Faits divers

 Bataille rangée entre consommateurs à la porte d'un café - 1939

Une réconciliation qui finit mal

Bataille rangée entre consommateurs à la porte d'un café

Éventré d'un coup de couteau, à demi assommé à coups de talon par une femme, un des combattants est enfin jeté sous les roues d'un taxi

Paris-Soir ― 12 mars 1939

Dans un café, avenue de la porte de Choisy, deux consommateurs, Charles Glatre, 36 ans, dit Charlot la Peinture, demeurant 13, rue Nationale, à Ivry, et Michel Denebond, 36 ans, rémouleur, dit Micky la Pédale, habitant 16, passage de l'Avenir(*), discutaient en buvant le verre de l'amitié.

La zone vue du ciel en 1936 (Source : IGN Remonter le Temps)

Tous les deux avaient été, durant de longs mois, des ennemis farouches. Mais depuis quelques jours ils s'étaient réconciliés. Micky la Pédale, voulant donner la preuve de son pacifisme, sortit un revolver d'ordonnance, modèle 1892, et dit à son camarade :

― Tu vois que je veux faire la paix, puisque je retire les balles de mon pétard.

― Ah ! tu avais un « feu », s'écria Charles, redevenu soudain méchant. Si je l'avais su, je ne me serais pas raccommodé !

― Puisqu'il en est ainsi, répartit Micky, je recharge mon arme.

Un autre consommateur, Léger Lepie(**), dit Titi. 33 ans, demeurant 34, passage Henri, dont la sœur est l'amie de Denebond, intervint ; il s'empara du revolver et le déchargea. Mais un quatrième personnage, Louis Bouvet, dit Boubou, 26 ans, coutelier, demeurant 59, passage de l'Avenir, ne goûta pas l'intervention de Lepie, qui partait cependant d'un si bon naturel :

―  De quoi te mêles-tu ? dit-il, furieux.

Lepie, vexé, répliqua vertement. Si bien que les deux hommes décidèrent enfin, d'un commun accord, d'aller s'expliquer dans la rue.

Lepie porta plusieurs coups de crosse de revolver à Bouvet, qui eut l'œil gauche crevé. La sœur de Bouvet, Maria Grolier, qui existait à la lutte, rentra précipitamment dans le débit, en criant : « Au secours ! on tue mon frangin ! »

Aussitôt, des consommateurs, au nombre d'une douzaine, firent irruption hors du débit, et ce fut une véritable bataille rangée.

Soudain, Lepie, atteint d'un coup de couteau au ventre, s'affaissa.

Maria Graulier sauta sur lui et se mit à lui écraser le visage à coupe de talons.

Pendant ce temps, Micky et ses partenaires tenaient un conciliabule : ils décidèrent de se débarrasser  définitivement de Lepie, en le jetant sous une voiture.

Un taxi survenant, ils mirent leur projet à exécution ; mais le chauffeur eut juste le temps de bloquer ses freins. Micky et ses compagnons se hâtèrent alors de fuir.

Le chauffeur alerta la police et le blessé fut transporté à la Pitié, où il succomba peu après son admission.

Les inspecteurs Thiébaud, Dumond, Laroque et Verdois de la police judiciaire, ont pu arrêter les sept auteurs de ce drame et établir le rôle de chacun. C'est Alfred Mangin, dit Frédo-le-Rémouleur, associé de Bouvet, qui a tué Lepie.


(*) Le passage de l'Avenir (qui n'en avait guère) reliait l'avenue de la porte d'Ivry à l'avenue de la porte de Choisy en longeant plus ou moins le boulevard de la Zone. Son emplacement est aujourdhui occupé par les terrains de sport en bordure du périphérique intérieur. (NdE)

(**) Paris-Soir écrit "Lepie" mais la majorité des quotidiens relatant cete triste affaire évoque Robert Lepic.

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Saviez-vous que... ?

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Le dernier étang du quartier de la Glacière fut comblé en août 1881 et sur son emplacement, on construisit une gare de marchandises connue sous le nom de gare de Rungis.

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Abel Hovelacque, député du 13ème arrondissement, dont le nom a été donné à la rue de Gentilly en 1899, fut le promoteur de l'Ecole Estienne qui ouvrit le 20 novembre 1889. Cette école occupe ses locaux actuels depuis le 1er juillet 1896. Abel Hovelacque ne vit pas cette installation car il mourut le 22 février 1896 à l'age de 53 ans.

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Le point culminant du sol naturel du 13e arrondissement dépasse légèrement les 63 mètres. Il est situé au milieu de la rue Vandrezanne. Le point le plus bas est sur les quais de Seine à proximité du pont National. Si l'on prend en compte les espaces situés au delà du périphérique, le point culminant serait situé avenue de la porte de Gentilly en lisièse de cette commune. Les prés submersibles de la Glacière étaient à une côte moyenne de 35,80 mètres.

L'image du jour

Le boulevard de la Gare (Vincent Auriol) vers la rue Jenner