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UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

sans titre 1

SAVIEZ-VOUS QUE...

Par son vote du 26 mai 1859, la Chambre des députés décidait de porter, à compter du 1er janvier 1860, les limites de Paris jusqu'au pied du glacis de l'enceinte fortifiée. Cette loi désignait le 13ème arrondissement sous le nom d'arrondissement des Gobelins.


Le 23 juillet 1892, un ouvrier tourneur en bronze, nommé Dubru, se suicidait en se jetant dans la Bièvre, boulevard d’Italie. Son corps fut transporté à la Morgue.


La rue de la Colonie s'appella ainsi en raison de la présence d'une colonie de chiffonniers dans le secteur.

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 Les gosses en marge - 5

Les gosses en marge

5 - Petites fugues sur un thème banal

Il ne se passe pas de semaine sans qu'un ou plusieurs gosses disparaissent dans le quartier de la Gare. Nul d'ailleurs ne s'en émeut, sinon parfois la mère qui constate qu'avec le petit quelques billets ont pris la fuite. Mais le plus souvent, il faut le reconnaître, le gosse part les mains vides. Honnêteté ? non pas ; les enfants de ce coin de Paris savent comme le meilleur stratège l'art de vivre sur le terrain.

Cela les prend un matin, comme ça, au réveil. Eux-mêmes ne sauraient pas dire pourquoi ; ils sentent parfaitement qu'aujourd'hui il leur sera tout à fait impossible non seulement d'aller à l'école, mais de rester sur le trottoir, bien sagement, à jouer aux billes. Et même d'aller ce soir à la quête du charbon et des pommes ! Ce qu'il leur faut, ce dont ils ont réellement à cette heure-là un aussi vif besoin que d'air, c'est la liberté. C'est ne plus voir sainte Jeanne d'Arc coiffée de sa cagoule d’ardoises, ne plus sentir l’haleine de la cité. Alors, à peiné habillés, une tartine à la main, leur sac à l'épaule, lourd de livres qu'ils n'ouvriront pas ce jour-là, ils s'évadent tranquillement vers les horizons nouveaux dont ils rêvent.

Des horizons bien mesquins et bien simples. Ce ne sont pas des enfants à faire sur un essieu le voyage du Havre pour voir la mer et des navires ; ils ont la Seine, les péniches, les remorqueurs. Et puis, il faut bien l'avouer, ils n'ont rien de poètes en herbe :

— C'est bien rare, me dit la mère d'un de ces fugitifs chroniques, qu'ils sortent de la Butte-aux-Cailles. Une fois seulement, on en a trouvé un à la limite de Choisy. Le plus souvent, quand ils ont passé une nuit dehors, ils rentrent comme ils sont partis : avec leur sac et leurs livres comme „ s'ils sortaient tout bonnement de la classe.

— Mais ça doit les gêner, cet attirail !

J'interroge le petit, qui écoute, le front plissé, l'œil éteint avec l'air de quelqu'un qui ne parlera qu'à son gré :

— Que fais-tu de ton sac, quand tu te sauves ?

Un silence ; un béret poussiéreux qui tourne, dans des doigts énervés.

Puis, un regard en dessous :

— Te le cache.

— Et où ça ?

— Par là.

C'est un camarade plus bavard qui m'a révélé la cachette. Rue de Gentilly, rue Nicolas-Fortin, ailleurs encore se trouvent d'immenses terrains vagues dont les palissades sont disjointes, dont les murs croulent par endroits :

— C'est là, m'sieu, qu'i planquent leurs affaires, dans des trous, sous des tas de pavés.

« Ils viennent les déterrer avant de rentrer à la maison. »

… Où, sans doute, une fessée retentissante sert de conclusion à leur escapade. ?

Eh bien, non. On s'est aperçu depuis longtemps que les fessées ni les sermons n'entamaient la belle indifférence des gosses possédés par le démon de la fugue. Alors, à quoi bon les battre ?

— Quand ils veulent passer une nuit dehors, me confie une autre maman, une fort sérieuse maman que ses deux fils (douze et treize ans) ont accoutumée à leurs fantaisies, quand ils veulent passer une nuit dehors, ils la passent. Rien ne saurait les retenir. Tout jeunes, mes deux frères étaient de même ; ça ne les a pas empêchés de devenir d'excellents ouvriers, très rangés, et pères de famille.

Nantis de cette absolution, les gosses auraient tort de se gêner. Ne soyons pas plus rigoristes ; il faut bien que jeunesse se passe. Et la jeunesse, autour de la place Nationale, dans ce quartier si provincial d'allures, mais si bohème d'esprit, la jeunesse a des façons qui lui viennent d'un autre âge, du temps où des trente-deux manières dont Panurge savait se procurer de l'argent, la plus honnête était le larcin. Ce qui ne l'empêcha point, comme chacun sait, d'être le meilleur fils du monde.

R., Archambault.

A lire également

1 - Dans l'ombre de la Cité Jeanne-d'Arc.

2 - Une leçon d'école… charbonnière.

3 - Ici on est nourri gratis.

4 - La naissance d’un clown.

5 - Petites fugues sur un thème banal

6 - Ceux de la Glacière, rois des chapardeurs.

7 - Les bonnes opinions sont celles qui font vivre.

8 - Et quand ils seront grands.

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Faits divers

Boulevard Kellermann - un livreur est tué et dévalisé par deux rôdeurs - 1934

Dans la nuit de jeudi à vendredi, vers 1 heure, deux agents cyclistes effectuant une ronde, découvraient sur les fortifications, à l'angle de la rue Damesme et du boulevard Kellermann, un homme inanimé.

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Malgré cinq ans de vie commune, Émile Daucourt, polisseur, âgé de trente ans, et sa maîtresse, Marie Pécret, une forte femme de trente-cinq ans, ne formaient pas un couple parfait.

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A la hauteur du numéro 26 du boulevard Kellermann, entre la porte de Bicêtre et la poterne des Peupliers, se trouve l'accès d'une double rampeaboutissant d'une part à la rue du Moulin-de-la-Pointe et d'autre part à la rue Damesme.

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Hier, vers une heure de l'après-midi, la concierge de l'immeuble, 198, rue de Tolbiac, voyait descendre, échevelée, un revolver à la main, une de ses locataires...

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Un brigadier de police tue sa femme dans un accès de fureur et disparaît - 1932

La jalousie et la colère n'ont pas seules le triste privilège de pouvoir être évoquées comme les seuls mobiles de drames sanglants. L'avarice conduit parfois au crime ceux qu'elle hante.

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Au bas de la pente - 1911

Hier matin, à deux heures, il soufflait un vent violent. Dans sa chambre du premier étage, donnant sur la rue de l'Amiral-Mouchez, numéro 18, Mme Baugrand entendait ses enfants se plaindre du froid qui entrait par de trou d'un carreau brisé...

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La rupture d'une conduite d'eau - 1930


Une usine incendiée - 1911


Drame de l'alcoolisme - 1903


La mort de Céline Pasquet - 1908


La police devra-t-elle assiéger dans la cité Jeanne-d'Arc Henri Odoux qui blessa sa voisine ? - 1935


L'ivrogne qui avait blessé sa voisine est arrêté - 1935


Cité Jeanne-d'Arc - Les agents protègent les ouvriers démolisseurs des taudis - 1935


Tentative d'émeute cette nuit rue Nationale - 1er mai 1934


A l'hôpital de la Pitié un fou cherche à tuer un surveillant de nuit - 1908


Sombre histoire de charbon - 1937


Les fureurs d'un alcoolique - 1894


Terrible méprise - 1897


Les étrangleurs des Gobelins - 1895


Crue de la Bièvre - 1881


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