entete


UNE ÉVOCATION DU 13E ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

sans titre 1

SAVIEZ-VOUS QUE...

L'hôpital de Lourcine (111 rue de Lourcine) était consacré au traitement des femmes atteintes de maladies secrètes et comptait 276 lits. Des consultations gratuites étaient données de 8 à 9 heures les mardis, jeudis et samedis.


La statue de Jeanne d'Arc, dûe au sculpteur Chatrousse, installée boulevard Saint-Marcel n'est pas unique. Un second tirage est installé à la Maison de la Légion d'Honneur à Saint-Denis.


Le 30 janvier 1916, se jouaient Les Mystères de New-York au cinéma Bobillot, 66 due de la Colonie.

menu-nouveautés
 Les gosses en marge - 7

Les gosses en marge

7 - Les bonnes opinions sont celles qui font vivre

Tatave., orphelin de dix ans, et ses huit frères et soeurs, ont été recueillis, rue de la Fontaine-à-Mulard, par une tante, la mère Anthuile. La mère Anthuile a les deux mains coupées, ce qui ne l'empêche pas de lever le coude et d'avoir son compte dès le matin. Tatave, qui a l'étude pour ennemie naturelle, a trouvé là une institutrice à son gré.

L'autre jour, un agent cycliste, qui s'était levé de mauvaise humeur, a ramassé Tatave comme un toutou errant alors que, sur le bord du terrain qui longe la cité, le gosse jouait à la patinette avec une planche montée sur deux bobines. Et mon Tatave, écolier renégat, a été conduit à la mairie.

Vous voyez la scène. Un bureau officiel sévère comme il convient à un lieu où règnent les lois et décrets de la République, et un monsieur plus sévère encore, qui regarde Tatave de haut en bas. Tatave, tout petit, n'ose pas regarder le monsieur ; son pied nu et sale gratte le tapis de laine, ses menottes tortillent le vieux béret veuf de son pompon, que sa tante, jadis, lui découvrit dans une poubelle :

— Pourquoi ne vas-tu pas à l'école, gamin ?

Tatave fait mine de pleurer très fort :

— Hi, hi, hi ! J'ai pas d'souliers, m'sieu.

— Et c'est pour ça que tu ne vas pas en classe ?

— Hi, hi. hi ! oui, m'sieu.

— Tu ne pouvais pas venir le dire ? On va t'en donner, des galoches. Le monsieur écrit sur un papier. Tatave essuie au coin de son œil des larmes supposées. C'est, qu'au fond il rayonne, le môme ! Des galoches toutes neuves, pensez donc !

Et Tatave s'est laissé chausser ; il est passé, rue Bobillot, devant l'agent qui l'avait arrêté en faisant narquoisement sonner ses semelles.

Puis, arrivé place de Rungis, il a quitté les beaux souliers pour courir jusqu'à la cité.

— R'garde, tante, les bathes grolles qu'i m'a refilé, m'sieu l'maire.

La tante Anthuile, que le vin rend lyrique, exulte. La voilà qui prend les galoches avec ses moignons experts, et qui s'en va, riant toute seule, vers la zone... Ce soir, vous pourrez acheter les souliers au marché de Bicêtre et trouver la tante Anthuile affalée sur quelque talus. Demain, pieds nus encore, Tatave jouera à la patinette près de la fontaine à Mulard.

Tatave et les gosses de la colonie n'ont pas d'amis qu'à la mairie. De temps à autre une bande de petits chapardeurs, s'en vient jouer autour de Sainte-Anne. Sainte-Anne est la grande église de la rue de Tolbiac, une église bien imposante pour un tel quartier, avec sa coupole soi-disant latine et ses clochers faussement byzantins ; mais dans cette basilique sévère, il y a un bon curé. Quand le bon curé se promène, il est bien rare qu'il ne tombe pas sur une troupe de gamins qui le guettaient sans en avoir l'air et qui, bien respectueusement, le saluent. Tant de respect veut sa récompense ; le curé s'arrête, bavarde, apprend que, chez celui-ci, on manque d'argent, chez celui-là de vêtements, de pain chez cet autre.

— Mes pauvres enfants ! mes pauvres enfants ! Je vous ferai porter tout cela demain par les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul.

— Merci, monsieur le curé, disent les mômes avec une émotion visible.

Et puis, le curé parti, frtt... Toute la bande vole chez le pasteur où, devenue soudain protestante, elle se laisse à nouveau combler. Ainsi Dieu, comme il est écrit, protège les grandes familles. Rien toutefois ne peut être parfait en cette vallée de misère.

— Y en a un que j'peux pas blairer, m'a confié Tatave, c'est le rabbin. Y a rien à faire pour qu'i « chique ».

Tatave, en fait de dieux, n'admet que les dieux qui paient.

R. Archambault.

Quelques jours plus tard, le 29 avril 1929, Paris-Soir publia l'article suivant qui venait compléter la série :

Une jeune femme de La Glacière recueille sept orphelins

Paris-Soir — 29 avril 1929

Dans un article consacré aux enfants irréguliers du quartier de la Glacière et publié le 7 courant, nous avions évoqué, sous un nom d'ailleurs supposé, la figure d'une femme fort connue autour de la place de Rungis, particulièrement à cause de son infirmité : elle avait les deux mains coupées.

Celte femme vient de mourir et les sept petits enfants qu'elle laissait derrière elle ont été recueillis 63, rue de la Fontaine-à-Mulard, par une brave et laborieuse marchande des quatre-saisons, Mme veuve Renard.

Mme Renard, à trente ans, n'a pas hésité à se changer des sept orphelins, et l'on sait ce que sont sept enfants en ce temps de vie extra-chère. Il est donc bien évident que ce n'est point cette dévouée travailleuse que nous visions dans notre article, et nous sommes heureux, au contraire, de lui adresser ici toutes les félicitations que mérite son geste si simplement et si modestement généreux.


A lire également

1 - Dans l'ombre de la Cité Jeanne-d'Arc.

2 - Une leçon d'école… charbonnière.

3 - Ici on est nourri gratis.

4 - La naissance d’un clown.

5 - Petites fugues sur un thème banal

6 - Ceux de la Glacière, rois des chapardeurs.

7 - Les bonnes opinions sont celles qui font vivre.

8 - Et quand ils seront grands.

Menu faits divers

Faits divers

Tentative d’assassinat - 1903

Il est certains quartiers excentriques de Paris où il est dangereux de s'aventurer passé minuit. Les rôdeurs et malfaiteurs de toute espèce s'y conduisent comme en pays conquis ils dévalisent sans vergogne le passant attardé et, si celui-ci leur oppose la moindre insistance, ils ont vite fait de lui imposer silence en le frappant avec leurs armes.

Lire


Un mari meurtier - 1903

Un employé la recette principale des postes, Pierre Jamais, âgé de quarante-huit ans, demeurant 19, rue Croulebarbe, avait de fréquentes querelles avec sa femme, de dix ans plus jeune que lui.

Lire


Précoces Criminels - 1895

Une tentative criminelle que ne renieraient pas des scélérats endurcis a été commise par trois gamins de douze à treize ans contre un autre enfant, le jeune Lucien Delagne, âgé de douze ans, écolier, demeurant chez ses parents, honnêtes ouvriers, rue du Champ-de-l’Alouette.

Lire


Le perroquet enlevé - 1896

Dans le quartier Croulebarbe vit un perroquet centenaire, nommé Jacquot, magnifique ara gris, à queue rouge-pourpre, comme la trame d'un cardinal. Ce vénérable personnage habite depuis plus de quatre-vingts ans au sein de la même famille.

Lire


Une scène scandaleuse - 1894

Une scène scandaleuse s'est passée, avant-hier soir, vers cinq heures, sur la ligne du chemin de fer de Ceinture, dans la gare de la Maison-Blanche.

Lire


Une mère tue sa fillette et tente de se suicider - 1912

Un drame navrant, stupide, cruel, a douloureusement ému, hier, le quartier Croulebarbe. Dans la paisible rue de la Reine-Blanche vivait, depuis dix mois, au numéro 28, la famille Vaissair, composée du père, de la mère, et d'une fillette de trois ans.

Lire


La lune de miel fut de courte durée - 1923

Il est de notoriété publique que la cavalerie a de tout temps semé le trouble dans le cœur des femmes. Et l'effet ne manqua pas de se produire dans celui trop sensible de Mme Émilie Raysin, jeune femme de 28 ans, demeurant avenue de Choisy, lorsqu'elle vit, caracolant à ses côtés, ce gars à belle prestance.

Lire


Un pickpocket - 1885


La bagarre de la cité Jeanne-d'Arc - 1902


Une femme étranglée - 1898


Le drame de la Cité Jeanne-d'Arc - 1865


Étrange fait divers - 1890


Le drame de la rue Mouffetard - 1875


Un ménage devenu la terreur des environs - 1875


Mauvaise surprise - 1875


De chute en chute - 1895


La chasse aux indésirables - 1938


Champion de boxe - 1916


Un nouveau crime dans le 13ème? - 1879


Les maraudeurs du 13ème - 1870


On arrête une bande de voleurs - 1911


sans titre 2

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte