Dans la presse...

 paris-treizieme.fr —

Pour alimenter Paris, on va amener 100.000 mètres cubes d’eau de Seine filtrée

Les travaux à la Poterne des Peupliers

Paris-Soir — 9 avril 1926

Dans une sorte de cirque muré par les fortifications, à la hauteur de la Poterne des Peupliers, où l'on pouvait encore voir, il y a quelques années, la Bièvre entrer librement dans Paris, il y a un immense chantier. Il s'étend à perte de vue le long du boulevard Kellermann, pour atteindre le parc de Montsouris, par le boulevard Jourdan.

Le Petit-Journal — 13 mars 1926

Ce ne sont que tranchées, machines élévatoires, déblais et tout au long d'immenses quantités de fractions de conduites indubitablement destinées au service des eaux. Pendant plusieurs kilomètres, sont échoués dans l'herbe des talus, des cylindres ouverts aux deux bous ; ils ont une longueur uniforme de 4 mètres environ, et un diamètre de 1 m. 25. Si leur mise dans le sol dure un certain temps, ils feraient des abris pour les pauvres sans logis. Non que leur revêtement interne soit moelleux, il est en ciment armé, mais enfin dans cette sorte de « métro » renouvelé du front, les hôtes passagers auraient un couvert. Les ouvriers du tas ne les mettraient pas dans la tranchée sans les réveiller au préalable.

Ces cylindres ont une destination toute autre. Ils doivent servir à amener jusqu'aux réservoirs de Montsouris cent mille mètres cubes d'eau buvable qui manquent à l'alimentation parisienne. Ce volume n'est qu'un appoint à valoir.

Si l'on dépense une forte activité au-dessus des hauteurs des Gobelins et de la Maison-Blanche, c'est que l'on désirait que l'opération pût être terminée avant les chaleurs de l'été.

Justement, par sa position en cuvette, le fond de la Poterne des Peupliers montre l'ensemble de ce qui est en cours.

Les Eaux de source et les Eaux filtrées

Les accroissements continus de la population de Paris ont laissé fort en arrière la possibilité de fournir l'eau de boisson en quantité suffisante pour parer aux besoins connus.

Il en est résulté cette chose paradoxale, c'est que si les grands programmes étaient toujours en fonction d'amenées abondantes d'eaux de source, la réalité d'application se portait sans arrêt vers un débit d'eaux de rivière de plus en plus considérable.

Seulement la tuyauterie hydraulique ne correspondait plus en aucune proportion avec ce qu’elle devait véhiculer en liquide. Il a fallu y parer d'urgence.

Sans renoncer aux adductions des sources pour lesquelles d'immenses travaux sont en cours, notamment pour celles du bassin de Provins, dont la toute petite Voulzie chantée par Hégésippe Moreau, on a cherché une solution immédiate.

Il a été décidé que l’on prendrait chaque jour à l'usine élévatoire d'Ivry. un cube d'eau supérieur de 100.000 au volume émis. Il a d'abord fallu mettre cette usine en fonction de remplir son office. Ce qui est fait.

Donc, on pourra recevoir son contingent augmenté quand les conduites seront en place. Cette eau sera de l'eau de Seine. Mais de l'eau filtrée par des moyens aseptiques reconnus valables. Ce liquide est sain, il a le grave inconvénient d'être à une température beaucoup plus élevée que l'eau de source, fraîche par nature.

À travers le champ des conduites

Lorsqu'on suit l'ordre des chantiers, à partir de la Poterne des Peupliers, il est sensible que les conduites suivent le côté droit du boulevard Kellermann, dont la déclivité est assez forte pendant plusieurs centaines de mètres. Mais à la hauteur du 46 du boulevard, la tranchée coupe la chaussée à angle droit, et va jusqu'à son extrémité en cours d'exécution sur la gauche ; elle est alors en bordure continue du talus des fortifications. Le rempart est conservé en cet endroit.

Partout, les équipes de pose travaillent de la même façon. Dans la tranchée ouverte, une petite chèvre de bois amène la fraction de conduite sur le sol aménagé pour la recevoir.

Oh ! c'est assez simple ; il n'y a qu'un fond de terre battue, sans revêtements ni parements avec de légères banquettes surélevées de place en place. La chose ne donne pas une entière sécurité pour le simple profane; car il y a eu des exemples de rupture et de fuite d'eau. On a pourtant le sentiment que la conduite en elle-même, telle qu'elle est ajustée, est de bonne résistance. Tous les tronçons sont emboutis et scellés par un large joint de ciment armé, préparé sur place, et maintenu par un encerclage de fer. Les conduites sont elles-mêmes revêtues d’une couche cimentée, ce qui doit empêcher qu'elles ne se corrodent aussi aisément que les tuyaux en fonte.

La crainte vient à l'esprit seulement de fissures d'où l'eau sourdant créerait des affouillements dans la terre meuble, et le déplacement des masses de support entraînant alors la rupture de la conduite. D'où l'interruption de la fourniture de la denrée précieuse.

Présentement, il y a trois sections de travail clairement espacées, de la Poterne des Peupliers au boulevard Kellermann, de ce point à la porte de Gentilly, et de là, en direction de Montsouris : cette dernière fraction est la moins avancée.

Quant à la partie presque prête, on estime que les chantiers pourront être fermés dans un mois.

Ces immenses opérations ont été rendues indispensables afin de doubler la conduite principale déjà existante sans qu'il y ait dans cette mesure autre chose qu'une mesure de haute prudence.

Au résumé, ce sont donc 100.000 mètres cubes supplémentaires d'eau potable dont plusieurs quartiers de Paris vont bénéficier dans un délai relativement peu éloigné.

Maintenant, certains autres centres déshérités sont inscrits pour recevoir le même afflux, mais par un autre sectionnement dépendant de l'est de la Capitale et qui s'infléchissent par le nord, arrivera à Auteuil.

Léon MAILLARD.


Les grandes eaux du boulevard Kellermann

Les premières conduites maitresses de distribution d'eau dans Paris furent posées boulevard Kellermann à partir de 1882. Jusqu'à la construction du tramway T3 qui impliquait d'écarter tout risque à leur égard, ces conduites firent régulièrement parler d'elles dans la presse. Les accidents furent innombrables. Le premier accident d'importance repéré eut lieu le 12 octobre 1886 à proximité de la rue du  Moulin-de-la-Pointe.. Il fut suivi d'un autre fin mai de l'année suivante à la porte de Gentilly.
Des exemples significatifs de ces accidents sont réunis ici.

 

1901

1903

1905

1911

1912

1925

1926

Dans la presse...


Le monument aux mères françaises est présenté la presse

Aujourd'hui, à 10 heures, sera présenté à la presse, boulevard Kellermann, le monument élevé à la gloire des mères françaises, sous le patronage du Matin, qui sera inauguré le 23 octobre, à 14 h 30 en présence du président de la République et des plus hautes personnalités. (1938)

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L'œuvre des petits chiffonniers

Si le promeneur, en haut de l'avenue d'Italie, avait l'idée de prendre à droite le passage Raymond, il aurait bientôt une vision étrange ! En plein Paris, à cinquante mètres d'une large voie, sillonnée de tramways, il se trouverait en face d'innombrables cahutes, d'aspect sordide où vivent pêle-mêle près de deux mille chiffonniers. (1901)

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A bas les taudis !

Suivez, comme nous, les rues Nationale, Jeanne-d’Arc, Campo-Formio, Louis-Français, Esquirol, Baudricourt, traversez la Cité Doré, le passage Grouin, l’impasse des Hautes-Formes et de temps en temps, arrêtez-vous devant un immeuble... (1926)

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Des masures à l’impasse Moret

L'impasse Moret est, dans le treizième arrondissement une enclave insalubre et sordide qui ne vaut pas mieux, si toutefois elle n'est pire, que les taudis sinistres de l'impasse du Mont-Viso [...]
Ce petit coin du vieux Paris, où la Bièvre étale encore en plein air ses eaux noires qu'empuantissent les déchets des tanneries dont elle est bordée, présente en ce moment pour les fervents du passé, un vif attrait. (1911)

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Les mensonges des patrons mégissiers

Le citoyen Deslandres, conseiller municipal socialiste de Paris, aura rendu un service signalé au quartier de Croulebarbe, en obtenant de la Ville qu'elle recouvre et transforme en égout les deux bras de la Bièvre qui traverse le passage Moret à ciel ouvert. (1911)

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Saviez-vous que... ?

Le 19 juillet 1927, le nom de rue de Gentilly fut donné à la rue du Gaz. Le nom de rue de Gentilly avait été, jusqu'en 1899, celui de la rue Abel-Hovelacque d'aujourd'hui. Cette nouvelle rue de Gentilly perdit ensuite son nom au profit de Charles Moureu et d'Albert Bayet.

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La maison qui, en 1900, était située au 68 du boulevard d'Italie, servait de dépôt au sculpteur Rodin.

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Le mardi 7 aout 1923, on découvrit 5 squelettes enterrés au coin de la rue Damesme et de la rue Bourgon.

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Le 9 juin 1977, une jeune fille, tout en larmes, déclarait, à huit heures du soir, qu'un enfant venait de tomber dans un puits à découvert, sur un terrain entouré de planches, appartenant à la Ville, et situé rue de Patay et de Tolbiac.
Immédiatement, on prévint les sapeurs-pompiers du poste de la rue du Château-des-Rentiers. Sans perdre un instant, ceux-ci se rendirent au puits fatal. Le caporal y descendit, et en revient avec deux chiens vivants.

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