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UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

sans titre 1

SAVIEZ-VOUS QUE...

C'est en 1888 que le conseil municipal de Paris décida que la rue située entre la place de Rungis et la place du Nouveau Puits-Artésien, de la Butte-aux-Cailles, prendrait le nom de rue du sergent Bobillot.


C'est le 5 mars 1930 que furent ouvertes les stations de métro Tolbiac, Maison-Blanche, Porte d'Italie et Porte de Choisy qui faisaient alors partie de la ligne 10.


L'asile Nicolas-Flamel, 71 rue du Château-des-Rentiers, fut inauguré le 18 mai 1889.

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 Les gosses en marge - 1

Les gosses en marge

1 - Dans l'ombre de la Cité Jeanne-d'Arc

C'est rue Baudricourt que j'ai rencontré Mimile. Il était deux heures après midi. À ce moment de la journée les enfants sages sont à l'école; mais si l'on veut voir Mimile, ce n'est pas à l'école qu'il faut aller. Mimile n'a jamais ressenti le besoin de lire, il compte assez bien pour voler les marchands ; qu'irait-il donc faire à l'école ? Apprendre la géographie peut-être ? Oh ! là là ! Mimile connaît son quartier, ça lui suffit.

Donc c'est, rue Baudricourt que nous nous rencontrâmes. Mais peut-être ignorez-vous la rue Baudricourt ; les Parisiens sérieux ne fréquentent guère les « au-delà » de la place d'Italie, cette espèce de faubourg de province avec ses maisons basses, plantées de guingois parmi des terrains vagues, ses enfilades de palissades et de murs que le printemps hérisse d'une chevelure de feuilles, ses granges qui, à même la rue, vous déversent de la paille et des poules. La rue Baudricourt est perdue quelque part là-dedans. Presque à l'entrée s'avancent deux bicoques entre lesquelles se déverse l'impasse des Hautes-Formes, torrent de pavés tumultueux qui descend des hauteurs de la rue de Tolbiac; sous l'aisselle d'une de ces masures se cache une fontaine.

Une fontaine ! On ne s'imagine pas quel jouet merveilleux c'est, pour un gosse, une fontaine. A l'instant où je passai, Mimile était monté sur celle-là et, son doigt habilement placé sous le jet, il aspergeait la chaussée. Vous le voyez d'ici : dix ans à peine, une petite tête rouge  aux poils ras, trois dents de moins sur le devant, un nez qui se mouche tout seul, quand il y songe, et des yeux… Passe une vieille femme. Les vieilles gens grognent à propos de tout ; le jeu de Mimile l'irrite ; elle grommelle. Mieux eût valu qu'elle se tût !

— Que qu'tu dis. vieux trognon ? hurle le petit môme. Tu veux que j' t'en f. plein la g., pour te la fermer ?

C'est alors que je me suis approché :

—  Qu'est-ce que tu fais là ?

— J'arrose.

— Et l'école ? elle est donc fermée ?

— M… !

Et Mimile, dégringolé de sa fontaine, s'est enfui dans un fracas de galoches jusqu'au coin de la rue Nationale, d'où il m'a lancé un pied-de-nez.

*             *

Je l'ai retrouvé le soir même, place Jeanne-d'Arc, devant l'église où tourne et chantonne toute l'année un manège de chevaux de bois. Cyniquement, à quelques pas de l'école, il jouait aux billes avec d'autres gamins.

Des irréguliers comme lui, cela va sans dire. J'ai su depuis leurs noms et leur histoire. Il y avait là Totor et Tintin, treize et douze ans, deux frères dont l'un est estropié ; la bande à Bébert, trois gosses de la classe 1940, spécialisés dans le vol aux étalages ; Auguste le clown, et l'un des fils de « Nez Rongé », chiffonnier, cité Jeanne-d'Arc. La jolie troupe ! Totalisent-ils, à eux huit, cinq cents jours de présence annuelle à l'école ? De quels péchés enfantins n'est pas chargée leur petite conscience ? Mais que leur importe ! Ils perpétuent une tradition. Leurs aînés ont vécu ainsi, en marge des lois puériles, rôdant, chapardant, ignares, mais libres. Libres de cette liberté que donnent l'insouciance et la misère… Ce n'est pas Mimile et Auguste que j'ai suivis dans leurs aventures; ce sont des générations d'Augustes et de Mimiles qui, depuis soixante ans que la cité Jeanne-d'Arc fait peser sur tout ce quartier son ombre et sa puanteur, mènent l'a même existence d'outlaws de la rue. Cinq étages de crasse et de vice les lâchent sur le pavé.

Quand nous verrons ces petits indomptables s'adonner à des travaux que l'a morale réprouve, quand nous les prendrons la main dans le sac, quand nous les entendrons jurer comme des hommes, n'oublions pas, même s'ils nous font rire, d'évoquer en fond de tableau la sordide forteresse, grillée comme une prison, sombre et malsaine comme une cave, qui les a faits ce qu'ils sont.

R. Archambault.

A lire également

1 - Dans l'ombre de la Cité Jeanne-d'Arc.

2 - Une leçon d'école… charbonnière.

3 - Ici on est nourri gratis.

4 - La naissance d’un clown.

5 - Petites fugues sur un thème banal

6 - Ceux de la Glacière, rois des chapardeurs.

7 - Les bonnes opinions sont celles qui font vivre.

8 - Et quand ils seront grands.

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Faits divers

Les étrangleurs des Gobelins - 1894

La fameuse bande des Étrangleurs des Gobelins dont la presse s'était fort occupée il y a cinq ans, vient de faire de nouveau son apparition dans le treizième arrondissement, où elle paraît vouloir recommencer la série de ses sinistres exploits.

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Singuliers dévaliseurs d'Église - 1895

Hier matin, le curé de la paroisse de Saint-Marcel, venait déclarer à M. Perruche, commissaire de police, que des malfaiteurs s'étaient introduitsdans l’église.

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Les étrangleurs des Gobelins - Trois arrestations - 25 & 26 janvier 1895

Avant-hier soir, à dix heures et demie, un nommé Pierre Gustave, livreur dans un magasin du quai d'Orsay, traversait la place Jeanne d'Arc pour rentrer chez lui, lorsqu'il fut assailli par deux individus qui lui jetèrentune corde autour du cou.

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Les étrangleurs des Gobelins - Le Matin - 29 décembre 1894

On pourrait croire qu'il existe dans le quartier des Gobelins une véritable bande de rôdeurs nocturnes, qui ont la spécialité d'étrangler leurs victimes.

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Boulevard Kellermann - un livreur est tué et dévalisé par deux rôdeurs - 1934

Dans la nuit de jeudi à vendredi, vers 1 heure, deux agents cyclistes effectuant une ronde, découvraient sur les fortifications, à l'angle de la rue Damesme et du boulevard Kellermann, un homme inanimé.

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Mutilé par son amie - 1914

Malgré cinq ans de vie commune, Émile Daucourt, polisseur, âgé de trente ans, et sa maîtresse, Marie Pécret, une forte femme de trente-cinq ans, ne formaient pas un couple parfait.

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Un Agent parachute - 1894

La jeune Louise Cardon, âgée de quatre ans, demeurant chez ses parents, rue Broca,était montée, sur une chaise...

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Inondation boulevard Kellermann - 1901


Une femme tue son amant - 1911


Un brigadier de police tue sa femme dans un accès de fureur et disparaît - 1932


Au bas de la pente - 1911


La rupture d'une conduite d'eau - 1930


Une usine incendiée - 1911


Drame de l'alcoolisme - 1903


La mort de Céline Pasquet - 1908


La police devra-t-elle assiéger dans la cité Jeanne-d'Arc Henri Odoux qui blessa sa voisine ? - 1935


L'ivrogne qui avait blessé sa voisine est arrêté - 1935


Cité Jeanne-d'Arc - Les agents protègent les ouvriers démolisseurs des taudis - 1935


Tentative d'émeute cette nuit rue Nationale - 1er mai 1934


A l'hôpital de la Pitié un fou cherche à tuer un surveillant de nuit - 1908


Sombre histoire de charbon - 1937


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