Dans la presse...

 paris-treizieme.fr — La Chapelle Bréa sous la Commune

Les églises de Paris sous la Commune

Saint-Marcel de la Maison-Blanche (Chapelle Bréa)

Extrait de "Les églises de Paris sous la Commune" de Paul Fontoulieu (1873)

Cette très petite église, située avenue d’Italie, 76, a échappé à la rage destructive des communeux ; mais peu s'en est fallu qu’elle n'ait été démolie.

Gravure parue dans Le Monde illustré

Elle fut fermée le 16 avril, par l'initiative du premier vicaire, qui crut devoir prendre cette mesure de précaution : il avait eu soin de mettre en lieu de sûreté les vases sacrés et les objets les plus précieux.

Le lendemain, un nommé Cayol, âgé de 22 ans, se disant délégué de la Commune, fit enfoncer la porte, visita l'intérieur, fouilla dans la sacristie, empocha quelques menus objets de peu de valeur, et apposa solennellement une quantité de scelles. Trois jours après — explique cette contradiction qui pourra — on voulut faire rouvrir la chapelle. À cet effet, le citoyen Léo Meillet proposa aux membres de la fabrique de leur affermer la bicoque qu'un prêtre de nationalité étrangère conseillait à desservir. Ayant reçu une réponse négative, basée sur ce que ce monument était une propriété privée, le communard répondit :

— Ah ! vous ne voulez pas nous payer votre boutique ; eh bien ! elle sera démolie.

La Commune, en effet, ne tarda pas à rendre le décret suivant, qui fut publié dans les journaux du 28 avril (*):

« La Commune de Paris,

« Considérant que l'église Bréa est une insulte permanente aux vaincus de juin et aux hommes qui sont tombés pour la cause du peuple,

« Décrète :

« Art, ler. — L'église Bréa sera démolie.

« Art. 2. — L'emplacement de l'église s'appellera Place de Juin.

« Art. 3. — La municipalité du XIIIe arrondissement est chargée de l’exécution du présent décret.

« En outre, la Commune déclare qu'elle amnistie le citoyen Nourrit, détenu depuis vingt-deux ans à Cayenne, à la suite de l'exécution du traître Bréa. La Commune le fera mettre en liberté le plus tôt possible. »

Détail d'une photographie de Ch. Marville prise vers 1867 en direction de l'avenue d'Italie. On y distingue le clocher de la Chapelle Bréa (source Ville de Paris / BHVP ).

Heureusement pour la chapelle que la Commune mit quelque lenteur dans l'exécution de ce décret, et quand les troupes entrèrent dans Paris, elle n’avait pas encore reçu le premier coup de pioche. Il n'était que temps, car le dimanche 21 mai, on vendit à la criée tout ce qui restait du mobilier. C’était le prélude de la démolition.

Cette vente produisit 1,450 francs. La feuille d'enchères sur laquelle étaient inscrits les noms des acheteurs resta sur la table, on ne sait comment, et l'autorité militaire y puisa naturellement de précieuses indications.

La chapelle Bréa fut rouverte quelques jours après.

Ses pertes n'ont pas dépassé 2,000 francs.

Le clocher de la chapelle Bréa située 76 avenue d'Italie vu depuis la rue de la Providence. Extrait d'une photographie de Charles Marville de 1875.

(*) Ce décret était dû à l'initiative de Léo Meillet, élu du 13e  arrondissement.



Le 13e avant et durant la Commune
(18 mars - 28 mai 1871)

Dans la presse...


Des nouvelle du puits artésien de la Butte-aux-Cailles

Nous avons déjà entretenu nos lecteurs des travaux du puits artésien qu'on est en train de creuser sur la butte aux Cailles dans le XIIIe arrondissement.
Ce puits étant arrivé à la première nappe d’eau, on vient d’y descendre une puissante cuve en fer du poids de 6 000 kilogrammes, destinée à maintenir cette nappe dans sa position souterraine... (1864)

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Le mystère des Gobelins

Un bruit sinistre, dont un de nos confrères s'est fait l'écho, a couru hier sur la rive gauche. M. Guignet, chef des ateliers de teinturerie à la manufacture des Gobelins, se serait aperçu que certaines parties d'un grand panneau de tapisserie représentant la Conversion de saint Paul avaient perdu toute la vivacité de leurs couleurs. (1894)

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Le Métropolitain dans les Catacombes

Les travaux de consolidation de la ligne circulaire n° 2 du Métropolitain de Paris, ou plutôt les travaux de préparation de la construction de cette ligne au travers du terrain effondré et affouillé des Catacombes et des carrières de Paris, notamment boulevard de Vaugirard, boulevard Saint-Jacques et boulevard de l’Hôpital, sont terminés. (1902)

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Le Métropolitain (Place d'Italie-Place Mazas)

La ligne ouverte à l'exploitation, au commencement du mois dernier, — de la place d'Italie à la gare d'Orléans, — complétée par la section Orléans-Mazas et le raccordement Mazas-Gare de Lyon mis en service le 14 juillet, assure, dès à présent, des relations directes entre toutes les lignes exploitées, et a permis — comme l'indique notre plan général — la constitution d'un premier réseau homogène. (1906)

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Inauguration de la ligne Odéon-Place d'Italie

Le réseau du Métropolitain compte une ligne de plus, ou, plus exactement, deux tronçons de lignes complémentaires : l'un qui prolonge la ligne n° 10 de l’Odéon à la place Monge, et l'autre qui étend la ligne n° 7 de la place Monge à la place d'Italie... (1930)

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Saviez-vous que... ?

L'École Estienne est installée à son emplacement actuel depuis novembre 1889 mais n'a été inaugurée que le 1er juillet 1896 par le président de la République, M. Félix Faure.

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L'hôpital de Lourcine (111 rue de Lourcine) était consacré au traitement des femmes atteintes de maladies secrètes et comptait 276 lits. Des consultations gratuites étaient données de 8 à 9 heures les mardis, jeudis et samedis.

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En 1920, on pouvait trouver un avertisseur public d''incendie à l'angle des rues Watt et du Chevaleret ainsi qu'au 31 quai de la Gare.

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En 1865, les frères Goncourt passaient une journée dans le 13e :
« Jeudi, 16 mars. — Nous avons passé la journée chez Burty, rue du Petit-Banquier, dans un quartier perdu et champêtre, qui sont le nourrisseur et le marché aux chevaux. Un intérieur d’art, une resserre de livres de lithographies, d’esquisses peintes, de dessins, de faïences ; un jardinet ; des femmes ; une petite fille ; un petit chien, et des heures où l’un feuillette des cartons effleurés par la robe d’une jeune, grasse et gaie chanteuse, au nom de Mlle Hermann. Une atmosphère de cordialité, de bonne enfance, de famille heureuse, qui reporte la pensée à ces ménages artistiques et bourgeois du dix-huitième siècle. C’est un peu une maison riante et lumineuse, telle qu’on s’imagine la maison d’un Fragonard. »

L'image du jour

Percement de l'avenue des Gobelins (1868)

La vue est prise de la place d'Italie dont on abaisse le niveau de près de deux mètres pour la pente de la nouvelle avenue soit moins forte. La construction métallique à droite, c'est le marché couvert des Gobelins. Il fonctionnera jusqu'à la fin du siècle avant d'être remplacé par le marché Blanqui. Avec l'ouverture de la rue Primatice, le marché couvert sera coupé en deux. La partie côté Gobelins sera démolie ; la partie côté boulevard de l'Hôpital subsistera jusqu'aux années 1970.  ♦