Faits divers

 De chute en chute - 1895

De chute en chute

Le Gaulois ― 9 décembre 1895

Des agents de service avenue d'Italie arrêtaient, hier soir, à la tombée de la nuit, au moment où ils dérobaient des haricots à la porte d'un épicier, un homme et une femme.

L'homme paraissait âgé de cinquante ans. Son costume était tout un poème de loques pittoresques. Quelque chose qui avait été un habit noir couvrait son torse, maigre et voûté, des espadrilles percées chaussaient ses pieds ;  un « sombrero » informe couvrait sa figure hirsute.

La femme, jeune encore, était horriblement grêlée par la petite vérole et borgne de l'œil gauche. Un véritable Callot.

Au commissariat, ils déclarèrent se nommer Raymond Soubréant, ancien professeur de philosophie et de littérature, révoqué, et Anna Champois, ancienne chanteuse de café-concert.

Soubréant déclara qu'il avait connu sa compagne, il y a quinze ans, à Alger. S'en étant épris, il avait contracté des dettes à cause d'elle, dettes qui avaient amené sa révocation.

Une longue série d'aventures les avait plongés dans la misère. La jeune femme avait, à la suite de la variole, perdu un œil, sa voix et sa beauté.

Le couple avait gagné Paris à pied il y a un mois. Soubréant avait creusé dans un terrain vague, au bord de la Bièvre, un souterrain à ciel ouvert, qu'il avait couvert de planches volées dans un entrepôt voisin, et c'est dans ce réduit que tous deux vivaient du produit de leurs rapines.

Les deux anciens amoureux, Robinsons d'un nouveau genre, ont été écroués au Dépôt.

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M. Julien Napthe, âgé de quarante-deux ans, demeurant, rue Jenner, garçon de magasin, passait, portant un paquet sous chaque bras, lorsqu’un tourbillon de vent lui enleva tout à coup sa casquette.

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Saviez-vous que... ?

Dans la nuit du 5 avril 1579, la Bièvre provoqua de si graves dévastations que le peuple appela cette inondation le « déluge de saint Marcel ».

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En 1892, Mesdemoiselles Dufrène, disposant de hautes références, donnaient des leçons d'italien au 27 de l'avenue des Gobelins.

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Le 26 avril 1939 une distribution de sacs de sable était organisée dans le quartier Croulebarbe par la préfecture de la Seine.

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En 1865, les frères Goncourt passaient une journée dans le 13e :
« Jeudi, 16 mars. — Nous avons passé la journée chez Burty, rue du Petit-Banquier, dans un quartier perdu et champêtre, qui sont le nourrisseur et le marché aux chevaux. Un intérieur d’art, une resserre de livres de lithographies, d’esquisses peintes, de dessins, de faïences ; un jardinet ; des femmes ; une petite fille ; un petit chien, et des heures où l’un feuillette des cartons effleurés par la robe d’une jeune, grasse et gaie chanteuse, au nom de Mlle Hermann. Une atmosphère de cordialité, de bonne enfance, de famille heureuse, qui reporte la pensée à ces ménages artistiques et bourgeois du dix-huitième siècle. C’est un peu une maison riante et lumineuse, telle qu’on s’imagine la maison d’un Fragonard. »

L'image du jour

Le boulevard de la Gare (Vincent Auriol) vers la rue Jenner