Dans la presse...

 paris-treizieme.fr — Audition de Serizier 2/2

Le massacre des Dominicains d'Arcueil — Le procès

Interrogatoire.

M. le président : Il résulte de l'instruction que vous êtes accusé de complicité d'assassinat sur les personnes des Pères dominicains, de port d'armes ayant un uniforme, et d'avoir fait usage de ces armes ? R. Messieurs pour rétorquer les charges de l'accusation je suis oblige de remonter au delà des faits du procès. En 1870, pour avoir prononcé un discours qui prédisait la chute du gouvernement, je fus condamné et je dus passer en Belgique. Après le 4 septembre je revins, et l'on me nomma capitaine au 101e bataillon, et, malgré mon âge, je demandai à partir dans les compagnies de marche. Pour, l'affaire de l'Hôtel-de-Ville, voici ce que j'ai fait…

D. Nous ne vous jugeons pas pour cela ; expliquez-vous seulement sur l'assassinat des dominicains Qu'avez-vous fait ce jour-là ? R. J'étais allé avant demander au général Wrobleski ce que j'avais à faire. Il me donna l'ordre d'arrêter les dominicains d'Arcueil j'hésitai à obéir. J'en référai à Léo Meillet qui s'occupa do la chose. Le 25 mai, je revenais de la barrière d'Italie ; je vis les cadavres ; j'ignorais à la suite de quels événements avait eu lieu cette exécution. M'étant informé auprès du geôlier Beaudoin il me dit qu'il avait entendu quelques coups de feu séparés, que c'était probablement à ce moment qu'on avait dû tirer sur les dominicains. Après avoir fait mettre de côté l'argent pris sur eux, je revins trouver mes hommes. La position n'étant plus tenable ; je leur proposai de se rendre à l'infanterie de marine qui nous cernait, et, pour moi, je pris la fuite. J'affirme que je n'ai en rien participé au massacre des Itères et des autres, victimes, et je répète que ne les ai vus qu'après leur mort.

D. D'après vous, vous n'aviez pas le commandement militaire ? c'était Léo Meillet. Vous entendrez cependant les témoins qui sont très affirmatifs à votre égard. R. J'ai obéi à Léo Meillet.

D. Oui, mais vous avez contribué à l'arrestation, et le témoin Bertrand dira que c'est bien vous qui avez conduit les voitures à Bicêtre après leur arrestation. R. Je n'ai vu ni arrêter ni même interroger personne.

D. Cela est au moins étonnant. Vous n'étiez pas non plus présent quand on dévalisait les Pères ? — Non, Monsieur.

D. Un de vos coaccusés, Géronce, dit que vous êtes entré le premier à l'école d'Arcueil. Reconnaissez ce fait ? R. C'est possible, mais je n'ai rien vu.

D. N'y étiez-vous pas aussi quand ils ont dû quitter d'abord l'école, puis le fort de Bicêtre ? R. Je n'ai assisté à aucune de leurs sorties soit de l'école, soit du fort.

D. Quand on a voulu les forcer à aller à.la barricade, le 25 mai, Grandcolas vous a parfaitement reconnu sur le lieu du crime ? R. Grandcolas qui doit me connaître très bien, verra, quand il viendra ici, qu'il s'est trompé. À ce moment d’ailleurs je défendais la barricade de la Butte-aux-Cailles.

D. On autre témoin dit que vous êtes entré dans la prison le sabre nu. — R. Pourquoi aurais-je eu le sabre nu alors que les troupes de Versailles nous entouraient ? Dans quel but aurais-je tait cette démonstration hostile ?

D. On ajoute que vous avez interrogé plusieurs détenus, et que vous en fîtes relâcher quelques-uns retenant les autres sous les verrous. R. Non, Monsieur, je n'ai interrogé personne.

D. Avez-vous été le 23 mai à la prison de la Santé ? R. Oui, j'étais avec Millière. Je demandai au greffier combien il avait de détenus, puis le directeur Caullet étant venu, je m'informai s’il avait des ordres relativement aux otages ; il me répondit que non, et je partis, toujours accompagné de Millière et de deux gardes armés de chassepots, qui nous escortaient.

D. On vous accuse formellement d'avoir porté au directeur l'ordre de fusiller les otages. — R. Je le nie absolument ; je n'ai remis aucun ordre. D'ailleurs, pour moi, il y a dans tout cela un non-sens. Je ne suis pas assez imprudent pour avoir donné l'ordre de fusiller à sept heures du soir, dans une prison, au moment où les troupes entraient. Si j'avais voulu faire mourir les otages, je n'aurais eu qu'à prendre un détachement et à commander le feu moi-même ; tout eût été bientôt fini.

D. Athon, brigadier de la prison, prétend que vous avez dit : « Vous fusillerez les otages quand vous verrez les troupes de Versailles. » Cela est clair. — R. Je ne puis avoir dit cela.

D. Et vous ne vous êtes pas non plus emporté un moment contre le directeur Caullet, auquel vous auriez dit : « Oh ! nous sommes trahis, mais tu me le paieras » — R. Je n'ai rien dit de pareil.

M. le commissaire du gouvernement : Qu'avez-vous fait pendant le temps qui s’est écoulé entre le départ des dominicains du fort et leur arrivée à la prison ? — R. J'ai passé la revue de mes hommes.

M. le commissaire du gouvernement : C'est un singulier moment que vous choisissiez pour passer une revue. Et vous êtes resté une heure à cette opération ? — R. Oui, Monsieur.

M. le commissaire du gouvernement : Qui a nommé Boin directeur de la prison ? — R. C'est moi, et voici dans quelles circonstances : Étant allé à la Santé, les détenus se plaignirent à moi de ce que le directeur Bourgoin leur vendait le vin trop cher. Ayant reconnu que ces plaintes étaient fondées, ne voulant pas qu'on exploitât les pauvres prisonniers (sourires dans l'auditoire), je remplaçai Bourgoin par Boin.

M. le commissaire du gouvernement : C'est le seul souci du bien-être des prisonniers qui vous fait opérer cette mutation du 24 mai ? — R. Oui, uniquement.

M. le commissaire du gouvernement : Vous vous arrogiez donc le droit de faire des nominations ? Implicitement, aux yeux de l'accusation, vous aviez donc pleine autorité ? — R. Mon Dieu ! j'ai fait tout cela pour le mieux, et sans en avoir le droit.

M. le commissaire du gouvernement : Oh ! le droit, n'en parlons pas ; vous ne vous en occupiez guère, puisque vous avez pris sur vous de faire ce que vous avez fait, que vous le reconnaissez, il n'y a plus rien à dire. Quel costume portiez-vous le 25 mai ? — R. J'avais un képi de colonel noir-bleu, un sabre d'officier, une capote de, soldat, et aux pieds des chaussons en lisière.

M. le commissaire du gouvernement : Et votre barbe, comment était-elle ? — R. Comme maintenant. (Serizier porte l'impériale.)

M. le commissaire du gouvernement : Vous avez prétendu que si vous aviez voulu faire fusiller les otages, vous n'auriez eu qu'à prendre des hommes et à procéder vous-même à l'opération. Je n'en crois rien. Tout colonel de légion que vous étiez, avec le peu d'hommes qui vous restaient, je ne suppose pas que vous eussiez pu faire ce que vous nous dites maintenant car forfanterie avoir eu le pouvoir de faire. La vérité est qu'en présence de la résistance de Caullet, vous avez reconnu votre impuissance et, désirant arriver à votre but, le massacre des prisonniers vous avez opère comme nous savons. Vous aviez bien en outre d'autres soucis.

Suite

 



Le 13e avant et durant la Commune
(18 mars - 28 mai 1871)

Saviez-vous que ...

Selon Le Petit Parisien du 24 juin 1923, qui rappelait qu'entre le pont National et le pont de Bercy, deux voies seulement sont ouvertes : la rue Watt et la rue de Tolbiac; il était question de réaliser un projet qui supprimerait la rue Watt. La mesure a soulevé dans le quartier une assez vive émotion : un comité de défense s'est constitué dont le président a fait une démarche auprès du préfet de la Seine.

L'image du jour

La caserne Lourcine, boulevard de Port-Royal

Vu dans la presse...

1901

Une Descente imprévue

Le ballon « Le Rêve » partait dans l'après-midi d'hier de l'usine à gaz de la Plaine-Saint-Denis, pour exécuter une ascension libre. Pris dans un courant circulaire, l'aérostat, plana longtemps sur Paris, sans pouvoir s'élever. Vers huit heures du soir il se trouvait à une faible hauteur au-dessus du quartier de la Maison-Blanche, dans le treizième arrondissement... (1901)

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1932

La ligne métropolitaine n° 10 doit être prolongée jusqu'à Austerlitz

En parlant, l'autre jour, du projet de prolongement de la ligne métropolitaine n° 10, actuellement arrêtée à la station Jussieu, vers la gare d'Orléans, terminus envisagé, nous notions que les organisations consultées n'avaient opposé aucune objection à l'administration préfectorale.
Le Syndicat de défense des intérêts généraux du quartier de la Gare, cependant, nous prie de déclarer qu'il a protesté contre le parcours projeté dès qu'il en a eu connaissance. Le quartier de la Gare est le seul qui n'ait point le métro. (1932)

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1859

De la difficulté d’être le treizième arrondissement

Décidément, la ville de Paris n'aura pas de treizième arrondissement.
Hélas ! ce treizième arrondissement, il est partout, et on n'en veut nulle part. (1859)

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1872

L’impresario des mendiants

Dans le quartier de la Butte-aux-Cailles s'est installé un impresario qui cultive une spécialité plus que bizarre. Il a centralisé là toutes les monstruosités capables d'attendrir le passant. (1872)

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1928

Les derniers mohicans de Paris : Avec les Algériens du boulevard de la Gare

Sous la ligne aérienne du métro dont la longue perspective s'étend à l'infini, le boulevard de la Gare monte doucement vers la place d'Italie. À droite et à gauche, des maisons basses s'alignent, coupées par de petites rues pavées, à l'angle desquelles sont nichés de ridicules et ternes jardinets. Çà et là un immeuble neuf qui usurpe des allures de building, un magasin dont l'étalage déborde le trottoir, des bars, des hôtels, des restaurants, puis encore, sur la gauche, le cube uniforme et sans fantaisie de la raffinerie Say. (1928)

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1930

La mystérieuse petite ceinture : De Vincennes aux Batignolles en faisant le grand tour

Entre Belleville et la Seine, c'est la zone des sifflets désespérés. Si les « Circulaires » qui vont leur petit bonhomme de route ne s’inquiètent guère du parcours à horaires fixes, les autres trains, messageries, rapides et autres, ont sans cesse besoin de demander leur route aux distributeurs de voie libre.
Cris brefs qui courent tout au long de cette frontière illusoire de Paris, cris impatients de ceux qui ne peuvent attendre ou qui s’étonnent des disques et des feux rouges. (1930)

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1906

Le métro sur la rive gauche

La nouvelle-section du Métropolitain, allant de Passy à la place d'Italie (ligne Circulaire-Sud), dont nous avons donné, il y a quelques jours, une description détaillée, a été ouverte, hier après-midi, au service public. Pendant toute la durée de l'après-midi, les voyageurs et les curieux se sont, pressés dans les diverses gares du parcours... (1906)

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1885

Les travaux du 13e arrondissement

Le 13e arrondissement a déjà été l’objet de travaux importants qui ont commencé à assainir le quartier de la Butte aux Cailles. Pour compléter, il faut faire disparaître l'ancien marais de la Glacière, couvrir la Bièvre et ouvrir une communication entre la place d’Italie et la nouvelle gare de marchandises de Gentilly sur le chemin de fer de Ceinture, (1885)

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1913

Un planton qui se promène cinq heures inutilement

En 1913, un groupe de gardiens de la paix du commissariat de la rue Rubens protestait, par voie de presse contre l'organisation de leur service. (1913)

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1898

Le Puits de la Butte-aux-Cailles

Quelle humiliation pour cette pauvre Bièvre ! Une rivière aux eaux pures et claires vient de jaillir des profondeurs de l'écorce terrestre, dans le quartier même par lequel l'antique cours d'eau qui jadis arrêta les légions de Labiénus et qui n'est plus qu'un noir égout, pénètre dans Paris. (1898)

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1903

La ligne Trocadéro-gare d'Orléans

Les Parisiens ayant trouvé que le mot Métropolitain était beaucoup trop long pour désigner un moyen de locomotion des plus rapides, ils ont depuis longtemps supprimé trois syllabes.
Ce n'est pas là seulement une abréviation populaire ; elle est entrée dans le langage courant ; son usage est devenu général.
Donc, on ne dit plus que : le Métro ; et on s'intéresse très vivement à tout ce qui concerne le Métro... (1903)

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1906

Victor Hugo à Gentilly en 1822

Le chemin de fer de Ceinture, presque constamment en tranchée ou souterrains sur la rive gauche de la Seine, offre cependant une agréable éclaircie. C'est lorsqu'il franchit la vallée de la Bièvre. À gauche, du côté de Paris, s'aperçoivent au loin les principaux monuments de la région Sud : l'Observatoire, le Val-de-Grâce, le Panthéon, et plus près, le pittoresque fouillis de la Butte-aux-Cailles et sa jeune église Sainte-Anne ; de l'autre côté, sur la hauteur, la sombre architecture du château de Bicêtre dominant la vallée que l'on devine derrière les fortifications, au niveau desquelles apparaît seulement le coq d'un clocher, qui est le clocher de Gentilly. (1906)

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