Dans la presse...

 Le Métro : où en sont les travaux (1909)

Le Métro

Où en sont les Travaux ?

Les lignes exploitées
celles qui le seront bientôt

Le Petit-Parisien — 22 février 1909

À quel point en sont les travaux d'achèvement du Métropolitain, qui bouleversent tant de voies parisiennes, et quand le public pourra-t-il voyager sur les diverses lignes non livrées encore à l'exploitation ? ces deux questions que se posent, assurément, beaucoup de nos lecteurs, voici les réponses :

Actuellement, des huit lignes concédées à la compagnie du Métropolitain, cinq et une demie fonctionnent. Ce sont les lignes n° 1 (Porte de Vincennes-Porte Maillot) n° 2 Nord (Place de l'Etoile-Place de la Nation) n° 2 Sud et n° 5 (Place de l'Etoile-Gare du Nord, par la place d'Italie), n° 3 (Villiers-Place Gambetta) n° 4 (Porte de Clignancourt jusque, provisoirement au Châtelet).

Depuis le premier acte de concession, le conseil municipal a adopté deux prolongements, le 3 bis (de Villiers à la porte Champerret) et le 7 bis (de la station Louis-Blanc à la porte de la Villette). Il a, en outre, concédé diverses lignes à ta compagnie du chemin de fer électrique souterrain Nord-Sud. Suivons les diverses lignes en achèvement par ordre numérique.

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Le prolongement 3 bis, dont on poursuit activement la construction, ira de la station de Villiers à la porte Champerret Il est destiné à prolonger la ligne 3 actuellement en exploitation et permettra d'aller directement de la porte Champerret à la place Gambetta. La station de Villiers, au lieu d'être à la fois station tête de ligne et station de correspondance, ne sera plus là que pour permettre aux voyageurs de correspondre de la ligne 2 Nord avec la ligne 3 et inversement. On pense la mettre en service à la fin de cette année.

Le métro en 1909

Ligne 4 (porte de Clignancourt-porte d'Orléans). On sait qu’une partie de cette ligne et cela sur nos vives instances est exploitée, depuis plusieurs mois, sur la rive droite, de la porte de Clignancourt jusqu'au Châtelet. L'arrêt, en ce point, est motivé par les travaux qu'on exécute pour le passage de la ligne sous les deux bras de la Seine. Et il est difficile, actuellement, de prévoir quand ils seront achevés.

Il en est tout autrement pour la partie de la ligne empruntant la rive gauche du fleuve, où la maçonnerie est complètement terminée, On pourrait la livrer au public dans le courant de cette année.

Les voyageurs iraient alors, jusqu'à nouvel ordre, sur la rive gauche de la Seine de la porte d'Orléans à la place Saint-Michel et, sur la rive droite du Chatelet à la porte de Clignancourt.

La ligne n° 6 (place d'Italie-place de la Nation) qui, dans le projet primitif, devait compléter (de la place de l'Etoile à la place de la Nation) la ligne de ceinture métropolitaine des boulevards extérieurs doublant à quelque distance le chemin de fer de ceinture est devenue maintenant une ligne accessoire.

Par contre, la ligne circulaire n° 2 Sud (place de l'Etoile-place d'Italie) s'est confondue avec la ligne n° 5 (place d'Italie-gare du Nord) et — comme nos lecteurs le savent — on peut actuellement se rendre de la place de l'Etoile (par Passy, Grenelle, Montparnasse, la Bastille) aux gares de l'Est et du Nord, sans changer de voiture.

C'est une excellente modification car, en supprimant le transbordement, primitivement prévu à la place d'Italie pour les voyageurs se dirigeant vers le centre, on facilite leur déplacement, on évite l'encombrement et les bousculades et, comme conséquente, on active singulièrement le trafic. La ligne n° 6, très courte d'ailleurs, sera mise en service, ainsi que nous l'avons annoncé, dans quelques jours.

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Ligne n°7 (place du Danube-Palais-Royal). Telle est sa désignation officielle et provisoire, car ce dernier terminus, primitivement fixé en ce point, a été modifié à diverses reprises.

Des difficultés techniques n'ayant pas permis d'établir la boucle de retour sous la place du Palais-Royal, la Ville voulut la construire sous la place du Carrousel, mais le service des bâtiments civils, qui dépend de l'administration des beaux-arts, s'y opposa. Des négociations qui se poursuivent encore furent alors engagées avec cette même administration, pour le passage de la ligne par la rue des Tuileries et les quais du Louvre, de la Mégisserie, etc. amenant son terminus place de l'Hôtel-de-Ville.

Enfin, il y a quelques jours, la commission municipale du Métropolitain a décidé de prolonger cette ligne, par le boulevard Henri-IV, la place de la Bastille et la rue du Faubourg-Saint-Antoine, jusqu’à la place de la Nation. (Le pointillé sur le plan indique le tracé de la ligne future.)

Quoi qu'il en soit, les travaux d'infrastructure étant à peu près terminés de la place du Danube à l'Opéra, on pourrait livrer cette section à la compagnie concessionnaire dans le courant de cette année et l'exploiter ainsi pour 1910.

Le prolongement 7 bis, de la station Louis-Blanc, sur la ligne n° 7, et en correspondant avec celle-ci (carrefour des rues Lafayette et Saint-Martin) à la porte de la Villette n'a pour but que de desservir un quartier extrêmement populeux et où les moyens de communication sont insuffisants.

L'achèvement de ce prolongement peut être prévu pour la fin de l'année courante.

La ligne n° 8 (Auteuil-Opéra) étant en pleine construction, il est difficile de prévoir maintenant une époque pour sa mise en exploitation.

Pour ce qui est des lignes concédées sa chemin de fer électrique souterrain « Nord-Sud », ces lignes comprennent : 1° ligne principale porte de Versailles-place Jules-Joffrin, avec prolongement jusqu'à la porte de la Chapelle ; 2° ligne secondaire se détachant de la principale à la gare Saint-Lazare et allant, d'une part, à la porte de Saint-Ouen, et, d'autre part, à la porte de Clichy.

L'état des travaux, pour ces lignes, est le suivant la compagnie du « Nord-Sud » compte exploiter en novembre 1909 la partie de la ligne principale comprise entre la porte de Versailles et la station Notre-Dame-de-Lorette (située au carrefour Châteaudun) et la ligne de la gare Saint-Lazare à la porte de Saint-Ouen, tout près des fortifications.

En résumé — et à condition que rien ne vienne entraver la marche des travaux — voici l'ordre et la date d'achèvement des lignes actuellement en construction :

1909. — Février ligne n° 6 ; novembre ligne n°7, jusqu'à l'Opéra ; ligne n°3 bis ; ligne n°7 bis ; ligne n° 4, sur la rive gauche ; lignes « Nord-Sud ».

1910. — Totalité de la ligne n°4.

1913. — Totalité de la ligne n°8.

Ajoutons que la loi déclarant d'utilité publique le chemin de fer métropolitain municipal ayant prévu, pour son exécution, un délai de quinze ans à dater de sa promulgation, qui eut lieu le 30 mars 1898, la Ville de Paris sera dans les délais. Il n'a pas dépendu d'elle qu'elle ne les devançât et de beaucoup.

E.-Michel AURAY


Dans la presse...


Des nouvelle du puits artésien de la Butte-aux-Cailles

Nous avons déjà entretenu nos lecteurs des travaux du puits artésien qu'on est en train de creuser sur la butte aux Cailles dans le XIIIe arrondissement.
Ce puits étant arrivé à la première nappe d’eau, on vient d’y descendre une puissante cuve en fer du poids de 6 000 kilogrammes, destinée à maintenir cette nappe dans sa position souterraine... (1864)

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L'achèvement de la rue Jeanne d’Arc

Le Bulletin Municipal a enregistré l'expropriation, pour cause d'utilité publique, d'un certain nombre de maisons du 13° arrondissement, situées rue Jenner, boulevard de l'Hôpital, rue Esquirol, passage Crouin, place Pinel, cité Doré, avenue Constance, avenue Constant-Philippe et boulevard de la Gare. (1914)

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Une promenade à l’ancienne Butte-aux-Cailles

Ce serait un petit concours à ouvrir : « Quel est le quartier de Paris, qui a le plus changé depuis quinze ans ? » Et il y a gros à parier que le quartier de la Glacière, alias de la Butte-aux-Cailles, se rangerait dans le peloton de tête. (1923)

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L'oasis et le cloaque

Il y a des quartiers de Paris qui n'ont vraiment pas de chance ! Le quartier de la Gare, dans le treizième arrondissement, par exemple... (1934)

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Un métier inconnu

Rue Xaintrailles, derrière l'église Jeanne d'Arc, demeure une pauvre vieille grand'maman qui nourrit sa fille et ses petites-filles de crottes de chiens cueillies à l'aube sur les avenues qui rayonnent de la place d'Italie. (1893)

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Saviez-vous que... ?

L'École Estienne est installée à son emplacement actuel depuis novembre 1889 mais n'a été inaugurée que le 1er juillet 1896 par le président de la République, M. Félix Faure.

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Le 7 décembre 1930, un beau dimanche, à l'angle de l'avenue des Gobelins et de la rue Philippe- de-Champaigne, le manœuvre géorgien Parmény Tchanoukvadzé, trente-six ans, abattait à coups de pistolet automatique M. Noé Ramichvili, quarante-neuf ans, ancien ministre de l'Intérieur du gouvernement menchevik de Géorgie, président à Paris du parti Tebanoukvadze social démocrate géorgien, blessant M. Menagarichvili, secrétaire du précédent, qui se portait au secours de son chef.

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En 1930, la piscine de la Butte-aux-Cailles, l'une des rares piscines municipales de l'époque, exigeait de tout baigneur la production ou l'achat d'un morceau de savon.

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Les coordonnées géographiques de la mairie du 13e sont :
48° 49' 57.14" N
2° 21' 19.90" E

L'image du jour

Percement de l'avenue des Gobelins (1868)

La vue est prise de la place d'Italie dont on abaisse le niveau de près de deux mètres pour la pente de la nouvelle avenue soit moins forte. La construction métallique à droite, c'est le marché couvert des Gobelins. Il fonctionnera jusqu'à la fin du siècle avant d'être remplacé par le marché Blanqui. Avec l'ouverture de la rue Primatice, le marché couvert sera coupé en deux. La partie côté Gobelins sera démolie ; la partie côté boulevard de l'Hôpital subsistera jusqu'aux années 1970.  ♦