entete


UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

sans titre 1

SAVIEZ-VOUS QUE...

La rue de Tolbiac, pour la partie comprise entre la rue de la Glacière et la rue du Château-des-Rentiers, fut appelée initialement rue du Transit lorsque son ouverture fut projetée.


Compte tenu d'une croissance importante du nombre des décès accidentels dans Paris depuis la fin des années 1870, des postes de secours furent installés dans plusieurs arrondissements dont l'un se situait sur le Quai d'Austerlitz à l'embouchure du canal de la Bièvre. Ces pavillons étaient munis de couvertures, matelas, boites de secours et matériel approprié au sauvetage des noyés.


L'asile Nicolas-Flamel, 71 rue du Château-des-Rentiers, fut inauguré le 18 mai 1889.

menu-nouveautés Article - inclus

Noté dans la presse...

1872

Les Bijoutiers

Savez-vous ce que c'est qu'un Bijoutier ?...
C'est un de ces industriels qui achètent aux laveurs de vaisselle des restaurants les débris de viande cuite jugés indignes d'être offerts à la clientèle, et qui vendent ces débris, connus sous le nom d'arlequins, aux pauvres gens des quartiers populeux.
Or, depuis quelque temps, les étalages des bijoutiers du marché des Gobelins étaient mieux fournis que d'habitude...

Lire la suite...

sans titre 1

C'est arrivé dans le 13ème

 Singulier pari - 1891

Singulier pari

Le Figaro  ― 25 août 1891

Nous doutons fort que le pari suivant soit du goût des baigneurs du high life. Il faut en effet n'être pas très dégoûté pour accepter de faire la planche en pleine Bièvre, à la hauteur du n° 65 de la rue Croulebarbe. A cet endroit, le pauvre ruisseau, large au plus d'un mètre cinquante, sert de dépotoir aux mégissiers qui travaillent sur ses bords.

Bravement le parieur, un Belge, nommé Benoit Bydekerke, bronzier de son état, s'est mis hier, à deux heures de l'après-midi, dans le costume primitif de notre père Adam, et, pour gagner l'enjeu - cinq francs, pas davantage - a plongé dans la Bièvre.

Il en sortait triomphant lorsqu'un agent de police a surgi du milieu des spectateurs et l'a conduit au poste.

Benoît n'avait pas pensé que, des fenêtres voisines, plus d'un œil pudibond pouvait le contempler  !


 Le crime de la rue Michel-Bizot - 1897

Le crime de la rue Michel-Bizot.

Le Matin – 10 novembre 1897

Il est certainement très malheureux que le veilleur de nuit Tisseur ait trouvé une mort affreuse sous le marteau d'un inconnu, mais, d'après les renseignements recueillis à la préfecture de police, la victime ne serait guère plus intéressante que son assassin.

Lundi soir, on avait cru être sur la piste de l'auteur du crime, un jeune homme aux mœurs inavouables, qui, à diverses reprises, avait été vu en compagnie du veilleur et qui, samedi soir, était venu le trouver et était allé boire avec lui. Ce jeune homme a été retrouvé et il a pu fournir des indications tellement précises sur l'emploi de son temps qu'il a été reconnu innocent. Mais, en même temps, il a pu donner des indications sur des individus de son espèce que fréquentait le veilleur de nuit. Celui-ci menait une vie de débauche et attirait chez lui, rue de Patay, des filles mineures et des jeunes gens.

M. Cochefert s'est rendu, hier matin, à la Morgue, et, dans les vêtements du mort, il a trouvé des papiers établissant qu'il se nommait Charles Tisseur, né à Abbeville en 1854, ancien garçon boulanger, ayant subi trois condamnations en correctionnelle et une condamnation, par la cour d'assises de la Somme, à huit ans de travaux forcés pour viol de ses deux filles. Une des malheureuses est encore vivante.

La femme de Tisseur, qui habite Amiens, demanda et obtint le divorce. Après sa condamnation, sa peine subie, Tisseur vint à Paris, ou il se fit marchand des quatre saisons. Dans le jour, il poussait sa voiturette devant lui et, le soir venu, il gardait des chantiers de démolitions ou des immeubles en construction. On présume qu'il devait posséder un millier de francs d'économies. Cet argent n'a point été retrouvé au domicile du veilleur, 111, rue de Patay.


 Les assiégés de la cité Jeanne-d'Arc se sont rendus ce matin - 1934

Les assiégés de la cité Jeanne-d'Arc se sont rendus ce matin

Paris-Soir — 3 mai 1934

Ce fut l'arrestation du député communiste Lucien Monjauvis, qui mit le feu aux poudres. La nouvelle, ayant rapidement gagné le treizièmé arrondissement, décupla la fièvre qui, depuis le matin, régnait dans le quartier de la Gare. Dix voix, cent voix, mille voix, répétèrent : « Ils ont arrêté Monjauvis ! »

L'agitation croissait.

À 20 heures, un cortège se forme et, par les rues Nationale et Jeanne d'Arc, tenta d'arriver au boulevard de la Gare.

Les agents s'interposèrent. Des barrages furent établis. On attendit des renforts pour disperser les manifestants.

Ceux-ci mirent à profit ce court répit.

La cité Jeanne-d'Arc s'offrait à eux ; ils y établirent leur centre de résistance.

Pendant ce temps, les chauffeurs de taxi qui descendaient la rue Nationale étaient contraints de stopper. On les força à descendre. Des poings menaçants se tendirent vers eux ; ils reçurent quelques horions, puis on les laissa aller après avoir crevé leurs pneus. -

Des femmes s'étaient jointes à la foule ; exaspérées, elles appliquaient des coups de bouteille sur les carrosseries des autos.

Cliché : Paris-Soir en date du 3 mai 1934

La cité de la misère

Pour comprendre ces violences, il faut connaître la cité Jeanne-d'Arc, une des hontes de Paris.

De la rue Jeanne-d'Arc à la rue Nationale, imaginez un étroit boyau bordé de hautes bâtisses enfumées, aux fenêtres privées de volets, décrépites, sombres, tragiques. Des grilles de fer en défendent l'accès ; le pavé est inégal, pointu, souillé d'ordures. Au centre, une sorte de placette s'arrondit, limitée par un bâtiment de bois d'horrible aspect: ce sont les bureaux de la cité.

Là-dedans, 5.000 habitants vivent, parmi lesquels, on ne sait pourquoi, dominent de vieilles femmes, cassées par l'âge, et des gosses qui jouent dans le ruisseau.

Les hommes, tout le jour, travaillent.

Le soir seulement, on les voit rentrer chez eux et pousser, d'un geste las, la porte de leur taudis. Il n'y a pas une fenêtre qui reçoive un rayon de soleil.

Tout est terne, triste, et marqué de l'affreuse empreinte de la misère.

Plus d'une fois, les agents durent intervenir. « En 1917, m'a conté un habitant du quartier, il a fallu prendre la cité à la baïonnette. »

Un fort Chabrol

Donc, hier soir, les manifestants se mirent à dépaver la chaussée. Par leurs soins, deux barricades s'élevèrent, sur lesquelles furent entassés cent objets divers, une cuisinière, un vieux sommier, des caisses vides. Là-dessus, les manifestants plantèrent des drapeaux rouges et firent une décharge générale de leurs armes, sans blesser personne.

À 23 heures, on décida de profiter d'un calme apparent pour lancer en avant une poignée d'agents décidés ; mais des coups de feu crépitèrent. Derechef les policiers durent se replier ; mais, cette fois, ils emportaient deux blessés: l'agent Genard, atteint d'une balle au ventre, et son camarade Jamet, qu'un morceau de fonte avait touché à la tête.

Devant la tournure que prenaient les événements, M. Langeron, préfet de police, vint lui-même boulevard de la Gare, rejoindre M. Guichard. C'était la première grande manifestation de notre nouveau préfet et l'on peut dire qu'il y fit preuve de toutes les qualités de sang-froid, d'énergie et de modération qui justifièrent sa nomination, M. Bressot l'accompagnait. Au cours d'une longue conférence, ils décidèrent de mander le matériel d'assaut de la préfecture et de faire appel aux pompiers.

Le quartier présentait alors un air d'émeute. Rue Nationale, des coups de feu zébraient par moments l'obscurité.

Quelque 100 mètres plus loin, des camions arrivaient, débarquant sans cesse des renforts.

L'assaut

L'assaut fut donné à 2 h. 30.

On lança d'abord en avant une voiture de pompiers munie de projecteurs aveuglants. Derrière eux, des camions vides s'avancèrent à reculons, conduits par un seul chauffeur. Sous leur protection marchaient les gardiens de la paix, armés de revolvers, de matraques et revêtus de cuirasses.

La même opération avait lieu à chaque bout de la rue Nationale. Ainsi on pensait arriver aux barricades et les prendre d'assaut.

Ce fut chose facile, car, inondés par les jets d'eau des lances braquées sur eux par les pompiers, les mutins abandonnaient peu à peu le terrain. Ils se réfugiaient dans la cité, envahissaient les étages, barraient les portes des logements et s'embusquaient aux fenêtres.

D'autres s'étaient Introduits dans l'hôtel de Bretagne, un meublé voisin, et prenaient de nouvelles positions de combat. Il fallut pour les en déloger, livrer une bataille en règle. Par les croisées, les assiégés faisaient pleuvoir une grêle de pierres sur leurs ennemis. D' autres tiraient des coups de feu. Des poignes vigoureuses hissaient sur l'appui d'une fenêtre une lourde armoire à glace, qu'une poussée faisait choir en bas.

Une heure de combat fut nécessaire pour ramener le calme. Arrosés par les pompiers, désarmés par les agents qui, à leur tour forçaient les portes, les manifestants devaient céder à la force.

Plusieurs arrestations furent opérées, entre autres celle de Jean Sinquin, âgé de 30 ans, que l'on soupçonne d'avoir tiré sur le brigadier Jamet. Sinquin se défendit d'avoir tiré et dénonça un de ses camarades, Lenoblé, qui fut arrêté à son tour.

Des perquisitions aussitôt entreprises amenèrent la découverte d'une quantité d'armes sur laquelle la police fit main basse.

Le quartier retrouve son calme

En dépit de ce résultat, l'animation ne tomba que petit à petit. Les émeutiers cédèrent la place aux curieux et, dans le jour naissant, la foule commença à s'amasser autour des débris de toutes sortes qui jonchaient le sol.

Il fallut établir un service d'ordre sévère, qui ne cessa qu'à 8 heures du matin. On s'employait à redonner à la rue et à la cité leur aspect coutumier. Une équipe d'ouvriers de hâtaient de réparer la chaussée. D'autres déblayaient le terrain, empilant sur les camions de la voirie les débris des meubles disloqués.

Devant les grilles arrachées, les agents qui montaient la garde furent bientôt les seuls à rappeler l'effervescence de la nuit.

En résumé, l'émeute a fait parmi les policiers 7 blessés, qui ont été conduits à la Maison de santé des gardiens de la paix ; trois d'entre eux ont été hospitalisés.

13 arrestations ont été maintenues

Un fusil de chasse, un pistolet automatique et un poignard à cran d'arrêt fil furent dans le lot des armes saisies.

Nous avons rencontré, ce matin, à l'Hôtel de Ville, M. Louis Gelis, conseiller de Maison-Blanche, encore tout bouleversé des événements de la nuit.

— Mon premier soin, nous a-t-il dit, va être de demander au préfet de la Seine quand et comment l'administration compte indemniser les victimes de cette nuit, commerçants et automobilistes. Les dégâts subis par les innocents doivent être réparés dans le délai le plus bref.

Cliché : Paris-Soir en date du 3 mai 1934

138 arrestations

Le chiffre total des arrestations opérées à l'occasion du 11" mai dans la banlieue et à Paris, y compris celles de la cité Jeanne-d'Arc, s'élève à 138.

Chacun des cas a été examiné aujourd'hui ; on ignore encore combien d'arrestations seront maintenues.

À Alfortville, après la bagarre

Alfortville, après les heures dramatiques d'hier soir, a recouvré sa physionomie habituelle.

Seule, la rue Véron connaît encore une certaine effervescence. Des groupes d'ouvriers et de ménagères s'attardent à commenter les événements dont Us ont été témoins, pendant que des paveurs remettent en état la chaussée devant la cité ouvrière où s'éleva une barricade. On se montre, sur les murs et sur les vitres des Immeubles, les traces laissées par les balles de revolver.

Un camion emporte des bouteilles, des briques, voire des ustensiles de cuisine, qui jonchent le sol après avoir servi de projectiles.

On sent que la bagarre fut particulièrement ardente à cet endroit, où les commissaires Hussenet et Denoix, quinze agents et sept manifestante furent blessés.

Nous avons pris ce matin de leurs nouvelles. M. Hussenet, atteint d'une brique dans le dos, est soigné à son domicile. Son collègue, blessé à la tête, a été hospitalisé à la Maison de santé des gardiens de la paix. Leur état, à tout deux, n'inspire aucune inquiétude.

Parmi les gardiens, deux seulement, MM. Sériés et Longuesié, ont été sérieusement atteints.

Les manifestants blessés ont été transportés à la Salpêtrière. La plupart d'entre eux ont été atteints aux jambes.

Seul, M. Legras, qui a reçu une balle dans les reins, est dans un état grave.

Sur son lit d'hôpital, la tête entourée de bandages. M. Denoix nous a raconté la scène tragique.

Ajoutons que, sur quatorze arrestations, deux seulement ont été maintenues, celles de Pierre Delarbre, 41 ans, 28, rue Louis-Blanc, et Mackloufi Chérif, 44 ans. 25, rue Nicolon ; celui-ci est accusé d'avoir tiré plusieurs coups de feu sur les représentants de la force publique.

J. Jumel.

A lire également

Le récit du Petit-Parisien

Le récit du Figaro

Le récit du Journal

Teaser 4 articles

Ailleurs sur Paris-Treizieme

La passerelle de la Maison-Blanche

Tout un coin du quartier de la Maison-Blanche est en fête : dans quelques jours on inaugurera solennellement la nouvelle et légère passerelle métallique qui, passant au-dessus des voies du chemin de fer de Ceinture, à la Glacière, relie maintenant entre eux deux points jusqu'à présent fort éloignés l'un de l'autre. (1907)

Lire

Une masure s'effondre au « Camp marocain »

À deux pas de la porte d'Italie, dans un grand espace situé rue Bobillot, se trouve une succession de masures misérables qui furent habitées, il y a une vingtaine d'années, par des nomades africains, prompts à jouer du couteau. (1910)

Lire

Les quartiers pauvres

Les quartiers pauvres et populeux de Paris sont négligés ou dédaignés par l'administration, tandis que les quartiers élégants sont « embellis » à grands frais.
Cette iniquité, à laquelle personne ne songe, et dont beaucoup de citoyens ont malheureusement à souffrir, a fini par provoquer les plaintes légitimes des habitants du 13e arrondissement, c'est-à-dire du coin abandonné qui comprend la route d'Italie, les Gobelins, la Bièvre et la Butte-aux Cailles. (1869)

Lire

La catastrophe de la Cité Doré

La cité Doré, entre le boulevard de l'Hôpital et la rue Jeanne-d'Arc, refuge misérable des biffins les plus pauvres, était jusqu'à présent un coin pittoresque de reportage.
C'est maintenant le lieu d’une catastrophe douloureuse qui compte cinq morts, qui aurait pu tuer plus de personnes encore, si, par un malheureux hasard elle s'était produite, une heure plus tôt. (1925)

Lire

Menu faits divers

Faits divers

Une bande d'aigrefins - 1897

Depuis longtemps, plusieurs grandes maisons de tannerie des quartiers de la Maison-Blanche et Croulebarbe étaient victimes de vols de peau importants. Mais on n'avait jamais pu mettre la main sur les coupables...

Lire


Une singulière hallucination - 1901

Un employé de la Compagnie du gaz, M. François Mourzé, demeurant 77, avenue d'Italie, se présentait, avant-hier soir, au commissariat...

Lire


Le cochon en ribotte - 1897

Un marchand de couleurs de l'avenue d'Ivry fut réveillé l'autre soir par un bruit insolite qui semblait partir des caves de la maison.

Lire


Les roulottiers - 1906

Le cocher de fiacre, Émile Canetti se trouvait, hier soir, vers neuf heures, à la station de voitures située avenue de Choisy, à l'angle de la place d'Italie...

Lire


Les escroqueries d'une jolie fille - 1897

Le commissaire de police du quartier de la Maison-Blanche vient d'arrêter une fort jolie fille de vingt ans, Olda Régier, qui, en moins d'un an, a commis des vols pour une trentaine de mille francs, en usant de moyens assez curieux.

Lire


Drame de la jalousie - 1905

Un drame provoqué par la jalousie a mis en émoi, hier soir, vers cinq heures, les habitants de l'avenue des Gobelins et plus particulièrement ceux de l'immeuble portant le numéro 45 de la rue Auguste-Blanqui.

Lire


La traite des blanches - 1923

La 11è chambre a jugé hier une victime de la traite des blanches devenue traitante à son tour, bien que n'ayant encore que dix-huit ans.

Lire


Un meurtre boulevard de la Gare - 1897


Le crime de l'avenue d'Italie - 1897


Attaqué par un lion - 1897


Le crime de la rue des Cordelières - 1879


Un scélérat - 1896


En sortant du théâtre. - 1903


Un drame sur un échafaudage. - 1903


Le drame de la rue Barrault - 1893


Une bataille sous une porte - 1903


Par amour ! - 1903


Un crédit néfaste - 1903


En jouant - 1912


Le crime de l’avenue de Choisy - 1889


Un drame rue de la Maison-Blanche - 1897


sans titre 2

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte