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SAVIEZ-VOUS QUE...

Un bureau de poste auxiliaire ouvrit le 1er octobre 1894 au 80 du boulevard de la Gare.


Le nom d'Émile Deslandres fut donné en juillet 1936 à un tronçon de l'ancien passage Moret pour que cette rue honore l' ancien conseiller municipal qui représenta le 13e à l'Hôtel de Ville pendant près de 30 ans.


La rue de la Colonie s'appella ainsi en raison de la présence d'une colonie de chiffonniers dans le secteur.

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C'est arrivé dans le 13ème

 Drame de la jalousie - 1895

Drame de la jalousie

Le Gaulois — 22 octobre 1895

Jeanne Jennart, une jeune couturière demeurant rue Rubens, entretenait des relations avec un jeune sculpteur qui la délaissait ces jours-ci pour une nommée Henriette Ritter, demeurant rue des Chamaillards.

La jeune fille conçut un grand chagrin de cet abandon et jura de se venger de sa rivale. Sachant qu'elle la rencontrerait dans un bal de l'avenue de Choisy elle s'y rendait hier soir et, après avoir vidé un saladier de vin chaud pour se donner du cœur, elle plantait un couteau entre les épaules d'Henriette Ritter Celle-ci, grièvement blessée, a été transportée à la Pitié. La meurtrière a été arrêtée.


 Pour trois francs cinquante - 1923

Pour trois francs cinquante.

Paris-Soir — 10 octobre 1923

Les inspecteurs Duluc, Jodon et Duteil, du 4è district, ont arrêté, ce matin, le nommé Léon Roger, 25 ans, demeurant chez ses parents, 12, rue Baudricourt, qui, lundi matin, à 1 heure, blessa grièvement, d'un coup de couteau au bas-ventre, le nommé Gauchery.

Conduit au Commissariat de la Gare, il a déclaré que c'est au cours d'une discussion pour une somme de 3 fr. 50 qu'il tira son couteau pour frapper Gauchery qui, lui-même, menaçait Marlier, un de ses amis présent.


La Glacière et les Gobelins - Claude Blanchard

Paris !... Mon Paris !...

La Glacière et les Gobelins

par Claude BLANCHARD

Le Petit Parisien — 19 novembre 1931

Il était une fois une petite rivière. Elle prenait sa source dans l'étang de Saint-Quentin et, tout en jouant avec les buissons et les prés, elle faisait mille fantaisies, chantait, revenait sur ses pas pour contempler une marguerite, se glisser à l'ombre émiettée d'un saule ou donner un baiser frais à un jeune poulain. Loin des grand'routes, oubliée des hommes, elle suivait, innocente, sa jolie destinée. Or, un jour, elle vit son horizon se peupler de hautes maisons étagées sur des collines. Sans s'en douter, elle était parvenue à Paris, à travers lequel elle continuait sa route, épargnant l'église Saint-Médard, pour aller donner enfin sur les flancs glauques de la Seine. Un homme qui arrivait de Reims, qui s'appelait Gille Gobelin et se disait teinturier en écarlate, voyant ses eaux vives eut l'idée d'y laver la laine avec laquelle on tissa les portraits de rois, les horizons de bataille et les chapeaux empanachés des tapisseries de haute lisse. Il y a longtemps de ça, plus de quatre cents ans.

Le malheur venait d'entrer dans sa vie. Il lui sembla que ses flots prenaient un goût amer son teint jusqu'alors si clair devint peu à peu livide, se marqua de marbrures infectes la maladie se mit courir dans ses herbes. Elle se vit environnée d'une meute de tanneurs qui lui tendaient des pièges, l'attiraient dans des bacs et finalement ne lui rendaient que la pourriture juteuse des toisons. Intoxiquée, vieillie en moins de trois kilomètres, elle tombait à l'égout comme une charogne flasque et le fleuve l'emportait.

L'histoire que je viens de conter est celle de la Bièvre.

J'avais lu quelques descriptions ne datant pas de plus de vingt ans et je comptais bien trouver dans Paris même quelque fossé, quelque grille engorgée d'ordures par où j'aurais pu contempler ce triste symbole de la vie citadine.

D'un pas plein d'espoir, feuilletant dans ma mémoire les pages parisiennes de Georges Cain et les récits de Huysmans, je gagnai la rue de Tolbiac, mais je ne découvris devant moi que l'aridité du pavé. Marchant toujours, j'entrai dans une région dont les noms de rues portaient cependant dans tous les sens la trace de cette eau fuyante rue de la Fontaine-à-Mulard, rue du Moulin-des-Prés, rue du Moulin-de-la-Pointe, rue du Moulinet. Rien. Je m'assis désespéré sous les ombrages avortés de la petite place des Peupliers, environnée de cliniques et de hautes cités ouvrières dont la brique vomit par toutes les ouvertures des cris d'enfants, des bruits de galoches et des dégringolades de literie. J'étais en plein quartier de la Glacière, qui doit de s'appeler ainsi au hameau du Petit-Gentilly, devenu après la Révolution le hameau de la Glacière, à cause d'un dépôt de glace artificielle qui s'y trouvait.

Sur le banc, à côté de moi, je vis un homme jeune qui chauffait une maladie au soleil. Je ne savais pas comment m'y prendre pour lui demander mon renseignement. Enfin je me décidai :

— Pardon, monsieur, lui dis-je, pouvez-vous m'indiquer la Bièvre ? Il me regarda comme si j'avais été fou et il se demanda probablement ce que je, pouvais bien vouloir faire de la Bièvre. Mais il était aimable.

— La Bièvre ? dit-il en haussant les épaules et en montrant du regard la rue de la Colonie, elle est là dessous, et puis elle s'en va là-bas sous le boulevard Blanqui.

Il eut un geste vague et ajouta :

— Pour la voir, il faut descendre vers Bicêtre.

Je repartis à travers la pesanteur morne de la banlieue où la campagne et la ville se heurtent et se brisent mutuellement en mille morceaux pour ne laisser qu'une salade de choses à moitié mortes.

Enfin je la vis. Son clapotis grignotait d'un côté un immense tas d'ordures, le long de la route de Paris à Fresnes, et de l'autre elle se répandait sous le hangar d'une mégisserie, faisant flotter de droite et de gauche des outils et de vieux baquets. De temps en temps, un homme aux vêtements brûlés par les acides sortait de cette habitation lacustre et s'avançait à pied dans ce gué industriel en laissant un sillage dans la croûte qui recouvrait la surface de l'eau, puis il jetait dans le courant un nuage de liquide jaunâtre que la Bièvre effaçait bientôt dans sa couleur de rinçure.

Au Kremlin-Bicêtre, on la voit partout promener ses halos graisseux dans les lignes droites où viennent boire les chamoiseries et les corroieries qui murmurent le long de ses rives. Puis sans qu'on puisse savoir quelle puante gueule souterraine s'en désaltère, elle disparait sous la capitale, suivant dans la nuit des égouts le souvenir de ses rives perdues. Maintenant que nous avons vu cette rivière empoisonnée, source de la prospérité des Gobelins, rentrons dans Paris par la poterne des Peupliers et voyons ce qui se passe le long de son cours invisible car c'est un phénomène étrange la vie et le travail dont elle a été l'aliment continuent à prospérer sur sa tombe alors que l'une et l'autre l'ont oubliée et la laissent maintenant pourrir en paix.

En quelques pas, on rejoint la rue du Moulin-des-Prés qui conduit à la place Paul- Verlaine, sur les hauteurs de la Butte-aux-Cailles. Il est certains noms qui ne s'expliquent guère dans les lieux qu'ils sont chargés d'illustrer. Qui aurait jamais cru que la destinée posthume de l'auteur des Fêtes galantes serait de régner sur les arbustes en piquets, les grillages et les maternités ouvrières de ce square philanthropique assez minable ? Dans un coin, près d'une construction en ciment, des buissons de fusain entourent un lopin poussiéreux. Tous les enfants du quartier sont là, enfermés dans cette sorte de basse-cour, et piaillent à qui mieux mieux sous la garde d'une infirmière. Une mère se présente à la porte pour réclamer son bien. La gardienne appelle « Pierrot ! » Quatre, cinq petits Pierrots accourent à toutes jambes. Je crois bien qu'elle doit dire : « Lequel Madame ? » Tout juste si elle n'ajoute pas : « Choisissez ».

Cette petite observation me faisait penser au comique de cinéma Buster Keaton qu'on voyait, dans un film, courir après une poule blanche. La poule sautait un mur et, quand il arrivait à son tour sur le faite, il découvrait de l'autre côté une ferme contenant des milliers de poules blanches identiques à la sienne. Quand je vis ces enfants, c'était à la fin de l'été, et je réalisais, à les voir piétiner sur le gravier, au milieu de ce paysage moulé dans le bitume, quelle œuvre magnifique sont les colonies de vacances et combien l'initiative publique a le devoir de les développer. La rue de la Butte-aux-Cailles s'enfuit brusquement dans une débandade de maisonnettes délabrées. Des bistrots minuscules, où le patron a l'air de s'agiter dans une baignoire d'étain, un bal de familles, des petits commerces, assis par terre sous le bandeau d'un étage aplati, font la causette au bord du trottoir enluminé à la craie par le jeu de la marelle. Quand on s'éloigne, on sent qu'on devient la proie des conversations qui se posent sur vous et vous déchiquettent à petits coups. Il passe peu de monde, en effet, sur la Butte-aux-Cailles elle ne mène à rien, elle vit de peu et sa curiosité se satisfait d'un quidam. Sur le plan de Paris vous la verrez pareille à un peloton de rues embrouillé, serré dans le casse-noisettes que forment la rue Bobillot et la rue Barrault, menacé par l'entrave coupante du boulevard Auguste-Blanqui. De là-haut, le regard, franchissant les murailles sinistres de l'hôpital Sainte-Anne, survole un Paris ferrugineux, nimbé de rouille, le Paris plat de Grenelle et de Vaugirard.

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Suite et fin

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