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 La Chaire de Mme Curie - 1906

La Chaire de Mme Curie

Réunion du Conseil de la Faculté des Sciences. — Mme Curie va être nommée Professeur à la Sorbonne. — Elle occupera la Chaire laissée vacante par la Mort de son Mari. —Ratification ministérielle.

Le Petit-Parisien — 13 mai 1906

Au cours de la réunion qu'il a tenue, hier matin, le conseil de la Faculté des sciences de Paris a adopté à l'unanimité, sur la proposition de son président et doyen, M. Appell, un vœu qui sera accueilli avec enthousiasme par tous les savants et recevra l'approbation unanime de ceux qui s'intéressent aux grands problèmes scientifiques.

II a décidé que Mme Curie, la noble et vaillante compagne de celui à qui l'on doit la découverte du radium, continuerait l'œuvre à laquelle elle avait si puissamment collaboré. Non seulement le laboratoire où travaillait son mari sera mis à sa disposition, mais encore elle deviendra titulaire de la chaire qu'il occupait à la Sorbonne et qui on s'en souvient avait été créée spécialement pour lui.

Ainsi que le veut l'usage, le conseil supérieur de l'Université sera appelé prochainement à se prononcer à son tour. Son opinion favorable ne fait aucun doute. Quant au ministère de l'Instruction publique, qui devra signer la nomination, il a fait connaître son avis depuis longtemps le vœu du conseil de la Faculté des sciences a reçu son approbation pleine et entière.

Nous aurions voulu voir Mme Curie pour lui présenter nos respectueuses félicitations et lui dire avec quelle satisfaction sa nomination serait accueillie. Nous n'avons malheureusement pas pu la rencontrer. Dans la petite maison du boulevard Kellerman, d'où l'on entend le chant des oiseaux qui ont élu domicile dans les branches des grands arbres voisins, nous avons trouvé le père du savant, le vénérable docteur Curie. Nous avons eu le plaisir de lui apprendre la bonne nouvelle. Il ne s'y attendait pas, tout au moins sitôt. Il fut agréablement surpris et un sourire mélancolique passa, imperceptible, dans sa belle barbe blanche.

Avec douceur, il nous dit :

— Je suis heureux pour elle. Puisse cette distinction dont elle est si digne apporter un peu de baume à sa douleur. Non seulement la mort de notre fils a laissé un vide immense dans nos cœurs mais — tout le monde le sait — nous ne sommes pas riches, et nous allions nous trouver dans une situation très embarrassée. Les petits pourront être convenablement élevés.

Sur notre demande, le vieillard ajouta :

— Mme Curie poursuivra les travaux de son mari. Ayant, été sa collaboratrice de tous les instants, elle connaît mieux que personne le point où il les interrompus et les éléments qui formaient la base fondamentale de ses recherches. Continuer l'œuvre de son cher époux était son plus ardent désir. Il se trouve réalisé plus tôt qu'elle ne l’espérait. Elle va être bien heureuse. Je voudrais être le premier à lui dire ce que vous venez de m'apprendre, mais peut-être le sait-elle déjà.

Comme tous les véritables savants, Mme Curie est aussi modeste que l'était son mari, mais elle a le droit d'être fière, car c'est la première fois qu'une chaire de haut enseignement est donnée à une femme.


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Afin que cesse la confusion entre la rue Thiers dans le 16e arrondissement et la rue Tiers dans le Treizième, on donna à cette dernière, en 1929, le nom de Paulin-Méry (1860-1913), ancien député du 13e (1889-1902), docteur en médecine, partisan et admirateur indéfectible du Général Boulanger, et victime des rayons X.

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