Faits divers

 À propos d'anarchie - 1896

À propos d'anarchie

Le Journal — 14 juin 1896

 

La rue du Moulin-des-Prés non loin de l'angle de la rue Gérard

La théorie anarchiste ne semble pas avoir de bien fervents adeptes en les habitants des rues Gérard et du Moulin-des-Prés, dans le treizième arrondissement. La preuve en est que quelques-uns d'entre eux, qui réunis discouraient sur l'explosion du boulevard Haussmann, ont fait passer un fort mauvais quart d'heure à un énergumène qui par conviction ou en manière de paradoxe, faisait une apologie ampoulée de la propagande par le fait.

Quelqu'un de bon sens voulut faire observer à l'orateur qu'une bombe n'était pas un argument et frappait généralement des gens qui n'étaient pour rien dans notre organisation sociale.

« — Vous êtes tous des lâches et des imbéciles, s'écriait alors l'inconnu ; vous mériteriez bien d'être réduits en miettes.

» Vive l'anarchie ! Mort aux bourgeois ! continuait l'énergumène. Vous sauterez tous ! Je m'en charge. »

Un rassemblement considérable s'était formé ; les dernières menaces de l'anarchiste avaient surtout soulevé la colère de la foule.

« —A mort ! à mort ! » criait-on de toutes parts.

Et la foule, se surexcitant en criant, se mit en mesure, tout comme en la libre Amérique, de lyncher l'anarchiste.

Cette décision impromptue avait déjà reçu un commencement d'exécution quand M. Lilmann, sténographe à la Chambre, qui passait à ce moment, s'interposa et proposa de livrer le condamné à la justice régulière.

En conséquence, l'anarchiste dont le visage était inondé de sang et qui avait reçu de graves contusions, a été conduit au poste où M. Rocher, Commissaire de police, a procédé à son interrogatoire.

Cet individu a déclaré se nommer Alphonse Bargot, âgé de trente-huit ans, demeurant rue Traversière ; mais il a refusé de donner des explications.

— J'ai dit ce que je pense, a-t-il répondu au magistrat ; je refuse de répondre aux questions des policiers.

En présence de l'attitude du prisonnier, le commissaire l'a fait écrouer au Dépôt.

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Un drame particulièrement navrant s'est déroulé hier, rue Corvisart, 4, dans le quartier Croulebarbe.

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Au n°27 de la rue Jenner habitent Mme veuve Guilbert et sa fille Julia, âgée de vingt-deux ans. Un cocher, Baptiste Morand, était le commensal ordinaire de !a maison.

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Avant-hier, vers les onze heures et demie du soir, au moment où les dernières voitures rentraient au dépôt des omnibus situé près de la place d'Italie, derrière la mairie du treizième arrondissement, un immense jet de flammes jaillit tout à coup avec des pétillements sinistres de la toiture d'un des bâtiments qui sont au-dessus des écuries ; le feu était dans les greniers à fourrages.

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Saviez-vous que... ?

En 1860, Il y avait un commissariat pour deux quartiers dans chaque arrondissement de Paris. Pour le 13e, ces commissariats étaient installés 36 route d'Italie pour Croulebarbe et la Maison-Blanche et 62 boulevard de l'Hôpital pour les quartiers de la Salpêtrière et de la Gare.

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La statue de Jeanne d'Arc située boulevard Saint-Marcel est due au sculteur Émile-François Chatrousse renommé pour être représentatif de l'art du Second Empire.

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En 1911, selon Le Gaulois, on comptait onze ruelles dans Paris dont trois dans le treizième arrondissement : la ruelle des Gobelins, la ruelle des Kroumirs et la ruelle des Reculettes.

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En avril 1899, la presse se félicitait de la réussite des expériences de télégraphie sans fil de M. Ducretet entre le Sacré-cœur de Montmartre et l’église Sainte-Anne de la Maison-Blanche soit une distance de 7 kilomètres. A l'époque, l'église, en construction, n'avait que sa façade de réalisée laquelle serait inaugurée en avril 1900. La consécration de l'église Sainte-Anne de la Maison-Blanche eut lieu le 24 octobre 1912.

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La Zone à la porte de Bicêtre