1897 - Combat de « Terreurs » Alcazar - 1897

Combat de « Terreurs »

Cinq blessés - Deux arrestations

La Petite République — 20 juillet 1897

Charonne contre le quartier d’Italie. — À l’Alcazar de l’avenue de Choisy. Rixe sanglante boulevard de l’Hôpital. — Les blessés. Les arrestations. L’enquête

Une bande d’une dizaine de souteneurs étaient venus hier de Charonne pour s’amuser dans le quartier d’Italie, mais les gars de la Maison-Blanche virent cette invasion sur leur territoire d’un mauvais œil. D’autant plus que ça n’était pas la première fois que le fait se produisait et que plusieurs de ces dames du quartier d’Italie s’était laissé enlever par les barbillons de Charonne comme de simples Sabines.

Ces messieurs avaient donc un vieux compte à régler.

En apprenant que ceux de Charonne étaient au bal de l’Alcazar d’Italie, avenue de Choisy, 190, la Terreur de la Maison-Blanche rassembla une dizaine de copains et, tous armés jusqu’aux dents, allèrent trouver les envahisseurs.

À cinq heures, le bal était très animé, les deux bandes se surveillaient, et jusque-là, les ennemis s’étaient contentés d'échanger quelques grosses injures ou de se donner des coups de coude sans se faire d’excuses : les surins frémissaient dans les poches.

À six heures, la Rouquine de la Maison-Blanche consentit à valser avec un type de Charonne, elle n’avait pas vu son ami. Il n’en fallut pas davantage. Le feu était aux poudres. Une première mêlée se produisit. Mais les gardes municipaux et les gardiens de la paix séparèrent les belligérants qui furent expulsés de la salle.

Mais lorsque les deux bandes furent dans l’avenue, les hostilités recommencèrent ; bref, boulevard de l’Hôpital, au coin de la rue Pinel, les deux camps en vinrent aux prises. On vit alors briller les lames et les canons de revolver, et une lutte sanglante commença, sous les yeux des promeneurs épouvantés.

Quand les gardiens de la paix arrivèrent en nombre, il y avait cinq blessés sur le flanc. On put arrêter deux individus, Georges F... et Joseph B..., mais jusqu’ici ils ont protesté, déclarant qu’ils n’avaient assisté au combat qu’en simples curieux.

Un autre, qui avait reçu un coup de canne à épée dans le flanc, a pu fuir.

Quatre blessés ont été transportés à l’hôpital de la Pitié ; ce sont les nommés Alfred Begen, coup de revolver au flanc droit ; Bégu, coup de couteau dans la tête ; Gorian, grave blessure au cou, et, enfin, Pierre, blessure profonde au ventre ; son état est considéré comme désespéré.

Le commissaire de police du quartier recherche les autres combattants.

Pierre Des Rues.

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