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UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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SAVIEZ-VOUS QUE...

Les travaux d'aménagement de la Place d'Italie furent terminés en 1879 et celle-ci fut considérée comme l'une des plus belles de Paris.


En 1929, il y avait une maison de tolérance au 9 du boulevard Blanqui.


L'asile Nicolas-Flamel, 71 rue du Château-des-Rentiers, fut inauguré le 18 mai 1889.

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Noté dans la presse...

1929

Rue Charles-Bertheau plusieurs immeubles menacent maintenant de s'effondrer

Dimanche, dans la nuit, un craquement sinistre a éveillé les locataires d'un des vieux immeubles de cette rue. une maison d'un étage, portant le numéro 10. D'un coup la maison s'était lézardée du haut en bas. menaçant de s'effondrer.

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C'est arrivé dans le 13ème

 Vol de poires au jardins des Gobelins - 1873

Vol de poires au jardins des Gobelins

Le Journal des débats politiques et littéraires — 5 septembre 1873

La manufacture nationale des Gobelins a pour annexe un immense jardin avec potager et verger où les fruits sont cultivés cum arte d'après les bonnes traditions et selon la méthode de La Quintinie. Il y a là des pêches qui rivalisent avec celles des fameux espaliers de Montreuil et des poires qui, pour la grosseur et le fondant, n'ont rien de comparable.

L'avant-dernière nuit, des malfaiteurs ont pénétré l'aide d'escalade et d'effraction, dans le verger et l'ont dévalisé. Ils ont emporté notamment 500 poires magnifiques en pleine maturité.

Ces déprédateurs ont causé encore, plus de dommage par ce qu'ils ont brisé et détruit que par ce qu'ils ont emporté.

Le commissaire de police du quartier Croulebarbe a immédiatement commencé une enquête, et les indices recueillis permettent d'espérer que les coupables ne tarderont pas à tomber entre les mains de la justice.


 Deux oeufs cuisaient - 1915

Deux oeufs cuisaient.

Le Matin — 6 juin 1915

Deux œufs cuisaient dans la poêle, et le porteur aux Halles Adolphe Vialard, âgé de quarante ans, allait se mettre à table, hier matin, dans la modeste chambre qu'il occupe 166 bis, rue Nationale.

— Décidément, j'en ai assez ! déclarât-il soudain sa maitresse, Maria Monteiller, âgée de trente-quatre ans. Je sais que tu as remis à la maitresse de mon père une partie des outils qui me servent à « bricoler », et je t'en veux à mort !

La menace n'était pas vaine, car le coltineur — il est réparateur de parapluies, à l'occasion — s'empara d'un long poignard, et, à six reprises, le planta dans le flanc de sa compagne. Puis avec la même arme, toute ruisselante de sang, il se porta une douzaine de coups dans la poitrine. Prévenu aussitôt, M. Prodhon, commissaire de police du quartier de la Gare, fit transporter le couple à l'hôpital de la Pitié. L'état de Maria Monteiller n'inspire pas d'inquiétude. Par contre, on désespère de sauver le porteur aux Halles.


 Le proces du drame de la rue du Tage - 1935

Le drame de la rue du Tage

Le jeune parricide Robert Sorel condamné à 5 ans de réclusion

Le Populaire — 3 janvier 1935

Lorsque tout allait bien, avant la crise, avant le chômage, la famille Sorel habitait à Belleville où elle a laissé de bons souvenirs. Belleville, pour eux tous, c'était une sorte de paradis. François, le père, et Robert, le fils, tous deux fumistes, travaillaient de concert et « faisaient de bonnes journées ». Une seule ombre au tableau : l'ivresse, qui parfois, d'ailleurs rarement, les sortait d'eux-mêmes et les rendait violents.

Mais les mauvais jours sont venus ! Les Sorel ont abandonné le clair logis de Belleville et sont allés vivre, à l'autre bout de Paris, rue du Tage, près de la porte d'Ivry, dans un petit hôtel. Le fils, Robert, séparé des siens, préféra aller giter — de force plus que de gré —  rue Blanqui, sur la zone. Il y a là, à chaque numéro, un amoncellement d'innombrables baraques, cagnas et taudis, wagons et buvettes. C'est ainsi que le jeune homme fit la connaissance de mauvais garnements, qui l'entraînèrent à voler. Oui, deux fois de suite, il a commis d'authentiques cambriolages, allant dans un magasin jusqu'à s'emparer de phonographes. Il se fit condamner, et rendu à la liberté, devint rémouleur : il gagnait un ou deux francs lorsqu'il parvenait à trouver quelques couteaux à aiguiser !

Mais quelle école de perversion que celle de l'oisiveté, de la prison et de la zone ! Robert Sorel se mit à boire davantage. Son père aussi. Et lorsque, rue du Tage, des scènes de violence se produisaient, lorsque François Sorel battait sa femme, on courait chercher le fils exilé rue Blanqui, et il venait protéger sa mère. Oui, on en était tombé là !

On devait dégringoler encore, et tomber plus bas ! Le soir, comme il ne gagnait guère, et que sa mère avait conservé pour lui une tendresse d'autant plus protectrice et vive, le jeune rémouleur se rendait rue du Tage, où on lui donnait à dîner. Mais sa mère, en réalité — quel coup de sonde dans la vie des déchus ! —  ne le pouvait hospitaliser qu'en cachette, à l'insu du père qui le craignait et le détestait. Il ne s'asseyait pas à la table familiale, mais mangeait seul, comme un pestiféré, dans la pièce d'à côté. Et l'on ne se risquait pas à prononcer son nom ou à faire allusion à sa présence, par peur des cris et des coups !

C'est ainsi qu'un drame d'une indicible tristesse devait se produire le 28 août. Robert affamé, arriva à la nuit tombante, et de la cour intérieure de l'hôtel siffla pour annoncer sa présence. Il en était parfois réduit de cette cour, à gagner par une échelle, la chambre où sa mère le servait, afin de ne pas attirer l'attention du père. Ce soir-là, François Sorel, plus ivre peut-être que d'habitude — il avait fait chaud ! — devina l'approche du fils détesté et se pencha à la fenêtre. Il commença par jeter un pavé à « son garçon » ainsi qu'il disait encore par habitude, puis il lui cria de s'éloigner, de « foutre le camp, et plus vite que ça » ! Il s'empara enfin d'une lime qu'il brandit comme un poignard et descendit afin « d'expulser le clochard »...

Le fils, à ce moment, sans aucun doute, eût dû fuir, quitte à revenir manger plus tard. La colère, l'ivresse quelque orgueil dépravé, peut-être aussi, le retinrent sur place. Son « vieux » s'élança sur lui et le frappa de sa lime, légèrement, c'est certain — !e docteur Paul a constaté quelques égratignures! Alors, tant il avait perdu la notion des choses, Robert Sorel saisit son propre couteau, l'ouvrit, et de trois coups bien portés blessa mortellement le père. On donne ce détail qui fait frémir : lorsqu'on releva l’ivrogne pour le conduire à l'hôpital où il devait succomber, on l'entendit prononcer ces seuls mots textuels et navrants :

— Ça y est, je suis fait ! Il m'a eu, la vache !

On voudrait que cela n'ait pas été dit, tant ces mots révèlent de vilenie. Ce n'est pas à Belleville que le père Sorel se serait ainsi exprimé ! Le vocabulaire se modifie selon les gains, et selon les milieux. Le chômage les avait tous deux atteints, le père et le fils, comme un mal contagieux qui salit, flétrit et délabre tout !

Et pourtant, il n'est pas méchant, ce gosse ! Ou l'a vu hier, à l'audience de la cour d'assises, pleurer et regretter son geste. Le président Fredin lui reprocha « de n'avoir pas d'autre idéal dans la vie que de vider une chopine !» C'est vite dit ! Puis il remarqua :

— Votre père ne vous a pas tué ?

Et l'accusé de répondre à sa façon par ce mot qui explique bien des choses :

— Quand j'ai vu sa tête comme elle était !

Évidemment ! Il faut d'ailleurs, pour être juste, convenir que le président Fredin se montra impartial, et c'est beaucoup. On vit à la barre défiler les deux frères Sorel ainsi que la mère venue vaillamment défendre son fils et dire :

— Ce n'était pas un mauvais gars ! Il n'avait ni travail, ni chômage, et je lui donnais à manger. C'est comme ça que c'est venu...

L'accusateur, un avocat général tout neuf, au visage endimanché comme celui d'un lycéen un jour de rentrée, rappela tout ce qui accablait le meurtrier, ses vols antérieurs, ses fréquentations, son ivresse,, son crime : beaucoup de maux et qui ont pour origine unique la crise et le chômage : mais un magistrat constate et ne remonte pas à la source du mal. La jeune avocate, Me Géorgie Myers, sut par contre retracer l'histoire de cette déchéance et évoquer la peur de l'adolescent battu, exaspéré, et qui s'arme à son tour. Elle réussit de la sorte à regagner beaucoup du terrain perdu. Les jurés, en effet, accordèrent des circonstances atténuantes et déclarèrent, afin de ne pas aggraver le cas, que l'accusé n'était pas le fils de son père. Ce pieux mensonge leur permit de prononcer le minimum de la peine prévue, cinq années de réclusion. C'était là une décision équitable et humaine. Robert Sorel est de ceux qui se peuvent racheter, et l'on n'a pas le droit de rejeter un homme de la société tant que tout espoir n'est, pas perdu !

SYLVESTRE.

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