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UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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SAVIEZ-VOUS QUE...

Dès les années 1880, l'envoûtement de la Bièvre pour des raisons sanitaires était à l'ordre du jour mais on reculait car cela signifait la mise à mort de toutes les industries qui utilisaient l'eau de la Bièvre et faisaient vivre le quartier Saint-Marcel.


Ernest Rousselle (1836-1896), conseiller municipal du 13e arrondissement était un adversaire résolu de tout projet de métropolitain;


La rue de la Colonie s'appella ainsi en raison de la présence d'une colonie de chiffonniers dans le secteur.

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C'est arrivé dans le 13ème

 Précoce voleur - 1896

Précoce voleur

La Lanterne ― 27 janvier 1896

Le jeune Hippolyte Couteux, âgé de quinze ans et demi, demeurant chez ses parents, 166, rue Nationale, dérobait hier matin, sans être aperçu, une casquette d'une valeur minime, à l'étalage d'un magasin situé, 53, avenue des Gobelins. La casquette ne lui allant pas, le petit filou eut l'audace de la rapporter au magasin où il l'avait prise, demandant à l'échanger contre une autre à sa pointure. Le vol fut reconnu et le jeune escroc fut conduit au commissariat de M. Perruche, qui l'a envoyé au Dépôt.


 Un jeune héros - 1895

Un jeune héros

Le Petit-Parisien ― 6 février 1895

Une dizaine d'écoliers s'amusaient, hier après-midi, dans le bas de la rue des Tanneries, à faire des glissades sur la glace qui recouvre la Bièvre, très profonde en cet endroit.

Soudain le jeune Émile Brajus, âgé de onze ans, demeurant chez ses parents, rue des Cordelières, 38, s'étant aventuré au milieu de la rivière, poussa un cri de désespoir.

La glace venait de se rompre; le malheureux enfant disparut sous l'eau.

Aussitôt un de ses camarades, Émile Berne, âgé de treize ans, plongea résolument à trois reprises différentes et fut assez heureux pour saisir son camarade par ses vêtements.

Néanmoins, l'intrépide écolier, bien qu'il fût excellent nageur, était épuisé. Le froid engourdissait ses membres.

Eugène Billion, âgé également de treize ans, se porta à son tour au secours de ses petits amis; il se coucha à plat ventre sur la glace et tandis que les autres gamins le retenaient par les pieds, il aida Berne, qui n'avait pas abandonné Brajus, à sortir de l'eau.

Dans la soirée, M. Perruche, commissaire de police du quartier, est allé rendre visite à victime et à son brave sauveteur.


 La zone - 1895

Expulsion des zoniers de la porte de Gentilly

LA ZONE

La Lanterne — 10 juin 1895

Des braves gens qui doivent en ce moment trouver que le génie militaire est bien véritablement, comme on le prétend, un génie malfaisant, ce sont les zoniers.

Qu'est-ce que les zoniers ? direz-vous. De braves gens qui sont allés chercher hors de nos murs ce qu'ils ne trouvaient plus à l'intérieur de l'enceinte fortifiée, un toit et un abri ; et qui à force de piocher, de bêcher, et d'arroser de leurs sueurs les ingrats terrains frappés de servitudes militaires, ont fini par créer inconsciemment autour de Paris une immense couronne de verdure et de fleurs. Oh ! sans doute, les habitations qu'on rencontre dans ces parages n'ont rien de commun avec les palais du quartier des Champs-Élysées ou ceux qui entourent le parc Monceau et l'architecture en est des plus primitives. Ce sont de pauvres cahutes en planches, quelquefois même une roulotte mise au rancart, ou un vieux wagon réformé, veufs de leurs roues, qui sont venus s'échouer là comme par miracle. Quelques feuilles de zinc ou quelques morceaux de carton bitumé constituent une toiture qui livre bien un peu trop complaisamment passage à la pluie et à l'aquilon: mais le long des frêles cloisons grimpent le liseron et la capucine, et un jardinet s'étend autour de la maisonnette. C'est l'illusion de la campagne.

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Par contre, près des portes les plus fréquentées de Paris, les routes ont pris l'aspect d'un champ de foire permanent, et les chaussées sont bordées par les établissements rustiques, qu’ont établis de petits commerçants. Là s'élèvent les vertes tonnelles d'un marchand de vin, plus loin des chevaux de bois et des balançoires sont installés. À côté de ces divertissements, un marchand de couronnes offre aux familles en deuil sa funèbre marchandise, puis, d'une guinguette s'échappent des rires et des chants joyeux.

C'est au milieu de cette animation que s'effectue l'entrée ou la sortie de la grande ville, sans que l'œil soit attristé par l'aspect de terrains vagues et incultes, ou des grands murs qui semblent entourer Paris, condamné à l'enceinte fortifiée, comme le disait spirituellement un jour M. le préfet de la Seine.

Mais le génie militaire est là qui veille jalousement sur ses droits. Ce terrain fait partie de son royaume, il y commande en maître, et sait le faire voir. C'est ainsi qu'il y a deux ou trois jours, ce malfaisant génie joignant l'odieux au grotesque, procédait à une exécution qui a jeté l'émoi parmi toute la population zonière. Un capitaine de cette arme qui, pour la circonstance, s'était fait accompagner par l'adjoint au maire de Gentilly, par un commissaire de police et des agents, renforcés de gendarmes, est venu faire abattre trois ou quatre bicoques qui avaient le tort de dépasser les deux mètres de hauteur tolérés par l'autorité militaire. Il a été, paraît-il, procédé à cette opération, comme en pays conquis et avec une brutalité sans pareille. On assure même, que quelques jours de répit furent refusés à un pauvre homme, dont l'enfant était au lit, dangereusement malade.

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À quoi servent de pareilles rigueurs ? On se le demande ou plutôt non; ces procédés militaires ne seront pas sans utilité car ils vont avoir forcément pour conséquence, d'appeler à nouveau l'attention sur cette question de l'enceinte de Paris, question d'une importance de premier ordre, et qui pourtant, reste pendante depuis quinze années, sans qu’on puisse encore prévoir l'époque à laquelle elle recevra enfin une solution.

Le Conseil municipal de Paris, le Conseil général de la Seine ont émis à différentes reprises des votes importants, en vue d'obtenir la démolition de ces inutiles murailles entre lesquelles Paris étouffe comme enserré dans une trop étroite ceinture, et toutes les communes suburbaines ont formé des vœux dans le même sens.

C'est le 20 novembre 1882, que M. Yves Guyot portait pour la première fois devant le Conseil municipal cette question de la désaffectation des fortifications. Cette proposition était ainsi motivée : « Dans le but d'obtenir la réduction du prix des loyers, l'amélioration des conditions hygiéniques de Paris, et des voies de communication entre Paris et les communes suburbaines, le Conseil, etc. »

Au cours de la même séance, M. Engelhard soutenait qu'on pourrait faire disparaître sans inconvénient pour la défense de Paris la partie des fortifications comprise entre le Point du Jour et Clichy.

En 1889 et 1890, Paul Brousse se faisait à son tour l’avocat de la même cause devant le Conseil qui venait d'être renouvelé et demandait la désaffectation des murs d'enceinte ; en 1893 la question revenait à l'ordre du jour et le même M. Paul Brousse qui en avait été nommé rapporteur faisait valoir que l'existence d'un mur d'enceinte et de la zone avait pour principal résultat d'inutiliser de grands espaces de terrain et d'apporter des entraves continuelles dans les relations des différents quartiers de Paris, avec les véritables villes qui se créent de l'autre côté du mur.

Veut-on savoir qu'elle est la quantité de terrain ainsi stérilisé. Elle n'est pas moindre de seize millions de mètres carrés, quatre millions pour le mur et douze millions pour la zone.

Que d'espace perdu ! Combien de belles maisons pourrait-on construire sur ces emplacements ! Quel bienfait pour l'hygiène publique s'il était possible de disperser les habitants sur une surface beaucoup plus étendue. L'habitude de s'entasser les uns sur les autres est un fruit de la routine, et avec les moyens de communication dont nous disposons aujourd'hui, les affaires n'auraient nullement à souffrir d'un nouvel état de choses. Le Paris de nos jours, avec ses deux millions et demi d'habitants peut-il être arrêté dans son développement et doit-il être réduit aux limites qu'on aurait pensé assigner au Paris de 1840 ?

Il est tel quartier du centre, le quartier Bonne-Nouvelle, par exemple, qui compte, par hectare, mille vingt-cinq habitants, ce qui ne représente même pas dix centimètres accordés à chaque citoyen pour poser ses pieds. Le résultat de cet état de choses est double. D'une part, le terrain est parcimonieusement mesuré à nos promenades, si justement appelées les poumons de la cité ; d'autre part, nos rues sont encombrées jusqu'à l'écrasement des passants, et l'élévation des maisons est poussée jusqu'aux dernières limites tolérées par les règlements ; d'où les plus épouvantables conséquences sanitaires.

C'est pourquoi, les élus de Paris et même les élus de la Seine, car les communes suburbaines sont aussi intéressées que Paris à la démolition de cette muraille chinoise, se sont toujours efforcés d'en obtenir la destruction.

Leurs efforts se sont jusqu'à présent brisés contre le mauvais vouloir de l'autorité militaire. M. de Freycinet, lorsqu'il était au ministère de la guerre, semblait disposé à sacrifier ces fortifications, aujourd'hui devenues absolument inutiles aux nécessités de la défense, et qui n'avaient été édifiées par la monarchie de Juillet que dans un but purement politique. Mais un funeste revirement s'est produit dans l'esprit des chefs militaires. Avec le perfectionnement des armes actuelles, il est incontestable, d'ailleurs, que ces fortifications ne sont d'aucun intérêt au point de vue de la résistance à l'ennemi, et que si une zone de deux cent cinquante mètres, pouvait avoir raison d'être, alors que les fusils portaient à trois cents mètres, il faudrait aujourd'hui l'étendre à dix-huit cent mètres, ce qui serait une opération en même temps ruineuse et absolument chimérique.

Enfin, ainsi que le constatait le Conseil général de la Seine, dans l'expression d'un vœu émis en 1893 et tendant à ce que les propriétaires des terrains situés dans la zone soient autorisés à bâtir, le gouvernement militaire de Paris est, à la fois un camp retranché par la nouvelle enceinte, et une place forte par l'ancienne. Un des deux systèmes au moins est de trop.

La Lanterne a dit toutes ces choses à maintes reprises, mais on ne saurait trop souvent les répéter.

Espérons que la rudesse et la brutalité avec lesquelles la main de l'autorité militaire vient de s'abattre sur les pauvres zoniers de la porte d'Italie, aura pour résultat de ramener cette importante question à l'ordre du jour, et de lui faire faire un pas vers une solution impatiemment attendue.

JEAN-PIERRE.

Quoiqu'en pense l'auteur de l'article, ce sont les zoniers de la Porte de Gentilly qui ont été expulsés. Le Gaulois en rendit compte le 6 juin :

"Grand déploiement de forces, hier matin, la porte de Gentilly.
Un capitaine, un adjoint du génie et le commissaire de police de la localité, escortés de gendarmes à pied et cheval, d'agents de police et de soldats de l'infanterie de ligne, étaient chargés de ..procéder à l'expulsion de deux douzaines de misérables habitant des cahutes en planches sur la zone des fortifications.
L'un d'eux, Boyer, père d'un enfant malade au lit, implorait en vain quelques jours de grâce. Un autre, Stern, est père de six enfants et la mère sanglotait. "
La gravure du Petit-Journal s'éclaire...

La vérité oblige à dire que la question de l'évacuation de la zone était posée depuis plusieurs mois et qu'en mai 1895, l'autorité militaire avait donné un mois aux zoniers pour déguépir. Il n'en reste pas moins que la brutalité de l'intervention suscitat des réactions dans l'opinion publique (NdE).


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On arrête une bande de voleurs - 1911

M. Jouin, sous-chef de la Sûreté, était avisé, il y a une quinzaine de jours, par des commerçants du quartier des Gobelins, qu'un ouvrier, occupé dans une usine voisine, vendait à vil prix des liqueurs et notamment de l'absinthe.

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M. Combes, ancien conseiller municipal, dirige une institution de jeunes gens, rue Croulebarbe.

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Lu dans la presse...

Un éboulement aux fortifications

Hier soir, il cinq heures, au moment où les élèves d'une école enfantine passaient boulevard Kellermann, à la hauteur de la rue des Peupliers, un formidable grondement souterrain se fit tout à coup entendre. En même temps, le talus des fortifications se soulevait sous l'irrésistible poussée d'une énorme gerbe d'eau. (1912)

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Rue des Peupliers, une trombe d'eau dévaste tout sur son passage

Les habitants de la rue des Peupliers, dans le 13e arrondissement, étaient mis en émoi, hier matin à sept heures, par une violente détonation immédiatement suivie de longs et redoutables grondements. C'était une des nombreuses conduites d'eau placées dans la chaussée du boulevard Kellermann qui venait de se rompre brusquement ! (1911)

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Fabrique d’asticots

S'il vous plait tomber sur une « trichinerie », allez au treizième arrondissement, prenez l'avenue des Gobelins et suivez la rue Croulebarbe. SI l'odeur ne vous arrête pas on route, poussez jusqu'au n°63, une maison « mangée aux vers » qui n'a pas besoin d'autre enseigne.
Tout le quartier est en émoi. La rue Croulebarbe est devenue la rue Croule-Peste ! (1883)

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Le monument d'Ernest Rousselle

L'inauguration du monument élevé à la mémoire de M. Ernest Rousselle, qui fut président du Conseil municipal de Paris et du Conseil général de la Seine, a eu lieu hier dans le jardin du dispensaire de la Maison-Blanche. (1901)

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Décentralisation artistique

Peu de lecteurs du Journal soupçonnaient qu’une exposition rassemblât, à la mairie du treizième, des œuvres exquises de fraîche beauté. Qu'ils fassent voyage. Ils connaîtront un vieux quartier de Paris dont il est aisé d'apprendre le charme. (1912)

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M. Félix Faure à l’École Estienne

Les « écoles laïques » ont fait une armée de ratés, qui fatalement deviendra une armée de révolutionnaires. Les écoles professionnelles forment des ouvriers distingués, des artistes spéciaux qui sont placés avant d'avoir terminé leur apprentissage et qu'attend un avenir non moins heureux que paisible.
C'est donc avec joie que nous avons vu hier le chef de l'État honorer de sa présence l'inauguration de l'école Estienne. (1896)

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Inauguration d'habitations à bon marché dans le XIIIè arrondissement

L'Office public des habitations de la Ville de Paris a entrepris, il y a quelques années, la construction de plusieurs groupes d'habitations à bon marché dans divers quartiers populeux de la capitale.
L'un de ces groupés, sis dans le XIIIè arrondissement et dont la construction a été commencée en 1930, vient d'être terminé. (1933)

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M. Albert Lebrun inaugure le monument élevé « à la gloire des mères françaises »

Cet après-midi, à 15 heures, a eu lieu, boulevard Kellermann, près de la porte d'Italie, l'inauguration du monument érigé à la gloire des mères françaises. La cérémonie s'est déroulée en présence du président de la République et de Mme Albert Lebrun, et de hautes personnalités. (1938)

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La statue du docteur Pinel

On va prochainement ériger sur la place de la Salpêtrière la statue en bronze du docteur Pinel. (1883)

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Inauguration de l'hôpital école de la Croix-Rouge

La Société de la Croix-Rouge française a inauguré, hier après-midi, l'hôpital-école qu'elle a fait édifier, rue des Peupliers, dans le treizième arrondissement. (1908)

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M. Steeg, maire de Berlin, à l'école de la rue Küss

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M. Félix Faure dans le 13è

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Entre l'église Saint-Médard et la place d'Italie, la vieille et étroite rue Mouffetard se transforme à vue d'œil en une belle avenue de 40 mètres de largeur. (1868)

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