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UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

sans titre 1

SAVIEZ-VOUS QUE...

Le 26 avril 1939 une distribution de sacs de sables était organisée dans le quartier Croulebarbe par la préfecture de la Seine.


Le 2 décembre 1923, le quotidien Paris-Soir rapportait qu'avenue des Gobelins, en face du 51, des agents avaient surpris Marcel Popinel, demeurant en hôtel, rue Lebrun, qui avait percé un fut de vin. Le pipeur a été conduit au commissariat de police du quartier.


C'est par un décret impérial du 2 octobre 1865 que le boulevard de Vitry devint la rue de Patay.

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 Les gosses en marge - 3

Les gosses en marge

3 - Ici on est nourri gratis

J'ai dit que pour voir Mimile ou les autres, il ne faut jamais aller à l’école. Tout de même, n'exagérons rien : la classe les reçoit bien cinq ou six semaines par an. Pas de suite, entendons-nous, sinon ce serait du courage, et les gosses de la cité n'ont jamais de ces Grises-la ; ils y goûtent par petites doses, huit jours par-ci, huit jours par-là.

Et ils apprennent, à ce régime ?

Qui vous dit qu'ils viennent pour apprendre ? Ils viennent pour prendre, tout simplement ; car ils ont trouvé le moyen de faire, de l'école, une exploitation profitable, et, sans rien perdre de leur liberté, d'y trouver un sûr revenu.

De la rue Albert au boulevard de la Gare, de la rue de Gentilly à la rue Dunois, on ne trouve pas un gosse en guenilles. Ils sont sales, ça, sans retenue : figures crasseuses, jambes de boue, mains d'on ne sait quoi ; beaucoup ne possèdent point de chaussettes. Mais les vestes ne sont point rapiécées, les fonds de culotte ne bâillent point, les galoches paraissent neuves. C'est aux dépens de l'école que ce miracle s'accomplit.

Plusieurs fois par an la caisse du treizième fait distribuer des vêtements aux enfants pauvres ; chaque petit miséreux est habillé gratis. Les gosses de la cité le savent. Vers la date où la distribution se fait, ils arrivent en troupe à l'école ; quand ils sont pourvus, pftt ! la volée disparaît.

Mais, direz-vous, il suffirait de ne pas publier à l'avance cette date… Eh oui, il suffirait... en théorie du moins. En pratique, on a essayé ; les gens de la cité Jeanne-d'Arc doivent être doués d'un sens spécial qui leur permet de flairer les bonnes aubaines. Les mauvais écoliers sont toujours .présents au bon jour.

Si Mimile, Arthur, Totor et Tintin sont des oiseaux de passage, incapables d’un séjour prolongé dans le triste décor des pupitres, il est une autre espèce de profiteurs scolaires, il est une autre espèce de profiteurs scolaires. Ceux-ci fréquentent assidûment.

Ce n'est pas qu'ils travaillent. A dix ans, ils trébuchent encore sur les lettres : une addition les fait broncher. Ce qu'ils viennent chercher à l'école ne se trouve ni dans la grammaire ni dans l'arithmétique, et c'est seulement deux fois par jour, à dix heures et à trois heures, qu'ils montrent de l'activité ; en dehors de ces deux instants ils somnolent sur leur ardoise, méditant sans doute pour le soir quelque fructueuse razzia.

Que se passe-t-il donc deux fois par jour dans les écoles du quartier de la Gare ?

Depuis plusieurs années, un excellent médecin le docteur Rabasse, inspecteur des écoles du treizième, s'est attelé à la noble tâche de faire des gosses débiles des écoles Baudricourt et Jeanne-d'Arc des enfants solides et normaux. Un mécène du quartier s'est intéressé à son œuvre ; on a construit des douches, créé des cours de gymnastique médicale, organisé des séances de rayons ultraviolets, mis sur pied des placements de vacances ; mais surtout le docteur Rabasse impose à ses malingres une suralimentation rationnelle. C'est à force de bouillies — sucre, lait, farines — qu’il leur fait en quelques mois des muscles et des os.

A dix heures et à trois heures, c'est le moment de la bouillie. La succulente pâtée fume dans les écuelles, les cuillers sonnent joyeusement, les petites langues claquent, gourmandes. Que les livres paraissent souriants après cette bonne pitance sucrée ! A l'heure où les autres déjeunent ou dînent, les petits de la cité Jeanne-d'Arc seront rassasiés déjà ; autant de tartines qu'épargnera la mère :

— C'est cher à nourrir, des gosses, pensent, les parents.

— J'aime mieux qu'ils mangent une bouillie chez moi qu'un morceau de pâté chez eux, dit le docteur.

— Moi, assure le marmot, je trouve ça bon, le sucre.

Bref, tout le monde se frotte les mains. Et voilà comment, sur la butte Jeanne-d'Arc, l'école, auberge laïque et gratuite sinon obligatoire, doit une partie de son succès à des nourritures moins abstraites que celles dont sont bourrés ses programmes.

R. Arcchambault

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La misérable cité qui déshonora le quartier de la Gare abrite, hélas ! quelques familles honnêtes que la crise des loyers a forcé d'accepter un logement dans l'horrible caserne de la rue Jeanne-d'Arc. Celles-ci naturellement, ne comptent pas sur la rue pour nourrir leurs enfants, qu'elles envoient régulièrement à l'école. Comme nous a dit une de ces braves locataires, à la cité Jeanne-d'Arc les extrêmes se touchent. Ceux, à qui la nécessite impose le contact quotidien de tant d'horreur doivent être plaints et admirés pour l'énergie avec laquelle ils défendent leurs enfants, contre la contagion.

La Ville de Paris ne pourrait-elle, en leur accordant des logements dans ses immeubles neufs, les arracher à ce milieu pour lequel Ils ne sont point faits ?


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2 - Une leçon d'école… charbonnière.

3 - Ici on est nourri gratis.

4 - La naissance d’un clown.

5 - Petites fugues sur un thème banal

6 - Ceux de la Glacière, rois des chapardeurs.

7 - Les bonnes opinions sont celles qui font vivre.

8 - Et quand ils seront grands.

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Faits divers

Le drame de la rue Jenner n°6 - 1893

Des cris déchirants, partant d'un logement du deuxième étage, mettaient eu émoi, hier, vers deux heures de, l'après-midi, les locataires de la maison portant le numéro 6 de la rue Jenner.

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Cet après-midi, à 13 h. 30, dans un petit logement, 4, rue des Tanneries, s'est déroulé un rapide drame de l'amour.

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Le drame des Gobelins - 1904

Il y a trois ans, les époux Vey louaient un appartement d'un loyer annuel de 185 francs, au rez-de-chaussée d'un immeuble sis 28, rue des Cordelières, dans le quartier des Gobelins.

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Le crime de la rue de Tolbiac - 1902

Hier soir, vers huit heures et demie, un drame de la jalousie s'est déroulé dans le treizième arrondissement.

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Fiançailles d'Apaches - 1904

La subite passion de «Gueule d'Or» pour «La Tringle» fait une victime collatérale en la personne d'un terrassier dont l'état est presque désespéré.

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Un meurtre rue Baudricourt - 1904

La rue Baudricourt a été hier soir le théâtre d'un drame passionnel. Un nommé Armand Féler, journalier, a tué de deux coups de couteau un ouvrier serrurier, Napoléon Stevenotte.

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Quadruple empoisonnement - 1893

On appelle arlequins les restes des grands restaurants, lycées, etc., qui, après avoir été accommodés par certains commerçants exploitant ce commerce, sont revendus par eux, pour quelques sous, aux ouvriers nécessiteux.

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Une bataille boulevard "Liabeuf" entre Agents et Apaches - 1911


Une équipe de terrassiers découvre cinq squelettes à la Maison-Blanche - 1923


Le crime de l'avenue d'Italie - 1899


Le drame de la rue Coypel - 1888


Le drame de l'avenue de Choisy - 1888


Le drame de l'avenue de Choisy - 1911


Bataille rangée entre consommateurs à la porte d'un café - 1939


Le soldeur Gauzy qui donna asile à Bonnot est blessé mystérieusement d'un coup de revolver - 1914


On a tenté de tuer Gauzy qui naguère abrita Bonnot fugitif et chez qui M. Jouin trouva la mort - 1914


Le meurtrier de Gauzy est connu - 1914


Le meurtrier de Gauzy est arrêté - 1914


Sous la protection de la police, des ouvriers ont entrepris la démolition de la trop fameuse cité Jeanne-d'Arc - 1935


Je disparaîtrai sans donner d'ennui à personne », avait dit le professeur - 1938


Un veuf tire sur sa maîtresse puis se suicide - 1914


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