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UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

sans titre 1

SAVIEZ-VOUS QUE...

Le pont National a été construit en 1852. Il portait initialement le nom de pont Napoléon.


C'est la création de la rivière et des lacs du bois de Boulogne qui fit perdre aux prairies de la Glacière son caractère de lieu de rendez-vous pour les amateurs de patinage.


La rue de la Colonie s'appella ainsi en raison de la présence d'une colonie de chiffonniers dans le secteur.

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 Les gosses en marge - 4

Les gosses en marge

4 - La naissance d’un clown

La Cité Jeanne-d'Arc est le paradis des petits métiers de ces métiers qui se passent, d'apprentissage et qu'on peut délaisser les jours où la paresse l'emporte, sur le besoin. Interrogez des gosses dans la rue et demandez-leur c'e que fait leur père ; ils vous répondront (s'ils vous répondent) :

— Papa travaille dans les wagons.

Ou :

— Papa travaille dans les chiffons.

— A moins qu'ils n'avouent sans malice :

— Papa i f. rien. C'est m'man qui bosse.

Ainsi élevés les gamins ne connaissent guère qu'un moyen honnête de gagner leur vie, le bricolage. Donc, l'été surtout, quand le charbon ne donne guère, ils bricolent. Il y a d'abord ceux qui mendient, comme les trois mômes du père Desbranches, l'aveugle. Ii y a ceux qui, le jeudi et le dimanche matin, jours de marché place Jeanne-d'Arc, donnent un coup de main pour décharger les paniers ; en récompense de quoi, ils rapportent chez eux quelques légumes flétris, des poissons suspects ou de vieilles caisses bonnes au chauffage. Mimile, lui, s'est institué le collaborateur d'un hercule qui tient tapis boulevard de la Gare. Mais le plus étonnant métier, c'est encore celui d'Auguste.

Un bon petit, Auguste, et sage quand il vient à l'école ; mais il n'y vient pas fort souvent. On ne saurait lui en vouloir. La mère, une anormale, presque muette, une de ces femmes que la nature et la misère ont vouées à une déchéance sans retour, l'a eu, voici douze ans, d'un passant qui l'avait sans doute peu regardée et qui, l'ayant vue, s'est évanoui dans l'inconnu. Le gamin a d'abord grand ii au hasard ; puis on l'a confié à sa grand'mère, une brave vieille, presque toujours malade, hélas ! Ce n'est pas elle qui peut veiller sur le petit, le forcer d'aller à l'école; et Auguste est maître d'Auguste.

On le trouve parfois « chez lui », dans une chambre de la cité qui prend vue sur la rue Nationale par une petite fenêtre basse, dont une demi-vitre est remplacée par un journal :

— Où est ta grand'mère, Auguste?

— A l'hosto.

Elle y passe plus de la moitié de sa vie.

— Et ta mère ? Il y a longtemps que tu l'as vue ?

Un geste vague.

Alors, que voulez-vous qu'il fasse, ce môme ? Il sort : il court les rues et… il va au café.

Il y en a plusieurs à l'entrée de la cité Jeanne-d'Arc, rue Nationale. Le patron de l'un d'eux s'est fait une « attraction » d'Auguste. Le petit n'aura que treize ans aux cerises, mais il est monté en graine, comme on dit : membres trop longs, corps menu et, à cause de cela. une souplesse de singe. Le cafetier l'a remarqué naguère sur le trottoir, tandis qu'il faisait « les pieds au mur » avec une sorte de génie natif qui semblait le destiner au cirque. Cette verve acrobatique l'a amusé ; le soir, il a fait venir Auguste chez lui, lui a fait travailler des exercices de difficulté croissante. Les clients riaient quand l'enfant avait réussi une désarticulation nouvelle; on applaudissait le clown en herbe : « Allons ! Vas-y ! Le pied ici ! La jambe comme ça ! » Le cafetier n'y perdait rien, je vous prie de le croire ; Auguste non plus, en somme, puisqu'il récoltait quelques sous et que, gosse solitaire, il s'était acquis une façon de protecteur.

Aujourd'hui, Auguste est « désossé ». Le corps en arc, les mains à terre et les pieds près de la tête, il fait le crabe aussi; aisément que d'autres courent. C'est peut-être un début de carrière. Un jour, tandis que, crochet en main, sac à l'épaule, les copains fouilleront les boîtes à ordures, lui sera peut-être un artiste !

R. Archambault.

A lire également

1 - Dans l'ombre de la Cité Jeanne-d'Arc.

2 - Une leçon d'école… charbonnière.

3 - Ici on est nourri gratis.

4 - La naissance d’un clown.

5 - Petites fugues sur un thème banal

6 - Ceux de la Glacière, rois des chapardeurs.

7 - Les bonnes opinions sont celles qui font vivre.

8 - Et quand ils seront grands.

Menu faits divers

Faits divers

Les «Étrangleurs de Croulebarbe» - 1902

La cité Jeanne-d'Arc vient encore d'être le théâtre de scènes sanglantes.
Hier vers trois heures et demie de l'après-midi un malfaiteur dangereux, frappé de dix ans d'interdiction de séjour, Léon Becquet, âgé de vingt-sept ans, se prit de querelle avec un autre individu, Adolphe Douraud, dit « Bibi », au sujet d'une femme, une fille soumise dont le casier judiciaire est orné de vingt-neuf condamnations.

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Thomas père perd patience - 1913

Alfred Thomas, âgé de quarante-deux ans, est un brave homme de menuisier. Établi, depuis six ans, rue de Tolbiac, il s'efforce, avec zèle et ponctualité, de contenter sa petite clientèle.

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Une arrestation mouvementée - 1911

Hier matin, la rue de la Glacière était mise en émoi. Quatre gardiens de la paix et deux inspecteurs de la Sûreté sortaient de la maison portant le numéro 37, en traînant, en portant plutôt un individu qui se défendait avec une énergie farouche.

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Une rafle fructueuse - 1895

M. Cochefert, chef de la Sûreté, a, la nuit dernière, jeté un beau coup de filet dans quelques-uns des repaires où grouille la pègre de Paris.

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Les étrangleurs des Gobelins - 1894

La fameuse bande des Étrangleurs des Gobelins dont la presse s'était fort occupée il y a cinq ans, vient de faire de nouveau son apparition dans le treizième arrondissement, où elle paraît vouloir recommencer la série de ses sinistres exploits.

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Singuliers dévaliseurs d'Église - 1895

Hier matin, le curé de la paroisse de Saint-Marcel, venait déclarer à M. Perruche, commissaire de police, que des malfaiteurs s'étaient introduitsdans l’église.

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Les étrangleurs des Gobelins - Trois arrestations - 25 & 26 janvier 1895

Avant-hier soir, à dix heures et demie, un nommé Pierre Gustave, livreur dans un magasin du quai d'Orsay, traversait la place Jeanne d'Arc pour rentrer chez lui, lorsqu'il fut assailli par deux individus qui lui jetèrentune corde autour du cou.

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Les étrangleurs des Gobelins - Le Matin - 29 décembre 1894


Boulevard Kellermann - un livreur est tué et dévalisé par deux rôdeurs - 1934


Mutilé par son amie - 1914


Un Agent parachute - 1894


Inondation boulevard Kellermann - 1901


Une femme tue son amant - 1911


Un brigadier de police tue sa femme dans un accès de fureur et disparaît - 1932


Au bas de la pente - 1911


La rupture d'une conduite d'eau - 1930


Une usine incendiée - 1911


Drame de l'alcoolisme - 1903


La mort de Céline Pasquet - 1908


La police devra-t-elle assiéger dans la cité Jeanne-d'Arc Henri Odoux qui blessa sa voisine ? - 1935


L'ivrogne qui avait blessé sa voisine est arrêté - 1935


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