Violent incendie dans une usine rue Croulebarbe - 1911

Violent incendie dans une usine rue Croulebarbe

Le Petit-Journal — 7 août 1910

Un violent incendie a éclaté, hier soir, vers neuf heures et demie, dans le treizième arrondissement.

Au 51 de la rue Croulebarbe sont installés, sur une très vaste étendue, les différents ateliers de polissage et de construction mécanique de M. Bizet.

Cour de l'usine Bizet et Dubois, rue Croulebarbe, n° 47 - F.Abeillé, Dessinateur - Entre 1890 et 1900
CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet

Ces ateliers, construits en bois, sont, assez rapprochés les uns des autres et occupent le terrain compris d'une part entre l'école Estienne et le boulevard Blanqui, et de l'autre, par une brasserie et la rue Croulebarbe.

Il était environ neuf heures trente-cinq du soir, quand un voisin, M. Foulonneau, qui rentrait chez lui, aperçut une fumée, épaisse s'échapper de l'atelier-de polissage appartenant à M. Habert, car M. Bizet fournit également la force motrice à de petits industriels.

M. Foulonneau alla donc en hâte réveiller le concierge de l'usine, M. Canais, qui, lui-même, donna l'alarme.

L'agent Decamp et un autre voisin, M. Lucien Philippe, en attendant l'arrivée des pompiers, s'élancèrent dans les bureaux de M. Bizet, qui menaçaient de s'embraser et sauvèrent en hâte la comptabilité de la maison.

Comme elle était très volumineuse, d’autres voisins, MM. Dupart, Beau, Fouet et Ronet, aidèrent généreusement les sauveteurs dans leur besogne.

Bientôt arrivèrent les pompiers des casernes de Port-Royal, des rues Jeanne-d'Arc, Poissy et Didot, mais on ne conserva que les pompes des deux premières casernes.

Le colonel Vuilquin, des pompiers, vint également et les secours s'organisèrent aussitôt. Les flammes, à ce moment, s'élevaient très -haut et un autre atelier de polissage appartenant à M.Billot commençait à flamber. Dehors la foule des curieux s'amassait, gênant les pompiers dans leur manœuvre.

L'officier de paix du treizième arrondissement et M. Goudart, adjoint au maire, firent demander le piquet d'incendie de la caserne d'infanterie coloniale du boulevard de Port-Royal.

Une chaleur intense régnait et La fumée de plus en plus épaisse rendait les secours plus difficiles.

M. Bizet absent, Mlle Bizet arriva sur les lieux et indiqua aussitôt le point dangereux de l'usine ; en effet, le compteur à gaz se trouvait près du foyer de l'incendie.

Il n'y a pas eu d'accident de personnes, mais la chaleur qui se dégageait de l'incendie fut telle qu'un arbre de couche, situé dans la forge de M. Bizet, fut complètement tordu et que les cloisons se calcinaient.

Les dégâts sont très importants, bien qu'on n'ait pu encore les évaluer exactement. A onze heures et demie tout danger était conjuré, mais une équipe de pompiers néanmoins est restée toute la nuit sur les lieux du sinistre.

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