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UNE ÉVOCATION DU 13E ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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Lu dans la presse...

Les eaux thermales de la Butte-aux-Cailles

Nous avons pu rencontrer ce matin le sympathique conseiller municipal du treizième arrondissement, M. Henri Rousselle, sur l'initiative de qui les travaux avaient été poursuivis et qui, tout heureux du résultat obtenu, nous a donné sur le puits artésien de la Butte-aux-Cailles les renseignements suivants... (1903)

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Le dispensaire Emile-Loubet

Le quartier de la Gare était en fête hier, et la population de travailleurs qui l'habite a chaleureusement manifesté au Président de la République les sentiments de gratitude qu'elle nourrit à son égard pour la nouvelle preuve de sollicitude qu'il vient de lui donner en faisant édifier l'établissement philanthropique qui portera désormais son nom. (1905)

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Trois îlots à détruire d'urgence

Avant que d'être un égout, la Bièvre, semblable en cela à tant d'autres cours d'eau avait eu ses caprices, et avait formé, entre ce qui est maintenant le boulevard Arago et l'avenue des Gobelins, un îlot coquet, au milieu duquel poussait, au hasard des apports du vent, une flore des plus variées. (1923)

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L'inauguration du monument aux Mères Françaises

En présence de M. et Mme Albert Lebrun a été inauguré hier, boulevard Kellermann, près de la porte d’Italie, le monument élevé à la gloire des mères françaises, œuvre des sculpteurs Bouchard et Dalcatone et des architectes Greber et Bigot. (1938)

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Une nouvelle église paroissiale à Paris

Le quartier populeux de la Maison-Blanche, dans le treizième arrondissement, était hier en fête. (1900)

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La piscine de la Butte-aux-Cailles sera le type des piscines futures

D'une architecture utilitaire, le bâtiment accolé aux bains-douches, place Paul-Verlaine, aura son entrée spéciale conduisant à trois étages de 50 cabines chacun. Chaque étage aura sa couleur particulière, à laquelle répondront les couleurs des caleçons. (1921)

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Effondrement d'une maison place Pinel

Mercredi matin, vers dix heures, a eu lieu un accident qui aurait pu prendre les proportions d'une véritable catastrophe.
Une maison à plusieurs étages, située place Pinel, près de la barrière d'Italie, et portant le numéro 3, a subi soudain un affaissement assez considérable, et une profonde excavation s'est produite.
On sait que tout ce quartier est construit sur les catacombes... (1883)

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Un Meeting des Locataires de la Cité Jeanne-d’Arc

L'on sait que l'Assistance Publique a racheté la cité Jeanne-d'Arc pour faire démolir les noires masures qui la composent et édifier à leur place, sur les cinq mille mètres carrés qui s'étendent là, au fond de ce populeux quartier de la Gare, entre les rue Jeanne-d'Arc et Nationale, des maisons ouvrières à bon marché, gaies, saines et claires. (1912)

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Tonneaux !... Tonneaux !...

Cet après-midi, à 15 heures, boulevard de la Gare, s'est disputée une originale compétition : la course des « rouleurs de futailles ». (1923)

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L'orage

Un orage d'une violence extraordinaire s'est abattu hier après-midi sur Paris. Vers une heure, des nuages lourds venant du Sud-Est s'amoncelaient, et à deux heures et demie de grosses gouttes de pluie commençaient à tomber. (1901)

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La transformation de Paris-Austerlitz

Depuis la mise en service, pour les messageries de Paris-Austerlitz, des vastes hangars, d'aspect solide, modernes, édifiés en bordure de la rue du Chevaleret, et dont l'entrée se trouve, ainsi que, nous l'avons dit, boulevard de la Gare, à Paris, une armée de travailleurs fait disparaître les anciens quais couverts de la rue Sauvage, ce qui aura pour, avantage de donner à ce coin plus d'air et, avec de petits bâtiments coquets, un cachet plus artistique. (1929)

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De Paris à Paris par le chemin de fer de ceinture

La ligne de fer se relève aux environs de la MAISON BLANCHE, nom charmant qui s'applique à une contrée peu connue et d'un aspect étrange. C'est assurément le coin de Paris le moins fréquenté Ces solitudes attendent un historien et un géographe, et nous espérons les explorer un jour avec nos lecteurs (1873)

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Les trains de voyageurs de la Petite Ceinture cesseront de fonctionner dimanche prochain

Le train à voyageurs dont le terminus est la station Maison-Blanche, qu'il atteint un peu avant 23 heures, sera le dernier à rouler sur ces voies, dimanche soir. Saluons-le, nous ne le reverrons plus ! (1934)

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Un syndicat d'indigents

La cour des Miracles était hier soir en grand émoi ; elle avait transporté cahin-caha, béquillant et gesticulant, ses pénates dans le quartier de la Gare, rue Nationale, tout là-bas, au bout de Paris, près de la barrière d'Italie. Il faut dire que le 13° arrondissement a un maire, M. Thomas, « qui fait des économies sur les fonds alloués par la Ville au service de bienfaisance, et qui, cette année, a rendu 50,000 francs à l'Assistance publique ». (1897)

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 Les monstres de Paris - Paul MAHALIN (1879)

Les monstres de Paris

de
Paul MAHALIN (1879)

I
LE PASSAGE DES RECULETTES

Le noctambule par goût ou par nécessité — comme Paris en a tant compté depuis Gérard de Nerval jusqu'à Privat d'Anglemont — qui se serait aventuré, par une nuit boréale de novembre dernier, à l'une des embouchures du passage des Reculettes, y aurait éprouvé l'impression d'un rêve persistant à travers la veille, et s'y serait cru transporté dans ce monde de la chimère et du fantôme, au sein duquel nous introduisent — par une fissure de leur cerveau — les Clément Brentano, les Jean-Paul Richter, les Achim d’Arnim et les Adalbert de Chamisso.

Le passage des Reculettes relie la rue Croulebarbe à la rue du Petit-Gentilly, sur les bords de la Bièvre, à l'ombre de la Butte-aux-Cailles.

C’est un boyau en ligne brisée, bordé de maisons gluantes, pelées, cagneuses, borgnes, louches; aux murailles moisies et lépreuses, suintant le vice, la misère et l'humidité par tous les pores. Quelques-unes de ces masures sont raccordées entre elles par des palissades de planches pourries, derrière lesquelles s'étendent de maigres cultures, des jardinets morts- nés et des cours où les poules picorent sur des tas de détritus et de fumier.  Çà et là se dresse la charpente d'un séchoir de mottes à brûler ou d'un hangar à chiffons.

Le jour, cette ruelle si étroite que le soleil n'y arrive jamais jusqu’au sol, grouille de loques qui pendent aux fenêtres, de chiens errants qui cherchent leur vie dans des montagnes d'immondices, d'enfants hâves qui barbotent dans des mares de fange ou s'ébrouent dans une nappe de poussière, de commères dépenaillées qui jacassent et se disputent, parfois même se crêpent le chignon, — en toute tranquillité, du reste, — et de biffins (chiffonniers) qui cuvent, le nez ou la nuque sur leur cachemire d’osier, la lourde ivresse du casse-poitrine ou du petit-bleu.

Le soir, elle devient effrayante. Chacun de ses redans, de ses coins et de ses détours, semble abriter l'attaque, l'embûche, le guet-apens, prêts à essorer subitement. On soupçonne un couteau ouvert derrière chaque porte fermée. De rares réverbères — accrochés par des fils de fer à la hauteur des premiers étages selon l'ancienne mode, — épandent sous eux d'opaques lueurs, à la faveur desquelles le voyageur attardé ou égaré s'imagine involontairement déchiffrer sur les murs la vieille inscription si fréquente dans les « mauvais endroits » des sierras espagnoles : A qui mataron a hombre - Ici on a tué un homme.

La nuit où commence ce récit, le vent soufflait en foudre, comme disent les marins; il pleuvait de la neige fondue; aucun rayon stellaire ne tombait d'un ciel chargé de frimas, et les ténèbres qui bondaient le passage des Reculettes paraissaient plus noires, plus épaisses, plus insondables et plus formidables.

Cependant ces ténèbres vivaient; la ruelle n'était point déserte. Des formes indécises y remuaient; des silhouettes démesurées, infinies, gigantesques, traversaient les zones de lumière espacées. Des masses vagues rasaient le sol, rampant comme des larves le long des maisons ou sautelant comme des crapauds au milieu dos cloaques. Des faces bestiales grimaçaient, des corps disloqués se tordaient sous les reflets falots des lanternes municipales, qui grésillaient dans l'averse et faisaient miroiter l'eau sale des ruisseaux. Goliaths, gnomes, clowns et sorcières, c'était comme un défilé inouï d'êtres surnaturels qui s'exagéraient ou se dilataient dans la vapeur de l'éloignement. Le songe tournait au cauchemar. Ce coin de Paris prenait les aspects du Broken. Vous auriez juré que tous les hôtes du sabbat allemand s'y étaient donné rendez-vous pour vaquer aux délires de la Walpürgisnacht.

Un brave Germain, nourri d'Hoffmann et de son école, n'eût point hésité à l'affirmer et à sentir sa moelle se figer dans ses os à ce spectacle fantastique.

La vérité nous oblige pourtant, à déclarer que celui-ci n'avait pas l’air d'impressionner outre mesure les deux gardiens de la paix qui stationnaient, à peu près au milieu du passage, dans une sorte de clarté rougeâtre vers laquelle ce fourmillement se dirigeait...

Immobiles sous l'ondée, embossés dans le capuchon de leur capote d'uniforme, le revolver au ceinturon et la poignée du sabre à portée de la main, ainsi qu'il convient dans les quartiers excentriques, ils assistaient avec impassibilité à cette fantasmagorie et regardaient sans étonnement les groupes bizarres s'engouffrer dans une fissure qui trouait l'une des clôtures de planches dont nous avons parlé tout -à l'heure, et qui, de loin, ressemblait au luisant orifice d'un abîme.

Parfois, sur le seuil de cette ouverture, ces groupes se bousculaient, se chamaillaient, se gourmaient, et il en jaillissait des exclamations, des éclats de rire et des jurons.

Alors, du même ton qu'il eût gourmandé la Petite Bourse du boulevard ou invité un rassemblement à se disperser, l'un des deux surveillants de la morale publique prononçait le quos-ego sacramentel :

— Circulez, mesdames et messieurs, circulez !

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À la longue, cependant, la file de ces « messieurs » et de ces « dames » avait fini par disparaître tout entière à l'intérieur de la clôture, et, derrière celle-ci, surgissaient maintenant, assourdis par la distance, des bruits de musique enragée qui faisaient hurler les chiens dans les cours.

Un pas décidé clapota dans la boue, et une voix sonore s'éleva :

— Tiens ! Vigneron et Sallerin !... Bonsoir, la Coterie !... Ça va-t-il ?...

L'un des agents se pencha en avant pour déchiffrer qui lui parlait; puis, après examen :

 — Ah ! c'est vous, Terrasson !... Pas mal, à la fraîche !... Et la vôtre ?... Vous êtes donc de corvée par ici ?...

Terrasson qui avait les poings en foncés jusqu'aux coudes dans les poches de son paletot, un chapeau haut de forme planté sur l'oreille et une grosse canne sous le bras, était un quidam comme un autre, et que néanmoins, personne n'eût pris pour vous ni moi.

— Vous me croirez si vous voulez, reprit-il jovialement; mais là, foi d'inspecteur, j'aurais mieux aimé qu'on m'envoyât à l'Opéra, aux Italiens ou au Skating de la rue Blanche... Quel fichu temps! à ne pas mettre tant seulement un clerc d'huissier dehors !... Le Père Éternel se sera offert un bain froid ce matin, et, pour sûr, il aura oublié de fermer le robinet de sa baignoire…

Le second gardien demanda :

— Est-ce que vous avez quelqu'un à servir dans les environs ?...

— Oui : un cul-de-jatte qui a effarouché une toquante (montre) dans un omnibus.

— Un cul-de-jatte ?...  Dans un omnibus ?... Contez-nous donc ça, Terrasson…

— Oh ! mon Dieu, la chose est bien simple ! Il s'agit d'un nommé Saturnin Riflard, dit « Nib-de-Quilles », — signalé depuis longtemps à l'administration… Il y a trois jours, en revenant de travailler sur la place du Château d’eau,  ce coquin monte dans la voiture de Belleville, Quand je dis monte, vous comprenez, ç'est une façon de m’exprimer. Le conducteur est obligé de le prendre dans ses bras comme un moucheron  au maillot et de le poser sur la banquette… Naturellement en voyant ce trognon humain, les voyageurs sont restés de fond en comble. La main à la poche, sacrebleu !...  On se cotise à qui mieux mieux, et l’on remet le fruit de la collecte à notre estropié, qui remercie les âmes charitables, se fait descendre  — c'est le mot — à l'ancienne barrière et s'évapore sur ses béquilles et sur sa planchette à roulettes. Quelques minutes plus ; tard, une dame, qui était assise à côté de lui, veut regarder l'heure à sa montre. Ah! ouiche!. Disparue ! évanouie ! subtilisée!...  La brave femme-était refaite… Ce qui prouve qu'en omnibus, ce n'est pas le tout de se laisser aller aux élans de la philanthropie, faut encore avoir l'œil ouvert sur les doigts crochus de ses voisins...

— Et alors ?

— Alors la volée a porté plainte, et, pour dénicher le voleur, j'ai vainement fouillé les garnis de la Courtille, du quartier du Pont-de-Flandres et de la Butte-aux-Cailles. Il ne me reste plus qu'à explorer le Beuglant des Phénomènes. Or, comme, entre autres mal bâtis, il y a dans cet Alcazar bon nombre de colimaçons à trois pattes…

— Il est de fait, opina le premier des gardiens, que nous en avons vu abouler une flotte; même qu'il y avait du beau sexe… Seulement, allume, allume, copain !... On n'est pas commode, là-dedans. La semaine passée, on y a manqué de dévorer un municipal...

 

A suivre, un jour peut-être ...
Le Treizième

A découvrir


Taupin (ou les aventures d'un petit chien à travers le 13e arrondissement)

Dans sa série "Les Contes de mille et un matins", le quotidien Le Matin publia, le 30 janvier 1909, un "roman bref" signé Séverine (1855-1929), auteure et militante féministe alors en vogue, intitulé Taupin, ayant pour décor le 13e arrondisssement.

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Un crime passionnel (ou l'histoire de la petite Jeannette, qui vivait dans le noble quartier de la Gare)

Mentionner, dans une nouvelle ou un roman, le quartier de la Gare, des Gobelins, de la Maison-Blanche ou du Faubourg-Saint-Jacques donna, pendant longtemps, aux récits une marque d'exotisme et était suffisant pour susciter un vague frisson.

Les frères Joseph-Henri et Séraphin Boex, plus connu sous le pseudonyme commun de J H Rosny, l'avaient, eux aussi, compris.

C'est le quartier de la Gare qu'ils prirent pour cadre d'une nouvelle parue dans le Journal, en 1908.

Même si l'on n'apprend rien sur le quartier, la nouvelle en dit long sur les moeurs que l'on prétait aux habitants et l'idée que l'on s'en faisait.

Lire " Un crime passionnel"

La rue des Peupliers vue par Jules Mary

Dans son roman "Perdues dans Paris", paru en feuilleton en 1908, le prolifique auteur populaire prenait le 13ème arrondissement pour cadre des mésaventures de ses héroïnes et donnait une rude description de la rue des Peupliers.

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Le Treizième

Saviez-vous que ... ?


La rue Berbier du Mets tient son nom de Gédéon Berbier du Mets (1626-1709), qui fut le premier Intendant général du Garde-Meuble de la Couronne, ancêtre du Mobilier national.

 

35.892 électeurs étaient inscrits sur les listes du 13ème pour le premier tour des élections municipales du 3 mai 1925. 30.289 votèrent. Seul, M. Colly, du quartier de la Gare, fut élu à ce premier tour.

 

La marché découvert des Gobelins — que l'on appelle aujourd'hui le marché Auguste-Blanqui — remplaça le marché couvert à compter du 9 mai 1898 et, comme maintenant, se tenait les mardis, vendredis et dimanches.

 

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