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 La cité des Kroumirs - Réponse assistance publqiue

La cité des Kroumirs.

Le Temps ― 25 février 1882

L'Assistance publique nous adresse une note au sujet de l'article que nous avons publié sur la cité des Kroumirs. Après avoir expliqué que la location du terrain sur laquelle la cité est bâtie avait été faite, à la condition qu'elle cesserait de plein droit six semaines après un avertissement, et que par conséquent le locataire principal ne pouvait pas donner aux sous-locataires plus de droits qu'il n'en avait lui-même, la note continue ainsi :

« Si donc il est regrettable que de pauvres ouvriers aient mis leur travail et leurs économies à se créer un abri qui doit disparaître aujourd'hui, la faute ne saurait en être imputée à l'administration, qui est restée complètement étrangère aux conventions intervenues, et auprès de laquelle les intéressés auraient, trouvé les renseignements nécessaires pour éviter la déception qui les frappe aujourd'hui.

En présence des réclamations réitérées de la commission des logements insalubres, l'Assistance publique fut forcée, comme propriétaire du sol, de mettre son locataire en demeure de faire disparaître les causes d'insalubrité signalées.

Ce dernier déclara ne pouvoir le faire.

Un seul parti restait à l'administration elle donna congé pour le 1er avril.

Mais un, devoir d'humanité lui restait à remplir.

Elle fit connaître à son locataire qu'il pourrait conserver la jouissance du terrain, sans avoir de loyer à payer, jusqu'au mois d'octobre prochain, mais à la condition expresse que lui-même ne pourrait rien recevoir pendant ce temps des sous-locataires avec lesquels il avait traité, et ces derniers furent également informés de cette condition.

L'administration espère que, pendant ces six mois, les habitants de la cité des Kroumirs, n'ayant aucune charge de loyer, pourront démolir les constructions leur appartenant et se pourvoir de nouvelles habitations plus stables et moins insalubres.

Dans tous les cas, c'est une indemnité de six mois de loyer que l'administration de l'Assistance publique leur accorde. »

Ces six mois de loyer représentent fort peu de chose, vingt à trente francs par ménage. Et nous le répétons, certains habitants de la cité des Kroumirs avaient dépensé jusqu'à 1,200 fr. pour édifier leur petite maison. La compensation est donc tout à fait insignifiante. L'Assistance publique a évidemment le, droit absolu de son côté, en stricte justice allé n'est tenue à rien envers les pauvres expulsés. Mais c'est ici le cas de dire ou jamais : Qui n'est que juste est dur, et il nous semble qu'en se plaçant au point de vue de l'humanité il lui reste encore quelque chose à faire. Elle a été instituée non pas pour créer des misères, mais au contraire pour soulager celles qui existent, et la mesure qu'elle a été obligée de prendre est incontestablement une aggravation de misère pour ceux qu'elle atteint. Au lieu de garder le caractère d'une administration de charité, elle apparaît ainsi sous l'aspect d'un simple propriétaire qui se débarrasse de locataires qui le gênent sans se soucier autrement de ce qu'ils peuvent devenir.

Ce n'est pas notre faute, dit-elle, de sorte que ce sera aux petits à payer. Elle serait plus équitable en considérant l'expulsion des habitants de la cité des Kroumirs comme une espèce d'expropriation publique et en agissant en conséquence.


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La boucherie centrale de l'Assistance Publique était installée en 1860 au sein de l'abattoir de Villejuif situé 181 boulevard de l'Hôpital. Elle livrait 112.000 kilogrammes de viande par an.

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Selon un article du Figaro du 29 août 1905, le 13e arrondissement comptait alors 938 jardins privés.

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Le chemin du Bac allait de la route de Choisy à la rue du Chevaleret. En 1865, la portion comprise entre la route de Choisy et les rues Nationale et du Château des Rentiers reçut le nom de Baudricourt tandis que le tronçon restant prit celui de Clisson. Ainsi en décida l’Empereur par un décret impérial signé à Biarritz le 2 octobre. Olivier de Clisson, connétable de France de 1380 à 1392 avait été surnommé Le Boucher en raison de sa cruauté.

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