Faits divers

 Un joli monde - rue Tiers - 1893

Un joli monde

La France — 5 novembre 1893

Au n° 1 de la rue Tiers, à côté de la place d’Italie, existait un bouge des plus mal famés, connu sous le nom de la « Treille », et tenu par un individu du nom d'Hallaens, où se réunissaient tous les souteneurs et toutes les filles du quartier.

Le n°1 Tiers  vers 1894-1898
Source originale : Archives de Paris AD075PH_UPF1282

C’est dans ce repaire que M. Siadoux, commissaire de police, captura en 1887 la fameuse bande des étrangleurs, et depuis la bande de Sale-Nez et une foule de malfaiteurs dangereux. C’est là encore qu’il y a environ trois semaines, ainsi que nous l'avons raconté, un des garçons, Lecerf, était tué d’un coup de tranchet par l’un des habitués.

Ces jours derniers, un huissier se présentait pour procéder à l’expulsion du tenancier Hallaens, qui louait l’hôtel tout meublé à M. Lafage, marchand de meubles à Grenelle et le sous-louait à toute une bande de filous et de gens sans aveu, ses complices.

Hallaens ne s’était pas contenté de ne jamais payer son propriétaire, il avait déménagé tout le mobilier.

L’huissier et ses employés furent reçus à coups de bouteilles et de gourdins et ils durent aller quérir main-forte auprès du commissaire de police.

Quand M. Siadoux arriva à la Treille, Hallaens et ses complices avaient disparu et l’hôtel était vide.

Ce n’est qu’hier soir, après d’actives recherches, qu’Hallaens a pu être arrêté dans un débit de vins qu’il venait d’ouvrir à la porte Ornano. On a pu mettre aussi la main sur plusieurs de ses acolytes, Delamarre, dit Béquillard, chanteur ambulant ; Lemaître, dit Charlot ; Eugène Simon, dit Zouzou ; les filles Jeanne Bourgeois, dite Carmen, et Maria Herz, dite Cornélia.

Tout ce joli monde a été envoyé au Dépôt.

La rue Tiers vue de la rue du Moulin-des-Prés vers 1894-1898
Source originale : Archives de Paris AD075PH_UPF1281

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En 1860, Il y avait un commissariat pour deux quartiers dans chaque arrondissement de Paris. Pour le 13e, ces commissariats étaient installés 36 route d'Italie pour Croulebarbe et la Maison-Blanche et 62 boulevard de l'Hôpital pour les quartiers de la Salpêtrière et de la Gare.

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Le 23 juillet 1892, un ouvrier tourneur en bronze, nommé Dubru, se suicidait en se jetant dans la Bièvre, boulevard d’Italie. Son corps fut transporté à la Morgue.

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La société des fourneaux de Saint-Vincent de Paul, le 5 novembre 1897 ouvraient, comme chaque année, ses fourneaux (au nombre de 26 en 1897) qui restèrent ouverts jusqu’au 30 avril 1898, tous les jours non fériés, de huit heures à onze heures du matin. Trois d'entre eux étaient situés dans le 13ème : 45 rue Corvisart, 35 rue de la Glacière et 87 bis rue Jenner.
Avec un bon de dix centimes, les malheureux recevaient une portion de pain, bouillon, viande, légumes, etc. enfin, de quoi se réconforter.
Ces établissements charitables étaient dirigés par les Sœurs.

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En 1887, Charles et Alphonse Sécheresse, tous deux domiciliés 13 passage du Moulinet et tous deux marchands de vinaigre, constituaient une société en nom collectif ayant pour objet le commerce de marchand de vinaigre et de conserves. Alphonse en deviendra le seul propriétaie à partir de 1891. Plus tard, il sera condamné pour mise en vente d'huile falsifiée.

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La Zone à la porte de Bicêtre