Faits divers

 Le Drame des Gobelins - 1904

Le Drame des Gobelins

Un ménage de travailleurs —« L'accident » —Deux ans de misère. — Las de lutter — Pendus !

Le Radical — 12 février 1904

Il y a trois ans, les époux Vey louaient un appartement d'un loyer annuel de 185 francs, au rez-de-chaussée d'un immeuble sis 28, rue des Cordelières, dans le quartier des Gobelins. Le mari. Auguste Vey, actuellement âgé de cinquante-neuf ans, exerçait la profession de mégissier ; sa femme, Maria, âgée de quarante-huit ans, était porteuse de pain et recevait, outre deux livres de pain par jour, un salaire de 16 francs par semaine. Le ménage n'avait pas d'enfants et vivait sans gêne.

Mais- voilà que le malheur et la misère entrèrent l'année suivante dans la maison.

En faisant une course, Auguste Vey tomba si malencontreusement dans la rue qu'il se cassa les genoux. Malgré plusieurs mois de soins extrêmement coûteux, il demeura infirme, incapable de faire mouvoir ses jambes. Dès lors la porteuse de pain, avec son maigre salaire, dut subvenir à tous les besoins. Occupée depuis cinq heures du matin jusque passé midi chez ses patrons, elle consacrait le reste du temps à son, mari impotent et à son intérieur,, mais, les privations et les fatigues avaient fini par lasser le courage de la pauvre femme.

On l'entendit souvent se plaindre, en ces derniers mois, et, avant-hier soir encore, elle disait à sa concierge : « Je n'en puis plus. Un de ces jours, j'irai prendre un bain dans la Seine ! »

Hier matin, à six heures, la boulangère qui l'employait ne la voyant pas venir, comme d'habitude, pour porter le pain, dit à sa bonne :

— Allez donc voir ce' qui se passe chez Maria, pour qu'elle soit aussi en retard.

La bonne alla rue des Cordelières, frappa chez la porteuse de pain, appela ; puis, personne ne lui répondant, se retira.

Une demi-heure- après,, la boulangère l'envoya de nouveau chez son employée.

Maria ne répondant pas plus que la première fois, la concierge fit briser un carreau et un locataire de la maison pénétra par la fenêtre dans l'appartement. On aperçut alors les époux Vey pendus côte à côte à deux cordes attachées au piton du plafond, destiné à supporter une lampe à suspension. On coupa, immédiatement les cordes, mais les époux Vey avaient depuis longtemps cessé de vivre.

On suppose, en effet, qu'ils ont dû se pendre vers trois heures du matin, car, à cette heure-là, les locataires au-dessus d'eux ont entendu du bruit dans leur appartement M. Yendt, commissaire de police, et M. le docteur Pradelles, ont procédé aux constatations médico-légales.

L'inhumation des deux cadavres doit avoir lieu ce matin.


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1908

Une effrayante tragédie s'est déroulée, dans la nuit d'hier, à l'hôpital de la Pitié. Frappé subitement de folie furieuse, un malade en traitement dans la salle Piorry, Charles-Albert Baxloy, âgé de trente ans, habitant 10, rue Dunois, dans le treizième arrondissement, a tenté de tuer un veilleur de nuit, M. Julien Mercier, âgé de quarante ans.

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Drame de la misère

1894

Dans un misérable taudis situé au numéro 54 de la rue du Château-des-Rentiers, vivaient une pauvre vieille femme, Mme veuve Crozier, âgée de soixante-dix ans, et son fils François âgé de trente-six ans, chiffonnier, qui partageait avec sa mère l'unique chambre composant tout le logement.

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Le mystère du boulevard Masséna

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Celui-ci leur dit qu'en effet, la veille au soir, vers 9 heures 1/2, une dame, répondant au signalement donné, lui avait demandé son chemin pour aller boulevard Masséna, numéro 15, mais qu'il ne l'avait plus revue. Ces messieurs suivirent le boulevard Masséna, où ils cherchèrent en vain le numéro 15, qui n'existe pas.

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rue de Patay

La maison hantée ou les esprits « frappeurs »

1920

C'est au 87 de la rue de Patay.
Là, dans un appartement, modeste de deux pièces encombré de meubles et de penderies — ce dernier détail a peut-être son importance — est installée, depuis plus d'une année, une famille composée du père, un sexagénaire, ébéniste, de sa belle-sœur qui fut infirmière...

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Saviez-vous que... ?

En 1860, Il y avait un commissariat pour deux quartiers dans chaque arrondissement de Paris. Pour le 13e, ces commissariats étaient installés 36 route d'Italie pour Croulebarbe et la Maison-Blanche et 62 boulevard de l'Hôpital pour les quartiers de la Salpêtrière et de la Gare.

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Bobillot, héros du Tonkin, était prénommé Jules. La rue portant son nom est longue de 1.100 mètres.

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Le mardi 7 aout 1923, on découvrit 5 squelettes enterrés au coin de la rue Damesme et de la rue Bourgon.

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C'est en 1868 que la voie latérale au chemin de fer de ceinture entre le chemoin de fer d'Orléans et la rue de Patay reçut le nom de rue Regnault afin d'honorer le baron Jean-Baptiste Regnault, peintre (1753-1829).

L'image du jour

La Zone à la porte de Bicêtre