entete


UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

sans titre 1

SAVIEZ-VOUS QUE...

La gare de Paris-Gobelins a été mise en service le 15 mai 1903. Elle le demeura jusqu'en 1991.


La couverture de la Bièvre, à l'angle de l'avenue des Gobelins, fut décidée lors de la séance du conseil municipal du 12 juillet 1893.


L'asile Nicolas-Flamel, 71 rue du Château-des-Rentiers, fut inauguré le 18 mai 1889.

menu-nouveautés Article - inclus

Noté dans la presse...

1895

M. Félix Faure dans le 13è

Le pont de Tolbiac est dans le treizième arrondissement, c'est-à-dire dans une région de Paris où jamais, en aucun temps, chef d'État n'a mis le pied.

Lire la suite...

sans titre 1

C'est arrivé dans le 13ème

 Dans un bal - 1982

Dans un bal.

La Lanterne — 3 février 1892

Rixe hier, entre agents et danseurs, dans un bal-musette de la rue Coypel, au cours de laquelle un des assistants, Charles Boyer, dit la Rincette, saisit l'agent Jean et essaya de le terrasser. Les gardiens de la paix dégainèrent et blessèrent plusieurs de leurs agresseurs : un nommé Alphonse Lasserbes, dit Têtard, reçut dans le ventre un coup d'épée-bayonnette qui l'étendit à terre. Il a été transporté mourant à l'hôpital de la Pitié.


 La bande des deux moulins - 1894

La « bande des deux moulins »

Le Gaulois — 14 novembre 1894

Une véritable bataille s'est livrée, l'avant-dernière nuit, boulevard de la Gare, entre ouvriers et rôdeurs qui sortaient d'un bal-musette de l'avenue de Choisy.

Les rôdeurs mirent bientôt le couteau à la main, et le sang coulait déjà quand les agresseurs sortant des revolvers firent usage de leurs armes.

Une femme qui passait a dix mètres de là était blessée à la cuisse par une balle mais la police accourait et parvenait arrêter un des malfaiteurs, nommé Jean Bouhain.

Cet individu, qui est blessé, a déclaré faire partie d'une bande dite la « Bande des deux moulins » à laquelle étaient affiliés la plupart des agresseurs.

L'état d'un des ouvriers nommé Émile Bonnet est désespéré. Il a été frappé d'une balle à l'œil gauche et d'un coup de couteau au cou. Un ébéniste, Joseph Verdoneck, a été également atteint d'un coup de couteau au côté gauche.


 Le meurtrier de Gauzy est connu - 1914

Le meurtrier de Gauzy est connu

Il a tiré sur lui au cours d'une discussion d'intérêts et aussi parce que le soldeur lui reprochait d'être un "indicateur" de la police

Le Matin — 5 juin 1914

L'attentat dont fut victime, mardi soir, le soldeur Antoine Gauzy n'est plus mystérieux. On sait aujourd'hui où, comment, pourquoi et par qui fut tiré le coup de revolver mettant en danger la vie de celui qui fut poursuivi comme complice des bandits en auto. Contrairement ce que prétendaient Gauzy lui-même, sa femme, son frère Marius et M. Paul Guignard, le tenancier du café des Trois Marches vertes, c'est dans ce débit que se déroula la scène tragique. Il ne s'agit pas d'une vengeance dictée par la jalousie, mais du geste d'un camarade, quasi-associé de Gauzy, qui a voulu avoir le dernier mot dans une discussion violente où se mêlaient à la fois des questions d'intérêts et des reproches qu'un anarchiste n'admet jamais sans colère.

Le meurtrier du soldeur est connu. C'est un nommé Antonin Mazoyer, âgé de trente ans, né à Nîmes, et par conséquent compatriote de Gauzy. Antonin Mazoyer, qui exerce le métier de camelot et de soldeur, est plus connu sous le sobriquet « le Marseillais ». On ignore où il habite. Depuis mardi, il n'a pas reparu dans les endroits où il a l'habitude de fréquenter. Aussi les recherches faites jusqu'ici pour le découvrir sont-elles restées vaines.

Un témoin du crime se décide à parler

Nous avons reproduit fidèlement hier les sobres déclarations faites par Antoine Gauzy, sa femme, Marius Gauzy et M. Paul Guignard. Les réticences, les contradictions de ces divers témoignages ne pouvaient qu'inciter les policiers à poursuivre leur enquête afin de connaître l'exacte vérité.

Hier matin, M. Boudeau, commissaire de sûreté du 4e district, ainsi que M. Fauvel, secrétaire du commissariat de la Gare, avaient acquis la certitude que Gauzy avait été blessé à l'intérieur du café des Trois Marches vertes et que le chiffonnier Georges Colson avait dit vrai en venant déclarer spontanément que passant rue Nationale, vers 7 heures et demie du soir, il avait perçu le bruit de deux coups de feu tirés dans la salle du café et aperçu presque aussitôt trois individus quitter le débit en courant à toutes jambes.

Les policiers, à l'aide de renseignements recueillis sur les relations du soldeur, établirent que l'agresseur de Gauzy ne pouvait être qu’un certain Antonin Mazoyer, dit le Marseillais.

Bientôt M. Paul Guignard devait venir confirmer et préciser les soupçons de la police. Le tenancier du café des Trois Marches vertes se rendit, hier matin, au commissariat du quartier de la Gare et fit à M. Fauvel cette déclarations :

— Cette fois, je viens dire la vérité. Gauzy a été blessé chez moi, dans mon débit. Il y était venu mardi soir vers sept heures et il y avait retrouvé un de ses amis, Antonin Mazoyer, dit le Marseillais. Les deux hommes s'attablèrent dans un coin de la salle. Deux autres clients devisaient au comptoir avec moi. Tout à coup une bruyante discussion s'éleva entre Gauzy et le Marseillais. Elle dura plusieurs minutes. Finalement le Marseillais sortit un revolver et, par deux fois, fit feu sur Gauzy, Le soldeur, blessé s'affaissa sur une chaise.

» — Surtout que la police ne vienne pas fourrer son nez dans cette affaire me soufflait-il

» Jetant son revolver sur le plancher, le Marseillais quitta aussitôt le débit, suivi des deux clients, qui ne voulaient pas être pris comme témoins de cette scène sanglante. C'est ainsi qu'après avoir entendu du dehors deux détonations, le chiffonnier Colson a pu voir trois hommes sortir furtivement de mon établissement

« Voilà l'arme du crime »

» Sur la demande de Gauzy, je le conduisis à son magasin, rue de Paris, à Ivry. En présence de sa femme et de son frère, il fut convenu que si la police enquêtait, nous fournirions la version que, tous quatre, nous avons donnée hier.

» Agissant sur les recommandations de la victime elle-même ; je fis la leçon, à mon retour rue Nationale, à ma femme et à ma servante. Je ramassai le revolver abandonné par Antonin Mazoyer et le cachai.

» Voici l'arme du crime. Sur les six balles que contient le barillet, deux seulement ont été tirées.

Et, en disant ces mots, M. Paul Guignard remit à M. Fauvel un revolver du calibre de 5 millimètres.

La déposition formelle et précise du propriétaire du café des Trois Marches vertes fut confirmée par sa femme, sa servante, ainsi que par les deux clients, témoins du drame, qui purent être retrouvés.

Gauzy, lui, accuse sans accuser

Un peu avant midi, M. Caill, doyen des juges d'instruction, se transportait à l'hôpital de la Pitié, au chevet d'Antoine Gauzy. Le docteur Paul, médecin légiste, l'accompagnait. L'état du soldeur reste des plus graves. Néanmoins le blessé put être interrogé. Gauzy répéta à M. Caill qu'il ne connaissait pas son agresseur. Mais le magistrat lui fit part des résultats de l'enquête policière et des nouvelles déclarations 'de M. Guignard.

— Vous avez été blessé dans la salle publique du café des Trois Marches vertes, et votre meurtrier n'est autre qu'Antonin Mazoyer, dit le Marseillais, prononça le juge d'instruction.

Les lèvres du soldeur s'agitèrent ; il balbutia quelques mots inintelligibles puis, après avoir hésité, il dit enfin, d'une voix basse, ces simples mots :

— Je crois que vous êtes dans le vrai.

Malgré l'insistance du juge, Gauzy se refusa ensuite à fournir toutes explications. M. Caill, rentré au Palais, désigna M. Corne pour poursuivre l'instruction. Celui-ci signa aussitôt un mandat d'arrêt contre Antonin Mazoyer.

L'association Gauzy-Mazoyer

Une enquête personnelle nous a permis de connaître le motif exact de la discussion qui mit aux prises le soldeur Gauzy et le camelot Antonin Mazoyer.

Tous deux natifs de Nimes, à peu près du même âge, Gauzy et Mazoyer se connaissaient depuis fort longtemps. Peu après sa libération du service militaire, Mazoyer vint à Paris avec sa mère. Celle-ci alla habiter dans un hôtel situé, 6, passage du Génie, dans le quartier du Faubourg-Saint-Antoine. Antonin Mazoyer, qui avait jusqu'ici exercé le métier de tonnelier, travailla chez divers négociants en vins. Mais bientôt il changea de profession et s'improvisa ouvrier peintre. Peu après, il devint camelot, parcourant les marchés et les foires de Paris et de la banlieue, où il est connu sous le surnom du Marseillais.

Antonin Mazoyer, d’idées très avancées, fréquentait assidûment les milieux libertaires où il se retrouvait, d'ailleurs, avec son camarade d'enfance Antoine Gauzy. Souvent les deux hommes travaillaient en association, le Marseillais écoulant sur les marchés des marchandises que lui procurait le soldeur d'Ivry.

Ayant purgé sa peine, Gauzy, comme nous l'avons dit hier, revint, 63, rue de Paris, à Ivry, où il continua son commerce. À partir de ce moment, Antonin Mazoyer devint pour ainsi dire son associé. Gauzv louait une boutique pour un mois, l'approvisionnait en soldes de tous genres et chargeait, Mazover de gérer cette petite succursale. Le « Marseillais », aidé de son amie, Marie C…. originaire de Nîmes elle aussi, s'acquittait avec entrain de cette mission. C'est ainsi que successivement le soldeur d'Ivry installa le Marseillais, avenue de Choisy, à Paris, et à Aubervilliers.

En mars dernier, Gauzy loua, 29 Ms, rue Raspail à Gentilly, un petit magasin où Mazoyer ouvrit un « déballage ». Mais le 17 mars, le commissaire de police faisait une visite inopinée rue Raspail, saisissait toute la marchandise comme paraissant de provenance suspecte et dressait contravention au Marseillais pour « vente illicite au déballage ».

Une instruction fut ouverte à la fois contre Gauzy et Mazoyer pour complicité de vol par recel. Cet incident contraria les rapports amicaux des, deux hommes. L'instruction fut longue. Finalement, voilà quinze jours, un non-lieu fut rendu en faveur des deux amis qu'on autorisa alors à retirer de la Fourrière les marchandises saisies à Gentilly. C'est le Marseillais qui alla annoncer cette heureuse nouvelle à Gauzy.

Le soldeur d'Ivry s'étonna que son ami fut si bien renseigné. Il en conclut promptement que Mazoyer était au mieux avec la police. Qui sait ? Peut-être avait-il lui-même dénoncé l'ouverture du « déballage » de Gentilly ? Mazoyer n'était-il pas auprès de lui pour l'espionner ? Cet anarchiste ne serait-il pas un vulgaire « indicateur » de la police ?

Antoine Gauzy fit part de ses appréhensions à sa -femme, à son frère et décida de rompre avec le Marseillais.

« Je ne suis pas un mouchard »

Dimanche dernier, sans explication, le soldeur mit à la porte de son magasin son quasi-associé. Mardi, Antonin Mazover se trouvait rue de Paris, à Ivry, guettant le passage de Gauzy. Vers six heures, le soldeur, quittant son magasin, se dirigea vers la porte d'Ivry. Le Marseillais le rejoignit. Marchant côte à côte, tout en causant avec animation, ils arrivèrent rue Nationale, devant le café des Trois Marches vertes, où ils pénétrèrent. Mazoyer réclama à Gauzy de l'argent qu'il estimait lui être dû. La discussion s'envenima. Les deux hommes s'accusèrent mutuellement d'être des « faux frères » :

— Tu m'as dénoncé à Gentilly, s'écria Gauzy.

— C'est faux D'ailleurs, moi, je n'ai jamais été soupçonné d'avoir « donné » Bonnot... répondit Mazoyer.

— Tu n’es qu'un mouchard répliqua le soldeur.

— Je ne suis pas un mouchard riposta le Marseillais.

Et, braquant son revolver, il fit feu par deux fois sur Gauzy. On sait le reste.

Le geste d'Antonin Mazover, buveur d'absinthe et d'un caractère des plus violents., n'a point surpris ceux qui le connaissent. Sa mère, qui depuis quelques mois occupe une petite chambre, 1, passage du Génie, a appris avec douleur que son fils était recherché pour avoir voulu tuer Antoine Gauzy.


Le meurtrier de Gauzy reste introuvable

Le Matin — 6 juin 1914

En dépit des recherches de la police, Antonin Mazoyer, dit « le Marseillais », le meurtrier du soldeur Antoine Gauzy, reste introuvable.

Depuis le soir de l'attentat, son passage n'a point été signalé dans les différents endroits qu'il avait l'habitude de fréquenter. Il est probable que le Marseillais aura reçu l'hospitalité discrète d'un camarade habitant la banlieue. Divers renseignements parvenus au quatrième district tendent à laisser supposer qu'Antonin Mazoyer a fui en Belgique ; mais la police est plus disposée à croire qu'il se « terre » bien loin de Paris.

L'état du soldeur Gauzy reste toujours inquiétant.


A lire également

L'article paru dans Le Matin du 4 juin

L'article paru dans Le Matin du 7 juin

Teaser 4 articles

Ailleurs sur Paris-Treizieme

Nouvelles dénominations de voies

On donne à la rue de la Croix-Rouge la dénomination de Domrémy. village du département des Vosges, où naquit Jeanne d'Arc; la route de Fontainebleau devient route d'Italie, la place de la barrière d'Ivry devient la place Pinel... (1868)

Lire

Les palais des Reines Blanche aux Gobelins

Si le vieil hôtel de Sens est, sur la rive droite de la Seine, un édifice curieux à voir, deux hôtels non moins anciens et tout aussi intéressants s'offrent sur la rive gauche, dans le quartier des Gobelins, aux yeux des amateurs du gothique. (1878)

Lire

Deux promenades autour du boulevard Saint-Marcel

Le boulevard Saint-Marcel prend naissance au boulevard, de l'Hôpital, vis-à-vis la Salpêtrière, et va aboutir en ligne directe à l'avenue des Gobelins, où il se rencontre avec les boulevards Arago et Port-Royal pour former un spacieux rond-point. (1882)

Lire

La question de la zone parisienne

Ce n'est jamais sans un sentiment de gêne, pour ne pas dire de honte, qu'en arrivait aux portes de la grande, cité parisienne, on franchit cet espace de 250 mètres de largeur qui longe encore en une ceinture presque continue les fortifications et qu'on appelle la Zone. (1932)

Lire

Menu faits divers

Faits divers

Un bien triste individu - 1896

Les gardiens de la paix Déom et Métayer étaient de service l'avant-dernière nuit, vers trois heures et demie, dans la rue du Moulin-des-Prés, lorsque les cris « Au secours ! à l'assassin ! » poussés par une voix de femme, retentirent soudain dans la rue Gérard.

Lire


Un coup raté - 1891

L'avant-dernière nuit, vers trois heures du matin, une veuve Bricot, qui tient un garni 112, boulevard de la Gare, entendait tout à coup des cris provenant d'une chambre inoccupée de l'hôtel.

Lire


Le crime de la Cité Jeanne d'Arc - 1907

Un inconnu abordait, hier soir, vers quatre heures trois quarts, dans la rue Nationale, le sous-brigadier des gardiens de la paix Honoré Mariton, du treizième arrondissement, et lui déclarait : Je viens de tuer un homme qui m'avait emmené dans sa chambre, 1, cité Jeanne-d'Arc. Conduisez-moi en prison.

Lire


Le crime de la Cité Jeanne d'Arc - 1907

L'homme qui, la veille, avait étranglé, cité Jeanne-d'Arc, le journalier Jean Guérineau, a consenti à dévoiler enfin son identité.

Lire


Haustrate aux Assises -1907

Le 7 avril dernier, dans l'après-midi, le sous-brigadier Mariton, de service rue Nationale, voyait venir à lui un individu en proie à une violente émotion et qui lui déclara :
— Conduisez-moi au poste, car je viens de tuer un homme qui m'avait emmené dans sa chambre, 1, cité Jeanne-d'Arc.

Lire


Un mari qui tue sa femme - 1897

Un brave égoutier, M. Pierre S... demeurant 27, rue Harvey, dans le quartier de la Gare, donnait, ces jours derniers, asile à sa nièce, une gamine, de seize ans et demi, Pauline Ohlmann, qui avait épousé, quelques mois auparavant, un charretier nommé Patural et l'avait quitté pour se soustraire à ses brutalités.

Lire


Un rôti de chien enragé - 1873

On sait peut-être que la cité Doré, près de l’ancienne barrière des Deux-Moulins, est un quartier composé de cahutes singulières, habitées par des chiffonniers. Quartier modèle s'il en fut... Sa population tient à ce que tout s'y passe pour le mieux, à ce que rien ne vienne entacher la réputation d'esprit pacifique...

Lire


Une femme aux fers - 1873


Amours séniles - 1904


La Jalousie d'un Vieillard - 1904


Une tragédie passage Doré - 1908


Un Drame du Terme - 1902


Querelle de famille - 1905


La guerre à propos d’œufs de Pâques - 1897


« Entends-tu ma voix qui t'invite ? » - 1905


Une page d'amour - 1906


Drame de la misère - 1894


La pègre -1907


Un duel à l'américaine - 1895


Les étrangleurs des Gobelins - 1895


Un drame boulevard de l'Hôpital - 1897


sans titre 2

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte