Sur la Bièvre...

 paris-treizieme.fr — Les berges de la Bièvre - 1878

Les berges de la Bièvre

Le Siècle — 25 septembre 1878

Il est une opération à laquelle l'administration fait procéder chaque année : c'est celle du curage de la Bièvre, cette rivière dont les eaux roulent, dans son parcours à travers Paris, tous les détritus résultant des nombreuses usines qu'elle alimente. Ce travail de salubrité a été entrepris ces jours derniers.

Cette énumération semble appartenir à l'article. En fait, elle est reproduite de la Gazette nationale ou le Moniteur universel du 8 avril 1855 qui avait consacré un article à la Bièvre. Et donc, à cette époque, l'entrée de la Bièvre dans Paris n'est pas au franchissement des fortifications, boulevard Kellermann mais au passage sous le boulevard d'Italie (futur boulevard Blanqui). (NdE)

Dans un parcours de deux kilomètres environ, c'est-à-dire depuis l'entrée de la Bièvre à Paris jusqu'à son confluent, un peu au-dessus du pont d'Austerlitz, on compte établis à moins de cent mètres de ses bords : neuf amidonniers, un moulin à papier, un dépôt de laines, deux distilleries, une blanchisserie de couvertures, un salpêtrier, trois fabriques de bleu de Prusse et de noir d’ivoire, un magasin de peaux fraîches venant des abattoirs, vingt-quatre tanneurs et hongroyeurs, deux moulins à farine et fabrique de vermicelle, vingt et un mégissiers, sept maroquiniers, trois brasseries, deux filatures de coton et une de laine, deux fabricants de cartons, trois fabricants de mottes, quatre laveurs de vieux chiffons, huit vastes bâtiments occupés par des blanchisseuses, avec buanderies, séchoirs, étendoirs ; deux peaussiers, une machine à broyer les couleurs, une fabrique de savons, un lavoir de laines, quatre teinturiers, une fabrique d'acides, une fabrique de chandelles, enfin une douzaine de bassins plus ou moins utilisés, dans lesquels les eaux stagnantes arrivent par des tranchées, des fossés, des bandes ou des infiltrations.

D'après cette énumération, il est facile de comprendre pourquoi la limpidité de la rivière est quelque peu troublée, et pourquoi les ondes qu'elle apporte à la Seine ne sont pas d'une pureté irréprochable.

La Bièvre vue depuis le passage Moret - E. Delamotte, Photographe (1904)
CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet

Dans une certaine portion du treizième arrondissement, un des bras de la Bièvre est connu sous de nom de rivière morte.

Entre cette rivière morte et la Bièvre vive s'étendaient jadis des terrains nus, où les blanchisseuses d'alentour faisaient sécher leur linge sur des piquets, où les nourrisseurs des environs faisaient paître leurs vaches. Ces terrains étaient submersibles ; c'est-à-dire que pour peu que l'année fût pluvieuse, ils disparaissaient sous l'eau pendant un temps plus ou moins long.

Le vallon dans lequel coule la Bièvre a environ trente-deux kilomètres d'étendue, depuis sa source jusqu'à son embouchure. Il est compris dans les départements de la Seine et de Seine-et-Oise. C'est dans la partie la plus reculée du vallon que la rivière de Bièvre prend sa source. Elle naît de trois fontaines, dont une, plus considérable que les autres, porte le nom de fontaine des Gobelins.

Elle traverse d'abord une prairie qui porte également le nom de prairie des Gobelins, et y reçoit les affluents de vingt-cinq ou trente petites sources qui l'augmentent assez pour que, après un trajet d'un kilomètre, elle ait près de 60 centimètres de largeur. A Paris, sa largeur moyenne est de 2 à 3 mètres.

Le cours de la Bièvre n'a pas toujours été ce que nous le voyons aujourd'hui dans sa traversée du faubourg Saint-Marcel. Primitivement, elle ne se rendait pas directement à la Seine ; mais elle se dirigeait, en suivant toujours la pente de la montagne, sur l'emplacement qu'occupe maintenant la rue St-Victor, traversait la place Maubert et, passant près de la rue de Bièvre, bâtie vers 1250, se jetait dans la Seine vis-à-vis de la façade méridionale de Notre-Dame.

C'est, au reste, ce qu'il est facile de voir dans le savant Traité de police du commissaire Lamarre, lorsqu'il fait la description topographique de Paris aux diverses époques de la monarchie.

Ce fut, à ce qu'il paraît, sous les règnes de Charles V et de Charles VI, de 1367 à 1383, lorsque tout ce quartier de Paris se couvrit de maisons, que le cours de la Bièvre fut changé et mené directement à la Seine.

Avant de passer sur l'emplacement qu'elle occupe aujourd'hui, la Bièvre a certainement traversé le Jardin des Plantes, ainsi que le prouvent, d'une part, le nom de la rue du Pont-aux-Biches-Saint-Marcel, et, d'autre part, les fouilles faites jadis (il y a environ soixante-quinze ans) pour les fondations de la ménagerie; et, plus récemment, celles qui ont été faites pour l'établissement d'un égout, en 1852, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, ci-devant rue des Jardins-au-Roi ; fouilles qui ont mis à découvert, à six ou sept mètres environ au-dessous de la surface actuelle du sol, le lit d'une petite rivière sur lequel était encore un pont de pierre très bien conservé.

Sur la Bièvre ...

La Bièvre à Paris

Gazette nationale ou le Moniteur universel (8 avril 1855)

Ce qu'il faut savoir sur la Bièvre

Dictionnaire de la conversation et de la lecture : inventaire raisonné des notions générales les plus indispensables à tous (1859)

Paris qui s'en va

A. Hermant (1865)

Les égouts et la Bièvre !

Le Siècle (14 janvier 1867)

La canalisation de la Bièvre !

Le Siècle (30 mars 1867)

La Bièvre — Un enfant asphyxié !

Le Droit (6 avril 1871)

Les eaux de la Bièvre !

Le Temps (7 décembre 1875)

La Bièvre

Charles Frémine (Illust. Auguste Lançon) (1876)

La Bièvre

Gazette Nationale ou le Moniteur universel (1877)

Le canal latéral de la Bièvre

Le Petit-Journal (1878)

Les berges de la Bièvre

Le Siècle (1878)

La Bièvre (in Croquis parisiens)

J.K. Huysmans (1880)

Pauvre Bièvre !

Le Rappel (1883)

L'empoisonnement de Paris

Le Petit-Parisien (1884)

La Bièvre

J.K. Huysmans (1886)

La Bièvre

Lucien Victior-Meunier (Le Rappel - 1887)

La Bièvre

Le Petit-Journal 22 septembre 1887)

La Bièvre

L'Intrangisant (1890)

La Bièvre

Alfred Ernst (1890)

Aux bords de la Bièvre

Rodolphe Darzens (1892)

La disparition de la Bièvre

Le Journal des débats politiques et littéraires (1893)

Le curage de la Bièvre

Le Soleil (1894)

La disparition de la Bièvre

Le Petit-Journal (1894)

La Bièvre

L'Intransigeant (1895)

La Bièvre

G. Lenotre (1896)

La Bièvre déborde

Pierre Véron (1897)

La Bièvre

Louis Sauty (1898)

Au bord du passé

Henri Céard (1898)

La Bièvre et ses bords

Le Figaro (1899)

Paris sur la Bièvre

Henri Céard (1900)

La Bièvre

Gustave Coquiot (1900)

Les colères de la Bièvre

La République française (1er juin 1901)

Le ruisseau malin

La République française (2 juin 1901)

A propos de la Bièvre

Le Temps (9 juin 1901)

La Bièvre (Le vieux Paris)

Paris (1902)

La Bièvre (Paris qui s'en va)

Gustave Coquiot (1903)

La fin d'une rivière

Le Rappel (1904)

La Bièvre

La Petite République (1904)

Le long de la Bièvre

Georges Cain (1905)

Autour de la Bièvre

Georges Cain (1907)

La perdition de la Bièvre

Adrien Mithouard (1906)

La couverture de la Bièvre

A.-J. Derouen (1907)

Le danger de la Bièvre

Le Petit-Journal (1908)

Un voyage à l'île des singes

Raymond Lecuyer (1908)

Le dernier soupir de la Bièvre

F. Robert-Kemp (1909)

La Bièvre

Albert Flament (1911)

La fin de la Bièvre

Léon Gosset (1911)

Pauvres ruisseaux

F. Robert-Kemp (1912)

La rivière perdue (Léo Larguier)

Le Journal des débats politiques et littéraires (1926)

La Bièvre et la fête des fraises (Gustave Dallier)

Le Petit-Journal (1926)

Les fantaisies de la Bièvre

Léon Maillard (1928)

Saviez-vous que... ?

La rue du Tibre, dans le quartier Maison-Blanche, a été ouverte sur l'emplacement d'une voirie d'équarrissage, elle a porté le nom de rue de la Fosse-aux-Chevaux, puis du Tibre, à cause de la Bièvre autour de laquelle ont été groupés des noms de fleuves.

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En 1863, un marché aux chiens se tenait tous les dimanches sur l'emplacement du marché aux chevaux du boulevard de l'hôpital. Il y avait peu de choix.

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En 1889, E. Pion, médecin vétérinaire, inspecteur de la Boucherie à Paris dénombrait 40 chèvres séjournant régulièrement à la Porte d'Italie et 15 à la Poterne des Peupliers.

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Afin que cesse la confusion entre la rue Thiers dans le 16e arrondissement et la rue Tiers dans le Treizième, on donna à cette dernière, en 1929, le nom de Paulin-Méry (1860-1913), ancien député du 13e (1889-1902), docteur en médecine, partisan et admirateur indéfectible du Général Boulanger, et victime des rayons X.

L'image du jour

Place Pinel