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UNE ÉVOCATION DU 13E ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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Lu dans la presse...

Les grands travaux de l’édilité parisienne

Dans le XIIIe arrondissement, quartier de la Butte-aux-Cailles, c'est toujours de la grande voie de transit que l'on s'occupe. (1877)

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L'épidémie de la Maison-Blanche.

Malgré les défenses qui leur sont faites et avec l'insouciance de leur âge, les enfants du quartier s'introduisent actuellement dans la décharge et ils s'y amusent avec les fémurs et les tibias qu'ils découvrent à chaque pas. (1890)

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La Peste

La Bièvre est un ruisseau tout noir
Qui sent comme un goût d'urinoir…

chantait ce pauvre Rivoire, qui chantait si lugubrement la triste épopée d'un grelotteux de la Glacière. (1890)

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L’épidémie de la Bièvre

Nous sommes retournés hier soir aux abords du charnier de la Bièvre.
Voici les nouveaux renseignements que nous y avons recueillis. (1890)

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Le plan d'assainissement du quartier Maison-Blanche

Il existe dans le XIIIe arrondissement (quartier de la Maison-Blanche), un immense quadrilatère de plus de 60 hectares de superficie, qui laisse presque tout à désirer sous le rapport des communications et de la salubrité. (1881)

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La Butte-aux-Cailles

Situé sur les confins du XIVe et du XIIIe arrondissement, l'ancien quartier de la Glacière est, ou plutôt était, il y a peu de temps, un des côtés les plus curieux du nouveau Paris. Las deux bras de la Bièvre s'enchevêtrant, à peine ombragés par quelques maigres peupliers, dans les replis escarpés de la Butte-aux-Cailles. (1877)

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Enquête publique sur les projets de voiries intéressant les 13e et 14 arrondissements

Une enquête est ouverte, pendant quinze jours consécutifs, à partir d'aujourd'hui, aux mairies des 13e et 14e arrondissements, sur divers projets de voirie intéressant cette partie annexe de la capitale. A l'appui des plans déposés, l'administration a joint une légende explicative, dont nous reproduisons les termes. (1863)

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Les nouvelles places de Paris

On s'occupe en ce moment de la régularisation et de la décoration de douze places principales, établies sur remplacement d'anciennes barrières supprimées. (1866)

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Travaux parisiens

Les anciens boulevards extérieurs de la rive gauche sont, depuis plusieurs mois, l'objet de travaux analogues à ceux qui ont été entrepris sur les boulevards de la rive droite. Ces travaux ont trait à la zone comprise entre le pont de Bercy et la place de l'ex-barrière d'Enfer. (1863)

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Le point sur les travaux de la place d'Italie

On entreprend en ce moment à la place d'Italie des travaux de voirie analogues à ceux de la place de l'Arc-de-l'Etoile et de la place du Trône. On établit un plateau circulaire avec huit boulevards, squares, maisons monumentales, si l'industrie toutefois veut se risquer à les édifier. (1869)

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Milla ans sous la terre

Dans un quartier de Paris, renommé par ses tanneries, ses peausseries, et surtout par la manufacture des Gobelins, hélas ! incendiée en partie, est un vaste terrain, où s'élevait jadis une église dédiée à saint Martin, au faubourg Saint-Marcel. (1871)

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Les chasseurs de cabots

Un jour, j'entre au marché... aux chiens, situé sur le boulevard de l'Hôpital. Il y avait environ cent-cinquante ou deux cents de ces intéressants animaux les uns aboyaient, les autres jappaient, quelques-uns mêmes gémissaient. (1868)

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L’ouverture du chemin de fer de ceinture

Le terrain s'abaisse et la vue s'élargit ; voici le chemin de fer de Sceaux, puis la Glacière, Gentilly et en face une échappée de Paris, puis un coin tranquille, tout champêtre, presque silencieux, où coule la Bièvre, cette rivière parisienne ignorée. (1867)

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Les eaux thermales de la Butte-aux-Cailles

Nous avons pu rencontrer ce matin le sympathique conseiller municipal du treizième arrondissement, M. Henri Rousselle, sur l'initiative de qui les travaux avaient été poursuivis et qui, tout heureux du résultat obtenu, nous a donné sur le puits artésien de la Butte-aux-Cailles les renseignements suivants... (1903)

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 Taupin - Conte des mille et un matins - 1909

Conte des mille et un matins

TAUPIN

(Roman bref)

Le Matin — 30 janvier 1909

I

Dans son crâne piriforme, aux oreilles trop petites, trop rapprochées, cassées à angle droit comme on marque une page de livre, chauves dessus, duvetées dedans, a l'encontre de toute anatomie canine, dans ce crâne plus bossué qu'un sac de billes, une idée peu à peu s'était agglomérée, un projet s'était formé partir en exploration faire un long voyage !

Ce n'était pas qu'il fût malheureux ;  il sentait bien qu'à moins d'événements extraordinaires, de cataclysmes invraisemblables, il ne serait jamais tout à fait infortuné. La nature, si avare de ses dons plastiques envers lui, l'avait tout au moins doté d'une philosophie imperturbable, d'une belle humeur que ni la faim, ni le froid, ni les torgnoles n'étaient parvenues à altérer.

Il pensait même au retour. Ces chiffonniers chez lesquels il était né, il n'y avait pas très longtemps ― six mois à peine ― de la rencontre hétéroclite d'une fox-terrière déclassée et d'un caniche marron superbe (entraîné par l'amour en ces lointains parages et reconduit à son home contre honnête récompense), les chiffonniers, ses maîtres, n'étaient point méchantes gens.

Il n'avait guère de coups que les horions occasionnels, au hasard du pied ou de l'inspiration. Les os ne manquaient pas ; sa couche était moelleuse, sur tant de guenilles amoncelées. Même, par-ci par-là, il attrapait un fond de poêlon, de la soupe à l'ognon, du gras-double... des friandises, du régal de rentiers !

Et le paysage était plaisant.

À l'horizon, passé la plaine de la Glacière, vers la poterne des Peupliers, les « fortifs » verdoyaient comme une chaîne de collines vers la gauche, très loin, outre le chemin d'Arcueil, le parc de Montsouris étirait la cime de ces ombrages.

Mais ni le bien-être, ni les charmes agrestes du décor ne suffisent aux esprits inquiets, avides d'espace, en mal d'aventures !  Le petit chien avait du vague à l'âme…

Il allongea son nez pointu : la cour était vide. Il secoua son collier, étira ses jeunes muscles, anxieux d'agir, regarda le ciel matinal ―  et plus rapide qu'un lièvre, fila vers Paris.

Quelle ivresse !...  Les rues ! Les maisons ! Les boutiques ! Les poubelles !

Tout le matin, follement il villégiatura dans le parc de Montsouris, avec d'autres galapiats de son espèce, fourrageant les plates-bandes, bousculant les enfants, manquant de faire choir ces messieurs de l'Observatoire, affolant les gardes.

On le vit autour des réservoirs de la Vanne, aux environs de l'Asile de Sainte. Anne. Il envisagea sans crainte et sans respect le lion de Belfort, outragea copieusement les murs de la Santé, alla rôdailler vers les Gobelins, poussa jusqu'à la Salpetrière.

Ce qu'il s'amusait !...  Ah ! ouf, c'était bien cela la grande vie, l'indépendance, le plaisir de la nouveauté ! Plus de maître! À bas les tyrans !

― Méfiance lui dit un gros terre-neuve sagement assis au seuil d'un charcutier, Tout n'est pas rose, crois-moi dans le métier de chien errant.

Mais l'autre, tout jeunet, pensa : « Quel vieux raseur ! » et reprit sa course éperdue. Il fut place Jeanne d'Arc, place Nationale, place d'Italie.

Le soir tomba, les pattes lui faisaient mal. Il avait bu, il avait mangé, mais où coucher ?

La Providence y pourvut. Comme il tournait le boulevard, devant l'École Estienne, il fut arrêté net au lasso, mi-étranglé.

― A la Fourrière ! dit l'agent.

II

C'était le temps que j'avais une peine amère : je venais de perdre Sac-à-Tout. Que ceux qui n'aiment pas les bêtes, qui n'ont jamais eu de chien, ou qui n'ont pas ressenti la consolation d'un dévouement animal pour un cœur éprouve par l'ingratitude humaine, que ceux-là se moquent à l'aise. Je n'en ai cure et je les plains. Ils ignorent l'une des meilleures choses, des plus douces, des plus innocentes qui soient.

Et dans l'espoir de trouver la «ressemblance » de Sac-à-Tout, un petit être blanc, frisé, les yeux en jais, le nez en truffe, dans la volonté aussi de « faire du bonheur » en choisissant un abandonné, je m'en fus à la Fourrière voir mon vieil ami, le contrôleur Hébrard.

Mon vieil ami Hébrard n'a qu'un défaut, mais il l'a bien : c'est d'être à cheval sur la discipline.

— Visitez, si le cœur vous en dit, mais je ne peux rien vous laisser prendre. Tout chien non réclamé par son propriétaire, non requis par la Faculté, doit être mis à mort.

— Mais en payant…

— Impossible. Le règlement est formel.

Pourquoi faut-il que sitôt prononcé ce mot de règlement, la tentation « d'y couper » me prenne irrésistiblement ? Mais il ne paraissait pas, cette fois, que j'eusse l'occasion de fronder. Rien, dans les cages, ni de près ni de loin, ne rappelait ce que j'étais venu chercher.

Quand, soudain :

— Qu'est-ce que c'est que ça ?

Deux pattes brunâtres, deux pattes raides, deux pattes de bicot émergeaient des graillas, s'efforçant de m'atteindre.

— Ça ? Ah il faut vous le montrer c'est un phénomène On l'a pris barrière d'Italie, et son maître, averti, fait le sourd. Je n'ai jamais rien vu de si laid. Benoît, sortez donc l'Apache.

Était-ce bien un chien ce quadrupède étrange au poil de sanglier, couleur de taupe, la croix noire au dos ainsi qu'un âne ? Imaginez deux petits yeux d'or en haut d'un long museau, comme des lanternes au bout d'un mât de Cocagne, une expression d'astuce, de malice, d'intelligence incroyables. Avec cela haut jambé, presque élégant, un peu renard, un peu loup. Sitôt par terre, nullement impressionné, Il se remit à folâtrer.

— Dieu ! qu'il est vilain ! Mais qu'il est drôle ! Et sûrement on va l'abattre ? Dites, je ne pourrais vraiment pas l'en tirer ?

—Le règlement ! A moins d'autorisation de la Préfecture, le propriétaire seul a droit.

— C'est bon je l'aurai.

— Oh ! Ça !

Piquée au jeu, je filai boulevard du Palais. Et je puis attester que MM. Lépine, Laurent, Saint-Yves, sont des fonctionnaires incorruptibles ! Ni les ressources de mon éloquence, ni les trésors de ma pitié—  ni même la menace d'une interpellation à la S. P. D. A. — ne purent vaincre leur résistance. Toujours est-il que j'avais obtenu, à l'Élysée, la tête de condamnés à mort, et que je me voyais impuissante à sauver un pauvre animal.

Mais j'étais femme — et journaliste ! — Vingt-quatre heures plus tard, je me présentais rue de Pontoise pour réclamer « mon » chien. Moyennant finances (oh ! bien faibles) je m'étais substituée au chiffonnier de la Glacière. Il m'avait, sur papier timbré, concédé toutes ses charges et conféré tous ses droits.

— Vous êtes le diable disait M. Hébrard, souriant et désarmé.

Et Megnin, le grand vétérinaire mort depuis, si bon aux bêtes, si bons aux gens, en admiration, lui aussi, devant son nouveau client, me recommandait, en hochant sa tête blanche :

— Gardez-le bien. Parce que ni pour or ni pour argent je ne me chargerais de vous le remplacer. Ma carrière est déjà bien longue, mais je n'ai jamais vu le. Pareil !

Qu'est-ce que ça faisait ! Dans le train qui nous emmenait vers Pierrefonds, Taupin tout doucement me léchait les mains. Il respirait la joie de vivre, et ses petits yeux d'or luisaient, avivés de reconnaissance éperdue.

III

Le premier acte de Taupin fut de faire le tour de la maison, au second étage, dans le chenal, comme un chat, au risque de se rompre les os et de nous donner à tous, une maladie de cœur : c'était un chien de gouttières !

Son second acte fut de voler le rôti.

Son troisième acte fut de prendre la clef des champs.

On l'admonesta : peine perdue ! On l'attacha : il rongea sa corde. On supprima la viande de sa soupe : il la laissa. On le corrigea : il se secoua, comme après l'averse et se remit à gambader.

Alors, on céda. D'autant que son repentir, ce laideron, avait des grâces sans pareilles, des câlineries délicieusement touchantes. Il demandait pardon et récidivait ! C'était plus fort que lui. Nulle barrière ne le pouvait retenir : il sautait comme un cheval de cirque, avec une aisance, une souplesse incomparables. Il connut la forêt en ses moindres méandres, en ses plus intimes profondeurs. Il voisina avec les cerfs, les biches, les chevreuils, les lièvres, sans braconner, heureux de courir. On le rencontra, sous bois, à quinze kilomètres du pays.

Puis le goût de la civilisation lui revint, mais, hélas, par ses côtés les plus pervers il ne rentra dans le monde que pour y être un objet de scandale. Il fut chef de clan, meneur de bande, ne marchant plus qu'à la tête de quatre ou cinq lascars à son image, effroi des buffets mal fermés ! Il fut la honte de la maison, l'opprobre de son espèce !

Malgré tout, et à tous, il demeurait sympathique par sa gaîté une discrétion relative aussi. Chez nous seulement, il s'était permis les grands larcins ailleurs, il se contentait de menues rapines : la gamelle des poules, le dîner du chat.

Néanmoins, dès qu'on entendait vociférer : « Brigand ! Bandit ! Attends un peu » j'étais certaine de voir Taupin surgir de la porte, le balai au derrière.

Les années ont passé. Voici qu'il se range ― un peu. Des tas de petits Taupins déshonorent et animent la contrée. Lui est heureux. Le Vice serait-il donc récompensé ? Ou la suprême intelligence, la passion de la liberté, la défense de l'énergie, ne seraient-elles pas, dans la balance du Destin, des circonstances atténuantes, des façons de secondaires vertus ?

Séverine.

Séverine, née Caroline Rémy (27 avril 1855 à Paris – 24 avril 1929 à Pierrefonds), est un écrivain et journaliste libertaire et féministe française


Le Treizième

A découvrir


Taupin (ou les aventures d'un petit chien à travers le 13e arrondissement)

Dans sa série "Les Contes de mille et un matins", le quotidien Le Matin publia, le 30 janvier 1909, un "roman bref" signé Séverine (1855-1929), auteure et militante féministe alors en vogue, intitulé Taupin, ayant pour décor le 13e arrondisssement.

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Un crime passionnel (ou l'histoire de la petite Jeannette, qui vivait dans le noble quartier de la Gare)

Mentionner, dans une nouvelle ou un roman, le quartier de la Gare, des Gobelins, de la Maison-Blanche ou du Faubourg-Saint-Jacques donna, pendant longtemps, aux récits une marque d'exotisme et était suffisant pour susciter un vague frisson.

Les frères Joseph-Henri et Séraphin Boex, plus connu sous le pseudonyme commun de J H Rosny, l'avaient, eux aussi, compris.

C'est le quartier de la Gare qu'ils prirent pour cadre d'une nouvelle parue dans le Journal, en 1908.

Même si l'on n'apprend rien sur le quartier, la nouvelle en dit long sur les moeurs que l'on prétait aux habitants et l'idée que l'on s'en faisait.

Lire " Un crime passionnel"

La rue des Peupliers vue par Jules Mary

Dans son roman "Perdues dans Paris", paru en feuilleton en 1908, le prolifique auteur populaire prenait le 13ème arrondissement pour cadre des mésaventures de ses héroïnes et donnait une rude description de la rue des Peupliers.

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Le Treizième

Saviez-vous que ... ?


Les batiments anciens de la gare d'Austerlitz ont été construits en 1867 sous la direction de l'architecte Renault.

 

La société des fourneaux de Saint-Vincent de Paul, le 5 novembre 1897 ouvraient, comme chaque année, ses fourneaux (au nombre de 26 en 1897) qui restèrent ouverts jusqu’au 30 avril 1898, tous les jours non fériés, de huit heures à onze heures du matin. Trois d'entre eux étaient situés dans le 13ème : 45 rue Corvisart, 35 rue de la Glacière et 87 bis rue Jenner.
Avec un bon de dix centimes, les malheureux recevaient une portion de pain, bouillon, viande, légumes, etc. enfin, de quoi se réconforter.
Ces établissements charitables étaient dirigés par les Sœurs.

 

C'est par un décret impérial du 2 octobre 1865 que le boulevard de Vitry devint la rue de Patay.

 

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