entete


UNE ÉVOCATION DU 13E ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

Menu article

Lu dans la presse...

La cité des Kroumirs

II y a un an, les Kroumirs étalent absolument inconnus en France ; aujourd’hui, comme les Cosaques et les Bédouins, ils ont pris place dans le vocabulaire populaire. Kroumir est passé expression de mépris. La cité des Kroumirs n’est donc pas bien vielle, et son aspect n’a rien qui puisse exciter l’envie. (1882)

Lire


On reconstruit l'Hôpital de la Pitié

M. Justin Rochet, l'architecte chargé des travaux, nous explique dans quelles conditions sera construit le nouvel établissement... (1906)

Lire


M. Poincaré inaugure le nouvel hôpital de la Pitié

M. Poincaré a présidé ce matin l'inauguration du nouvel hôpital de la Pitié. (1913)

Lire


L'achèvement de la rue Jeanne d’Arc

Le Bulletin Municipal a enregistré l'expropriation, pour cause d'utilité publique, d'un certain nombre de maisons du 13° arrondissement, situées rue Jenner, boulevard de l'Hôpital, rue Esquirol, passage Crouin, place Pinel, cité Doré, avenue Constance, avenue Constant-Philippe et boulevard de la Gare. (1914)

Lire


Une promenade à l’ancienne Butte-aux-Cailles

Ce serait un petit concours à ouvrir : « Quel est le quartier de Paris, qui a le plus changé depuis quinze ans ? » Et il y a gros à parier que le quartier de la Glacière, alias de la Butte-aux-Cailles, se rangerait dans le peloton de tête. (1923)

Lire


L'oasis et le cloaque

Il y a des quartiers de Paris qui n'ont vraiment pas de chance ! Le quartier de la Gare, dans le treizième arrondissement, par exemple... (1934)

Lire


Un métier inconnu

Rue Xaintrailles, derrière l'église Jeanne d'Arc, demeure une pauvre vieille grand'maman qui nourrit sa fille et ses petites-filles de crottes de chiens cueillies à l'aube sur les avenues qui rayonnent de la place d'Italie. (1893)

Lire


La Ville de Paris va-t-elle enfin s'occuper de la cité Jeanne-d'Arc ?

Près de la place d'Italie, entre la rue Jeanne-d'Arc et la rue Nationale, la cité Jeanne-d'Arc forme une sorte de boyau gluant, sombre, bordé de mornes bâtisses de cinq ou six étages aux murs zébrés de longues moisissures. Dès la tombée de la nuit, le coin n'est pas sûr... (1931)

Lire


La cité Jeanne-d'Arc a été nettoyée de ses indésirables

La Cité Jeanne-d'Arc, cet îlot lépreux et insalubre qui, dans le 13e arrondissement, groupe autour de quelques ruelles ses immeubles sordides, entre la rue Jeanne-d'Arc et la rue Nationale, a vécu aujourd'hui un véritable état de siège. (1935)

Lire


L'inauguration de la rue Jeanne-d'Arc (prolongée) dans le XIIIe arrondissement

La municipalité parisienne a inauguré, ce matin dans le 13e arrondissement, le prolongement de la rue Jeanne-d'Arc qui relie ainsi le quartier des Gobelins à celui de la Gare. (1936)

Lire


L'inondation de la Bièvre

La Bièvre, pendant l'orage de mercredi, s'est mise en colère ; terrible colère, dont nous avons déjà signalé hier les principaux effets, et dont je suis allé voir les traces avant qu'elles ne fussent effacées. (1901)

Lire


Arsène Lupin à l’Eden des Gobelins

A l'Éden des Gobelins, l'entr'acte passe en grande vedette, vers 10 h. 20. (1933)

Lire


Les on-dit

Mais je vous jure que je n'ai jamais mis les pieds aux Gobelins, Comme tout vrai Parisien, je connais mal Paris. Je serais aussi dépaysé aux Gobelins que dans l'Arkansas. (1904)

Lire


Élection de la reine de l'Association artistique du treizième arrondissement

Cinq cents personnes environ assistaient, hier soir, à l'Eden des Gobelins, à l'élection de la reine de l'Association Artistique du treizième arrondissement. (1911)

Lire


 sans titre 1

23 juillet

Dernières dépêches de notre correspondant

À quel point de son parcours à travers Paris la Seine reçoit-elle, dans ses eaux glauques, son impétueuse affluente la Bièvre ?

Il n'y a pas beaucoup de semaines, vous vous en souvenez, Parisiens de la rive gauche, côté sud-sud-ouest, les ondes de cette rivière parfumée, tout à coup devenues torrentueuses, vous submergèrent. Elles laissèrent, a-t-on dit, sur des tables de salle à manger, sur des buffets, sur des commodes, même dans des chambres de premier étage, des débris de veau mégis, de mouton maroquiné, de peaux de vache évadées de la fosse à tan.

Puisque je suis en exploration (ni scientifique, ni militaire, ni civilisatrice — tranquillisez-vous, aborigènes) dans ces contrées, et puisque la folle Bièvre, au dire des géographes, se jette dans les bras de la Seine majestueuse entre le Pont-Neuf, où je suis, et le Jardin des Plantes, où je vais, que pourrais-je mieux faire que de déterminer exactement le lieu de leur rencontre.

D'abord, descendons reconnaître cet îlot boisé qui est en bas, très en bas de la statue d'Henri-IV. On l'appelle le Jardin du Vert-Galant. C'est assurément, par ces torrides chaleurs, l'endroit le mieux ombragé, le plus frais, le plus calme de la Ville. Des arbres plusieurs fois séculaires, saules et peupliers, y déploient des branchages de forêt vierge — une forêt vierge qui serait de plain-pied avec un bateau de blanchisseuses. Vous croyez peut-être que l'on s'y presse en foule ? Erreur. Il n'y a que le gardien en uniforme, perché, endormi dans une jolie logette, et moi, qui ai cinquante mètres de bancs pour m'asseoir.

Mais je ne m'assieds pas ! Je remonte l'escalier de granit. Je rejoins la cité glorieuse, navire et berceau de la civilisation française. Toute notre civilisation, oui, est là, résumée, concentrée.

Un Palais de Justice où l'on compte des tribunaux de toutes les sortes ; un hôpital, deux prisons, une caserne, la préfecture de police, une cathédrale, le marché aux fleurs, un cimetière, la Morgue, et la statue de Théophraste Renaudot.

Qu'est-ce que tu dis de ça, toi vrai grand homme, tard connu, le premier en date et le plus justement illustre des journalistes ?

La Morgue ! J'y entre. Il y a foule de ce côté-ci de la vitrine, et aussi de l'autre côté.

La morgue au Pont de l'Archevêché

Ils sont cinq sur des dalles de marbre couchés presque coude à coude : une vieille femme à chevaux blancs ; une très jeune blonde ; encore une qui paraît avoir trente-cinq ans ; deux hommes : l'an, grand, de beau visage, les joues racées, cheveux en brosse, épaisse moustache grise ; l'autre est jaune et laid, petit, malingre, traits sinistres.

Tous, hommes et femmes, sont des pauvres gens. Je me retrace, j'imagine, leur histoire...

Un remous se fait dans le public spectateur. Plusieurs s'en vont ; d'autres curieux les remplacent. Parmi ceux-ci, un jeune garçon d'allures distinguées, de costume élégamment débraillé. Un étudiant en droit peut-être, qui sera, dans quelque vingt ans d'ici, député, préfet ou magistrat. Il a à son bras une fille gentille, qui se serre contre lui, subitement devenue sérieuse, frissonnante.

Est-ce une hallucination ? J'ai cru voir la vieille, de l'autre côté de la vitre tressaillir, et aussi la jeune, et aussi le vieux à la moustache grise.

Le petit homme aux traits sinistres a ricané.

Je me sens devenir pâle, j'ai froid jusqu'au cœur. Je sors vite, frôlant un peu rudement le bel étudiant. Pourquoi ai-je eu l'envie de l'interpeller ? Il ne m'a rien fait, ce jeune homme, rien ... et il est innocent des cinq cadavres qui sont là.

Je reviens sur mes pas : dans l'ombre noire de l'église Notre-Dame ; je repasse devant le morne Hôtel-Dieu ; je contourne la brutale caserne de la Cité. Revoici le bon Théophraste. Je relis les deux belles phrases, belles et vraies éternellement, qu'on a gravées sur son socle... Encore le Palais de Justice, avec des gardes de Paris en faction. Et, en face, des factionnaires encore, des gardiens de la paix, le sabre au clair et des pompiers armés de fusils !

Je marche, ne regardant plus rien, songeant.

Quand ma songerie cesse je suis dans un jardin étrange, tout coupé d'enclos où sont des bêtes parquées. Féroces, timides ou familières, elles sont toutes pareillement prisonnières. Des flâneurs les regardent, ayant, devant les redoutables, un petit frémissement de peur, hardis et agaçants à l'égard des inoffensives. Là-bas on rit, autour d'une haute rotonde grillagée, remplie de singes grimaçants. J'en remarque un, tout en haut, qui gesticule plus que les autres ; il tient quelque chose qui parait être une sonnette. Il ressemble étonnamment au président du Palais-Bourbon.

Mais je n'ai toujours pas trouvé l'embouchure de la Bièvre. Elle traverse, me dit un plan que je consulte, le boulevard de l'Hôpital, Un pan de mur indiqua, en effet, qu'elle arrive là, entre les rues Buffon et Polonceau. On n'approche point de ses rives ; des propriétaires de jardins s'en sont emparés. Fort bien. Mais l'embouchure. Il n'est pas dans la coutume des rivières de finir sur un boulevard.

Vainement je cherche. L'estuaire de celle-ci est-il plus introuvable que les sources du Nil ?


<<<<<<                    >>>>>>



Le Treizième

A découvrir


Taupin (ou les aventures d'un petit chien à travers le 13e arrondissement)

Dans sa série "Les Contes de mille et un matins", le quotidien Le Matin publia, le 30 janvier 1909, un "roman bref" signé Séverine (1855-1929), auteure et militante féministe alors en vogue, intitulé Taupin, ayant pour décor le 13e arrondisssement.

Lire "Taupin"

Un crime passionnel (ou l'histoire de la petite Jeannette, qui vivait dans le noble quartier de la Gare)

Mentionner, dans une nouvelle ou un roman, le quartier de la Gare, des Gobelins, de la Maison-Blanche ou du Faubourg-Saint-Jacques donna, pendant longtemps, aux récits une marque d'exotisme et était suffisant pour susciter un vague frisson.

Les frères Joseph-Henri et Séraphin Boex, plus connu sous le pseudonyme commun de J H Rosny, l'avaient, eux aussi, compris.

C'est le quartier de la Gare qu'ils prirent pour cadre d'une nouvelle parue dans le Journal, en 1908.

Même si l'on n'apprend rien sur le quartier, la nouvelle en dit long sur les moeurs que l'on prétait aux habitants et l'idée que l'on s'en faisait.

Lire " Un crime passionnel"

La rue des Peupliers vue par Jules Mary

Dans son roman "Perdues dans Paris", paru en feuilleton en 1908, le prolifique auteur populaire prenait le 13ème arrondissement pour cadre des mésaventures de ses héroïnes et donnait une rude description de la rue des Peupliers.

Lire la suite

Le Treizième

Saviez-vous que ... ?


La rue Henri Pape s'appelait jusqu'en 1897, rue Edmond-Valentin

 

Charles Le Boucq (1868-1959) fut député du 13ème arrondissement de 1906 à 1928. Spécialisé dans les questions économiques, il présida le groupe d'action économique, rapporta divers budgets, notamment ceux du ravitaillement, des essences et pétroles, de la marine marchande, ainsi que le projet de loi sur la production d'ammoniaque synthétique. Après son échec de 1928, Charles Le Boucq abandonna la carrière politique.

 

En 1878, le directeur de l'Alcazar d'Italie, un bal situé 190 avenue de Choisy, était M. Albert Barjon.

 

sans titre 2

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte