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Le boulevard Arago

Le boulevard Arago

Le percement du boulevard Arago, vue pris de l'ancienne barrière d'Enfer - gravure de 1868

Le boulevard Arago commence à la place d'Enfer et descend jusqu'à la Bièvre. L'exécution de cette voie a nécessité des terrassements d'une telle importance qu'il a fallu établir une ligne de chemin de fer. Un édifice remarquable s'élève déjà sur ce boulevard, dont l'entrée monumentale s'ouvre à l'angle de la rue Saint-Jacques et cet édifice est destiné à une école de Commerce. Puis, près de là, se trouve un monument du plus sombre aspect — nous voulons parler de la nouvelle prison des Madelonettes, construite sur le modèle de la prison cellulaire de Mazas. Du reste, et de tous les côtés, ou aperçoit des bâtiments en instruction : — Ici des fondations, là de grosses pierres de taille qui sortent de terre;- plus loin, «un peu partout », des maisons aux trois quarts terminées. Deux mots encore à propos des travaux qui ont été exécutés.

On a été forcé de baisser de 2 mètres 50 cent. la chaussée de la partie élevée du faubourg, Saint-Jacques, pout pouvoir en raccorder le sol avec les boulevards Port-Royal et Arago.

Une trouée colossale est faite à travers ces vieux quartiers que nous avons tous connus et peut-être aimés...

Notre vue est prise de l'amorce du nouveau boulevard sur celui de la rue d'Enfer.                  A. H.

Le Monde Illustré —29 février 1868

A lire également :

Le percement du boulevard Arago
dans le faubourg Saint-Marcel

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Faits divers

Le Drame de la rue Auguste-Lançon

Une tentative d'assassinat avec préméditation a été commise hier soir, rue Auguste-Lançon, dans le quartier de la Maison Blanche. Un nommé Albert Villey, âgé de vingt-cinq ans, a lardé de coups de couteau un cordonnier, M. Charles Sander, âgé de trente-cinq ans.
C'est la vengeance qui a provoqué ce drame, dont voici les détails...

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Dans la presse

Fabrique de squelettes

Comme si ce n'était pas assez, pour rendre le treizième arrondissement insalubre, des marécages de la Bièvre et des fabriques de la plaine d'Ivry, on y a laissé s’installer toutes sortes d'industries infectantes. (1885)

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Saviez-vous que ...

C'est en 1868 que la voie latérale au chemin de fer de ceinture entre le chemoin de fer d'Orléans et la rue de Patay reçut le nom de rue Regnault afin d'honorer le baron Jean-Baptiste Regnault, peintre (1753-1829).

Dans la presse...

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Fabrique de squelettes

Comme si ce n'était pas assez, pour rendre le treizième arrondissement insalubre, des marécages de la Bièvre et des fabriques de la plaine d'Ivry, on y a laissé s’installer toutes sortes d'industries infectantes. (1885)

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La catastrophe du boulevard de la Gare

Au sortir du pont de Bercy, sur la rive gauche de la Seine, s'ouvre le boulevard de la Gare qui va de ce pont à l'ancienne barrière d'Italie, au bout de la rue Mouffetard. (1867)

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L’empoisonnement de Paris

La Bièvre est l'une des causes les plus actives de l'empoisonnement parisien. Ce ruisseau, chanté par les poètes, sur les bords duquel Rabelais aimait à se promener et qui a inspiré des idylles à Benserade, n'est en réalité qu'un égout à ciel ouvert. (1884)

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Le boulevard Saint-Marcel

Avant de commencer mon article sur le treizième arrondissement, je crois utile de parler spécialement de sa ligne frontière, du boulevard Saint-Marcel, qui en constitue la limite septentrionale.
Cette grande voie, qui a coupé le marché aux chevaux, écorné l'ancien cimetière de Clamart et absorbé la petite place de la Collégiale, a été enfin tracé onze ans après avoir été décrété d'utilité publique (17 août 1857). Mais a-t-elle été exécutée de manière à donner satisfaction aux intérêts des quartiers qu'elle traverse, aux intérêts des propriétaires et des habitants qui se trouvent dans son voisinage ? (1868)

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L'état des projets pour le XIIIe arrondissement

Les travaux commencés l'année dernière pour le raccordement des boulevards d'Italie et des Gobelins sont sur le point d'être terminés. On achève le macadam et les trottoirs de la dernière fraction du parcours. (1864)

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Éclairez S.V.P.

Depuis longtemps les habitants des quartiers Croulebarbe et de la Maison-Blanche réclamaient l’achèvement de la rue Auguste Lançon, pour pouvoir se rendre sans un long détour à la gare du Parc-Montsouris. Enfin, c’est fait ! (1900)

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99, boulevard Masséna où les zoniers apprennent la vie bourgeoise

Ce sont, à deux pas de la porte de Choisy, trois étages de pierres que le plan de Paris et les gens du quartier appellent le bastion 89. (1942)

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Le Métro passe la Seine : Place d’Italie - Nation

La rive gauche réclamait son Métro : on va le lui accorder. Ainsi disparaîtra bientôt toute cause de jalousie entre les deux rives de la Seine. Il était grand temps qu'un peu d'équité intervint dans la répartition des lignes ! (1903)

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Voyage dans le dernier tramway de Paris

Dans quelques jours, le 123-124, dernier spécimen des multiples tramways qui, il y a peu de temps encore, occupaient les rues de Paris, va disparaître. Il fera son dernier voyage, le 15 mars et sera remplacé, le lendemain, par un autobus. (1937)

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Faits divers

 Mort en Chantant - 1895

AU THEATRE DES GOBELINS

Mort en Chantant

Le Petit-Parisien — 15 janvier 1895

Un singulier cas de mort subite s'est produit hier soir, à dix heures, au théâtre des Gobelins. On donnait le Grand Mogol. et pendant un entracte M. Léon Choumy, ouvrier tanneur, âgé de trente ans, demeurant rue de Gentilly, proposa à un de ses amis, M. L… de sortir pour prendre un bock.

En traversant le vestibule, le tanneur, véritable dilettante, faisait la critique de l'interprétation de l'ouvrage, trouvant ceci bien, cela médiocre, etc.

— Tiens ! s'écria-t-il tout à coup en saisissant son compagnon par un bouton de son habit, voilà comment il faut pousser telle note. Au même moment, il entonnait le passage visé mais à peine avait-il émis le premier son qu'il s'affaissait sur le parquet.

M. Perruche, commissaire de police de service, envoya chercher le docteur Ollier, qui constata que M. Choumy venait de succomber à la rupture d'un anévrisme.

On a transporté néanmoins à l’hôpital Cochin le malheureux qui avait cessé de vivre.


RECONSTITUANT ÉNERGIQUE

Le Vin de Peptone de Chapoteaut contient la viande de bœuf digérée par la pepsine; il est beaucoup plus actif que les jus et extraits de viande; avec lui on nourrit les anémiques, les convalescents, les phtisiques, les malades privés d'appétit, dégoûtés des aliments ou ne pouvant les supporter et ceux épuisés par le travail, la fatigue ou les veillées. La Peptone Chapoteaut est, à cause de sa pureté, la seule employée à l'Institut Pasteur.

Dépôt : Pharmacie VIAL, 1, rue Bourdaloue.


 Un Mari gênant - 1892

Le drame de la rue Dunois

Un Mari gênant

Le Petit-Parisien — 14 avril 1892

M. Bolot, commissaire de police du quartier de la Gare, vient d'ouvrir une enquête au sujet d'une tentative d'assassinat dont M. Duchefdelaville, maraîcher, habitant 30, rue Dunois, aurait été victime.

Ce dernier a fait la déclaration suivante :

« J'étais couché, la nuit dernière, quand je sentis qu'on me passait une corde autour du cou et qu'on cherchait à m'étrangler.

L'obscurité qui régnait dans la chambre ne me permit pas de distinguer le visage de mon a agresseur; mais, je reconnus le pas de mon employé, le nommé Émile Prechasson

Au bout d'un instant, il me crut mort sans doute et partit.

J'eus alors la force de me traîner jusqu'à la, fenêtre dont je brisai les carreaux, et je criai « Au secours ! à l'assassin ! »

Mais, quel ne fut pas mon étonnement en reconnaissant, près de la maison, ma propre voiture gardée par ma femme que Prochasson ne tarda pas à rejoindre. »

Mme Duchafdelaville et Prochasson allaient aux Halles vendre les récoltes des maraîchers. À leur retour, ils ont été mis en état d'arrestation.

Dans le quartier de la Gare, on croit généralement que Mme Duchefdelaville et Prochasson ont des relations intimes et qu'ils ont voulu se débarrasser du mari gênant,

L'enquête se poursuit.


Les toutes dernières nouvelles avec Le Radical


A l’Éden-Théâtre, Roknedin sera prochainement encadré de deux numéros, qui vont, non seulement le corser mais encore permettre M. Bouyer, chargé du rôle de Roknedin, qui ne parait qu'à partir du acte du ballet, de jouer simultanément celui du capitaine Grant, au Chatelet.

On sait, en effet, que dans drame tiré du roman de M. Jules Verne, ce personnage ne parait qu'au premier acte et au dernier.


 Le drame de la rue Jeanne-d'Arc- 1899

Un bal tragique dans la quartier de la Gare

Le drame de la rue Jeanne-d'Arc

Le Radical — 9 mai 1899

On célébrait un mariage, avant-hier, dans le quartier de la Salpêtrière et, vers dix heures, toute la noce se rendait dans une maison inhabitée de la rue Jeanne-d'Arc, dans laquelle on organisait un bal. À une heure du matin, un des invités, M. Gervais, âgé de soixante-huit ans, ancien militaire retraité, demeurant à Rouen, s'inquiétait de l'absence de sa femme, âgée de trente-deux ans, et se mettait à sa recherche. Il la trouvait bientôt en tête-à-tête, dans une chambre du premier étage, avec un garçon coiffeur, M. Léon Mantire, âgé de vingt-sept ans, demeurant rue Etienne-Marcel.

M. Gervais qui, pour marcher, se sert d'une canne ferrée, se rua sur le couple et asséna un formidable coup de canne sur la tête du jeune homme qui s'affaissa ensanglanté.

Aux cris de la jeune femme, tout le monde accourut et on put, non sans peine, calmer le vieillard qui voulait détruire son épouse.

Pendant ce temps, le blessé était transporté à l'hôpital de la Pitié. Son état est grave.

M. Gervais a été mis à la disposition de M. Yendt, commissaire de police. Sa femme s'est retirée chez une de ses sœurs habitant Paris.


LES CAFÉS CARVALHO

Bien qu'il nous vienne de l'Orient, le café est la boisson la plus appropriée au caractère français : le dix-huitième siècle lui a dû son merveilleux esprit. Mais il est bon de savoir choisir une marque, les Cafés Carvalho nous tireront de toute indécision: pureté et arome, ils ont tout. On les trouve en boîtes cachetées, 85, rue Turbigo, et chez les bons épiciers.

Le XIIIe dans les romans...

une-litterature

Perdues dans Paris

par Jules Mary
1908

La rue des Peupliers

Un des coins de Paris, misérable et sinistre. La longée des fortifications plantées d'arbres en double ou triple rangée, le côtoie pourtant de verdures plaisantes durant la belle saison, mais, en réalité, sépare pour ainsi dire cette région parisienne du reste du monde. Du haut de la rue des Peupliers...

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Les esclaves de Paris

par Émile Gaboriau
1868

Le quartier Croulebarbe

C'est là un quartier étrange, inconnu, à peine soupçonné de la part des Parisiens...
Où Emile Gaboriau fait découvrir le quartier Croulebarbe à ses lecteurs.

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Un gosse

par Auguste Brepson
1928

La Cité Jeanne-d'Arc

La cité Jeanne-d'Arc est ce vaste ensemble de bâtiments noirs, sordides et lugubres percés comme une caserne de mille fenêtres et dont les hautes façades s’allongent rue Jeanne-d'Arc, devant la raffinerie Say.

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La vague rouge

par J. H. Rosny Ainé
1910

La Butte-aux-Cailles

L'homme suivit d'abord la rue de Tolbiac, puis s'engagea par ces voies ténébreuses, bordées de planches, de lattes et de pieux, qui montent vers la Butte-aux-Cailles. Les oiseaux des réverbères dansaient dans leurs cages de verre. On apercevait des terrains fauves, des chaînes de bosselures, des rampes de lueurs, des phares dans un trou du ciel, et, du côté de la Butte, un nuage de feu pâle évaporé sur Paris...

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Les Loups de Paris

par Jules Lermina
1877

La Butte aux-Cailles

Il est sur la rive gauche de la Seine, au-delà de la rue Mouffetard et de la Montagne-Sainte-Geneviève, un lieu étrange, sauvage...

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La petite Miette

par Eugène Bonhoure
1889

En remontant le boulevard de l'Hôpital

Ce jour-là, 3 octobre 1886, le train express de Bordeaux — deuxièmes et troisièmes classes — avait eu plus d'une heure de retard et le service de l'arrivée s'en ressentait...

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La criminelle

par Jules Lermina
1881

La rue des Cinq-diamants

Un plus érudit découvrira l'origine de ce nom singulier, la rue des Cinq-Diamants.
L'étude consciencieuse qui a été faite pour le vieux Paris tentera quelque explorateur des anciennes banlieues annexées : et quel champ plus vaste sera offert à sa curiosité que l'étrange et hideux quartier de la Butte-aux-Cailles ?

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Les apaches de la Butte-aux-Cailles

par Lucien Victor-Meunier
1907

La Butte-aux-Cailles

Très peu de Parisiens, assurément, connaissent la « Butte-aux-Cailles ». C'est très loin, très loin, passé la place d'Italie, au diable dans ces régions où l'on ne va pas...

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La petite Miette

par Eugène Bonhoure
1889

La ruelle des Reculettes

— Où demeure le pharmacien? demanda Furet.
— Au coin de la rue Corvisart et de la rue Croulebarbe.
— Est-ce qu'il y a deux chemins pour y aller ?

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Le faiseur de momies

par Georges Spitzmuller et Armand Le Gay
1912

De la place d'Italie à la Bièvre via l'avenue de la soeur Rosalie et la ruelle des Reculettes

Dans ce roman paru en feuilleton dans Le Matin, Georges Spitzmuller et Armand Le Gay emmènent leur lecteur sur la piste de M. Ducroc, chef de la sûreté, pour qui le XIIIe arrondissement n'avait pas de secret.

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Découvrir le 13e arrondissement...

La villa des Chiffonniers

La villa des Chiffonniers (Cité Doré)

Là-bas, bien loin, au fond d’un faubourg impossible, plus loin que le Japon, plus inconnu que l’intérieur de l’Afrique, dans un quartier où personne n’a jamais passé, il existe quelque chose d’incroyable, d’incomparable, de curieux, d’affreux, de charmant, de désolant, d’admirable.

La Bièvre
par J.K. Huysmans

La Bièvre représente aujourd'hui le plus parfait symbole de la misère féminine exploitée par une grande ville.

Née dans l'étang de Saint-Quentin, près de Trappes, elle court, fluette, dans la vallée qui porte son nom, et, mythologiquement, on se la figure, incarnée en une fillette à peine pubère, en une naïade toute petite, jouant encore à la poupée, sous les saules.

 

 

Le verger des Gobelins

On sait que les tapissiers des Gobelins sont des techniciens hors pair, et non pas seulement des virtuoses, mais des artistes. Ce que l'on sait moins, c'est qu'ils ont tous leur violon d'Ingres. Ils invoquent, le dimanche venu, Pomone aux joues vermeilles, déesse des vergers, et s'escriment merveilleusement, qui de la bêche, qui du sécateur, du boyau ou de l'arrosoir.

 

La Bièvre et ses bords

Il est un coin de Paris d'étrange aspect, un paysage pittoresque et bizarre qui a déjà bien perdu de son caractère et qui, dans quelques semaines, ne sera plus qu'un souvenir; c'est cette vallée, au trois quarts comblée à aujourd'hui, que forme, à son entrée à la Maison-Blanche, la Bièvre, encaissée entre la Butte-aux-Cailles et le plateau de Montsouris.

La folie Neufbourg

Le Clos-Payen, situé rue du Champ-de l'Alouette, rebaptisée au dix-neuvième siècle du nom moins champêtre de Corvisart, était un vaste ensemble de terrains arrosés par la Bièvre et qui échut, en 1762, à Mme Le Prestre de Neubourg, femme du receveur-général des finances de Caen. 

L'hôpital de la Pitié

Depuis plus d'un an, nous l'avons dit déjà ; on travaille à Paris à la construction des bâtiments du nouvel hôpital de la Pitié.

 Un journaliste yougoslave assassiné à la Butte-aux-Cailles

UN DRAME MYSTÉRIEUX


Un journaliste yougoslave assassiné à la Butte-aux-Cailles

Accrochée au boulevard Blanqui, la rue des Cinq-Diamants escalade la Butte-aux-Cailles. Rue morne et sans fantaisie, elle aligne, le long de maigres trottoirs, une vulgarité perspective de maisons lisses, crises, mornes, trouée, çà et là, par les contrevents vert pomme d'un bar ou par la façade blanchie à la chaux d'un meublé pauvre.

C'est dans l'un de ces hôtels, celui qui étale, au numéro 21, l'enseigne du « Papillon d'Or », que le 1er février dernier, un Yougoslave, Joseph Werner, étudiant, à l'école de journalisme de son pays, élisait domicile. Sa venue ne manqua point de surprendre la patronne, habituée à héberger en majeure partie des couples ouvriers. Jean Werner, un garçon de 25 ans, au visage intelligent, barre d'une petite moustache noire, et porteur de grosses lunettes d'écaille, avait l'air d'un gentleman.

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à découvrir

Faits divers

L'oie à lunettes

Le chant des coqs et le gloussement des poules, parqués dans un terrain vague de la rue Brillat-Savarin, avaient attiré l'attention du chiffonnier Jean Pitallier, âgé de cinquante-sept ans, et de la chiffonnière Emma Truffier, un peu plus jeune.

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Dans la presse

La catastrophe du boulevard de la Gare

Au sortir du pont de Bercy, sur la rive gauche de la Seine, s'ouvre le boulevard de la Gare qui va de ce pont à l'ancienne barrière d'Italie, au bout de la rue Mouffetard. (1867)

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 Une maison qui change de place -1897

Quartier de la Gare


Une maison qui change de place

Le Monde Illustré — 21 aout 1897

Jusqu'à ce jour, du moins si l'on s'en rapporte à la pieuse légende, les anges du ciel s'étaient réservé l'entreprise extraordinaire du transport des édifices par les airs; entreprise que, du reste, ils n'avaient point renouvelée depuis la nuit fameuse où ils apportèrent de Nazareth en Italie, la maison que l'on vénère encore au célèbre sanctuaire de Lorette.

A la grande stupéfaction des badauds parisiens, le miracle s'est renouvelé dans la matinée du 13 août, et il a eu pour théâtre le treizième arrondissement.

Un immeuble entier y a été changé de place sans que la pioche des démolisseurs soit intervenue, et on a déplacé d'une quinzaine de mètres l'école communale de la rue de Patay, qui comprend un rez-de-chaussée et un premier étage.

Il est vrai d'ajouter, selon la remarque du Temps, que la difficulté se simplifiait par ce fait que l'immeuble est entièrement construit en planches et qu'il avait suffi d'établir un plancher assez solide pour supporter l'école, qu'à l'aide de rouleaux en bois placés sous ce plancher, on a fait glisser jusqu'à son nouvel emplacement.

 La catastrophe de la rue de Tolbiac


Dernières nouvelles


La catastrophe de la rue de Tolbiac

Le Temps — 22 octobre 1915

La préfecture de police n'a pas encore pu fournir exactement la liste des victimes mortes dans la catastrophe de la rue de Tolbiac.

Dans la matinée, MM. Laurent, préfet de police, Lescouvé, procureur de la République; Boucard, juge d'instruction ; les docteurs Socquet et Dervieux, médecins légistes, et M. Mouton, directeur de la police judiciaire, se sont rendus à la Morgue. Il y là 43 cadavres. Les deux blessés qui ont succombé à l'hôpital portent 45 le chiffre des morts. On recherche, en outre, le .cadavre du contremaître de l'usine Belland, que M. Delavenne, conseiller municipal, est venu réclamer. Le trouvera-t-on parmi les décombres de l'usine ou bien les restes de l'infortuné doivent-ils être compris parmi les débris humains qui ont été recueillis et non identifiés? On ne, peut se prononcer encore en ce qui le concerne.

D'autre part, on compte 57 personnes blessées grièvement.

C'est donc jusqu'ici 102 victimes que la catastrophe aurait faites, indépendamment de celles dont les blessures légères n'inspirent aucune inquiétude.

A la Morgue, les magistrats ont essayé d'identifier les cadavres, pendant que les médecins légistes se livraient à des constatations médicales et rédigeaient, leur rapport sur les blessures.

Cette identification .est rendue d'autant plus difficile que la plupart des corps sont horriblement carbonisées, et rendus, dès lors méconnaissables, et que beaucoup ont été retrouvés presque nus, leurs vêtements ayant brûlé et s'étant réduits en poussière au moment de la relève. Dans une salle spéciale où les corps ont été déposés et où trente-quatre cercueils seulement contiennent des corps entiers d'autres ne contiennent que des débris, les familles ont été admises à défiler ce matin. Six corps ont pu être reconnus déjà.

Avant de quitter la Morgue, M. Laurent préfet de police, a remis à M. Gayral, commissaire de police du quartier de l'Arsenal, une somme de 1,500 francs, pour être distribuée aux familles des victimes, sans préjudice des sommes qui seront ultérieurement votées par le Conseil municipal et qui seront réparties par les soins de l'Assistance publique. MM. Delanglade, commissaire de police du quartier de la Maison-Blanche, et Postaire, son collègue du quartier Notre-Dame, ont été chargés également de distribuer des secours.

Dans le cours de l'après-midi, M. Reymond Poincaré, président de la République, est allé à l'hôpital de la Pitié, où il a rendu visite aux blesses de la rue de Tolbiac.

Le Petit-Parisien 21 octobre 1915

Les cadavres identifiés jusqu'à présent sont ceux de M. Louis Mipot, soldat au 21° colonial, reconnu par son père: Mme Gilles, née Joséphine Duclos, passage Tolbiac, 20, reconnue par son beau-frère et sa sœur; Mme Roy, rue d'Alembert, reconnue par une voisine Mme Lalande, rue de Clisson, 12, reconnue par des voisins et enfin une fillette de treize ans, Blanche Guérin, rue du Banquier, 40.

Le premier article paru dans l'édition du même jour
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