Faits divers

 Entends-tu ma voix qui t'invite ? - Guibollard - 1905

« Entends-tu ma voix qui t'invite ? »

Le Matin — 19 aout 1905

Jean Rousseau, dit « Guibollard », dix-neuf ans, et Lucien Fraisier, dit le « Petit-Rat », seize ans, avaient résolu d'offrir à leurs amis de la poterne des Peupliers un repas à l'instar de ceux que s'offrent les bourgeois. Les hors-d'œuvre, bottes de sardines, radis et saucissons furent rapidement achetés à la foire d'empoigne aux devantures de certains commerçants de l'avenue d'Italie. Les rôtis, côtelettes de veau et de mouton, furent achetés de la même façon au marché volant de Bicêtre. Il n'y eut que le pain qui fut payé en billon, billon obtenu par « Guibollard » et le « Petit Rat » à la porte de Notre-Dame de la Maison-Blanche, où ils l'avaient mendié.

Il ne restait plus que le vin à se procurer. « Guibollard » avait bien pensé à aller piquer les fûts sur le quai Saint-Bernard, mais le « Petit-Rat » l'en dissuada, affirmant qu'il ne trouverait là que de la piquette. Il fut plutôt d'avis d'aller visiter la cave d'une concierge de la rue Barrault. Et « Guibollard » accepta tout aussitôt.

Les deux complices, quelques instants après, pénétraient dans la susdite cave et se mettaient en devoir avant d'emporter le vin, d'en apprécier les différents crus. Une demi-heure se passa, au bout de quoi la concierge entendit un chant étouffé :

Entends-tu ma voix qui t'invite
Il me reste encore six sous.

Prise de frayeur, la concierge s'en fut prévenir des agents. Ceux-ci furent d'avis qu'il fallait descendre dans la cave. Et ainsi firent-ils.

Quand ils furent arrivés au bas des marches, la voix ne se faisait plus entendre, mais à la lueur d'une chandelle les gardiens aperçurent « Guibollard » et le « Petit-Rat » étendus ivres-morts sur le sol. Ils durent les transporter sur une voiture à bras au poste de police de la rue de la Butte-aux-Cailles. Sur les indications fournies par les deux malfaiteurs, M. Pélatan a pu arrêter, au moment où ils se mettaient à table, en « attendant le vin », une demi-douzaine de convives, tous repris de justice et souteneurs, qui ont été envoyés au Dépôt avec Jean Rousseau et Lucien Fraisier.


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Le récit assez différent de ce même fait-divers paru dans le Petit-Parisien sous le titre "Les amis de Guibollard"

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Pour aménager la Place d'Italie, une fois les pavillons Ledoux abattus, il fallut abaisser le niveau d'un des côtés de plus d'un mêtre et exhausser l'autre d'autant. L'idée était également de diminuer ainsi la pente de la rue Mouffetard, future avenue des Gobelins

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Le 21 juillet 1874, il faisait 35° dans le Treizième arrondissement. Des feux de broussailles se déclarèrent rue du Château des Rentiers et avenue d'Ivry, obligeant les habitants du quartier à intervenir à grands renforts de seaux d'eau.

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En 1901, M. et Mme S..., marchands de beurre, habitaient 101, rue de Patay, un petit pavillon isolé.
Devant était un minuscule jardinet, sur les côtés un hangar, et, dans le fond, une remise et des écuries avec un mur de clôture séparant la propriété d’un terrain vague ayant vue sur la rue Albert et sur lequel on élèvait une maison, encore en construction.

L'image du jour

Le boulevard de la Gare (Vincent Auriol) vers la rue Jenner