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UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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SAVIEZ-VOUS QUE...

En mars 1911, à la suite de nombreuses plaintes déposées par des commerçants de l'avenue des Gobelins et du boulevard Saint-Marcel. M. Yendt, commissaire de la Salpêtrière, arrêtait et envoyait au dépôt, sous l'inculpation de vol, les nommés Auguste Doré dit Godard, vingt-quatre ans, demeurant en garni rue Grange-aux-Belles, et Pierre Debosse, vingt-six ans, sans domicile.


La rue Henri Pape s'appelait jusqu'en 1897, rue Edmond-Valentin


L'asile Nicolas-Flamel, 71 rue du Château-des-Rentiers, fut inauguré le 18 mai 1889.

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C'est arrivé dans le 13ème

 On ne peut pas tout prévoir - 1909

On ne peut pas tout prévoir

Le Journal — 29 juillet 1909

Un employé de commerce, M. Julien Pichet, âgé de 24 ans et demeurant 12, rue des Peupliers, qui regagnait son domicile, passait la nuit dernière vers onze heures rue de Tolbiac quand, à l'angle de l'avenue d'Ivry, il fut accosté par trois individus qui, sans plus de façon, lui réclamèrent son porte-monnaie. Le jeune homme mit bien la main à la poche, mais pour en retirer un revolver qu'il braqua sur les rôdeurs en les invitant à prendre le large

Comme l'un des apaches esquissait un geste menaçant, l'employé fit feu, et le malandrin roula sur la chaussée, atteint à la jambe gauche.

Des agents, accourus, relevèrent le blessé, dont les compagnons s'étaient prestement enfuis.

Celui-ci, un nommé Gaston Moreau, dix-huit ans, dit le « Frisé de la Glacière », a été transporté à l'hôpital Cochin, à la disposition de M. Delanglade, commissaire de police du quartier.


 Le manchot avait les doigts crochus - 1932

Le manchot avait les doigts crochus !

Le Journal ―11 août 1932

Mme Jeanne Vitrang, blanchisseuse 53, avenue de Choisy, constatait hier en rentrant du lavoir, que la porte de son domicile avait été fracturée et son logement cambriolé. Une montre, des billets de banque et du linge, le tout représentant environ 2.000 francs, avaient disparu. Ayant appris par des voisins qu'on avait vu rôder aux abords de la maison un manchot, la blanchisseuse rendit au commissariat de police du quartier Maison-Blanche pour y porter plainte.

Des recherches furent entreprises aussitôt et bientôt on retrouvait le voleur Léon Courtais, 60 ans, pensionnaire de l'hospice d'Ivry, fort occupé, dans un débit voisin du lieu de ses exploits, « liquider » la partie monnayée de son butin.


 LA BARRIÈRE DE FONTAINEBLEAU

La barrière de Fontainebleau

Elle s’est appelée aussi Barrière d’Italie, parce que c’était le chemin que prenaient autrefois les chaises de poste qui emportaient les touristes et les amoureux vers le pays regretté de Mignon, — le pays où fleurit l’oranger. Elle s’est appelée aussi Barrière Mouffetard, parce qu’elle servait de limite cette rue fangeuse et populacière à propos de laquelle les étymologistes ont flotté longtemps comme de simples bouchons de liège sur l’Océan de l’incertitude : était-ce, en effet, mons cetarius ou mons cetardus ? Grave question ! perplexité gordienne que je ne me charge pas de trancher.

Cette barrière de Fontainebleau - ainsi nommée parce qu’elle conduisait au pays où mûrit le chasselas et où excursionnent les paysagistes - s’est appelée enfin Barrière des Gobelins,-à cause de son voisinage de la célèbre .manufacture de tapisseries fondée par Louis XIV, c’est-à-dire par Colbert, dans l’hôtel du président Leleu, situé au milieu d’aulnaies et de bois baignés par la petite rivière de Bièvre.

Le quartier Saint-Marcel, qu’il faut traverser pour arriver à cet établissement sans rival, est un des plus laids et des plus tristes de Paris,-probablement parce qu’il est le plus pauvre. On ne l’appelle pas pour rien le faubourg souffrant. Mais quand on a franchi cette zone puante qui commence à la rue Descartes, et qu’on est arrivé au sommet de la rue Mouffetard, c’est-à-dire au rond-point de la barrière de Fontainebleau, on est amplement dédommagé des émanations subies tout le long de la route, et, si l’on n’est point ingrat, on se remercie du spectacle qu’on s’offre alors sans qu’il en coûte rien. En se plaçant au point d’intersection du boulevard de l’Hôpital et du boulevard des Gobelins, derrière le grand café qui se trouve élevé juste sur l’ancienne Butte-aux-Cailles — où, le 3 juillet 1815, le matin même de la dernière capitulation de Paris, étaient deux obusiers et seize pièces de canon, — on a devant soi la montagne Sainte-Geneviève, dont les principaux monuments se découpent majestueusement sur le ciel : le dôme du Val-de-Grâce, le clocher de Saint-Étienne-du-Mont, la tour du collège Henri IV, le dôme du Panthéon, le clocher de Saint-Jacques du-Haut-Pas; puis, au-dessous, descendant comme les gradins d’un amphithéâtre vers le fond du vallon où serpente la Bièvre, d’innombrables rangées de toitures pittoresques, de séchoirs de mégissiers, de greniers de tanneurs, et, plus bas encore, des étendages de blanchisseuses, qui sont du meilleur effet à cette distance.

L'endroit est plaisant à l'œil et je comprends qu'il ait été choisi autrefois comme séjour par de grands seigneurs et par de grandes dames. On le croirait difficilement aujourd'hui, à cause des émanations nidoreuses qui s'échappent de ces Marais-Pontins de l’industrie parisienne ; cependant les chroniques l’affirment. On a même découvert en 1813, dans le sable des bords de la Bièvre, derrière les Gobelins, cette inscription sur cuivre, portant la date de 1527 :

« DANS CE POURPRIS LE GRAND FRANCOYS PREMIER
TREUVE TOUSOUR JOUISSANCE NOVELLE
QU'IL EST HEUREUS CE LIEU SOVEF RECELE
FLEUR DE BEAUTE DIANE DE POITIERS »

Ah ! cher Clos-Payen ! poétique. Champ-de-l'Alouette ! je vous donne ici le .salut suprême, car j'ai peur de ne plus vous retrouver, au train dont sont les « embellissements » de Paris. Quand je repasserai au printemps prochain pour entendre le sifflement ironique des merles qui se cachent dans vos haies, les chansons égrillardes des lavandières qui se cachent derrière vos saules, — Galathées en sabots, — les chants auront cessé...

C'est par la barrière d'Italie que, le soir du 20 mars 1815, Napoléon rentrait dans Paris, au moment où Louis XVIII en sortait par la barrière de Clichy. Le 26 février, il avait quitté l’île d’Elbe avec quatre cents hommes de sa garde. Le 1er mars, il entrait dans le golfe Juan et se rendait à Cannes, puis à Grasse. Le 3, il couchait à Barême. Le 4, il dînait à Digne. Le 5, il couchait à Gap ; le 6 à Gorp, le 7 à Grenoble, le 8 à Bourgoin. De Grenoble à Lyon, marche triomphale. Le 10, à neuf heures du soir, il traversait la Guillotière presque seul, mais environné d’une population immense. Il repartait le 11, arrivait le 13 à Villefranche, franchissait au pas de course Mâcon, Tournus, Châlons. Le 15, il couchait à Autun, le 16 à Avallon, le 17 à Auxerre, le 18 à Fossard, et, le 20 mars, à quatre heures du matin, il arrivait à Fontainebleau. Ainsi, — pour parler comme le Moniteur, qui avait une injure pour tous les vaincus et un éloge pour tous les vainqueurs, quels qu’ils fussent,— ainsi s’était terminée, sans répandre une goutte de sang, sans trouver aucun obstacle, cette légitime entreprise qui rétablissait la Nation dans ses droits, dans sa gloire, et effaçait la souillure que la trahison et la présence de l’étranger avaient répandue sur la capitale ! Ainsi s’était vérifié ce passage de l’Adresse de 1’Empereur aux soldats « que l’aigle, avec les couleurs nationales, volerait de clocher en clocher jusqu’aux tours Notre-Dame ». En dix-huit jours, le brave bataillon de la garde avait franchi l’espace — compris entre le golfe Juan et Paris, — espace qu’en temps ordinaire on mettait quarante-cinq jours à parcourir ! C’était, en effet, merveilleux.

Un souvenir moins triomphal qui se rattache à la barrière de Fontainebleau, c’est le meurtre du général Bréa et l’exécution de ses meurtriers, — le dernier épisode des lugubres journées de juin 1848.

Le 25 juin, alors que l’insurrection était étouffée dans les autres quartiers de Paris, 2,500 insurgés tenaient bon encore à cette barrière, où s’élevaient de menaçantes barricades. Le général Bréa de Ludre, qui, la veille avait pris le commandement exercé par le général Damesme, mortellement blessé au Panthéon, vint les reconnaître à la tête de deux bataillons d’infanterie de ligne, de deux pièces d’artillerie et de détachements de gardes mobiles. Avant d’en venir aux mains, il voulut faire une tentative pacifique et s’avança pour parlementer vers la principale barricade, qu’il franchit, suivi du capitaine Mangin, son aide de camp, de M. Desmaretz, chef de bataillon au 24e de ligne, et de M. Gobert, chef de bataillon de la 12e légion de la garde nationale. Une demi-heure après, son aide de camp et lui étaient fusillés par les insurgés, exaspérés par une injuste soif de représailles. Quant à MM. Desmaretz et Gobert, ils étaient parvenus à s’échapper.

Six mois après, le 15 janvier 1849, vingt-quatre des insurgés de la barrière Fontainebleau étaient traduits devant le conseil de guerre de Paris, présidé par le colonel Cornemuse, pour rendre compte de l’assassinat du général Bréa et du capitaine Mangin. Le 7 février, trois d’entre eux étaient acquittés et cinq condamnés à mort : Chopart, commis libraire ; Vappereaux jeune, garçon marchand de chevaux; Noury, garnisseur de couvertures ; Lahr, maçon, et Dais, dit le Bon Pauvre, administré de Bicêtre. Ces deux derniers seuls furent exécutés, le 17 mars, au rond-point intérieur de la barrière, devant l’arbre de la liberté planté là en février 1848.

ALFRED DELVEAU - 1865
Histoire anecdotique des Barrières de Paris
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