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UNE ÉVOCATION DU 13E ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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SAVIEZ-VOUS QUE...

600 partisans de la désaffectation du mur d'enceinte de Paris et de la suppression des servitudes militaires se réunirent, le dimanche 6 mai 1894 en plein air à la Porte d'Italie pour défendre leurs revendications.


La place de Rungis porta un temps le nom de place Barrault.


Le 30 janvier 1916, se jouaient Les Mystères de New-York au cinéma Bobillot, 66 due de la Colonie.

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Noté dans la presse...

1912

Décentralisation artistique

Peu de lecteurs du Journal soupçonnaient qu’une exposition rassemblât, à la mairie du treizième, des œuvres exquises de fraîche beauté. Qu'ils fassent voyage. Ils connaîtront un vieux quartier de Paris dont il est aisé d'apprendre le charme.

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C'est arrivé dans le 13ème

 La folie du cordonnier - 1921

La folie du cordonnier

Le Gaulois  — 20 mars 1921

Un sujet russe, Bernard Steimann, cordonnier âgé de cinquante et un ans, demeurant 22, avenue de Choisy, menacé d'expulsion fut pris d'un acte de folie et se barricada dans sa boutique, menaçant de tuer ceux qui s'approcheraient.

L'intervention du commissaire de police n'eut aucun succès. Steimann restait enfermé. Alors il fut décidé qu'hier matin on lancerait par une fente de la porte de la boutique deux ampoules remplies d'un gaz soporifique, afin de pouvoir se rendre maître du forcené.

Or, à sept heures du matin, deux agents en surveillance aperçurent soudain deux jambes qui s'allongeaient sous le rideau de fer. Chacun en prit une et tira ; Steimann n'opposa aucune résistance. Le pauvre fou s'était blessé dans la, région du cœur avec un de ses tranchets à  chaussures.

Transporté immédiatement à la Pitié, le malheureux y a reçu les soins nécessaires.

Comme ses blessures ne présentent aucun caractère de gravité, il sera dirigé sur l'asile de Sainte-Anne.

A. Magne

 Un roulottier arrêté - 1888

Un roulottier arrêté

Le Petit-Parisien ― 15 juin 1888

Un nommé Ferdinand Régnier laissait une voiture chargée de légumes, de sacs, etc., en station en face le numéro 60 de l'avenue des Gobelins.

Un nommé Georges S… l'accosta et lut raconta qu'il était sans travail et sana ressources depuis longtemps.

Pris de pitié, M. Régnier conduisit l'inconnu chez un marchand de vins du voisinage et lui fit servir, ainsi qu'à lui-même, un bon dîner.

Comme il était las d’une course qu'il avait faite dans la journée, il s'endormit à table.

Quand il se réveilla, il ne retrouva plus son compagnon ni… sa voiture.

Georges S... la lui avait dérobée.

Régnier apprit que sa voiture avait été vendue par le voleur à une dame G... passage Crouin.

Cette dame s’empressa de la remettre à sa disposition.

Le roulottier ayant été rencontré hier rue du Château-des-Rentiers par le plaignant, a été mis en état d'arrestation.

Il a été envoyé au Dépôt.


 Le Crime du Petit-Ivry - 1903

Le Crime du Petit-Ivry

Assassin de sa Maîtresse. — Tuée à Coups de Marteau. — Un Cadavre enterré dans une Cabane. — Dénonciation tardive. — Exhumation de la Victime. — L'Enquête de la Sûreté.

Le Petit-Parisien — 23 janvier 1903

Le crime qui a été découvert hier matin au Petit-Ivry, semble plutôt être l'œuvre d'un déséquilibré que l'acte conscient d'un assassin lucide. Un individu a assommé sa maîtresse à coups de marteau et n'a ensuite trouvé rien de mieux à faire, pour s'assurer l'impunité, que d'enterrer le cadavre de sa victime dans un coin d'une misérable cabane en planches édifiée à la lisière d'un terrain vague.

Le Petit-Ivry vu de la porte d'Ivry

Avant d'entrer dans les détails de ce forfait, il n'est pas inutile de faire une description minutieuse des lieux où il a été perpétré.

Ne semble-t-il pas étrange, en effet, qu'us drame semblable puisse se dérouler aux portes de Paris sans que nul voisin ait été mis en éveil ? Peut-on comprendre qu'un être humain disparaisse tout à coup sans que le soupçon surgisse dans l'esprit du quelque parent ou ami ?

Il suffit de refaire après nous le lugubre pèlerinage du Petit-Ivry pour élucider tous ces points obscurs.

Rien ne saurait, en effet, dépeindre la morne tristesse de ce coin de paysage de la banlieue parisienne. Rien de plus lugubre, de plus désolé, que cette zone des fortifications entrevue hier à travers ce brouillard, dense qui estompe toutes choses !

Boulevard de la Zone

En franchissant les fortifications par la porte d'Ivry, le boulevard de la Zone se trouve à deux cents mètres environ du poste de l'octroi, mais pour y parvenir il convient de faire un assez long détour, abandonnant la rue de Paris pour s'engager dans la rue Barbès, une voie large et régulière regagnant extra muros l'avenue de Choisy. En quelques tours de roues on arrive à la rue Paul-Bert qui traverse le boulevard de la Zone se terminant, à droite, en cul-de-sac.

La porte d'Ivry vers 1906

Le mot de boulevard est évidemment une exagération : de trottoirs, point. La chaussée, défoncée, semée d'ordures et de détritus innommables, ne doit d'être praticable qu'au froid qui, à perte de vue, givre le sol et les petits jardinets établis sur les terrains de la zone militaire.

À gauche, quelques bicoques d'apparence modeste, petites constructions en briques, toitures de tuiles rouges, habitées par des ménages d'ouvriers occupés dans les nombreuses usines de la région.

À droite, du côté de Paris, rien. Des haies d'épines délimitent les jardinets où ne subsistent que des traces de culture. Deux ou trois arbres fruitiers dressent, dans ce paysage, leurs branches dénudées. De-ci de-là, une cabane servant de remise aux outils.

La seule construction retenant le regard est la « maison du crime ».

Elle s'élève en bordure du boulevard de la Zone, à vingt mètres de la rue Paul-Bert qu'on s'imagine un hangar en planches légères, mesurant quatre mètres de long sur deux mètres de large, entièrement tapissa et recouvert de feuilles de carton goudronné.

Aucune fenêtre apparente. La porte d'entrée de la « propriété » est constituée par une palissade à claire-voie, à hauteur d'homme sur laquelle une main inhabile a tracé avec un pinceau le chiffre 32.

Cette porte poussée, le visiteur s'engage dans une allée mesurant un mètre et demi de largeur, tournant à angle droit et se prolongeant en une sorte de courette, séparant le premier hangar d’un second, de construction et de dimensions à peu près identiques bien que de destination différente.

Le premier, en effet, sert de maison d'habitation. La pièce unique ayant pour plancher la terre battue est meublée plus que sommairement d'un grabat, installé dans l'angle voisin de la porte d'entrée, d'une table boiteuse et de deux ou trois mauvaises chaises de paille.

Le second hangar, c'est l'atelier du maître de céans — ouvrier cordonnier — une porte vitrée à double battant placée dans l’axe même du couloir d'entrée y donne accès. Dans cette pièce également on fait la cuisine, sur un petit poêle de fonte dont le tuyau de tôle émerge du toit de carton goudronné, entre deux « pigeonniers » en toile métallique.

Au fond de la courette intérieure, un clapier et un cageot abritent une demi-douzaine d'oies et de canards.

C'est dans ce cadre misérable et sale que s'est déroulé le drame dont il faut attribuer la cause initiale à une question d'intérêt.

Extrait d'un plan édité en 1900

Ménage à Quatre

Dans les deux cabanes que nous venons de décrire vivaient, dans une promiscuité plus que douteuse, le cordonnier, Desmarcheliez, âgé de quarante-cinq ans, et sa maîtresse, une femme Legrand., née Françoise Chauvet, âgée de quarante-sept ans, née à Mauriac, dans le Cantal, d'une part; et, de l'autre, sa propre fille de Desmarcheliez, Thérèse, âgée de Vingt ans, dont l'amant, un nommé Jean-Baptiste Lamouline, âgé de vingt-neuf ans, .exerçait, à ses moments perdus, le même métier que son beau-père de la main gauche.

L'existence de ces deux individus était celle que mènent habituellement les rôdeurs de bas étage qui tirent leurs principales ressources des libéralités des malheureuses filles qu'ils tiennent sous leur odieuse domination.

Chaque soir, les deux bras dessus, bras dessous, quittaient le Petit-Ivry, et, laissant la garde de leurs bicoques à trois redoutables molosses, descendaient vers le quartier des Halles, où ils venaient s’attabler pour la nuit dans les cabarets les plus mal famés, attendant l'heure matinale où, en compagnie de leurs maîtresses, ils avaient l’habitude de regagner les terrains vagues où ils avaient élu domicile.

Bien entendu, cette existence un peu spéciale était émaillée de querelles terribles au cours les couples se confondaient en une mêlée diabolique quand les fumées de l'alcool exaltaient leurs cerveaux.

À plusieurs reprises, Charles Desmarcheliez n'avait pas Caché à sa maîtresse que depuis douze ans qu'il vivait avec elle il en avait assez et que ses intentions étaient de la quitter tout à fait.

La femme Legrand ne prêtait aucune attention à ces propos d'ivrognes, lesquels, du reste, ne se renouvelaient que dans des circonstances semblables et, par une lâcheté que donne l'habitude, elle préférait subir le joug de son brutal amant plutôt que de le quitter.

La Cachette de la Morte

Les choses en étaient là, quand deux événements survinrent tout coup qui devaient avoir, sur la destinée de Charles Desmarcheliez et de son ami Lamouline de terribles conséquences.

D'abord, la mère de Desmarcheliez, une vieille femme de soixante-dix-huit ans, qui, ne sachant pas où aller, avait bien été forcée, pour ne pas mourir de froid et de faim, de venir s'abriter sous le toit inhospitalier de son fils, tombait subitement malade, dans les derniers jours du mois d'avril dernier. Elle devait prendre le lit pour ne plus se re lever. Deux jours plus tard, le cordonnier était arrêté au cours d'une bagarre survenue dans le quartier des Halles et condamné par le tribunal correctionnel pour rébellion et coups et blessures envers les gardiens de la paix.

Le 5 mai 1902, Mme Desmarçheliez rendait le dernier soupir, sans avoir revu son fils qui était détenu à la prison de Fresnes. Pendant sa maladie qui avait été de courte durée, la pauvre vieille avait été soignée par la maîtresse de son fils, la femme Legrand, dont les prévenants et les attentions n'avaient pas été sans porter ombrage à plusieurs familiers, et, peut-être, tout particulièrement à Lamouline et à sa compagne.

Cette dernière, surtout, avait eu la femme Legrand de violentes discussions, trouvant que c'était à elle que revenait le soin de veiller au chevet de sa grand'mère. Et elle soupçonnait que Celle qui s'était fait du jour au lendemain sa gardienne improvisée avec tant de zèle devait obéir à un autre sentiment que la bonté.

Du reste, il est probable que l'une et l'autre étaient guidées par le même instinct de cupidité et de convoitise, car, à tort ou à raison, Mme Desmarcheliez, bien qu'elle fut inscrite sur les registres de l'assistance publique, passait pour posséder quelques petites économies, — une somme de 600 francs environ — qui ne la quittait jamais et qui devait se trouver cachée sous son traversin.

Thérèse Desmarcheliez n'ignorait pas ce détail. Aussi sa haine contre la maîtresse de son père ne fit-elle que s'accroître, quand, après la mort de sa grand'mère, ce fut en vain qu'elle retourna la paillasse de la pauvre vieille.

Il est à peu près certain qu'elle fit part de ses ressentiments à son amant Lamouline auquel elle persuada que l'argent qui devait lui revenir-, ainsi qu'à son père, avait été volé par la femme Legrand.

La Dénonciation

Tous ces faits parvinrent à la connaissance de Charles Desmarcheliez, qui, de la prison de Fresnes, adressa une plainte au procureur de la République pour détournement de succession, ni plus ni moins.

Qui écrivit cette lettre de dénonciation dont l'auteur avait jugé prudent de conserver l'anonymat ? Il est facile d'en deviner la source. Toujours est-il que cette plainte fut suivie d'effet et qu'une instruction fut confiée à M. le juge Boucard, qui, à son ton, chargea M. Hamard, chef de la sûreté, de procéder à une enquête afin de savoir si, d'abord, la défunte possédait bien la somme en question, et pour établir ensuite la culpabilité de la femme Legrand.

Sur ces entrefaites, Desmarcheliez sortit de prison, jurant de tirer une vengeance éclatante du vol qui avait été commis à son préjudice et les inspecteurs de la sûreté commencèrent leurs recherches.

Tout naturellement, leurs premières investigations se portèrent sur la femme Legrand, principale intéressée. Mais, à leur grande surprise, ce fut en vain que, pendant quinze jours, ils fouillèrent les établissements qu'elle avait l'habitude de fréquenter et surveillèrent le boulevard de la Zone.

Ils pensaient que certainement elle avait volé l’argent de la vieille et qu'elle s'était enfuie pour se soustraire à la vengeance de son amant, quand plusieurs déclarations recueillies chez les voisins et l'allure bizarre du couple Lamouline donnèrent à leurs investigations une tout autre orientation.

En effet, plusieurs personnes, adroitement interrogées, avaient fini par avouer que la femme Legrand était revenue une seule fois dans la cabane du boulevard de la Zone depuis que Desmarcheliez était de retour ; mais que, depuis, ils ne l'avaient plus revue.

Le Guet-Apens

Que s'était-il donc passé ? La femme Legrand était partie en effet ; puis, croyant que peut-être le premier mouvement de colère passé, Desmarcheliez lui pardonnerait ; elle était, en effet, revenue quelques jours après la Toussaint boulevard de la Zone, pour avoir une explication avec son amant, et reprendre avec lui leur existence d'autrefois.

Le cordonnier avait feint d'oublier le passé. Il s'était même montré heureux de la proposition de sa maîtresse, acceptant d'éloigner Lamouline et sa fille Thérèse.

Desmarcheliez accepta tout ce qu'elle voulut, et, dans la journée, accompagné du couple soi-disant ennemi, il se rendit avec la femme Legrand à Plaisance. Là, ils se séparèrent, et Desmarcheliez invita sa maitresse à rentrer boulevard de la Zone. Le soir du même jour, il revenait à Plaisance, pour retrouver Lamouline et lui disait :

— Ça n'a pas duré longtemps, car nous nous sommes disputés, et elle est repartie.

Et il ajouta en faisant un geste joyeux :

— Après tout, bon voyage !...

Tous trois revinrent au domicile de Desmarcheliez mais, à peine y avaient-ils pénétré, que sa fille Thérèse se sentit incommodée par une forte odeur de phénol. En cherchant d'où cette odeur pouvait provenir, elle découvrit, enfoui sous le lit, un paquet recouvert de sacs et de paillassons, qu'elle attira machinalement à elle pour voir M qu'il contenait.

Elle poussa un cri et faillit tomber à la renverse. Elle venait de sentir le contact d'une main glacée, en même temps que dans la demi-obscurité de la cabane, elle avait entrevu la tête ensanglantée de la femme Legrand, que son père venait de tuer.

Une maison de chiffonnier sur la zone à la Porte d'Ivry - Eugène Atget, vers 1910

Sans demander des explications, pétrifiée d'horreur, elle s'était enfuie, abandonnant son amant pour fuir l'effroyable vision de ce cadavre. Plutôt que de rentrer au Petit-lvry, elle avait loué une chambre dans un hôtel mal famé des Halles, cherchant à oublier et à s'étourdir dans la débauche.

Pris au Piège

Les inspecteurs du service de la sûreté n'avaient pas été sans être frappés de toutes ces allées et venues bizarres et, sur les conseils de M. Hamard, qui, en l'espèce, a fait preuve de beaucoup d'habileté, ils se gardèrent bien d'arrêter la femme et encore moins les hommes.

Enfin, mardi soir, certains que la femme Legrand avait été assassinée et qu'ils tenaient les coupables, les agents mirent tout d'abord Lamouline en état d'arrestation, puis, presque aussitôt, sa maîtresse, Thérèse Desmarcheliez,

Tous deux, interrogés par M. Hamard, déclarèrent qu'ils ignoraient ce qu'était devenue la femme Legrand.

Peut-être est-elle retournée dans son pays, dit Lamouline. Elle avait été servante d'agriculture.

Tout ce qui est arrivé est bien malheureux, finit par laisser échapper Thérèse Desmarchaliez.

C'était un demi-aveu.

M. Hamard n'hésita pas. Il envoya une lettre de convocation à Desmarcheliez, boulevard de la Zone en le priant de passer pour fournir des renseignements complémentaires au sujet de sa plainte.

Poussant l'audace jusqu'à la témérité, celui-ci arrivait, hier matin, à neuf heures, quai des Orfèvres. Aussitôt, on le faisait monter en voiture, et, sans répondre à ses questions étonnées, on le reconduisait plus vite qu'il n'était venu, au Petit-Ivry.

Le Rôle des Fossoyeurs

Dans la cabane qu'il venait de quitter une heure auparavant, Desmarcheliez trouva M. Herbeux, procureur de la République Boucard, juge d'instruction Hamard, chef de la sûreté, qui l'avaient précédé de quelques minutes.

À brûle-pourpoint, M. Hamard dit à haute voix :

— Desmarcheliez, vous avez assassiné votre maîtresse la femme Legrand, puis vous l'avez enterrée. Elle est ici ! Indique-nous l'emplacement où elle se trouve !

Le savetier pâlit horriblement, balbutia quelques mots inintelligibles, puis, tremblant de tous ses membres, articula :

— C'est Lamouline qui l'a enfouie dans la cabane aux lapins.

Immédiatement, deux fossoyeurs du cimetière d’Ivry, requis tout exprès, commencèrent à fouiller le terrain, et bientôt, découvrirent en effet, une excavation creusée près de la cloison de la cabane même de Desmarcheliez.

Au bout de vingt minutes de travail, ils exhumaient d'abord une main, puis la tête de la malheureuse, horrible à voir, en partie tuméfiée, enfin, le corps entier. La femme Legrand avait encore les vêtements qu'elle portait le jour du crime, ses pieds étaient nus, car l’assassin après lui avoir défoncé le crâne à coups de marteau et de hachette, lui avait retirés ses chaussures qu'il avait réparées et revendues le lendemain pour 3 francs.

Dès que le cadavre eut été amené à l'orifice de la fosse, M. Bertillon en fit prendre des photographies, puis des hommes le placèrent dans un fourgon des pompes funèbres qui partit aussitôt pour la morgue. Pendant ces funèbres formalités, Desmarcheliez qui se trouvait enfermé dans sa cahute, ne témoigna aucune émotion. Il se plaignit seulement de l'odeur épouvantable et demanda qu'on le fit sortir, car il craignait de se trouver mal.

Quand il vit le fourgon s'éloigner, il dit :

 — Enfin Vous l'avez trouvée !... Tant mieux pour vous ! Vous apprendrez bientôt qui a fait le coup.

Puis il a indiqué aux magistrats les instruments qui lui avaient servi à commettre son horrible forfait un marteau et une hachette, une bêche et une pioche. Ces objets ont été mis sous scellés et envoyés au greffe du paquet.

Dans la soirée, Thérèse Desmarcheliez a avoué M. Hamard que son amant Lamouline avait aidé son père à creuser la fosse et à enterrer la femme Legrand.

Desmarcheliez a un fils qui fait actuellement son service militaire à Cherbourg.

L'assassin et son complice ont été incarcérés au dépôt et Thérèse Desmarchaliez écrouée à la prison de Saint-Lazare.

Au Commissariat de Police

Desmarcheliez était très connu du personnel du commissariat de police d'Ivry.

M. Verdeau, le sympathique commissaire, avait été chargé par le parquet de faire en juillet dernier l'enquête réclamée à propos du détournement de l'héritage dont le cordonnier accusait la veuve Legrand.

Pour le magistrat, Desmarcheliez est un exalté, un impulsif. C'est, à n'en pas douter, un être dangereux, manquant de sens moral ; il avait déjà encouru pour vol deux ou trois condamnations. Sa responsabilité doit être limitée.


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