Faits divers

 Un mort et deux blessés au cours d'une bataille sur la zone - 1932

Un mort et deux blessés au cours d'une bataille sur la zone

Le Journal — 12 aout 1932

Une véritable bataille rangée a mis hier soir en émoi la zone annexée au treizième arrondissement. Rue Blanqui, dans une baraque, vivant depuis quelques années René Massenot et son amie, Florence Tachard, née Renaud. Vers 20 heures, alors que les deux amis se trouvaient dans la maisonnette, une voix se fit entendre à l'extérieur, celle d'un individu connu sous le seul surnom de « Raoul de Villejuif ». Il était en compagnie de sa sœur Camille, qui fut jadis l'amie de René Massenot.

— Ouvre la porte ! cria-t-il.

Massenot refusa. C'est alors qu'une véritable fusillade éclata à travers l'huis. Massenot s'affaissa sur le sol, mais riposta de quelques balles.

Le calme sembla se rétablir. Cependant, quelques minutes plus tard, on frappait de nouveau à la porte de la maisonnette. Camille y pénétra et se mit à crier vengeance.

— Tu paieras pour les autres, dit-elle à Florence Tachard, en la frappant de plusieurs coups de couteau.

Puis elle prit la fuite.

Cependant, des voisins avalent alerté le commissariat de police du quartier de la Maison-Blanche. Et bientôt le brigadier Le Gallec prit la direction d'une petite patrouille qui se dirigea vers la rue Blanqui.

On trouva sur le seuil de la cabane, grièvement blessé, un certain Léon Henri, et, à l'intérieur de la maisonnette, Massenot, le poumon traversé d'une balle. Aussitôt, les gardiens s'empressèrent et transportèrent les deux blessés à l'hospice de Bicêtre. Léon Henri devait y décéder quelques instants après son admission. On ne peut encore se prononcer sur l'état de Massenot qui n'a pu être interrogé.

Les causes de la discussion demeurent à peu près inconnues. Il semble, cependant, qu'il s'agisse d'une vieille querelle ranimée hier soir.

L'inspecteur Robaglia, de la police judiciaire, a été chargé de l'enquête. Il s'efforcera d'établir les responsabilités exactes de ces différents Individus. Il s'est mis, dès hier soir, à la recherche de « Raoul de Villejuif », que des témoins ont aperçu circulant dans les environs et qui serait aussi grièvement atteint.


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Le 8 février 1885, vers dix heures, deux chevaux attelés à un camion de la compagnie du Nord, chargé de charbon, s’emportaient, rue du Moulinet : malgré les efforts du charretier, le nommé Bruli, ils n'ont pu être maintenus, la pente de la rue étant très rapide en cet endroit, et ils sont allés s'abattre contre un mur de clôture, passage Vandrezanne, n° 10.
Par suite, un des chevaux a été tué sur le coup, l'autre s'est blessé fortement aux jambes. Un pan du mur s'est écroulé, une porte a été brisée et le camion a été mis en pièces. Par un hasard providentiel, le charretier Bruli n'a eu aucun mal.

L'image du jour

Le boulevard de la Gare (Vincent Auriol) vers la rue Jenner