Faits divers

 Les fauves de la Goulue - 1904

Les fauves de la Goulue

Le Temps — 11 janvier 1904

Les époux Droxeler, plus connus, le mari, sous le nom du dompteur José, et la femme sous celui de La Goulue, promènent, comme on le sait, dans les foires parisiennes une ménagerie qui fait de temps en temps parler d’elle. Cette ménagerie est actuellement installée avenue d’Italie, en face de la gare de la Maison-Blanche.

L'avenue d'Italie à la hauteur de la gare de la Maison-Blanche

Elle a été, hier soir, le théâtre d’une scène tragi que, qui n’aura, il faut l’espérer, aucune conséquence grave. Vers onze heures, le dompteur José exhibait, devant une salle pleine, un jeune puma du Mexique, et sous la menace d’un fouet, le faisait se dresser sur ses pattes de derrière.

Tout à coup, le fauve se précipita sur son dompteur et lui enfonça ses griffes dans la tête.

La Goulue vint au secours de son mari et fut grièvement blessée à la main droite. Cependant, le puma s’acharnait sur M. Droxeler et l’atteignait, de coups de pattes rapides, en plusieurs parties du corps.

L'instant du drame - Le Petit-Journal - supplément illustré 24 janvier 1904

Un employé de la ménagerie, Louis Soque, essaya de l’éloigner de sa victime en le frappant de coups de couteau ; mais le fauve s’excitait toujours davantage, et il fallut l’abattre d’un coup de revolver.

Le dompteur José a reçu les soins d’un médecin, et n’a pas voulu être envoyé à l’hôpital. On pense qu’il devra garder le lit pendant trois semaines.

Quant à La Goulue, elle supporte sa blessure avec un courage tout particulier. Ce matin, au moment où nous nous sommes présenté dans la roulotte at tenante à la ménagerie, un peintre était occupé à calligraphier, sur une bande de calicot, l’annonce suivante :

Mme La Goulue prend le travail avec la panthère qui a dévoré, la tête et mangé la main du dompteur José.

— Il faut bien vivre, nous dit la dompteuse, et, quand on n’est pas millionnaire, on fait comme on peut.



Sur la Goulue

Faits-divers

La fin de la Goulue vue par Élie Richard dans La Tournée (1930)

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La galerie de la manufacture nationale des Gobelins située sur l'avenue du même nom a servi d'hôpital pendant la première guerre mondiale.

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En 1920, on pouvait trouver un avertisseur public d''incendie à l'angle des rues Watt et du Chevaleret ainsi qu'au 31 quai de la Gare.

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En 1869, on décida que l’avenue située entre la place d'Italie et la rue de Gentilly, va devenir avenue Sœur Rosalie, pour perpétuer la mémoire de la femme vertueuse dont le dévouement fut si utile à tant de nos braves soldats. On se souvient que c'est cette héroïque sœur de charité qui, en juin 1848, couvrit de son corps un officier de la garde mobile que les insurgés voulaient massacrer, et qu'elle eut le bonheur de sauver.

L'image du jour

La mairie du XIIIe