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UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

sans titre 1

SAVIEZ-VOUS QUE...

Alors que la voie de 15 mètres de large qui devait remplacer la ruelle des Reculettes dont la largeur variait de 2 à 7 mètres, aurait pu recevoir un autre nom, c'est sur l'insistance de la commission du vieux Paris pour conserver ce nom pittoresque cinq fois séculaire et sur l'intervention de M. Émile Deslandes conseiller municipal du XIIIè arrondissement que le conseil municipal de Paris décida, en 1930, de substituer simplement la dénomination de rue à celle de ruelle, pour constater cet élargissement décidé en 1910.


L'Eglise Sainte-Anne de la Maison Blanche, de style romano-byzantin, est due à l'architecte Bobin.


La rue de la Colonie s'appella ainsi en raison de la présence d'une colonie de chiffonniers dans le secteur.

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 Les gosses en marge - 5

Les gosses en marge

5 - Petites fugues sur un thème banal

Il ne se passe pas de semaine sans qu'un ou plusieurs gosses disparaissent dans le quartier de la Gare. Nul d'ailleurs ne s'en émeut, sinon parfois la mère qui constate qu'avec le petit quelques billets ont pris la fuite. Mais le plus souvent, il faut le reconnaître, le gosse part les mains vides. Honnêteté ? non pas ; les enfants de ce coin de Paris savent comme le meilleur stratège l'art de vivre sur le terrain.

Cela les prend un matin, comme ça, au réveil. Eux-mêmes ne sauraient pas dire pourquoi ; ils sentent parfaitement qu'aujourd'hui il leur sera tout à fait impossible non seulement d'aller à l'école, mais de rester sur le trottoir, bien sagement, à jouer aux billes. Et même d'aller ce soir à la quête du charbon et des pommes ! Ce qu'il leur faut, ce dont ils ont réellement à cette heure-là un aussi vif besoin que d'air, c'est la liberté. C'est ne plus voir sainte Jeanne d'Arc coiffée de sa cagoule d’ardoises, ne plus sentir l’haleine de la cité. Alors, à peiné habillés, une tartine à la main, leur sac à l'épaule, lourd de livres qu'ils n'ouvriront pas ce jour-là, ils s'évadent tranquillement vers les horizons nouveaux dont ils rêvent.

Des horizons bien mesquins et bien simples. Ce ne sont pas des enfants à faire sur un essieu le voyage du Havre pour voir la mer et des navires ; ils ont la Seine, les péniches, les remorqueurs. Et puis, il faut bien l'avouer, ils n'ont rien de poètes en herbe :

— C'est bien rare, me dit la mère d'un de ces fugitifs chroniques, qu'ils sortent de la Butte-aux-Cailles. Une fois seulement, on en a trouvé un à la limite de Choisy. Le plus souvent, quand ils ont passé une nuit dehors, ils rentrent comme ils sont partis : avec leur sac et leurs livres comme „ s'ils sortaient tout bonnement de la classe.

— Mais ça doit les gêner, cet attirail !

J'interroge le petit, qui écoute, le front plissé, l'œil éteint avec l'air de quelqu'un qui ne parlera qu'à son gré :

— Que fais-tu de ton sac, quand tu te sauves ?

Un silence ; un béret poussiéreux qui tourne, dans des doigts énervés.

Puis, un regard en dessous :

— Te le cache.

— Et où ça ?

— Par là.

C'est un camarade plus bavard qui m'a révélé la cachette. Rue de Gentilly, rue Nicolas-Fortin, ailleurs encore se trouvent d'immenses terrains vagues dont les palissades sont disjointes, dont les murs croulent par endroits :

— C'est là, m'sieu, qu'i planquent leurs affaires, dans des trous, sous des tas de pavés.

« Ils viennent les déterrer avant de rentrer à la maison. »

… Où, sans doute, une fessée retentissante sert de conclusion à leur escapade. ?

Eh bien, non. On s'est aperçu depuis longtemps que les fessées ni les sermons n'entamaient la belle indifférence des gosses possédés par le démon de la fugue. Alors, à quoi bon les battre ?

— Quand ils veulent passer une nuit dehors, me confie une autre maman, une fort sérieuse maman que ses deux fils (douze et treize ans) ont accoutumée à leurs fantaisies, quand ils veulent passer une nuit dehors, ils la passent. Rien ne saurait les retenir. Tout jeunes, mes deux frères étaient de même ; ça ne les a pas empêchés de devenir d'excellents ouvriers, très rangés, et pères de famille.

Nantis de cette absolution, les gosses auraient tort de se gêner. Ne soyons pas plus rigoristes ; il faut bien que jeunesse se passe. Et la jeunesse, autour de la place Nationale, dans ce quartier si provincial d'allures, mais si bohème d'esprit, la jeunesse a des façons qui lui viennent d'un autre âge, du temps où des trente-deux manières dont Panurge savait se procurer de l'argent, la plus honnête était le larcin. Ce qui ne l'empêcha point, comme chacun sait, d'être le meilleur fils du monde.

R., Archambault.

A lire également

1 - Dans l'ombre de la Cité Jeanne-d'Arc.

2 - Une leçon d'école… charbonnière.

3 - Ici on est nourri gratis.

4 - La naissance d’un clown.

5 - Petites fugues sur un thème banal

6 - Ceux de la Glacière, rois des chapardeurs.

7 - Les bonnes opinions sont celles qui font vivre.

8 - Et quand ils seront grands.

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Faits divers

Le drame de la rue de Tolbiac : un mari qui tue sa femme - 1902

Un drame sanglant s'est déroulé hier soir, vers huit heures et demie, au n°204 de la rue de Tolbiac.
M. André Gastin, âgé de quarante-cinq ans, établi marchand de vins à cette adresse, avait cessé son commerce le mois dernier, mais il continuait d'habiter le rez-de-chaussée de l'immeuble.

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Le drame de la rue de Tolbiac : un commis boucher blesse grièvement sa femme puis se suicide - 1936

Il semble que seule la neurasthénie ait poussé Paul Seguin, quarante-neuf ans, commis boucher, vouloir tuer sa femme pour se loger ensuite une balle dans la tête.

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Le drame de la rue de Tolbiac : Un soldat tire sur sa femme et la blesse mortellement - 1908

Un drame conjugal s'est déroulé, hier soir, 245, rue de Tolbiac.

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Le drame de la rue de Tolbiac : le cordonnier violent avait tué avec un tranchet - 1912

Le cordonnier Auguste Seigneur, âgé de vingt-huit ans, est un homme d'une extrême violence. Il comparaissait, hier, devant la cour d'assises de la Seine sous la double accusation d'homicide volontaire et de coups et blessures.

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Le drame de la rue de Tolbiac : un drame passionnel fait deux morts - 1906

Un drame passionnel s'est déroulé dans un hôtel meublé, 178, rue de Tolbiac. À cette adresse, les époux Beaucousin exploitent depuis plusieurs années un établissement de vins et logeur, fréquenté par une clientèle de maquignons.

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Le drame de la rue de Tolbiac : double tentative de meurtre - 1895

Deux frères, Georges et Hippolyte Primitif, âgés, le premier de trente-sept ans et le second de trente-deux manouvriers, demeurant dans le treizième arrondissement, avaient voué une haine implacable à un marchand de vin da la rue de Tolbiac

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Le drame de la rue de Tolbiac : double tentative de meurtre - 1895 (Petit-Parisien)

Une double tentative de meurtre a mis en émoi, hier soir, les habitants de la rue de Tolbiac, dans le quartier de la Maison-Blanche.

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Le drame de la rue Jenner n°27 - 1893


Le drame de la rue Jenner n°6 - 1893


Le drame de la rue des Tanneries - 1932


Le drame des Gobelins - 1904


Le crime de la rue de Tolbiac - 1902


Fiançailles d'Apaches - 1904


Un meurtre rue Baudricourt - 1904


Quadruple empoisonnement - 1893


Une bataille boulevard "Liabeuf" entre Agents et Apaches - 1911


Une équipe de terrassiers découvre cinq squelettes à la Maison-Blanche - 1923


Le crime de l'avenue d'Italie - 1899


Le drame de la rue Coypel - 1888


Le drame de l'avenue de Choisy - 1888


Le drame de l'avenue de Choisy - 1911


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