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UNE ÉVOCATION DU 13E ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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SAVIEZ-VOUS QUE...

La voie qui prit le nom d'avenue Edison en 1932, devait, initialement relier la place Nationale et la place d'Italie.


Le nom d'Émile Deslandres fut donné en juillet 1936 à un tronçon de l'ancien passage Moret pour que cette rue honore l' ancien conseiller municipal qui représenta le 13e à l'Hôtel de Ville pendant près de 30 ans.


Le 30 janvier 1916, se jouaient Les Mystères de New-York au cinéma Bobillot, 66 due de la Colonie.

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C'est arrivé dans le 13ème

 Deux oeufs cuisaient - 1915

Deux oeufs cuisaient.

Le Matin — 6 juin 1915

Deux œufs cuisaient dans la poêle, et le porteur aux Halles Adolphe Vialard, âgé de quarante ans, allait se mettre à table, hier matin, dans la modeste chambre qu'il occupe 166 bis, rue Nationale.

— Décidément, j'en ai assez ! déclarât-il soudain sa maitresse, Maria Monteiller, âgée de trente-quatre ans. Je sais que tu as remis à la maitresse de mon père une partie des outils qui me servent à « bricoler », et je t'en veux à mort !

La menace n'était pas vaine, car le coltineur — il est réparateur de parapluies, à l'occasion — s'empara d'un long poignard, et, à six reprises, le planta dans le flanc de sa compagne. Puis avec la même arme, toute ruisselante de sang, il se porta une douzaine de coups dans la poitrine. Prévenu aussitôt, M. Prodhon, commissaire de police du quartier de la Gare, fit transporter le couple à l'hôpital de la Pitié. L'état de Maria Monteiller n'inspire pas d'inquiétude. Par contre, on désespère de sauver le porteur aux Halles.


 La folie du cordonnier - 1921

La folie du cordonnier

Le Gaulois  — 20 mars 1921

Un sujet russe, Bernard Steimann, cordonnier âgé de cinquante et un ans, demeurant 22, avenue de Choisy, menacé d'expulsion fut pris d'un acte de folie et se barricada dans sa boutique, menaçant de tuer ceux qui s'approcheraient.

L'intervention du commissaire de police n'eut aucun succès. Steimann restait enfermé. Alors il fut décidé qu'hier matin on lancerait par une fente de la porte de la boutique deux ampoules remplies d'un gaz soporifique, afin de pouvoir se rendre maître du forcené.

Or, à sept heures du matin, deux agents en surveillance aperçurent soudain deux jambes qui s'allongeaient sous le rideau de fer. Chacun en prit une et tira ; Steimann n'opposa aucune résistance. Le pauvre fou s'était blessé dans la, région du cœur avec un de ses tranchets à  chaussures.

Transporté immédiatement à la Pitié, le malheureux y a reçu les soins nécessaires.

Comme ses blessures ne présentent aucun caractère de gravité, il sera dirigé sur l'asile de Sainte-Anne.

A. Magne

 Après l'orage (1901)

Après l’orage

Le Figaro — 31 mai 1901

Dans la matinée d'hier, M. Lépine, préfet de police, et M. Laurent, secrétaire général de la Préfecture, ont parcouru ensemble, les bords de la Bièvre, qui ont le plus souffert de l'orage d'avant-hier, afin de se rendre compte de l'importance des dégâts.

La Bièvre : le bief des Cordelières

On sait que, dans le quartier de La Glacière, cette rivière est canalisée. A l'entrée de la Halle aux cuirs, elle entre dans un tuyau de 1 m. 75 environ de diamètre. La pluie torrentielle tombée dans l'après-midi d'avant- hier amena une crue subite qui, sur certains points, atteignit sept mètres de hauteur. Le tuyau de dégagement devint dès lors insuffisant, et la rivière déborda, envahissant les maisons voisines et pénétrant dans les ateliers peausseries et séchoirs de mégissiers situés sur ses rives et empiétant sur la largeur de son lit.

Cette inondation présentait un caractère de gravité d'autant plus grand, surtout par les chaleurs actuelles, que l'eau de la Bièvre est chargée de détritus et d'immondices et forme un limon infectieux qui s'était répandu dans tous les alentours.

Au cours de leur visite, MM. Lépine et Laurent, se sont rendu compte de l'urgence qu'il y avait à prendre des mesures d'assainissement. Ils ont fait aussitôt, prévenir le préfet de la Seine, auquel incombait le soin d'ordonner les travaux nécessaires.

Dès deux heures, M. Masson, directeur du service d'assainissement, a envoyé son personnel sur les lieux, pour commencer le nettoyage des maisons infectées, ainsi que celui de tous les objets, meubles ou vêtements, atteints par l'eau de la Bièvre. Depuis la veille, les pompiers étaient occupés à vider les caves inondées.

Après avoir exploré les bords de la Bièvre, MM. Lépine et Laurent, accompagnés de MM. Expert-Besançon, sénateur de la Seine et maire du treizième arrondissement, et Desplats, conseiller municipal du cinquième arrondissement, se sont rendus dans les rues de ces arrondissements où l'orage avait causé les plus grands ravages. Au cours de cette inspection générale, M. Lépine a distribué quelques premiers secours aux personnes particulièrement atteintes. Dans l'après-midi, M. Expert-Besançon a, fait envoyer des habits et du linge aux malheureux qui en manquaient. De son côté, M. Desplats se propose de demander au Conseil municipal le vote d'une somme suffisante pour venir efficacement en aide aux sinistrés.

Pour beaucoup de pauvres gens, l'orage a été une véritable catastrophe. Ils se trouvaient, hier matin, sans travail, sans logis, sans ressources.

La Préfecture de police a fait dresser la liste des immeubles qui ont été le plus endommagés.

Dans cette liste figure une maison de la rue de la Santé, appartenant au père de M. Millerand, ministre du commerce. Sont mentionnés comme menaçant ruine les immeubles suivants :

Onzième arrondissement. 1, Impasse Saint-Sébastien 35, rue du Chemin-Vert.

Treizième arrondissement. 151, boulevard d'Italie. -Les locataires des n° 155 et 157 ont dû déménager. Des dégâts importants sont signalés aux n° 101, 103 et 109 du même boulevard, ainsi qu'aux n° 5 et 9 de la rue de Bellièvre. Des bâtiments se sont effondrés aux n° 95 et 115 rue de La Glacière. On éprouve des craintes pour les n° 41, 43, 44 et 47 de la rue de la Colonie.

On frémit vraiment aux conséquences irréparables qu'eût entraîné le débordement de la Bièvre s'il s'était produit la nuit, alors que les riverains dormaient. On eût certainement compté de nombreuses victimes.

Il ppartiendra au Conseil municipal de s'occuper le plus tôt possible de la question de la Bièvre, de façon à éviter dans l'avenir un grand malheur.

Henri Petitjean.

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