poignées.

Elle a été mise à la disposition du parquet pour coups et privation de nourriture.

La petite Jacqueline, qui paraît quatre ans de moins que son âge, a été examinée par un médecin.

Elle a été confiée à une œuvre.


Importante mise au point sur
la SYMPATHICOTHÉRAPIE

Cette thérapeutique a été créée en 1929 par le Dr Gillet, ancien interne des hôpitaux, chevalier de la Légion d'honneur.

Mise au point depuis plus de dix ans par son créateur, elle lui a permis de sauver des milliers d'incurables atteints de maladies nerveuses, d'angoisse, d'anxiété, d'insomnies, de maux de tête, de neurasthénie, d'angine de poitrine, d'asthme, de rhume des foins, de névralgies, de rhumatismes, de paralysie, de tabès, de maladie de Little.

Depuis un an, après de patientes recherches, le Dr. Gillet a complété sa méthode en lui adjoignant la radio-activité. La Sympathicothérapie Radio-active est la seule méthode scientifique efficace, en un mot, vraiment complète. Elle permet d'obtenir des résultats jusqu'alors inconnus.

Le Dr Gillet effectue lui-même tous ses traitements. A l'exception de son assistant qui le seconde à son cabinet, 22, avenue de Villiers, il n'a aucun élève. Aucun médecin n'a le droit de se recommander de lui ou de sa méthode.

Le Docteur Gillet consulte 22, avenue de Villiers, à Paris. Il répond à toutes les demandes de renseignements qui lui sont adressées, et donne tous les mercredis à « Radio-37 », vers 20. h. 10, une consultation gratuite radiodiffusée.


 Expulsion des zoniers - 1895

Les pauvres gens


Expulsion des zoniers

  
Le Petit-Journal – Supplément du dimanche 23 juin 1895

Nous n'avons pas, on le sait, coutume d'exciter à la résistance contre l'autorité ; nous ne le ferons pas plus aujourd'hui que de coutume; mais, franchement, les règlements sont parfois bien durs et ceux qui les appliquent manquent parfois d'un peu d'humanité.

Évidemment  ils avaient tort les pauvres diables qui avaient, à la Porte de Gentilly, élevé sur la zone militaire des cahutes un peu trop hautes et le génie avait le droit de les rappeler à l'ordre. Mais n'est-ce point un axiome juridique que celui qui se formule ainsi : Summum jus, summum injuria, et se traduit par ces mots : Le droit extrême est une extrême injustice ?

Est-ce que l'ennemi est à nos portes, et quand bien même il approcherait, vous avez bien vu le peu de temps qu'il suffisait à détruire ces misérables cahutes; vous n'aviez pas besoin de vous y prendre avec autant d'avance.

Il y avait des enfants malades dans ces baraques et cela ne vous a point empêchés d'agir comme le font  vis-à-vis de leurs tenanciers les propriétaires irlandais que vous taxez de cruauté et qui ont au moins cette excuse de défendre leurs intérêts.

Mais vous, qu'est-ce que vous défendiez ?

Un règlement caduc ?

Et ces malheureux qui fuyaient emportant dans une mauvaise couverture leurs enfants grelottant de fièvre, croyez-vous qu'ils n'aient pas jetés des regards irrités sur les constructions bien plus importantes que leurs masures et que l'on autorise sur la zone militaire ?

En vérité, je vous le dis, ce n'est point par de tels procédés que vous avancerez la solution de la question sociale.

A lire, l'article paru dans la Lanterne le 10 juin 1895

Découvrir le 13e arrondissement...

La villa des Chiffonniers

La villa des Chiffonniers (Cité Doré)

Là-bas, bien loin, au fond d’un faubourg impossible, plus loin que le Japon, plus inconnu que l’intérieur de l’Afrique, dans un quartier où personne n’a jamais passé, il existe quelque chose d’incroyable, d’incomparable, de curieux, d’affreux, de charmant, de désolant, d’admirable.

La Bièvre
par J.K. Huysmans

La Bièvre représente aujourd'hui le plus parfait symbole de la misère féminine exploitée par une grande ville.

Née dans l'étang de Saint-Quentin, près de Trappes, elle court, fluette, dans la vallée qui porte son nom, et, mythologiquement, on se la figure, incarnée en une fillette à peine pubère, en une naïade toute petite, jouant encore à la poupée, sous les saules.

 

 

Jardin des Gobelins

Le verger des Gobelins

On sait que les tapissiers des Gobelins sont des techniciens hors pair, et non pas seulement des virtuoses, mais des artistes. Ce que l'on sait moins, c'est qu'ils ont tous leur violon d'Ingres. Ils invoquent, le dimanche venu, Pomone aux joues vermeilles, déesse des vergers, et s'escriment merveilleusement, qui de la bêche, qui du sécateur, du boyau ou de l'arrosoir.

 

La Bièvre et ses bords

Il est un coin de Paris d'étrange aspect, un paysage pittoresque et bizarre qui a déjà bien perdu de son caractère et qui, dans quelques semaines, ne sera plus qu'un souvenir; c'est cette vallée, au trois quarts comblée à aujourd'hui, que forme, à son entrée à la Maison-Blanche, la Bièvre, encaissée entre la Butte-aux-Cailles et le plateau de Montsouris.


Dernières mises en ligne

à découvrir

Faits divers

La bande de la « Saucisse »

Toute une association de voleurs vient d'être capturée hier, par M. Cadoux, commissaire de police du quartier de la Maison-Blanche.
Ces individus, au nombre de six, quatre hommes et deux femmes, sont les auteurs des nombreux vols commis récemment dans les treizième et quatorzième arrondissements.

Lire la suite


Dans la presse

Un jardin unique en son genre, celui des Gobelins, va être inauguré la semaine prochaine

Paris aura la semaine prochaine un nouveau jardin public, un très beau jardin. Il n’en possédera jamais trop !
Le fait est d’autant plus intéressant que ce nouveau jardin se trouve dans un arrondissement, au reste fort peuplé, le 13e, qui, il y a encore un an, ne possédait pas le moindre square. (1938)

Lire la suite

 La rue des Peupliers vue par Jules Mary

La rue des Peupliers vue par Jules Mary

Dans son roman "Perdues dans Paris", paru en feuilleton en 1908, le prolifique auteur populaire prenait le 13ème arrondissement pour cadre des mésaventures de ses héroïnes et donnait une rude description de la rue des Peupliers.

Lire la suite

 Expulsion des zoniers - 1895

Les pauvres gens


Expulsion des zoniers

  
Le Petit-Journal – Supplément du dimanche 23 juin 1895

Nous n'avons pas, on le sait, coutume d'exciter à la résistance contre l'autorité ; nous ne le ferons pas plus aujourd'hui que de coutume; mais, franchement, les règlements sont parfois bien durs et ceux qui les appliquent manquent parfois d'un peu d'humanité.

Évidemment  ils avaient tort les pauvres diables qui avaient, à la Porte de Gentilly, élevé sur la zone militaire des cahutes un peu trop hautes et le génie avait le droit de les rappeler à l'ordre. Mais n'est-ce point un axiome juridique que celui qui se formule ainsi : Summum jus, summum injuria, et se traduit par ces mots : Le droit extrême est une extrême injustice ?

Est-ce que l'ennemi est à nos portes, et quand bien même il approcherait, vous avez bien vu le peu de temps qu'il suffisait à détruire ces misérables cahutes; vous n'aviez pas besoin de vous y prendre avec autant d'avance.

Il y avait des enfants malades dans ces baraques et cela ne vous a point empêchés d'agir comme le font  vis-à-vis de leurs tenanciers les propriétaires irlandais que vous taxez de cruauté et qui ont au moins cette excuse de défendre leurs intérêts.

Mais vous, qu'est-ce que vous défendiez ?

Un règlement caduc ?

Et ces malheureux qui fuyaient emportant dans une mauvaise couverture leurs enfants grelottant de fièvre, croyez-vous qu'ils n'aient pas jetés des regards irrités sur les constructions bien plus importantes que leurs masures et que l'on autorise sur la zone militaire ?

En vérité, je vous le dis, ce n'est point par de tels procédés que vous avancerez la solution de la question sociale.

A lire, l'article paru dans la Lanterne le 10 juin 1895

Dernières mises en ligne

Et aussi ...

Faits divers

Sur les bords de la Bièvre - 1874

Il y a entre la place d'Italie et le parc de Montsouris, tout un quartier inconnu plus étranger aux Parisiens, que la Sibérie ou la Chine. Les rues y sont irrégulières, montueuses, peu ou mal pavées, absolument privées de gaz. À peine, la nuit, de distance en distance, la lueur fumeuse d'un antique réverbère, perce-t-elle le brouillard de la Bièvre, qui y roule sinueusement ses eaux puantes et noires.

Lire la suite


Dans la presse

Les projets pour le XIIIe arrondissement

Le treizième arrondissement se compose, comme le douzième, d'une fraction de l'ancien Paris et d'une partie annexée. Cette dernière est comprise entre les anciens boulevards extérieurs, les rues de la Santé et de la Glacière, les fortifications et la Seine. La butte des Moulins, la butte aux Cailles et les bas-fonds de la Bièvre, en font une des régions les plus mouvementées de la zone suburbaine, et, par conséquent, une de celles qui présentent le plus d’obstacles à une viabilité régulière; de là, des tâtonnements et de longues études. (1863)

Lire la suite