Faits divers

 paris-treizieme.fr — Le drame de la rue Nationale (1879)

Le drame de la rue Nationale

Le Figaro — 24 mai 1879

Le n°7 de la rue Nationale était bien tout proche du boulevard de la Gare (Vincent-Auriol). Anciennement voie de la commune d'Ivry aboutissant à la barrière des Deux-Moulins, elle n'avait pas à respecter les règles de numérotations de rues appliquées à Paris. Les numéros impairs étaient à gauche en regardant vers Ivry. Le lavoir était quant à lui, selon un autre journal, à 25 mètres en retrait de la rue au bout d'un long couloir.

Un événement des plus dramatiques s'est produit hier matin au numéro 7 de la rue Nationale, près du boulevard de la Gare.

En cet endroit se trouve un lavoir tenu par les époux Leroy. Une réparation à faire au tuyau de la pompe d'alimentation de la machine à vapeur avait nécessité le travail d'un ouvrier chaudronnier. Cet ouvrier, du nom de Ladame, âgé de vingt-neuf ans, marié depuis seulement cinq semaines, et demeurant à Gentilly, 11, rue du Parc, était descendu, vers sept heures, dans le puits situé à l’entrée à droite du lavoir ; et travaillait en compagnie d'un aide, le nommé Joseph, âgé de dix-sept ans.

Sur cette carte postale des années 50/60 représentant la rue Nationale vue du boulevard de la Gare, l'enseigne du lavoir est toujours accrochée au dessus de l'étal de la poissonnerie.

À sept heures et demie, Ladame, qui avait, assure-t-on, exprimé des doutes sur la solidité des parois du puits, et qui se trouvait à ce moment à 22 mètres de profondeur, envoya Joseph chercher des boulons pour consolider un joint. L'aide était à peine arrivé à l'orifice du puisard qu'un bruit sinistre se fit entendre ; un éboulement venait d'avoir lieu ; et Ladame avait disparu sous une épaisseur d'un mètre au moins de matériaux.

Le patron du lavoir et d'autres personnes accoururent aussitôt ; on envoya en même temps chercher M. Blondeau, entrepreneur de maçonnerie, lequel descendit dans le puits, communiqua quelques instants avec Ladame, qui parlait encore distinctement et semblait être à peu près sauf et commença immédiatement le : travail d'étaiement. Mais à neuf heures et demie, un nouvel éboulement se produisit, et M. Blondeau eut beaucoup de peine à se dégager.

Ce fut alors que les ingénieurs de la Ville, prévenus, reconnurent l'impossibilité absolue d'arriver jusqu’au malheureux Ladame par l'orifice du puits, et que l'on résolut de parvenir à la victime par les Catacombes. Deux équipes d'ouvriers descendirent par le regard de la place d'Italie, et les travaux, vigoureusement entamés, se continuèrent toute la journée, au milieu de l'émotion croissante de la nombreuse population ouvrière du quartier.

Sauf erreur, le kiosque d'accès aux carrières était situé avenue de la soeur Rosalie

À neuf heures et demie du soir, aucun indice ne révèle l'existence de Ladame. Les travailleurs sont à proximité du puits et activent l'action d'une pompe d'épuisement. Rue Nationale, devant le lavoir, et à la place d’Italie, devant le kiosque par lequel on descend dans les carrières, les agents ont peine à contenir la foule anxieuse et agitée. Le spectacle est véritablement émouvant

Minuit 1/2. Les recherches n'ont encore donné aucun résultat, et aucun bruit humain n'a été perçu. Le travail de déblaiement se continue en dessus et en dessous, et la nuit tout entière y sera consacrée, mais la certitude de la mort du malheureux Ladame s'impose à tous. On raconte qu'en quittant sa femme, le matin, il lui aurait dit : « Viens, Mariette, que je t'embrasse ; je descends dans un vieux puits et, je pourrais bien ne pas revenir. »

 



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Saviez-vous que... ?

En janvier 1910, c'est Mlle Rose Boyer, une délicieuse blonde de vingt et un ans, qui exerçait la délicate profession de brodeuse, et qui demeurait 12, rue de l'Espérance ainsi que le précisait Le Journal, qui fut élue Reine du 13e arrondissement par l'Association artistique dudit arrondissement, affiliée au comité des fêtes de Paris, et ce, au théâtre des Gobelins.

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La galerie de la manufacture nationale des Gobelins située sur l'avenue du même nom est l'oeuvre de l'architecte Jean Camille Formigé (1845-1926).

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En 1878, le directeur de l'Alcazar d'Italie, un bal situé 190 avenue de Choisy, était M. Albert Barjon.

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C'est par un, vote intervenu le 19 octobre 1894 que le conseil municipal de Paris décida que la rue Saint-François de Sales perdrait son nom pour prendre celui de Daviel.

L'image du jour

La rue de la Colonie vue de la rue Vergniaud en 1912