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 paris-treizieme.fr — Des « esprits » persécutent une famille rue de Patay

Des « esprits » persécutent une famille rue de Patay

N'y aurait-il pas, dans l'appartement hanté un élève de Robert Houdin ?

Le Petit Journal — 8 avril 1920

Une foule compacte dans une rue, coupant complètement la circulation ; des cris, des éclats de rire ; que se passe-t-il ?

C'est la maison « hantée », tout simplement ; oui, la maison hantée, car il en est une, à Paris même, 87, rue de Patay derrière la place d'Italie.

La rue de Patay en direction de la porte de Vitry. Le 87 est sur la droite.

Au troisième étage de cet immeuble, dans un petit logement composé de d'eux, pièces, d'une entrée et d'une cuisine, demeurent depuis de longues années de très braves gens, M. Joly, ébéniste, son fils, le jeune Georges, âgé de 16 ans, et la tante de ce dernier, Mlle Gréglois, infirmière à la Maternité. Très estimés de tous leurs, voisins, — voici plus de 45 ans qu'ils habitent le quartier, — cela ne les empêche pas d'être « possédés des esprits ». Depuis le 14 juillet dernier, c'est la date de la première manifestation « surnaturelle » ; presque chaque soir, meubles, assiettes, tasses à café, légumes, billets de banque et autres objets se livrent, dans l'appartement, à la sarabande la plus effrénée qu'on puisse imaginer. Des tasses sortent toutes seules du placard où elles sont rangées et tombent à terre non sans avoir été se promener au plafond, des tables se « précipitent » sur les personnes présentes qui s'enfuient épouvantées, des oignons viennent s'écraser sur la tête du pauvre ébéniste qui supplie le démon de ne plus le persécuter.

C'est qu'en effet, le pauvre homme ne sait plus que faire pour empêcher les « esprits » de briser son mobilier et sa vaisselle, et, au prix où sont les assiettes !...

De plus, le malheureux ne dort plus ; les « esprits » le poursuivent jusque dans son lit où des mains viennent le caresser ou le frapper. M. Joly ne peut plus garder un oreiller ni un édredon sans que des bras se glissent à l'intérieur pour le torturer.

Longtemps l'ébéniste cacha ses souffrances, mais les « esprits » devenant de plus en plus méchants, M, Joly finit par demander le secours de ses voisins et amis. Un marchand de journaux, un chauffeur, un débitant de vins, jusqu'à un gardien de la paix, M. Thiss, pénétrèrent dans le logement et constatèrent « les étranges manifestations des esprits ».

Finalement, l'histoire se répandit, tout le quartier ne parla plus que de cela ; on alla chercher des « médiums », une « comtesse », rien n'y fit. Les « esprits » continuèrent.

Hier, on attendait de « grandes démonstrations » de leur part, et une véritable foule se rassembla devant la maison, à tel point que l'officier de paix de l'arrondissement dut envoyer une escouade d'agents pour protéger l'immeuble dans lequel les curieux voulaient pénétrer de force.

Dans la foule les réflexions allèrent leur train, les uns accusaient la concierge, les autres le propriétaire, de se livrer aux exploits prêtés aux « esprits » et, dans la soirée des pierres furent lancées contre la maison que les agents eurent grand-peine à dégager.

Enfin, vers neuf heures, l'officier de paix arriva avec son inspecteur principal et un de ses amis. Ils montèrent dans l'appartement « hanté » où, toute la famille de M. Joly, au moins dix ou douze personnes, était réunie.

Tout en questionnant M. Joly et Mlle Gréglois, ils ne quittèrent pas une seconde du regard, le jeune Georges, aux troublants yeux bleus et, coïncidence curieuse, aucune manifestation « surnaturelle » ne se produisit.

L'officier, de paix attendit plus d'une heure ; à plusieurs reprises, le jeune Georges s'approcha du placard d'où les tasses sortent toutes seules, mais les regards des policiers pesaient sur lui, et les tasses restèrent à leur place. Par contre, l'apprenti électricien ne put réprimer quelques signes évidents d'inquiétude.

Enfin, à 10 heures, l'officier de paix s'en alla concluant que les « esprits » avaient peur de la police.

Peut-être que si Robert Houdin allait dans l'appartement « hanté » y trouverait-il un élève digne de lui.



Sur la rue de Patay

Historique

  • La rue de Patay (695 mètres, entre le boulevard Masséna, et la rue de Domrémy, 25) fut ouverte par arrêté préfectoral du 21 novembre 1855, sous le nom de boulevard de Vitry.
    Par décret du 2 octobre 1865, elle reçut sa dénomination présente, à cause du voisinage de la place Jeanne-d'Arc, et en mémoire de la victoire que Jeanne remporta sur les Anglais de Talbot en 1429. (Petite histoire des rues de Paris, 1913)

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En 1921, le maire du 13ème arrondissement était M. Guerineau. Il possédait une usine de céramique dont les bâtiments s'étendaient du numéro 69 de la rue du Gaz au numéro 172 de l'avenue de Choisy. Cette usine brûla le 26 octobre 1921.

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Dans son numéro du 19 mars 1872, le Petit Journal signalait à ses lecteurs la vaillante conduite d'une jeune fille-de douze ans, l'aînée de six enfants, dont la mère, demeurant rue Buot, 17, quartier de la Butte aux Cailles (13° arrondissement) était malade à ce moment.
Levée à trois heures du matin, elle allait travailler dehors et gagnait 1 fr. 50 c., pour nourrir toute la famille ; en rentrant de son ouvrage, elle soignait ses frères et sœurs comme l’aurait fait la meilleure des mères.

L'image du jour

Percement de l'avenue des Gobelins (1868)

La vue est prise de la place d'Italie dont on abaisse le niveau de près de deux mètres pour la pente de la nouvelle avenue soit moins forte. La construction métallique à droite, c'est le marché couvert des Gobelins. Il fonctionnera jusqu'à la fin du siècle avant d'être remplacé par le marché Blanqui. Avec l'ouverture de la rue Primatice, le marché couvert sera coupé en deux. La partie côté Gobelins sera démolie ; la partie côté boulevard de l'Hôpital subsistera jusqu'aux années 1970.  ♦