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UNE ÉVOCATION DU 13E ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

sans titre 1

SAVIEZ-VOUS QUE...

A la barrière des deux moulins, le bal de la Belle Moissonneuse était fréquenté par les maquignons.


Alfred Léon Gérault, dit Gérault-Richard, né à Bonnétable (Sarthe) le 11 octobre 1860 et mort à Fréjus (Var) le 7 décembre 1911, journaliste et homme politique socialiste, fut élu député du XIIIème arrondissement en janvier 1895. Il fut battu aux élections de 1898, mais fut réélu deux fois (1902-1906 et 1906-1911) en Guadeloupe, dans des conditions qui ne laissent aucun doute sur leur illégalité.


Dans les plans de 1860, c'est sur un viaduc long de 800 mètres, composé d'arches de dix mètres d'ouverture et dont la hauteur maxima aurait été de quinze mètres avec des piles évidées à l'aplomb de l'entrevoie que le chemin de fer de ceinture aurait du traverser la vallée de la Bièvre en offrant une vue magnifique depuis le parc de la Butte-aux-Cailles qui, in fine, céda la place au Parc Montsouris.

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 Les gosses en marge - 4

Les gosses en marge

4 - La naissance d’un clown

La Cité Jeanne-d'Arc est le paradis des petits métiers de ces métiers qui se passent, d'apprentissage et qu'on peut délaisser les jours où la paresse l'emporte, sur le besoin. Interrogez des gosses dans la rue et demandez-leur c'e que fait leur père ; ils vous répondront (s'ils vous répondent) :

— Papa travaille dans les wagons.

Ou :

— Papa travaille dans les chiffons.

— A moins qu'ils n'avouent sans malice :

— Papa i f. rien. C'est m'man qui bosse.

Ainsi élevés les gamins ne connaissent guère qu'un moyen honnête de gagner leur vie, le bricolage. Donc, l'été surtout, quand le charbon ne donne guère, ils bricolent. Il y a d'abord ceux qui mendient, comme les trois mômes du père Desbranches, l'aveugle. Ii y a ceux qui, le jeudi et le dimanche matin, jours de marché place Jeanne-d'Arc, donnent un coup de main pour décharger les paniers ; en récompense de quoi, ils rapportent chez eux quelques légumes flétris, des poissons suspects ou de vieilles caisses bonnes au chauffage. Mimile, lui, s'est institué le collaborateur d'un hercule qui tient tapis boulevard de la Gare. Mais le plus étonnant métier, c'est encore celui d'Auguste.

Un bon petit, Auguste, et sage quand il vient à l'école ; mais il n'y vient pas fort souvent. On ne saurait lui en vouloir. La mère, une anormale, presque muette, une de ces femmes que la nature et la misère ont vouées à une déchéance sans retour, l'a eu, voici douze ans, d'un passant qui l'avait sans doute peu regardée et qui, l'ayant vue, s'est évanoui dans l'inconnu. Le gamin a d'abord grand ii au hasard ; puis on l'a confié à sa grand'mère, une brave vieille, presque toujours malade, hélas ! Ce n'est pas elle qui peut veiller sur le petit, le forcer d'aller à l'école; et Auguste est maître d'Auguste.

On le trouve parfois « chez lui », dans une chambre de la cité qui prend vue sur la rue Nationale par une petite fenêtre basse, dont une demi-vitre est remplacée par un journal :

— Où est ta grand'mère, Auguste?

— A l'hosto.

Elle y passe plus de la moitié de sa vie.

— Et ta mère ? Il y a longtemps que tu l'as vue ?

Un geste vague.

Alors, que voulez-vous qu'il fasse, ce môme ? Il sort : il court les rues et… il va au café.

Il y en a plusieurs à l'entrée de la cité Jeanne-d'Arc, rue Nationale. Le patron de l'un d'eux s'est fait une « attraction » d'Auguste. Le petit n'aura que treize ans aux cerises, mais il est monté en graine, comme on dit : membres trop longs, corps menu et, à cause de cela. une souplesse de singe. Le cafetier l'a remarqué naguère sur le trottoir, tandis qu'il faisait « les pieds au mur » avec une sorte de génie natif qui semblait le destiner au cirque. Cette verve acrobatique l'a amusé ; le soir, il a fait venir Auguste chez lui, lui a fait travailler des exercices de difficulté croissante. Les clients riaient quand l'enfant avait réussi une désarticulation nouvelle; on applaudissait le clown en herbe : « Allons ! Vas-y ! Le pied ici ! La jambe comme ça ! » Le cafetier n'y perdait rien, je vous prie de le croire ; Auguste non plus, en somme, puisqu'il récoltait quelques sous et que, gosse solitaire, il s'était acquis une façon de protecteur.

Aujourd'hui, Auguste est « désossé ». Le corps en arc, les mains à terre et les pieds près de la tête, il fait le crabe aussi; aisément que d'autres courent. C'est peut-être un début de carrière. Un jour, tandis que, crochet en main, sac à l'épaule, les copains fouilleront les boîtes à ordures, lui sera peut-être un artiste !

R. Archambault.

A lire également

1 - Dans l'ombre de la Cité Jeanne-d'Arc.

2 - Une leçon d'école… charbonnière.

3 - Ici on est nourri gratis.

4 - La naissance d’un clown.

5 - Petites fugues sur un thème banal

6 - Ceux de la Glacière, rois des chapardeurs.

7 - Les bonnes opinions sont celles qui font vivre.

8 - Et quand ils seront grands.

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Faits divers

« Entends-tu ma voix qui t'invite ? » - 1905

Jean Rousseau, dit « Guibollard », dix-neuf ans, et Lucien Fraisier, dit le « Petit-Rat », seize ans, avaient résolu d'offrir à leurs amis de la poterne des Peupliers un repas à l'instar de ceux que s'offrent les bourgeois.

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Une page d'amour - 1906

À l'extrémité de la rue de Tolbiac, entre les chantiers de la Compagnie du gaz et l'église Sainte-Anne de Paris, se trouvent d'immenses terrains vagues, parsemés de tessons, d'orties, parfois aussi de passeroses et de mauves sauvages, où se dressent, d'ici, de là, de petites guinguettes, derniers vestiges d'une époque où la butte aux Cailles était un rendez-vous de promenade pour les Parisiens du temps de Louis-Philippe. Au n° 178 se trouve une de ces antiques guinguettes...

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Drame de la misère - 1894

Dans un misérable taudis situé au numéro 54 de la rue du Château-des-Rentiers, vivaient une pauvre vieille femme, Mme veuve Crozier, âgée de soixante-dix ans, et son fils François âgé de trente-six ans, chiffonnier, qui partageait avec sa mère l'unique chambre composant tout le logement.

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La pègre -1907

Un cocher, M. Louis Bodard, demeurant 5, rue Nationale, attendait, près de sa voiture, hier après-midi, rue du Château-des-Rentiers, à la hauteur du numéro 108, la sortie d'un client.

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Un duel à l'américaine - 1895

Une scène qui rappelle les mœurs américaines s'est déroulée hier, rue du Château-des-Rentiers, non Ioin du bureau de M. Bolot, commissaire de police, dans les circonstances suivantes ...

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Place Pinel, un modèle tombe dans un guet-apens - 1911

La place Pinel, voisine du boulevard de la Gare, dans le treizième arrondissement, a été le théâtre hier soir d'une tentative d'assassinat, encore entourée de mystère.
Il était un peu plus de neuf heures et demie...

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Une bagarre Place Pinel - 1899

Depuis quelque temps, une bande de redoutables gredins qui se dénommaient eux-mêmes les « Terreurs d’Italie » et dont le quartier général était situé boulevard de la Gare, étaient en fort en fort mauvaises relations avec une bande de leurs semblables désignés sous le nom pittoresque des « Casse-cœurs » et résidant le plus souvent boulevard de l'Hôpital.

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Les rixes du quartier des Gobelins - 1894


Entre chiffonniers - 1899


Rixe - 1899


On découvre dans un cinéma le cadavre coupé en morceaux de la petite Barbala disparue le mois dernier - 1922


Suzanne Barbala, disparue depuis le 1er septembre, avait été assassinée - 1922


Le cercle de recherches se resserre autour du meurtrier - 1922


La justice suit deux pistes - 1922


Le mystère du cinéma Madelon - 1922


Un des suspects est arrêté - 1922


On n’a pas encore retrouvé l'assassin de Suzanne Barbala - 1922


L'assassinat de la petite Barbala - 1922


Fraudes à l’octroi - 1873


On recherchait cinq «disparus» dans les souterrains de la porte d'Ivry - 1932


Le Crime du Petit-Ivry - 1903


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