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UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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SAVIEZ-VOUS QUE...

C'est le 5 mars 1930 que furent ouvertes les stations de métro Tolbiac, Maison-Blanche, Porte d'Italie et Porte de Choisy qui faisaient alors partie de la ligne 10.


Paris comptait 140 cités ou villas en 1865. Parmi celle-ci la cité Doré "formée de murailles en plâtras, en planches, occupée par les chiffonniers les plus pauvres du 13eme arrondissement" selon le guide de M. Joanne.


L'asile Nicolas-Flamel, 71 rue du Château-des-Rentiers, fut inauguré le 18 mai 1889.

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C'est arrivé dans le 13ème

 Noyé par sa mère - 1911

Noyé par sa mère

Le Figaro 26 mai 1911

Le marinier Jean Fatigué, de la péniche Louise, a retiré de la Seine, au quai d'Austerlitz, hier matin, à dix heures, le cadavre d'un garçonnet de cinq à six ans qui avait séjourné plusieurs jours dans l'eau. Il avait la tête complètement enveloppée dans un fichu de laine- noire, attaché derrière le cou.

Une enquête, immédiatement ouverte, a permis de découvrir quel était cet enfant.

En février dernier, une dame Lepape, âgée de vingt-huit ans, fleuriste, disparaissait avec son fils, le jeune Romuald. On crut à une fugue. Mais un mois après le corps de la jeune femme était repêché près d'Auteuil. Le costume que portait l'enfant lors du départ de la mère étant le même que celui du petit repêché hier, il parait certain que ce cadavre est celui du jeune Romuald Lepape, que sa mère a noyé en même temps qu'elle.


 Macabre découverte - 1880

Macabre découverte

Le Gaulois— 6 juin 1880

M. Moller, commissaire de police du quartier Croulebarbe, vient d'ouvrir une enquête au sujet d'une mort qui semble mystérieuse. On a retiré du puits de la maison sise avenue de Choisy, numéro 92, le cadavre d'une locataire, la dame C. âgée de trente-cinq ans.

La mort remontait à environ huit jours. L'enquête s'attache à rechercher quels peuvent avoir été les motifs qui auraient poussé cette malheureuse au suicide; or, jusqu'à présent,il semble établi que la dame C… vivait heureuse, et n'avait nulle raison d'attenter à ses jours.

L'instruction se poursuit.

MONSIEUR LECOQ.

Décentralisation artistique - salon des gobelins - 1912

Décentralisation artistique

Le Journal — 24 octobre 1912

Mon éminent ami Guist'hau (*)a fait beaucoup d'honneur au Cercle des Gobelins venant visiter hier sa troisième exposition d'art ; il s'est en même temps procuré la plus précieuse joie artistique qu'un délicat et fin connaisseur lui puisse goûter : trouver écloses, dans un coin obscur de Paris, tant de diversités créatrices, c'est une surprise aimable dont un ministre des beaux-arts devait, à coup sûr, apprécier le charme inédit.

Peu de lecteurs du Journal soupçonnaient qu’une exposition rassemblât, à la mairie du treizième, des œuvres exquises de fraîche beauté. Qu'ils fassent voyage. Ils connaîtront un vieux quartier de Paris dont il est aisé d'apprendre le charme. Ce qui fut le cours de la Bièvre dessine, dans l'agglomération de Croulebarbe, une ligne de constructions vétustes dont le coloris de poussières et de délabrement a aiguisé le crayon de tant de dessinateurs. Une maison de la Reine-Blanche atteste, rue des Gobelins, un passé marqué par l'Histoire. La manufacture elle-même, débordante d'une générosité d'art dont le monde entier lui garde une gratitude, se pare d’architecture sévère et personnelle. Et je ne parle pas d'une impasse des Reculettes, ni d'une cité Doré, qui feront la joie des audacieux, à qui elles révéleront leur hallucinante intimité.

Un tel coin devait séduire des artistes. Ils s'y sont assemblés ; ils y travaillent dans le silence. Le maître Injalbert donna à ses jeunes amis l'idée de s'associer, puis de se produire au public. Lui-même exposa de ses œuvres. Cette année encore, une « Rieuse » à la grâce svelte illumine de son regard caressant la manifestation exquise que le maître suggéra.

Des hommes ainsi localisés devaient, d'instinct, former un groupe serré, fraternel, où l'entr'aide continuelle entretient une camaraderie altruiste favorable au labeur artistique. La plupart sont attachés à la manufacture des Gobelins, ouvriers anonymes de chefs-d’œuvre que, plus tard, les musées, les collections se disputeront.

Hélas! leurs contemporains ne connaîtront pas ce que, dans l'œuvre, ils ont laissé d'eux-mêmes ! Encore moins l'avenir.

« Chacun des grands arrondissements de Paris est comme une province. »

Comme il répondait à l'éloquente harangue du président du cercle, M. Bonneton, le maître des beaux-arts prononça phrase qu'il faut retenir : « Chacun des grands arrondissements de Paris est comme une province. » Oui, il y a, dans l'immense cité, plusieurs villes, et qui s’ignorent. De vrai, les artistes que félicite M. Guist'hau témoignent d’une intense compréhension « provincialiste » de Paris. Déjà, Huysmans avait chanté la Bièvre. Il n'avait pas épuisé le charme languide et pestilent de la rivière désormais morte. Au Salon du treizième, des toiles, des gravures signées de noms qui, plus tard, seront familiers aux amateurs d'art, évoquent ces coins du Paris d'autrefois, négligé par tant d'artistes qui le connaissent et ne savent pas le voir. Liénart, Toussaint, en offrent des interprétations savoureuses. Le Matin sur la Bièvre de Bonneton est une vision humide rousse, contraste par une note blanche, qui révèle un sens très rare des valeurs lumineuses.

Mais, regarder autour de soi, c'est beaucoup, et ce n'est pas assez. Spontanément, les centres autonomes de vie intellectuelle, si restreints soient-ils, quand ils sont un peu vigoureux, se mettent rayonner.

La méthode régionaliste ne fait pas seulement ressortir les particularités de chaque province, mais, dans chaque province, les particularités de toutes les autres. Aux Gobelins, les traditions de l'hospitalité française sont aimablement suivies. Des étrangers travaillent avec nos artistes. Les enluminures, par exemple, de Nicolas Ivanoff, font revivre dans un mode somptueux et barbare, infiniment agréable, l'art de nos anciens imagiers.

Pourquoi, au reste, louer tous ces gens de mérite ? Ils valent qu'on se dérange pour les voir, leur pléiade est supérieure à un rapide éloge. Les grès, les porcelaines de Bourgeat et de Chaumeil sont remarquables par leur fondu. Les aquarelles de Lépine, les tableaux de Chevalier, Balande, Photat, Vallée, Carette, Arnaut, Haran, Jacquelin, Fubry, Millard, Plauzeau, Printemps, Mouthier, Maynadie, Mathieu, Vaury-Caille, Maloisel, Demazy, Coupigny, Issartial, — comme je dois en avoir oublié, des meilleurs — les œuvres de Mlle Chuffaud, de Mme Rosemond, les figurines de Malaccan, les bustes de d'Ambrosio, manifestent les plus originales qualités. De Le Mordant, j'ai déjà vu, à l'hôtel de l’épée de Quimper, une puissante, éblouissante et si vivante décoration !

Nul, mieux que lui, ne sait rendre la crudité des éclairages bretons, le défi des costumes bariolés, l'insolence des landes dorées et des goémons ivres de soleil et ces cortèges qui tanguent, se déroulent au claquement des bannières.

Au total, tout cela révèle des personnalités, en même temps que, pour des artistes, la volonté de s'adapter aux conditions que leur fait la vie. À leur profession qui nécessite l'oubli d'eux-mêmes. À leur idéal ensuite, où ne se reflètent que les plus nobles instincts.

Quel symptôme rassurant de santé morale Et, si on savait utiliser leur art ! Si au lieu d'acheter au hasard des marbres, des tableaux, pour les attribuer, comme en tirant au sort, à n'importe quel jardin, n'importe quel monument, mettant un Apollon où il faudrait un Vercingétorix, et un Caton où on demanderait une Vénus, on s'attachait à envoyer d'abord l'artiste sur place, à lui faire étudier l'histoire, la coutume, l'atmosphère d'ambiance, si on lui demandait de composer une œuvre pour le milieu qu'on lui aurait présenté, on réaliserait une esthétique réaliste, et, si je peux dire, la perfection de la beauté dans la raison l'idée très fine et très juste que formulait, hier, le ministre, à qui la visite aux Gobelins confirmait une vision expérimentée de vérité décorative.

CHARLES LEBOUCQ,
Député de Paris - XIIIè arrondissement

Charles Le Boucq (1868-1959) fut député du 13ème arrondissement de 1906 à 1928. Spécialisé dans les questions économiques, il présida le groupe d'action économique, rapporta divers budgets, notamment ceux du ravitaillement, des essences et pétroles, de la marine marchande, ainsi que le projet de loi sur la production d'ammoniaque synthétique. Après son échec de 1928, Charles Le Boucq abandonna la carrière politique.


(*) Gabriel Guist'hau, né le 22 septembre 1863 à Saint-Pierre de la Réunion et mort le 27 novembre 1931 à Nantes, homme politique français, fut maire de Nantes de 1908 à 1910, député de Loire-Inférieure de 1910 à 1924, et plusieurs fois membre du gouvernement. Du 14 janvier 1912 au 21 janvier 1913, il fut ministre de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts dans le gouvernement Raymond Poincaré.

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Ailleurs sur Paris-Treizieme

Un mari qui tue sa femme - 1897

Un brave égoutier, M. Pierre S... demeurant 27, rue Harvey, dans le quartier de la Gare, donnait, ces jours derniers, asile à sa nièce, une gamine, de seize ans et demi, Pauline Ohlmann, qui avait épousé, quelques mois auparavant, un charretier nommé Patural et l'avait quitté pour se soustraire à ses brutalités.

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Un rôti de chien enragé - 1873

On sait peut-être que la cité Doré, près de l’ancienne barrière des Deux-Moulins, est un quartier composé de cahutes singulières, habitées par des chiffonniers. Quartier modèle s'il en fut... Sa population tient à ce que tout s'y passe pour le mieux, à ce que rien ne vienne entacher la réputation d'esprit pacifique...

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Une femme aux fers - 1873

Avant-hier, vers sept heures au matin, un gardien de la paix de service rue Lahire (13e arrondissement), entendit des cris d'angoisse et la voix d'une jeune femme l'appelant de la fenêtre du premier étage d'une maison située dans l'impasse de la Cerisaie.

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Amours séniles - 1904

Subissant l'influence de l'été de la Saint-Martin, Paul Perrotel le « père Paul » comme on l'appelle dans le quartier des Gobelins bien qu'âgé de cinquante-huit ans, déclara sa flamme à une marchande de pommes de terre frites de la rue de Tolbiac, Louise Fléchel, qui compte, elle, cinquante-cinq ans.

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Lu dans la presse...

On reconstruit l'Hôpital de la Pitié

M. Justin Rochet, l'architecte chargé des travaux, nous explique dans quelles conditions sera construit le nouvel établissement... (1906)

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M. Poincaré inaugure le nouvel hôpital de la Pitié

M. Poincaré a présidé ce matin l'inauguration du nouvel hôpital de la Pitié. (1913)

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L'achèvement de la rue Jeanne d’Arc

Le Bulletin Municipal a enregistré l'expropriation, pour cause d'utilité publique, d'un certain nombre de maisons du 13° arrondissement, situées rue Jenner, boulevard de l'Hôpital, rue Esquirol, passage Crouin, place Pinel, cité Doré, avenue Constance, avenue Constant-Philippe et boulevard de la Gare. (1914)

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Une promenade à l’ancienne Butte-aux-Cailles

Ce serait un petit concours à ouvrir : « Quel est le quartier de Paris, qui a le plus changé depuis quinze ans ? » Et il y a gros à parier que le quartier de la Glacière, alias de la Butte-aux-Cailles, se rangerait dans le peloton de tête. (1923)

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L'oasis et le cloaque

Il y a des quartiers de Paris qui n'ont vraiment pas de chance ! Le quartier de la Gare, dans le treizième arrondissement, par exemple... (1934)

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Un métier inconnu

Rue Xaintrailles, derrière l'église Jeanne d'Arc, demeure une pauvre vieille grand'maman qui nourrit sa fille et ses petites-filles de crottes de chiens cueillies à l'aube sur les avenues qui rayonnent de la place d'Italie. (1893)

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La Ville de Paris va-t-elle enfin s'occuper de la cité Jeanne-d'Arc ?

Près de la place d'Italie, entre la rue Jeanne-d'Arc et la rue Nationale, la cité Jeanne-d'Arc forme une sorte de boyau gluant, sombre, bordé de mornes bâtisses de cinq ou six étages aux murs zébrés de longues moisissures. Dès la tombée de la nuit, le coin n'est pas sûr... (1931)

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La cité Jeanne-d'Arc a été nettoyée de ses indésirables

La Cité Jeanne-d'Arc, cet îlot lépreux et insalubre qui, dans le 13e arrondissement, groupe autour de quelques ruelles ses immeubles sordides, entre la rue Jeanne-d'Arc et la rue Nationale, a vécu aujourd'hui un véritable état de siège. (1935)

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L'inauguration de la rue Jeanne-d'Arc (prolongée) dans le XIIIe arrondissement

La municipalité parisienne a inauguré, ce matin dans le 13e arrondissement, le prolongement de la rue Jeanne-d'Arc qui relie ainsi le quartier des Gobelins à celui de la Gare. (1936)

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L'inondation de la Bièvre

La Bièvre, pendant l'orage de mercredi, s'est mise en colère ; terrible colère, dont nous avons déjà signalé hier les principaux effets, et dont je suis allé voir les traces avant qu'elles ne fussent effacées. (1901)

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Arsène Lupin à l’Eden des Gobelins

A l'Éden des Gobelins, l'entr'acte passe en grande vedette, vers 10 h. 20. (1933)

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Les on-dit

Mais je vous jure que je n'ai jamais mis les pieds aux Gobelins, Comme tout vrai Parisien, je connais mal Paris. Je serais aussi dépaysé aux Gobelins que dans l'Arkansas. (1904)

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Élection de la reine de l'Association artistique du treizième arrondissement

Cinq cents personnes environ assistaient, hier soir, à l'Eden des Gobelins, à l'élection de la reine de l'Association Artistique du treizième arrondissement. (1911)

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Une visite à la Manufacture des Gobelins

Nous avons visité les Gobelins à onze heures. C'est le moment le plus propice pour recueillir une impression personnelle. À cette heure matinale, en effet, la foule des touristes n'a pas accès dans la manufacture ; le travail bat son plein dans la cité, et le chantier et l'atelier présentent leur physionomie réelle que n'a pas encore altérée la fatigue d'une demi-journée de labeur. (1900)

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