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UNE ÉVOCATION DU 13E ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

sans titre 1

SAVIEZ-VOUS QUE...

La rue du Dessous des Berges est située à 20 mètres au dessus des berges.


Le pont National a été construit en 1852. Il portait initialement le nom de pont Napoléon.


C’est en juillet 1938 que fut posée, par le Ministre Jean Zay, la première pierre du stadium universitaire qui allait prendre place à l’angle du boulevard Kellermann et de la porte de Gentilly et qui, plus tard deviendrait le stade Charletty.

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 Les gosses en marge - 2

Les gosses en marge

2 - Une leçon d'école… charbonnière

On ne peut pas courir; les rues et jouer aux billes toute la vie ; il faut bien, même quand, on est gosse, se rendre utile une fois par jour. Dès que le soleil est couché, Mimile et les copains travaillent.

Vers cinq heures en hiver, la rue de Tolbiac est à toute noire. Au numéro 97 s'ouvre la grille de la gare Gobelins-Ceinture, au numéro 102 celle de l'usine à, gaz ; deux cents mètres à peine les séparent. C'est là qu'est leur chantier.

Ils s'y retrouvent une vingtaine, munis de leurs instruments de travail. Singuliers ouvriers : les plus vieux ont treize ans, les plus jeunes huit. Singuliers outils : des musettes rapiécées qui pendent, à ces frêles épaules, des sacs qui brinqueballent sur ces maigres dos. Mimile, naturellement, est là, nanti d'un vaste cabas rouge dont la corde est serrée autour de son poignet. Tapie dans l'ombre portée des murs de la gare, toute l'équipe attend.

Soudain, alerte ! Dans la cour des sabots résonnent, des roues bondissent sur les pavés boiteux. Un camion sort, lentement, des sacs de charbon le chargent jusqu'au siège, où le cocher paraît somnoler. C'est l'instant de la curée. D'un saut, deux gamins se sont élancés sur la voiture; leurs petites mains agiles font rouler des blocs de houille; qui vont s'écraser sur la chaussée en une manne scintillante. Un sac résiste-t-il ? Un coup de couteau l'éventre. Toute la bande, s'écrase dans le sillage et les musettes s'emplissent d'un beau butin qui fait, en un instant, plus noires les frimousses sales.

A la porte de l'usine à gaz, même scène ; mais ici c'est du coke qu'on grappille.

— Tu vises, dit Mimile à Totor, qui clopine à côté de lui de toute l'ardeur de sa jambe malade ? Tu vises ? Il est bath, le vieux.

Et de son doigt pointé il montre le camionneur qui, à demi tourné vers les maraudeurs, pousse du fouet, sans en avoir l'air, un sac de charbon qui s'écroule et fait par terre, soudain, une mine vite épuisée.

— Ça, c'est un pote, opine Totor dont la musette demande grâce. Ça n'est pas comme le gros de la gare, le pipelet. La vache !

Et Totor, amèrement, se rappelle à part lui le soir où s'étant aventuré dans la cour, il s'était tout à coup senti l'oreille happée par une poigne implacable et vu mener, piteux, au commissariat du passage Ricaut. Ce n'est pas qu'il ait très peur du commissaire, et tout le monde n'a pas le malheur d'avoir une mère comme celle de Jojo, qui vint un jour chercher son fils au poste armée d'une batte de tonnelier ; mais on a sa dignité, n'est-ce pas ?

*             *

Et maintenant, alourdie de rapine, la bande se replie sur ses quartiers nocturnes ; le temps de chiper quelques pommes aux devantures de la rue Nationale, et la cité Jeanne d'Arc l'engloutit. La cité, à cette heure, est vraiment effroyable ; l'ombre la fait plus empestée. Dans les ruelles semées d'ordures, dans les escaliers dont les rampes se sont, depuis longtemps envolées en fumée dans les fourneaux des locataires, les pourvoyeurs s'égaillent. Sur les paliers où les pieds claquent dans l'eau fangeuse, des commères les attendent dans l'ombre (les malins ont vendu naguère les ampoules électriques) ; et des marchandages commencent :

— Vingt ronds ma musette, la mère.

— Quinze, mon gars; c'est du coke.

— Vingt, j'ai manqué me faire poisser.

— Dix-huit alors.

On finira par s'entendre ; tout à l'heure, quarante sous tinteront sur la table familiale, et le père, daignant s'avouer content de son fils, lui décrétera peut-être une rondelle de saucisson d'honneur.

R. Archambault.

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5 - Petites fugues sur un thème banal

6 - Ceux de la Glacière, rois des chapardeurs.

7 - Les bonnes opinions sont celles qui font vivre.

8 - Et quand ils seront grands.

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Faits divers

La veillée tragique - 1915

Les gardiens de la paix Savineau et Grassi étaient de service hier matin vers cinq heures, rue de Tolbiac, lorsqu'ils virent apparaître, échevelé et les yeux hagards, l'ouvrier cordonnier Hippolyte Delmas

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Le mystère de l'avenue d'Italie - 1899

Un crime dont les mobiles restent encore mystérieux a été commis hier soir, à six heures et demie, au numéro 23 de l'avenue d'Italie, dans une petite boutique habitée par un brocanteur, âgé de soixante-trois ans, nommé Estault.

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Un jeune homme de dix-huit ans, M. Louis Hédoux, encaisseur, demeurant rue de la Colonie, passait avant-hier soir avenue d'Italie...

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Sur les bords de la Bièvre - 1874

Il y a entre la place d'Italie et le parc de Montsouris, tout un quartier inconnu plus étranger aux Parisiens, que la Sibérie ou la Chine. Les rues y sont irrégulières, montueuses, peu ou mal pavées, absolument privées de gaz. À peine, la nuit, de distance en distance, la lueur fumeuse d'un antique réverbère, perce-t-elle le brouillard de la Bièvre, qui y roule sinueusement ses eaux puantes et noires.

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L'amoureux a la « guigne » - 1911

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Les «Étrangleurs de Croulebarbe» - 1902

La cité Jeanne-d'Arc vient encore d'être le théâtre de scènes sanglantes.
Hier vers trois heures et demie de l'après-midi un malfaiteur dangereux, frappé de dix ans d'interdiction de séjour, Léon Becquet, âgé de vingt-sept ans, se prit de querelle avec un autre individu, Adolphe Douraud, dit « Bibi », au sujet d'une femme, une fille soumise dont le casier judiciaire est orné de vingt-neuf condamnations.

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Thomas père perd patience - 1913


Une arrestation mouvementée - 1911


Une rafle fructueuse - 1895


Les étrangleurs des Gobelins - 1894


Singuliers dévaliseurs d'Église - 1895


Les étrangleurs des Gobelins - Trois arrestations - 25 & 26 janvier 1895


Les étrangleurs des Gobelins - Le Matin - 29 décembre 1894


Boulevard Kellermann - un livreur est tué et dévalisé par deux rôdeurs - 1934


Mutilé par son amie - 1914


Un Agent parachute - 1894


Inondation boulevard Kellermann - 1901


Une femme tue son amant - 1911


Un brigadier de police tue sa femme dans un accès de fureur et disparaît - 1932


Au bas de la pente - 1911


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