Faits divers

 Un empoisonneur

L’empoisonneur de Maison-Blanche

Le Radical — 29 novembre 1896

Rue Cacheux — La veuve du gardien de la paix — Consolée — Son malheur — L'enfant du sexagénaire — Une série d'empoisonnements

L'empoisonneur de Maison-Blanche est un sexagénaire, nommé Alexandre Lemaire domicilié 3, rue Cacheux, près de la porte de Gentilly.

Son arrestation, l'accusation terrible qui pèse sur lui, ont stupéfié ceux qui le connaissent et ne le tenaient que pour un joyeux drille tout ce qu'il y a de plus inoffensif.

Mais disons de suite que la culpabilité de ce doux empoisonneur est bien loin d'être établie.

Qui aurait-il empoisonné ? Oh ! des tas de gens, sa femme, son fils, ses maîtresses et d'autres encore ! Au moins, voilà une accusation.

Mais relations les faits :

Le père Lemaire, devenu veuf, demeura chez sa fille et son gendre, d'importants commerçants des Halles, qui possèdent au numéro 3 de la rue Cacheux une maison de deux étages.

Dans la même rue habitaient un gardien de la paix nommé Gien et sa femme. Le père Lemaire fut bientôt de leurs amis ; si bien que peu de temps après la mort de l'agent, survenue il y a cinq ans, il devint le consolateur de la veuve.

Un an après qu'il eut séché les larmes de Mme Gien, celle-ci, alors âgée de quarante-sept ans, mit au monde un garçon superbement bâti et ressemblant de façon frappante au vieillard.

Cet enfant fut cause d'une brouille ; sa mère qui jusque là n'avait connu les douceurs de l'être, ne pardonna pas à son consolateur la naissance du petit « son malheur » comme elle disait.

Sa sympathie pour le vieillard se changea brusquement en une haine implacable.

Elle s'éloigna et alla demeurer au numéro 20 de la rue du Tage.

Mais le père Lemaire alla quand même la voir de temps en temps pour embrasser son fils qu'il adorait.

La veuve du gardien de la paix, exaspérée par ses visites, se mit à en dire de toutes sortes sur le compte du sexagénaire.

Elle en vint à l'accuser de vouloir la tuer, elle et son enfant. On ne fit que rire de ses révélations.

Mais cela finit par tourner mal pour le père Lemaire, que des agents vinrent arrêter hier et que M. Perruche, commissaire de police, envoya au Dépôt.

Ce magistrat venait de recevoir la dénonciation de la veuve Gien, qui accusait son amant d'avoir empoisonné diverses personnes, dont son mari, et d'avoir voulu l'empoisonner elle et son enfant en leur faisant absorber de l'huile de foie de morue intoxiquée.

Le père Lemaire eut beau protester.

On perquisitionna chez lui, on y saisit de l'extrait de saturne qui, avec l'huile de foie de morue de la veuve, furent envoyés au laboratoire de toxicologie.

De plus, comme celle-ci se plaignait de brûlures, de maux d'estomac, comme elle disait son enfant très souffrant depuis quelque temps, un médecin légiste, le docteur Socquet, fut commis pour les examiner tous deux.

Et si le père Lemaire s'en sort, il aura vraiment de la chance.

Pourtant, répétons-le, aucune charge sérieuse n'est relevée contre lui. On ne peut jusqu'à présent opposer à ses énergiques dénégations que de vagues accusations.

Ajoutons enfin que les deux dernières victimes de l'empoisonneur de Maison-Blanche si portent aussi bien que possible.

Panorama pris d'une tour de l'église Sainte-Anne

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La voie qui prit le nom d'avenue Edison en 1932, devait, initialement relier la place Nationale et la place d'Italie.

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C'est par un décret impérial du 2 octobre 1865 que le boulevard de Vitry devint la rue de Patay.

L'image du jour

Boulevard de l'Hôpital - A gauche, une des entrées du marché aux chevaux