Faits divers

 Au cabaret de la mère l’Hercule - 1873

Au cabaret de la mère l’Hercule

Le Figaro — 6 février 1873

Tout à l'extrémité du 13e arrondissement, rue du Pot-au-Lait, 44, est un cabaret fréquenté, par les ouvriers des manufactures environnantes. Tout s'y passe généralement en famille, et si, par hasard, quelqu'un fait un peu de bruit, la patronne du lieu, madame Rozoy, dite la Mère l'Hercule, se charge de rétablir la paix. Il faut dire que madame Rozoy a fait autrefois, sous le nom de la Belle Artésienne, les délices des foires de banlieue, et qu'elle a encore aujourd'hui la poigne assez solide pour tenir tête aux ivrognes les plus tapageurs.

Hier soir, trois individus, après avoir largement festoyé, voulurent partir sans payer. Mais là mère l'Hercule était là, le poing sur la hanche :

— Pas de crédit, mes bibis, dit-elle ; si vous n'avez pas de monnaie, laissez vos blouses, je ne veux pas être levée.

Une lutte s'engagea. La mère l'Hercule se comporta vaillamment ; mais accablée sous le nombre, fut renversée et gravement blessée.

Deux des individus prirent la fuite., Le troisième, un nommé Devaux, chiffonnier, aux vêtements duquel la virago s'était cramponnée, a été arrêté et livré à la justice.


La rue du Pot au lait à l'endroit dit le ravin de la place de Rungis, à droite entrée du Chemin de fer de Ceinture : dessin de Jules-Antoine Chauvet (1893)
Aujourd'hui, c'est le croisement des rues Brillat-Savarin et des Orchidées. Le sol est exhaussé de près de 7 mètres. Le cabaret de la mère l'Hercule devait êtfre dans ce secteur.

Le Figaro semble avoir été le seul journal à rapporter ce fait divers. On ne peut exclure que le rédacteur est quelque peu enjolivé les faits. mais la présence des nombreux cabarets et marchands de vins dans le secteur est avérée.

(Le titre a été ajouté)


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Saviez-vous que... ?

Le 2 décembre 1923, le quotidien Paris-Soir rapportait qu'avenue des Gobelins, en face du 51, des agents avaient surpris Marcel Popinel, demeurant en hôtel, rue Lebrun, qui avait percé un fut de vin. Le pipeur a été conduit au commissariat de police du quartier.

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La statue de Pinel, bienfaiteur des aliénés, installée devant l'hôpital de la Salpétrière est due à Ludovic Durand.

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Le marché aux chevaux du boulevard de l'Hôpital s'y installa le 1er avril 1878 revenant ainsi à proximité de son emplacement initial où il avait été installé une première fois au XVIIe siècle et dont il avait été chassé en 1866 pour permettre l'achèvement du boulevard Saint-Marcel.
Entre ces deux périodes le marché aux chevaux était implanté sur le boulevard d'Enfer, futur boulevard Raspail, non loin du boulevard du Montparnasse, sur un terrain rejoignant le futur boulevard Edgar Quinet, alors boulevard de Montrouge.

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Contrairement à la légende habituellement véhiculée par le parti communiste français, René Le Gall n'est absolument pour rien dans la création du jardin ouvert en 1938 et qui porte son nom depuis 1944.
Le jardin des Gobelins est une résultante de la convention conclue en 1934 entre l'État et la ville de Paris, en vue de la réimplantation du mobilier National dans le 13e arrondissement dont les terrains d'assise, situés en bordure de l'avenue Rapp, devaient être libérés en vue de l'exposition internationale de 1937.
Pour ce faire, l’État cédait à la ville le jardin historique des ouvriers de la manufacture des Gobelins à charge pour elle d’y réaliser une promenade publique sur le surplus du terrain où le nouveau mobilier national trouverait désormais sa place.

L'image du jour

Bastion 91 boulevard Masséna

Situé entre les portes d'Ivry et de Vitry, le site du bastion 91 est aujourd'hui occupé par la caserne de pompiers Masséna.