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UNE ÉVOCATION DU 13E ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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SAVIEZ-VOUS QUE...

C'est le 25 mai 1827 que Honoré-François Ulbach tua de plusieurs coups de couteau Aimée Millot, la bergère d'Ivry.


L'église Notre-Dame de la gare a été construite en 1855 aux frais de la commune d'Ivry


Dans les plans de 1860, c'est sur un viaduc long de 800 mètres, composé d'arches de dix mètres d'ouverture et dont la hauteur maxima aurait été de quinze mètres avec des piles évidées à l'aplomb de l'entrevoie que le chemin de fer de ceinture aurait du traverser la vallée de la Bièvre en offrant une vue magnifique depuis le parc de la Butte-aux-Cailles qui, in fine, céda la place au Parc Montsouris.

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C'est arrivé dans le 13ème

 Singulier pari - 1891

Singulier pari

Le Figaro  ― 25 août 1891

Nous doutons fort que le pari suivant soit du goût des baigneurs du high life. Il faut en effet n'être pas très dégoûté pour accepter de faire la planche en pleine Bièvre, à la hauteur du n° 65 de la rue Croulebarbe. A cet endroit, le pauvre ruisseau, large au plus d'un mètre cinquante, sert de dépotoir aux mégissiers qui travaillent sur ses bords.

Bravement le parieur, un Belge, nommé Benoit Bydekerke, bronzier de son état, s'est mis hier, à deux heures de l'après-midi, dans le costume primitif de notre père Adam, et, pour gagner l'enjeu - cinq francs, pas davantage - a plongé dans la Bièvre.

Il en sortait triomphant lorsqu'un agent de police a surgi du milieu des spectateurs et l'a conduit au poste.

Benoît n'avait pas pensé que, des fenêtres voisines, plus d'un œil pudibond pouvait le contempler  !


 Un drame de la jalousie - 1905

Un drame de la jalousie

Le Temps — 25 juin 1904

Ce matin, à huit heures, un voiturier. Paul Perrotel, âgé de quarante-cinq ans, demeurant 26, rue Bourgon, passait rue Abel- Hovelacque, en compagnie d'une femme, la veuve Fléchel, âgée de cinquante-cinq ans, avec laquelle il entretient des relations intimes.

Leur conversation était très animée. Soudain Perrotel, qui était porteur d'une canne à épée, en tira la lame et frappa la veuve Fléchel dans le dos, la blessant grièvement. Puis il sortit de sa poche un rasoir dont il tenta de se couper la gorge.

Des passants, intervenus immédiatement, firent donner des soins aux deux blessés qui ont été ensuite transportés à l'hôpital Cochin.


 La Cité Doré - 1882

La Cité Doré

Journal des débats politiques et littéraires — 22 mai 1882

Le conseil d'hygiène publique et de salubrité a été chargé récemment, dit la Ville de Paris, d'étudier la situation actuelle de la cité Doré et de la cité des Kroumirs, sa voisine.

La cité Doré est située dans le 13e arrondissement ; elle est bornée par le boulevard de la Gare, la rue Jenner, la place Pinel et un terrain appartenant à l’Assistance publique. Elle se compose de sept voies de communication, toutes très étroites et dans lesquelles ne peuvent passer que des voitures à bras. Avant 1818, cette localité, qui était alors hors Paris, s'appelait le Château de Bellevue parce qu'il y avait effectivement une sorte de château entouré de cabarets et de guinguettes. On y voyait également un bal public très fréquenté par la population du faubourg. Quand la limite de la capitale fut transportée jusqu'au boulevard de la Gare, un spéculateur nommé Stuart acheta le château et le transforma en brasserie : la Brasserie écossaise.

Elle n'eut qu'un médiocre succès, et M. Andrew Cochrané, qui l'acheta en 1831, essaya inutilement d'y attirer le publie. C'est quelque temps après que M. Doré, fonctionnaire à l'Ecole polytechnique, s'en rendit acquéreur en y ajoutant un grand terrain contigu, qui fut entouré de murs et planté d'arbres. Le château et la brasserie devinrent une propriété d'agrément, un véritable parc ayant une étendue d'environ 12,000 mètres carrés. Depuis le commencement du siècle, ce vaste terrain était l'endroit préféré où les soldats se rendaient, le sabre à la main, pour vider leurs, querelles. Ce qu'il y a eu là de duels durant une période de vingt ans ne saurait s'imaginer. On y ferraillait du matin au soir. Le mur de clôture, d'ailleurs peu élevé, qu'avait fait construire M. Doré, ne changea rien à ces habitudes. On passait par-dessus, et tout était dit.

En 1848, 1.500 ouvriers des ateliers nationaux furent envoyés dans le chemin de ronde de la gare, sous le prétexte fallacieux d'arranger cette voie, mais les ouvriers payés pour ne pas travailler, s'en allaient passer la journée dans le parc de M. Doré, où le gazon et l'ombre des arbres étaient on ne peut plus favorables au far niente. Du coup, le pauvre mur de clôture fut abattu dans presque tout son parcours.

C'est alors que M. Doré se décida à diviser son parc en petites portions et à les louer à des ouvriers pour y bâtir. C'est lui qui fit tracer les rues que l'on y voit maintenant.

Telle est, rapportée sommairement, l'origine de cette agglomération de demeures malsaines à laquelle on conserva le nom de son fondateur, M. Doré. Privât d'Anglemont lui avait donné le nom de villa des chiffonniers.

La plus grande partie de la population se compose, il est vrai, de chiffonniers mais il y a aussi d'autres ouvriers.

D'après une statistique officielle, la cité Doré renfermait, au mois de janvier dernier, 470 ménages formant une population de 750 habitants. 66 de ces ménages sont inscrits au bureau de bienfaisance, ce qui donne une idée de la misère de ces pauvres gens.

Les habitations sont des réduits infects, presque sans meubles et affreusement sales. Vers 8 heures du matin, au moment où les voies de la cité viennent d'être balayées, les chiffonniers et les chiffonnières arrivent avec leurs hottes ou leurs voitures à bras remplies de chiffons, de vieux papiers, de loques de toute sorte, et se mettent aussitôt à faire le triage de ce qu'ils viennent de ramasser dans les rues.

Cette opération se fait généralement sur le seuil des maisons, quand le temps n'est pas trop mauvais, et beaucoup de détritus sans valeur sont jetés sur la voie publique, qui, en quelques instants, est aussi sale qu'avant le balayage.

Pour compléter ce tableau, ajoutons que les nombreux enfants de ces pauvres gens sortent à peu près à la même heure de leurs taudis ; on les voit déguenillés, traînant des lambeaux de haillons, presque jamais lavés, errant dans les rues toute la journée et déposant où bon leur semble les matières... peu odorantes qui ne sont balayées que le lendemain. Quant à l'état sanitaire de ce misérable .recoin de Paris, voici ce qu'en a dit M. le docteur Lafont, chargé depuis onze ans de visiter les malades en sa qualité de médecin du bureau de bienfaisance.

« La cité Doré, a-t-il dit, nous fournit plus du tiers des malades de ma circonscription. »

Nous devons ajouter cependant que, grâce aux visites fréquentes du commissaire de police du quartier et à ses recommandations, les rues sont moins sales aujourd'hui qu'autrefois.

Il a été question d'exproprier la cité Doré, c’est-à-dire de la faire disparaître. La mesure serait peut-être un peu trop radicale. Le rapport du conseil d'hygiène se-borne, dans ses conclusions, à demander au préfet de police d’intervenir auprès du préfet de la Seine pour obliger l'entrepreneur de balayage à enlever les immondices tous les matins il sollicite également l'établissement de fontaines dans les rues de ladite cité.


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