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UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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SAVIEZ-VOUS QUE...

La place de Rungis porta un temps le nom de place Barrault.


La rue Berbier du Mets tient son nom de Gédéon Berbier du Mets (1626-1709), qui fut le premier Intendant général du Garde-Meuble de la Couronne, ancêtre du Mobilier national.


L'asile Nicolas-Flamel, 71 rue du Château-des-Rentiers, fut inauguré le 18 mai 1889.

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C'est arrivé dans le 13ème

 Un exercice de défense passive cité jeanne d'arc - 1939

Un exercice de défense passive cité Jeanne-d 'Arc

Le Figaro ― 19 aout 1939

D'accord avec l'autorité militaire, les services de la-défense passive de la préfecture de police se sont livrés, hier matin, à des expériences qui avaient pour but de s'assurer de la résistance de certains abris. Les étais qui soutenaient l'un des vieux immeubles de la cité Jeanne-d'Arc restant encore sur place ont été enlevés en un clin d'œil et tous les matériaux le composant sont tombés pêle-mêle, avec le bruit qu'on devine, sur les abris souterrains construits à cet endroit. Ce n'est que lundi,  après le déblaiement de ces matériaux, que l'on pourra juger de l'efficacité des travaux de sécurité entrepris par la défense passive.


 Un fiacre dans un chantier - Quatre blessés - 1909

Un fiacre dans un chantier - Quatre blessés

Le Journal 20 janvier 1909

Un fiacre conduit par le cocher Henri Terrier, demeurant 13, rue Barrault, et dans lequel avaient pris place M. Paul Frébault. infirmier, 10, impasse Damesme ; Mme Marie Fournier, soixante-quatre ans, 88, rue de la Voie-Verte, et Mlle Angèle Leconte, 4 bis, rue Ernest-Cresson, a été se jeter, l'autre nuit, .dans un chantier  non éclairé de la rue Martin-Bernard.

La voiture renversa et ses trois voyageurs, ainsi que le cocher. ont eu plus ou moins à souffrir de la terrible chute. Les blessés, après avoir reçu des soins dans une, pharmacie voisine, ont été reconduits leurs domiciles respectifs.

M. Delanglade commissaire de police du quartier  de la Maison Blanche a ouvert une enquête sur ce bizarre accident.


 La barrière Croulebarbe

La barrière Croulebarbe

C’était une petite barrière modeste située vers le milieu du boulevard des Gobelins, à l’endroit même où la petite et modeste rivière de Bièvre fait son entrée dans Paris. Son nom lui venait d’un moulin qui avait existé à quelque distance de là, un siècle ou deux auparavant, et personne ne le connaissait, hormis les gens des environs et les employés de l’octroi, — de purs sinécuristes dont l’unique fonction consistait à regarder couler l’eau de la Bièvre et faire des ronds dedans, du haut du parapet du ponceau jeté sur ce rivulet. Personne même ne l’aurait jamais connu si, le 25 mai 1827, un drame sanglant ne l’avait tout à coup révélé à la population parisienne et ne lui avait donné un retentissement auquel il ne s’attendait pas.

A cinq minutes de la barrière Fontainebleau, la voisine immédiate de la barrière Croulebarbe, existait un marchand de vins nommé Ory, dont les homonymes peuplent encore le quartier. Il avait pour garçon de service un adolescent, Honoré-Francois Ulbach qui, avant d’entrer chez lui, avait passé une quinzaine de mois à Poissy et à Sainte-Pélagie comme vagabond. Malgré ces fâcheux antécédents, dus à l’abandon dans lequel sa famille l’avait laissé de bonne heure, son patron ne se plaignait pas de lui, et peut-être que sa vie, gâtée à son début, eût fini par s’honorabiliser tout à fait, si une femme ne se fût trouvée sur son chemin.

Cette femme était une humble servante, jeune, jolie, et honnête, nommée Aimée Millot, et plus connue par les habitants de l’avenue d’Ivry — où demeurait sa maîtresse, la veuve Détrouville — sous le nom de la Bergère d’Ivry, parce qu’on la rencontrait souvent avec un petit troupeau de chèvres qu’elle gardait, comme sainte Geneviève son troupeau de moutons, en lisant ou en travaillant. Aimée Millot n’avait jusque-là aimé personne, non plus qu’Honoré Ulbach : il la vit et il l’adora, elle le vit et elle se laissa adorer. Les rares passants que le hasard de leurs affaires ou de leurs promenades amenait sur le boulevard des Gobelins souriaient malignement en contemplant ces deux jeunes gens devisant d’amour, assis côte à côte sur le revers d’une cuvette tapissée d’une herbe épaisse que broutaient goulûment quelques chèvres ; et plus d’un, parmi ces passants, après avoir souri, soupirait en songeant à l’avenir de félicités promis à ce couple entrelacé.

Mais les passants se trompaient en préjugeant aussi favorablement de l’avenir de ces deux jeunes gens, - dont le bonheur ne devait avoir que la durée de l’éclair. Un matin, comme Honoré était seul dans le Cabaret, Aimée Millot entra, rapportant - sur l’ordre de sa, maîtresse - les petits cadeaux de fiançailles qu’il lui avait offerte quelques mois auparavant, c’est-à-dire une pointe rose, deux oranges et une bouteille de cassis. La veuve Détrouville — qui avait passé l’âge des passions et qui condamnait, comme indigne, celle qui consumait le cœur du garçon marchand de vins, — cette veuve trop sage avait exigé ce sacrifice de sa servante, qui lui avait obéi, parce que les petits doivent obéir aux grands, les pauvres aux riches, les domestiques aux maîtres. Elle avait obéi, puis elle s’était sauvée, au fond peut-être honteuse de la méchante action qu’on lui avait imposée; car, quelque rapidité qu’elle eût mise à se débarrasser de la bouteille de cassis, des deux oranges et du fichu rose, elle avait eu le temps de voir les larmes du pauvre amoureux éconduit par elle.

Honoré Ulbach, orphelin pour la seconde fois, — puisqu’il perdait la seule affection qui l’attachât à la vie, — devint, à partir de ce jour, d’une invincible mélancolie. Son patron lui fit quelques représentations paternelles, puis quelques reproches mérités, et finalement, voyant qu’il négligeait tout à fait son service et qu’il ne tenait nul compte de ses représentations ni de ses reproches, de ses encouragements ni de ses menaces, il le renvoya.

Ulbach prit ses hardes et s’en alla rôder dans les environs de la barrière Croulebarbe, pour tâcher d’y rencontrer sa bergère et — qui sait ? — de la fléchir. Mais il eut beau attendre sous les ormes, Aimée ne se montra pas ce jour-là, et il dut chercher un asile pour sa nuit.

Il avait connu en prison deux chenapans, les fils Champenois, qui demeuraient avec leur mère rue des Lyonnais, la plus pauvre rue du plus pauvre quartier de Paris : il alla frapper à cette porte qui s’ouvrit sans peine, et on lui donna l‘hospitalité. La mère et les deux fils étaient motteux : Ulbach, pour gagner son pain, fit des mottes avec eux, et cette existence, quoique pénible, il l’eût supportée sans se plaindre, habitué à pâtir qu’il avait été dès son enfance, si la chère et cruelle Aimée avait permis qu’il reprît avec elle, de temps en temps, les papotages amoureux d’autrefois. Aimée, c’était le soleil qu’il fallait à sa vie pour l’éclairer et la réchauffer; elle absente, tout était morne et froid pour lui. Il alla rôder de nouveau sur le boulevard des Gobelins, mais sans être plus heureux cette fois que la précédente. Tout au contraire, ce qu’il gagna à avoir abandonné la famille Champenois, ce fut de rencontrer un garçon de son ancien patron qui lui remit une lettre d’Aimée, - un congé en bonne et due forme.

Aimée, en signant cette lettre, avait signé son arrêt de mort.

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