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UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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SAVIEZ-VOUS QUE...

En mars 1911, à la suite de nombreuses plaintes déposées par des commerçants de l'avenue des Gobelins et du boulevard Saint-Marcel. M. Yendt, commissaire de la Salpêtrière, arrêtait et envoyait au dépôt, sous l'inculpation de vol, les nommés Auguste Doré dit Godard, vingt-quatre ans, demeurant en garni rue Grange-aux-Belles, et Pierre Debosse, vingt-six ans, sans domicile.


C'est le 5 mars 1930 que furent ouvertes les stations de métro Tolbiac, Maison-Blanche, Porte d'Italie et Porte de Choisy qui faisaient alors partie de la ligne 10.


C'est par un décret impérial du 2 octobre 1865 que le boulevard de Vitry devint la rue de Patay.

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 Les gosses en marge - 8

Les gosses en marge

8 - Et quand ils seront grands

Toute cette marmaille grandira. Un jour prochain (les années filent si vite !) Mimile, Tolor, Tatave n'iront plus à la quête du charbon. On les trouvera, les soirs de paye, accoudés, à des zincs malpropres, fumant, buvant, lorgnant les filles. Car Mimile, Toior et Tatave, poussés par la nécessité de vivre, se seront choisi un métier.

Oh ! pas des, métiers difficiles, bien sûr. Ils n'en pincent pas pour l'apprentissage. Mimile sera quelque chose dans les chiffons ; Totor vendra des bricoles, à la sauvette ; Tatave, hirondelle des chantiers, fera partie de la grande confrérie des « macadams » et, tous les mois, traînera dans les cliniques d'accidentés du travail, des blessures soigneusement ratissées au papier de verre. Ils marcheront en roulant des hanches, casseront la visière de leur casquette, mèneront au cinéma leurs petites voisines dont la chevelure poisseuse se frottera, dans l'ombre, à leur maigre épaule. Alors, il ne fera plus bon les regarder de trop près. Des gars élevés dans une rébellion constante contre toute règle, contre tout maître, ont la main prompte à dix-sept ans ; la violence les habite. Déjà, bien qu'ils soient encore tout petits, leur mère ne se risque pas à leur tirer trop souvent l'oreille. Quand ils- auront grandi, leur père lui-même, devra filer doux.

*             *

C'est le samedi soir qu'il faut rôder autour de la cité Jeanne-d'Arc ou louvoyer dans les parages de la fontaine à Mulard, si l'on veut se rendre compte de ce que seront bientôt les gosses qui maintenant sont en chasse devant l'usine à gaz ou la gare de Gentilly. On ne manque jamais de tomber sur une scène de famille.

En voici une entre tant d'autres. Le père et le fils se sont rencontrés chez le bistrot ; le père a déjà visité quelques zincs, le fils a plusieurs verres dans le nez. Le premier voit depuis longtemps avec peine la transformation que l'âge provoque en sa progéniture : naguère le petit ne travaillait pas et il rapportait de l'argent à la maison ; les sous qu'il gagne maintenant, c'est lui seul qui les dépense.

— Qu'est-ce que tu viens f... ici, dégoûtant ? crie-t-il, .dans une rage soudaine. Tu ferais mieux de filer à la maison et d'aider à nourrir tes frères.

Le gars, très pâle, a marché sur le vieux :

— Et toi, alors ?

Le père prend à témoin la salle, qui commence à rire :

— Vous l'entendez ?... « Proparien », va ! Sale voyou ! T'as pas honte de répondre, à ton père ?»… J'veux pas que tu m'répondes t'as compris… Tiens, va-t-en, ou j'te…

Il a la main levée. Mais le garnement est plus vif ; soudain, le nez du vieux saigne, sous le choc d'un poing. Une courte bataille s'engage, qu'excitent les buveurs. Des verres éclatent sur le sol. Le cafetier, sentencieux, explique :

— Ça n'a pas de bon sens. Ça voudrait être respecté et ça laissait dans le temps son gosse barboter à tous les coins-de rue. Un gosse peut pas devenir honnête avec cette éducation-là.

Et il conclut, haussant les épaules :

— Y a tout de même une justice, pas vrai ?

J'ai compris ainsi que le zinc est une rare école de philosophie. Certes, pour devenir plus qu'une idée vaine, l'abstraction Justice doit se mettre à la mesure du justiciable. Mimile, Totor, Tatave, quand devenus grands ils boxeront leur père ou leur mère, accompliront les obscurs desseins de la Providence et, par des voies immorales, rétabliront l'équilibre de la moralité.

Le malheur est qu'ils n'en sauront jamais rien et que jusqu'à la consommation du treizième arrondissement, les enfants y continueront de s'adonner à l'école charbonnière.

R. Archambault.

A lire également

1 - Dans l'ombre de la Cité Jeanne-d'Arc.

2 - Une leçon d'école… charbonnière.

3 - Ici on est nourri gratis.

4 - La naissance d’un clown.

5 - Petites fugues sur un thème banal

6 - Ceux de la Glacière, rois des chapardeurs.

7 - Les bonnes opinions sont celles qui font vivre.

8 - Et quand ils seront grands.

Menu faits divers

Faits divers

Le crime de la Cité Jeanne d'Arc - 1907

Un inconnu abordait, hier soir, vers quatre heures trois quarts, dans la rue Nationale, le sous-brigadier des gardiens de la paix Honoré Mariton, du treizième arrondissement, et lui déclarait : Je viens de tuer un homme qui m'avait emmené dans sa chambre, 1, cité Jeanne-d'Arc. Conduisez-moi en prison.

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Le crime de la Cité Jeanne d'Arc - 1907

L'homme qui, la veille, avait étranglé, cité Jeanne-d'Arc, le journalier Jean Guérineau, a consenti à dévoiler enfin son identité.

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Haustrate aux Assises -1907

Le 7 avril dernier, dans l'après-midi, le sous-brigadier Mariton, de service rue Nationale, voyait venir à lui un individu en proie à une violente émotion et qui lui déclara :
— Conduisez-moi au poste, car je viens de tuer un homme qui m'avait emmené dans sa chambre, 1, cité Jeanne-d'Arc.

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Un mari qui tue sa femme - 1897

Un brave égoutier, M. Pierre S... demeurant 27, rue Harvey, dans le quartier de la Gare, donnait, ces jours derniers, asile à sa nièce, une gamine, de seize ans et demi, Pauline Ohlmann, qui avait épousé, quelques mois auparavant, un charretier nommé Patural et l'avait quitté pour se soustraire à ses brutalités.

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Un rôti de chien enragé - 1873

On sait peut-être que la cité Doré, près de l’ancienne barrière des Deux-Moulins, est un quartier composé de cahutes singulières, habitées par des chiffonniers. Quartier modèle s'il en fut... Sa population tient à ce que tout s'y passe pour le mieux, à ce que rien ne vienne entacher la réputation d'esprit pacifique...

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Une femme aux fers - 1873

Avant-hier, vers sept heures au matin, un gardien de la paix de service rue Lahire (13e arrondissement), entendit des cris d'angoisse et la voix d'une jeune femme l'appelant de la fenêtre du premier étage d'une maison située dans l'impasse de la Cerisaie.

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Amours séniles - 1904

Subissant l'influence de l'été de la Saint-Martin, Paul Perrotel le « père Paul » comme on l'appelle dans le quartier des Gobelins bien qu'âgé de cinquante-huit ans, déclara sa flamme à une marchande de pommes de terre frites de la rue de Tolbiac, Louise Fléchel, qui compte, elle, cinquante-cinq ans.

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La Jalousie d'un Vieillard - 1904


Une tragédie passage Doré - 1908


Un Drame du Terme - 1902


Les étrangleurs des Gobelins - 1895


Un drame boulevard de l'Hôpital - 1897


Un jeu dangereux - 1897


Un héros de Gaboriau - 1901


Une bande d'aigrefins - 1897


Une singulière hallucination - 1901


Le cochon en ribotte - 1897


Les roulottiers - 1906


Les escroqueries d'une jolie fille - 1897


Drame de la jalousie - 1905


La traite des blanches - 1923


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