Faits divers

 Au bas de la pente - 1911

Au bas de la pente.

Le Matin ― 2 octobre 1911

Hier matin, à deux heures, il soufflait un vent violent. Dans sa chambre du premier étage, donnant sur la rue de l'Amiral-Mouchez, numéro 18, Mme Baugrand entendait ses enfants se plaindre du froid qui entrait par de trou d'un carreau brisé. Elle se leva pour boucher l'ouverture avec un journal. Mais comme elle arrivait auprès de la fenêtre, elle entendit dans la rue un cri « A moi ! A moi ! »

Elle regarda. Quatre silhouettes fuyaient dans la nuit. Au milieu de la chaussée, un homme gisait, la face à terre. Vite, Mmes Baugrand descendit. Deux ouvriers qui, d'un débit voisin, avaient également entendu les cris d'appel, MM. Pelletier et Linetti, étaient déjà près de l'homme ; ils reconnaissaient justement an locataire du même hôtel meublé qu'ils habitaient dans la rue, au numéro 49, M. Dumonceau.

Le malheureux était mort. Il avait été frappé de six coups de couteau. Les deux ouvriers coururent chercher des agents, qui transportèrent le corps au poste central du quatorzième arrondissement.

L'identité véritable de la victime fut une surprise. M. Dumonceau était en réalité le comte Henri-Marie-Joseph Dumonceau de Bergenbal, né à Bruxelles en 1875. Issu d'une excellente famille, à la suite d'écarts de jeunesse, il avait déserté l'armée belge, où il était officier. Passé en France, il s'était engagé dans la légion étrangère. Son temps de service expiré, après être resté quelque temps au bastion 84 du boulevard Brune, il était venu habiter en garni, au mois de juillet, à l'hôtel de la, rue de Amiral-Mouchez, où il avait un de ses amis, connu simplement sous le nom de Pierre. Tour à tour comptable dans diverses maisons, rue Rochechouart et rue Séguier, depuis quinze jours il avait cessé de travailler. Sa famille, par l'intermédiaire de Me Auguste Scheyven, notaire à Bruxelles, lui faisait tenir une pension mensuelle de 150 francs. Le comte de Bergenbal, qui fréquentait par goût un certain nombre de débits peu sûrs, a-t-il été l'objet d'une vengeance ? On le croit. La Sûreté recherche activement le meurtrier.


Quelques jours plus tard ...

Le meurtrier du Comte

Le Matin ― 3 octobre 1911

Le service de la Sûreté recherche meurtrier du comte Ferdinand du Monceau de Bergendaël qui fut tué l'avant-dernière nuit ainsi  que nous l'avons raconté, rue de l'Amiral-Mouchez. La victime, qui payait fréquemment à boire à des individus interlopes dans des bars de la rue de Tolbiac a dû être frappé par un de ces apaches. Le cercle des investigations se resserre peu à peu et une arrestation est imminente.

À lire également...

Quartier de la Maison-Blanche

Une singulière hallucination

1901

Un employé de la Compagnie du gaz, M. François Mourzé, demeurant 77, avenue d'Italie, se présentait, avant-hier soir, au commissariat de M. Yendt...

...


Quartier de la Maison-Blanche

Le drame de la rue Michal

1904

Un événement des plus étranges et des plus poignants en même temps vient de survenir au numéro 2 de la rue Michal, dans le treizième arrondissement.

...


On découvre dans un cinéma le cadavre coupé en morceaux de la petite Barbala disparue le mois dernier

1922

Un crime atroce qui ne peut être que celui d'un sadique ou d'un fou a été découvert l'avant-dernière nuit, au cinéma « Madelon », 174, avenue d'Italie.

...


rue Richemont

Un drame rue Richemont

1904

Dans une petite rue du quartier de la Gare, un drame s'est déroulé hier matin, à six heures. Un ouvrier a tenté de tuer une femme mariée, puis il a essayé, sans y réussir, de se faire justice.

...

Saviez-vous que... ?

Le 19 juillet 1927, le nom de rue de Gentilly fut donné à la rue du Gaz. Le nom de rue de Gentilly avait été, jusqu'en 1899, celui de la rue Abel-Hovelacque d'aujourd'hui. Cette nouvelle rue de Gentilly perdit ensuite son nom au profit de Charles Moureu et d'Albert Bayet.

*
*     *

La maison qui, en 1900, était située au 68 du boulevard d'Italie, servait de dépôt au sculpteur Rodin.

*
*     *

La rue de la Colonie s'appella ainsi en raison de la présence d'une colonie de chiffonniers dans le secteur.

*
*     *

La façade et les tours de l'église Sainte-Anne de la Maison-Blanche ont été inaugurées solennellement le 2 avril 1900 et les trois cloches fondues par la maison Bollée (du Mans), baptisées Lucile, Françoise-Honorine et Jeanne-Marie, ont été bénites.

L'image du jour

PLace d'Italie