Faits divers

 Les chauffoirs publics - Le Matin — 17 février 1896

Les chauffoirs publics.

Le Matin — 17 février 1896

On a installé sur divers points de Paris des chauffoirs publics composés d'un hangar recouvert, d'une fontaine Wallace et de deux poêles qui brûlent jour et nuit.

Ces refuges ont été envahis par une foule d'individus clients des asiles de nuit, d'où la consigne sévère et la surveillance fortement organisée les ont expulsés.

Les rapports des autorités compétentes se sont élevés, jusqu'à ce jour, et avec raison, contre la création des chauffoirs publics au triple point de vue de la moralité, de la sécurité et de la salubrité publique.

Dans ces asiles provisoires se rencontrent tous les malfaiteurs des boulevards extérieurs ; les « coups » productifs y sont préparés, et l'on a déjà trouvé, cachés dans les tas de charbon, des pinces-monseigneurs, des couteaux et jusqu'à une lame de fleuret, qui se trouve actuellement au commissariat de la rue Philippe-de-Girard, et qui n'a pas dû rester sans emploi.

Un fait qui s'est passé, hier, en plein jour, au chauffoir installé sur le boulevard de la Chapelle, près du square, constitue la plus éloquente protestation contre cette malencontreuse innovation.

Un malheureux, nommé Eugène Monition, âgé de vingt-neuf ans, colporteur, sans domicile, était allé, hier matin, vers neuf heures, se chauffer dans le refuge où près de deux cents individus étaient réunis autour de deux poêles.

Tout à coup, une vingtaine de déguenillés entourèrent Monition et lui firent subir un véritable supplice.

On commença par couper les chevaux au pauvre diable, mais avec une telle bru talité qu'une fois l’opération terminée, Monition avait la tête ensanglantée.

Le colporteur fat ensuite déshabillé et souillé à l'aide d'excréments et de poussière de charbon.

Enfin, comme le supplice devenait douloureux, le malheureux appela aux secours. Ses cris furent entendus par un gardien de la paix qui passait.

L'agent ne put arrêter les misérables, qui s'enfuirent en emportant les vêtements du colporteur.

Monition a dû être conduit chez M. de Monroy, commissaire de police de la Chapelle, enveloppé dans une couverture. On lui acheté d'urgence un vêtement complet.

M. de Monroy a adressé un rapport à la préfecture de police sur ces faits monstrueux.


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4.054 maisons étaient recensées dans le XIIIème arrondissement par le service des contributions indirectes au début des années 1880. Paris, selon ce service, comptait, au total, 82.352 maisons.

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Le 7 juillet 1909, à la suite d'un orage subit qui éclatait vers 10 heures, un tuyau de cheminée en tôle tombait sur une marquise en verre dans la cour des écoles de la rue Fagon. Des éclats de verre blessaient légèrement cinq élèves qui étaient en récréation.

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Le 23 novembre 1897, vers quatre heures, un employé de banque, M. Henri L…, âgé de 40 ans, habitant boulevard de Port-Royal, se présentait au commissariat de police du quartier Croulebarbe et demandait à voir le commissaire en personne.
Mis en présence de M. Yendt, le pauvre employé déclara que Dreyfus était innocent et que c'était lui-même qui avait dérobé et vendu les documents à l'Allemagne. Puis, il prononça quantité d'autres paroles incohérentes.
M. L… fut envoyé l'infirmerie spéciale du Dépôt.

L'image du jour

Construction de la rue de Tolbiac : franchissement de la Bièvre à la Glacière

La photographie est de Charles Marville et a été prise vers 1876. La rue d'Alésia est déjà achevée. La construction de la rue de Tolbiac subit beaucoup de retard compte tenu de l'ampleur des travaux.