Faits divers

 Une corrida - 1894

Une « Corrida » dans la rue

Le Petit-Parisien — 8 août 1894

Un bœuf appartenant à M. Albert Wach, boucher, demeurant 132, boulevard de l'Hôpital, était amené hier à l'abattoir de Villejuif ; tout à coup il prit peur et, rompant le lien à l'aide duquel ou le conduisait, il s'enfuit au galop.

Vue d'ensemble des abattoirs de Villejuif (1901)
Jean Barry, Photographe
CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet

Après avoir franchi la grille d'entrée, la bête furieuse se dirigea, toujours en courant, vers la place d'Italie qu'elle traversa, puis elle s'engagea sur le boulevard du même nom, poursuivie par une demi-douzaine de garçons bouchers, au grand effroi des passants qui se sauvaient à toutes jambes.

Tout à coup, une voiture conduite par M. Lemaire, demeurant place Nationale, déboucha de la rue Vandrezanne. Le conducteur n'eut pas le temps de tourner bride, et le bœuf, qui avait atteint le paroxysme de la fureur, fondant sur le cheval, lui plongea ses deux cornes dans le ventre.

La pauvre bête s'affaissa laissant échapper ses intestins par l'horrible blessure qu'elle avait reçue.

Le bœuf, qui avait repris sa course, aurait peut-être fait quelque nouvelle victime parmi les promeneurs, sans le courage d'un jeune relayeur de la Compagnie des Omnibus, M. Auguste Raymond, âge de dix-huit ans. II se précipita à la tête de l’animal, le saisit par les cornes, et après avoir été traîné sur un espace de près de cent mètres, réussit le maîtriser.

Au même moment les bouchers qui arrivaient en courant purent, à l'aide de cordes, entraver le bœuf, qu'ils ramenèrent à l'abattoir.

Quant au jeune et courageux relayeur, qui avait reçu de fortes contusions, il a dû être conduit à son domicile, 7, rue Tiers.


Une corrida

Le Siècle — 9 août 1894

M. Wach, marchand de bestiaux, demeurant, 132, boulevard de l'Hôpital, conduisait hier vers quatre heures un jeune taureau aux abattoirs de Villejuif, quand, arrivé dans la cour de cet établissement, l'animal devenu subitement furieux s'échappa, parcourant la place et le boulevard d'Italie qu'il descendit affolé.

Un commerçant, M. Lemaire, demeurant, 105, rue Nationale, qui passait avec sa voiture, voulut éviter la bête furieuse en tournant bride ; mais avant qu'il eût accompli son demi-tour, le taureau plantait ses cornes dans le ventre du cheval qui s'abattit ayant deux trous béants d'où s'échappaient les intestins.

La bête furieuse allait continuer sa course, quand un courageux citoyen, Auguste Raynaud, âgé de dix-neuf ans, relayeur à la Compagnie générale des omnibus, demeurant, 7, rue Tiers, le saisit par les cornes et lui passa une corde autour du cou qui lui permit de s'en rendre maître, non sans avoir été traîné et piétiné.

À lire également...

Mauvaise surprise

1875

Une dame Jacquinot, demeurant rue de Pantin à Aubervilliers, était venue hier soir, vers cinq heures et demie, voir sa mère, la dame Roux, qui habite rue Vandrezanne, 33.

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Le drame de la rue Jenner n°6

1893

Des cris déchirants, partant d'un logement du deuxième étage, mettaient eu émoi, hier, vers deux heures de, l'après-midi, les locataires de la maison portant le numéro 6 de la rue Jenner.

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Les surprises d’une rafle

1923

Cette nuit, une opération policière d'une envergure inusitée a été effectuée. Elle dépasse le cadre ordinaire de ces sortes de coups de main. Ce ne fut pas la rafle que la chanson de Bruant a rendue célèbre, la rafle que la police jette à travers la rue comme un grand filet et qui ramène le fretin des filles et leurs souteneurs. Ce fut davantage.
Au cours de cette opération, deux cents arrestations ont été effectuées. La manœuvre était dirigée par le commissaire Guillaume, de la direction de la police judicaire, par l'inspecteur Leroy, les brigadiers Martineau et Bonhomme et cinquante inspecteurs y participèrent. Elle a eu lieu dans le 13° arrondissement, au bar Excelsior, place des Alpes.

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rue Damesme

Affreux accident sur la petite ceinture

1875

Un affreux accident est venu jeter avant hier soir l'épouvante dans la rue Damesme.

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Saviez-vous que... ?

Le 1er mars 1932, l'usine de chaussures (qui répandait aux alentours de manière permanente une odeur de vernis) installée boulevard Kellermann (au 10) était ravagée par un incendie.

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Les deux molosses en pierre ornant le portail du mobilier national à #Paris13 sont l'œuvre du statuaire André Joseph Géraud Abbal, 1876-1953.
Abbal doit sa renommée à ses sculptures en pierre en taille directe. Il était fils et petit-fils de tailleurs de pierre de Montech (82).

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Selon le Figaro du 9 septembre 1899, sur les 266 vieilles lanternes à huile destinées à l'éclairage public que comptait encore Paris, 139 étaient allumées tous les soirs autour de la Butte-aux- Cailles.

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Le 26 aout 1866, un important incendie se déclarait dans l'entrepôt de la compagnie des omnibus situé rue Tiers (actuelle rue Paulin Méry), derrière la place d'Italie, entrainant l'évacuation en urgence de 80 ou 250 chevaux selon les sources.

L'image du jour

Le carrefour Italie-Tolbiac