Faits divers

 Drame de la misère et de l'ivrognerie à la Maison-Blanche - 1934

Drame de la misère et de l'ivrognerie à la Maison-Blanche

Parce qu'il lui refusait de l'argent un fils poignarde son père en chômage

Le Populaire — 29 aout 1934

Un drame navrant de la misère et de l'ivrognerie a mis en émoi, à la fin de l'après-midi d'hier, le populeux quartier de la Maison-Blanche.

Il était un peu plus de 10 heures, lorsque les échos d'une violente discussion parvenaient aux oreilles des locataires de l'immeuble n° 4 de la rue du Tage.

—  Encore les Sorel qui se chamaillent, pensèrent-ils sans plus y attacher d'importance.

Car, dans le voisinage, les Sorel, père et fils, jouissent d'une solide réputation d'ivrognes turbulents et batailleurs.

Le père, François Sorel, 64 ans, tanneur de son métier, était sérieux autrefois, au temps où il travaillait encore. Et puis, le chômage survint. François Sorel lutta durant de longs mois, s'en allant chaque jour quémander d'usine en usine, de fabrique en fabrique, son gagne-pain. Finalement, découragé, il abandonna la partie et pour se venger d'une société qui lui refusait le droit de manger, il se mit à boira... Il but, il but avec le pauvre argent de son allocation et peu à peu l'oisiveté forcée fit de lui un ivrogne.

Depuis un certain temps, il avait chaque soir de terribles disputes avec son fils Robert, .21 ans, qui, lui, n'avait jamais d'autre occupation que de surveiller sur le trottoir les allées et venues de ses petites amies et de leur soutirer quelques subsides.

Les temps sont durs. Et les femmes rapportent peu. Robert Sorel avait besoin d'argent pour aller au café et il eût voulu que son père lui remît une partie de son allocation.

— Tu te saoules avec, lui reprochait-il. Et moi, qu'est-ce que je deviens ? Je peux crever...

Ce à quoi François Sorel ne répondait que par des injures.

Hier soir une nouvelle discussion mit les deux hommes aux prises, mais cette fois, Sorel fils vit rouge. S'armant d'un couteau à cran d'arrêt, le garnement se rua sur son père et l'en frappa à coups redoublés.

Atteint deux fois à l'abdomen et à une main, le mouleur s'écroula. Les voisins le relevèrent, baignant dans son sang, et le firent transporter à l'hôpital de Bicêtre où son état heureusement n'a pas été jugé fort grave.

Peu après, les agents procédaient à l'arrestation de Robert Sorel, victime lui aussi, du capitalisme criminel qui refuse du pain aux vieux et conduit les jeunes, avant même qu'ils aient eu le temps de vivre, aux pires déchéances.


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Le drame de la rue Jenner n°6

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Des cris déchirants, partant d'un logement du deuxième étage, mettaient eu émoi, hier, vers deux heures de, l'après-midi, les locataires de la maison portant le numéro 6 de la rue Jenner.

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Saviez-vous que... ?

L'École Estienne est installée à son emplacement actuel depuis novembre 1889 mais n'a été inaugurée que le 1er juillet 1896 par le président de la République, M. Félix Faure.

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La rue du Dessous des Berges est située à 20 mètres au dessus des berges.

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Le 4 octobre 1923, par suite d'un dérapage, un camion-auto, chargé de caisses vides, renversait un candélabre en face le numéro 41 de la rue de Tolbiac.

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C’est en 1877 que la rue du Marché aux porcs, ainsi dénommée en raison de sa proximité avec un ancien marché aux bestiaux prit le nom de rue de la Vistule. Sa longueur est de 230 mètres.

L'image du jour

Percement de l'avenue des Gobelins (1868)

La vue est prise de la place d'Italie dont on abaisse le niveau de près de deux mètres pour la pente de la nouvelle avenue soit moins forte. La construction métallique à droite, c'est le marché couvert des Gobelins. Il fonctionnera jusqu'à la fin du siècle avant d'être remplacé par le marché Blanqui. Avec l'ouverture de la rue Primatice, le marché couvert sera coupé en deux. La partie côté Gobelins sera démolie ; la partie côté boulevard de l'Hôpital subsistera jusqu'aux années 1970.  ♦