Faits divers

 Un empoisonneur

Un empoisonneur

Le Petit-Troyen — 30 novembre 1896

Une grave affaire d’empoisonnement, dont M. Perruche, commissaire de police à Paris, vient d’informer le parquet, a été découverte, il y a deux jours, dans le quartier de la Maison-Blanche, au treizième arrondissement.

Voici les circonstances à la suite desquelles de simples soupçons se sont transformés en quasi-certitudes, qui ont amené l’arrestation de l’accusé, nommé Alexandre Lemaire, âgé de soixante-dix ans, journalier, demeurant 3, rue Cacheux.

Panorama pris d'un des clochers de l'église Sainte-Anne

Cet individu, veuf depuis longtemps, avait fait la connaissance, il y a cinq ans, de Mme G..., âgée de cinquante ans, veuve d’un gardien de la paix. De cette liaison naquit une petite fille aujourd’hui âgée de quatre ans. Le vieillard a également une fille légitime mariée aujourd’hui à un employé des Halles centrales.

Son gendre lui faisait une pension, mais lorsqu’il apprit dernièrement que le vieillard entretenait un faux ménage, il lui signifia de rompre avec la veuve G..., s’il tenait à conserver la pension qui lui était faite.

Lemaire tenta de persuader au mari de sa fille que tout était fini entre la veuve et lui, car chacun habitait un logement différent.

Le gendre, qui savait que son beau-père avait déjà eu plusieurs relations qu’il cachait de la sorte, n’ajouta pas foi à sa déclaration et lui renouvela sa décision de rompre avec Mme G..., ou de ne plus avoir à compter sur lui.

Lemaire répondit évasivement et les choses en étaient là, lorsque la veuve et la fillette furent prises, il y a quelques jours, d’un mal étrange. Mme G..., inquiète, se rendit aven son enfant au dispensaire de l’avenue d’Italie pour y consulter le médecin de service.

À la suite de cette visite, on lui délivra une potion et un flacon d’huile de foie de morue pour l’enfant.

Mais le mal dont souffraient la mère et l'enfant s’aggrava.

Avant-hier soir, après avoir diné en compagnie de Lemaire, Mme G..., fut prisé de fortes douleurs d’estomac qui provoquèrent bientôt des vomissements anormaux. Les mêmes symptômes se manifestèrent chez sa fille.

Or, Lemaire avait à diverses reprises déclaré à sa maîtresse que son gendre lui enjoignait de rompre sa liaison et qu’à cause d’elle il allait se trouver dans une misère noire ; mais la veuve ne voulait pas se rendre à de telles raisons, à cause de l’enfant.

Le vieillard lui laissait entendre alors qu’il serait bien aise d'être débarrassé d’elle et de son bébé.

Ces paroles étant revenues à l’esprit de Mme G..., elle soupçonna Lemaire de lui avoir fait prendre du poison ainsi qu’à l’enfant. Avant-hier, elle alla faire part de ses soupçons à M. Perruche, commissaire de police.

Le magistrat ouvrit aussitôt une enquête, au cours de laquelle il apprit que cinq femmes, qui furent à diverses époques les maîtresses de Lemaire, avaient succombé à un mal analogue à celui dont souffrait Mme et Mlle G... Une perquisition, opérée au domicile du vieillard, amena la découverte de divers ingrédients chimiques dont on n’a pas encore défini la nature.

Les soupçons n’étaient encore que très vagues, lorsque l’analyse du flacon d’huile de foie de morue destiné à la fillette fit découvrir la présence d’un toxique.

Les malades furent alors examinées avec soin par un médecin qui reconnut des symptômes d’empoisonnement.

Hier matin, Lemaire a été arrêté et mis à la disposition du commissaire de police.

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Saviez-vous que... ?

Le bureau du Comité du 13e arrondissement du Groupement général des classes moyennes organisa une première réunion de propagande le 6 juillet 1937 au café du Clair de Lune à l'angle de la Place d'Italie et de l'avenue de Choisy.

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En 1890, la raffinerie de sucre Say, installée boulevard de la Gare, produisait 20.000 pains de sucre par jour soit 240.000 kilogrammes.

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Le 1er mars 1932, l'usine de chaussures (qui répandait aux alentours de manière permanente une odeur de vernis) installée boulevard Kellermann (au 10) était ravagée par un incendie.

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Les élus du XIIIe arrondissement à la Commune de Paris (période du 26 mars au 28 mai 1871 étaient : Jean-Baptiste Chardon (1839-1898, condamné à mort par contumace, le 19 juillet 1872), Emile Duval (1840, fusillé au Petit-Clamart le 4 avril 1871 alors qu'il conduisait une attaque sur Versailles), Léo Frankel (1844-1896, condamné à mort par contumace, le 19 novembre 1872), Léo Meillet (1843-1909, condamné à mort par contumace, le 17 février 1872).

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Le carrefour Italie-Tolbiac dans les années 30