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UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

sans titre 1

SAVIEZ-VOUS QUE...

En 1911, selon Le Gaulois, on comptait onze ruelles dans Paris dont trois dans le treizième arrondissement : la ruelle des Gobelins, la ruelle des Kroumirs et la ruelle des Reculettes.


L'orage remarquable par sa longue durée plus encore que par sa violence, qui éclata le lundi 23 juillet 1906 au soir sur Paris, causa beaucoup de dégâts. Dans le treizième arrondissement, la Bièvre, très grossie, sortit de son lit et inonda le passage Moret, dont les maisons ont dû durent être évacuées. Rue de la Glacière, 25, les ateliers de MM. Dufresne et Rommutel furent envahis par les eaux.


L'asile Nicolas-Flamel, 71 rue du Château-des-Rentiers, fut inauguré le 18 mai 1889.

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 Les gosses en marge - 3

Les gosses en marge

3 - Ici on est nourri gratis

J'ai dit que pour voir Mimile ou les autres, il ne faut jamais aller à l’école. Tout de même, n'exagérons rien : la classe les reçoit bien cinq ou six semaines par an. Pas de suite, entendons-nous, sinon ce serait du courage, et les gosses de la cité n'ont jamais de ces Grises-la ; ils y goûtent par petites doses, huit jours par-ci, huit jours par-là.

Et ils apprennent, à ce régime ?

Qui vous dit qu'ils viennent pour apprendre ? Ils viennent pour prendre, tout simplement ; car ils ont trouvé le moyen de faire, de l'école, une exploitation profitable, et, sans rien perdre de leur liberté, d'y trouver un sûr revenu.

De la rue Albert au boulevard de la Gare, de la rue de Gentilly à la rue Dunois, on ne trouve pas un gosse en guenilles. Ils sont sales, ça, sans retenue : figures crasseuses, jambes de boue, mains d'on ne sait quoi ; beaucoup ne possèdent point de chaussettes. Mais les vestes ne sont point rapiécées, les fonds de culotte ne bâillent point, les galoches paraissent neuves. C'est aux dépens de l'école que ce miracle s'accomplit.

Plusieurs fois par an la caisse du treizième fait distribuer des vêtements aux enfants pauvres ; chaque petit miséreux est habillé gratis. Les gosses de la cité le savent. Vers la date où la distribution se fait, ils arrivent en troupe à l'école ; quand ils sont pourvus, pftt ! la volée disparaît.

Mais, direz-vous, il suffirait de ne pas publier à l'avance cette date… Eh oui, il suffirait... en théorie du moins. En pratique, on a essayé ; les gens de la cité Jeanne-d'Arc doivent être doués d'un sens spécial qui leur permet de flairer les bonnes aubaines. Les mauvais écoliers sont toujours .présents au bon jour.

Si Mimile, Arthur, Totor et Tintin sont des oiseaux de passage, incapables d’un séjour prolongé dans le triste décor des pupitres, il est une autre espèce de profiteurs scolaires, il est une autre espèce de profiteurs scolaires. Ceux-ci fréquentent assidûment.

Ce n'est pas qu'ils travaillent. A dix ans, ils trébuchent encore sur les lettres : une addition les fait broncher. Ce qu'ils viennent chercher à l'école ne se trouve ni dans la grammaire ni dans l'arithmétique, et c'est seulement deux fois par jour, à dix heures et à trois heures, qu'ils montrent de l'activité ; en dehors de ces deux instants ils somnolent sur leur ardoise, méditant sans doute pour le soir quelque fructueuse razzia.

Que se passe-t-il donc deux fois par jour dans les écoles du quartier de la Gare ?

Depuis plusieurs années, un excellent médecin le docteur Rabasse, inspecteur des écoles du treizième, s'est attelé à la noble tâche de faire des gosses débiles des écoles Baudricourt et Jeanne-d'Arc des enfants solides et normaux. Un mécène du quartier s'est intéressé à son œuvre ; on a construit des douches, créé des cours de gymnastique médicale, organisé des séances de rayons ultraviolets, mis sur pied des placements de vacances ; mais surtout le docteur Rabasse impose à ses malingres une suralimentation rationnelle. C'est à force de bouillies — sucre, lait, farines — qu’il leur fait en quelques mois des muscles et des os.

A dix heures et à trois heures, c'est le moment de la bouillie. La succulente pâtée fume dans les écuelles, les cuillers sonnent joyeusement, les petites langues claquent, gourmandes. Que les livres paraissent souriants après cette bonne pitance sucrée ! A l'heure où les autres déjeunent ou dînent, les petits de la cité Jeanne-d'Arc seront rassasiés déjà ; autant de tartines qu'épargnera la mère :

— C'est cher à nourrir, des gosses, pensent, les parents.

— J'aime mieux qu'ils mangent une bouillie chez moi qu'un morceau de pâté chez eux, dit le docteur.

— Moi, assure le marmot, je trouve ça bon, le sucre.

Bref, tout le monde se frotte les mains. Et voilà comment, sur la butte Jeanne-d'Arc, l'école, auberge laïque et gratuite sinon obligatoire, doit une partie de son succès à des nourritures moins abstraites que celles dont sont bourrés ses programmes.

R. Arcchambault

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La misérable cité qui déshonora le quartier de la Gare abrite, hélas ! quelques familles honnêtes que la crise des loyers a forcé d'accepter un logement dans l'horrible caserne de la rue Jeanne-d'Arc. Celles-ci naturellement, ne comptent pas sur la rue pour nourrir leurs enfants, qu'elles envoient régulièrement à l'école. Comme nous a dit une de ces braves locataires, à la cité Jeanne-d'Arc les extrêmes se touchent. Ceux, à qui la nécessite impose le contact quotidien de tant d'horreur doivent être plaints et admirés pour l'énergie avec laquelle ils défendent leurs enfants, contre la contagion.

La Ville de Paris ne pourrait-elle, en leur accordant des logements dans ses immeubles neufs, les arracher à ce milieu pour lequel Ils ne sont point faits ?


A lire également

1 - Dans l'ombre de la Cité Jeanne-d'Arc.

2 - Une leçon d'école… charbonnière.

3 - Ici on est nourri gratis.

4 - La naissance d’un clown.

5 - Petites fugues sur un thème banal

6 - Ceux de la Glacière, rois des chapardeurs.

7 - Les bonnes opinions sont celles qui font vivre.

8 - Et quand ils seront grands.

Menu faits divers

Faits divers

Sur les bords de la Bièvre - 1874

Il y a entre la place d'Italie et le parc de Montsouris, tout un quartier inconnu plus étranger aux Parisiens, que la Sibérie ou la Chine. Les rues y sont irrégulières, montueuses, peu ou mal pavées, absolument privées de gaz. À peine, la nuit, de distance en distance, la lueur fumeuse d'un antique réverbère, perce-t-elle le brouillard de la Bièvre, qui y roule sinueusement ses eaux puantes et noires.

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L'amoureux a la « guigne » - 1911

Palmyre est une grande brune, assez bien de sa personne, qui tous les soirs arpente l'avenue de Choisy en quête de clients généreux. Adolphe Verrier, chauffeur dans une usine de banlieue, la connaissait bien de vue, mais jamais il n'avait osé l'aborder.

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Les «Étrangleurs de Croulebarbe» - 1902

La cité Jeanne-d'Arc vient encore d'être le théâtre de scènes sanglantes.
Hier vers trois heures et demie de l'après-midi un malfaiteur dangereux, frappé de dix ans d'interdiction de séjour, Léon Becquet, âgé de vingt-sept ans, se prit de querelle avec un autre individu, Adolphe Douraud, dit « Bibi », au sujet d'une femme, une fille soumise dont le casier judiciaire est orné de vingt-neuf condamnations.

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Thomas père perd patience - 1913

Alfred Thomas, âgé de quarante-deux ans, est un brave homme de menuisier. Établi, depuis six ans, rue de Tolbiac, il s'efforce, avec zèle et ponctualité, de contenter sa petite clientèle.

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Une arrestation mouvementée - 1911

Hier matin, la rue de la Glacière était mise en émoi. Quatre gardiens de la paix et deux inspecteurs de la Sûreté sortaient de la maison portant le numéro 37, en traînant, en portant plutôt un individu qui se défendait avec une énergie farouche.

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Une rafle fructueuse - 1895

M. Cochefert, chef de la Sûreté, a, la nuit dernière, jeté un beau coup de filet dans quelques-uns des repaires où grouille la pègre de Paris.

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Les étrangleurs des Gobelins - 1894

La fameuse bande des Étrangleurs des Gobelins dont la presse s'était fort occupée il y a cinq ans, vient de faire de nouveau son apparition dans le treizième arrondissement, où elle paraît vouloir recommencer la série de ses sinistres exploits.

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Singuliers dévaliseurs d'Église - 1895


Les étrangleurs des Gobelins - Trois arrestations - 25 & 26 janvier 1895


Les étrangleurs des Gobelins - Le Matin - 29 décembre 1894


Boulevard Kellermann - un livreur est tué et dévalisé par deux rôdeurs - 1934


Mutilé par son amie - 1914


Un Agent parachute - 1894


Inondation boulevard Kellermann - 1901


Une femme tue son amant - 1911


Un brigadier de police tue sa femme dans un accès de fureur et disparaît - 1932


Au bas de la pente - 1911


La rupture d'une conduite d'eau - 1930


Une usine incendiée - 1911


Drame de l'alcoolisme - 1903


La mort de Céline Pasquet - 1908


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