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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

Littérature

 Assassins!!! - 10

10

ASSASSINS !!!

par
Louis Dagé
(1881)


PREMIÈRE PARTIE


La Masure du Corbeau-Rouge


V
Où le lecteur fait plus ample connaissance avec tous nos personnages.

Environ une année avant l’époque où se passèrent les incidents que nous venons de raconter, les journaux anglais publièrent une annonce, à peu près conçue en ces termes :

« Un jeune Français, dégoûté de la vie, a pris la résolution de se suicider. Si quelque original (excentricman) désire assister à ses derniers moment et constater les effets in entremis de la strangulation, de l’empoisonnement ou de l’asphyxie ad libitum, il pourra se procurer cet agrément moyennant la somme de mille livres esterlins. Répondre aux initiales B. C., poste restante, « Paris. »

En Angleterre, le pays par excellence de l’excentricité, une pareille réclame devait fatalement être suivie d’un effet immédiat.

Sans doute celui qui l’avait publiée comptait sur cette bizarre disposition d’esprit de nos voisins, pour assurer le succès de sa démarche.

Quelques jours après l’apparition, dans la presse d’outre-Manche, du Fait-divers ci-dessus, un jeune homme, élégamment vêtu, d’une tenue de gommeux irréprochable, se présentait au bureau de la poste restante, rue Coq-Héron, et relirait une lettre adressée aux initiales B. C.

C’était le futur suicidé qui recevait une réponse à son étrange communication.

À peine eût-il posé le pied dans la rue que le singulier personnage, pris d’une agitation fébrile, déchira l'enveloppe qu’il tenait entre ses doigts, en retira un papier, l’ouvrit et lut ce qui suit :

 

« Monsieur,

« Veuillez me faire l’honneur de passer chez moi, boulevard Haussmann, 38, de dix heures à midi. Je désire causer avec vous, au sujet du suicide en question.

« Baron de Gurgloff. »

 

— Tiens ! Il paraît que les Allemands se piquent d’originalité ! pensa le jeune homme… n’importe, ajouta-t-il mentalement. J’irai !

Le lendemain, à dix heures sonnant, le valet de chambre du baron de Gurgloff apportait à son maître une carte armoriée sur laquelle celui-ci jeta les yeux.

— Faites entrer M. le vicomte Lucien de Moreuil ! commanda l’Allemand à son domestique.

C'était bien, en effet, Lucien de Moreuil, que nos lecteurs connaissent déjà, qui se trouvait, quelques minutes après, en présence de celui qu’on appelait baron de Gurgloff, boulevard Haussmann, et M. Polydor, rue du Fer-à-Moulin.

Le baron invita son visiteur à s’asseoir ; et, dans le plus pur accent parisien, il lui dit :

— Permettez-moi, monsieur le vicomte, de me féliciter de l’heureux hasard qui me procure le plaisir de faire votre connaissance.

— Vous me comblez, monsieur le baron !

— Oh ! ce que je vous dis là n’est pis une vaine formule de politesse !... Il y a longtemps que je cherchais un jeune homme qui se trouvât dans votre disposition d’esprit.

— Ah !

— Mon Dieu ! oui ; j’avais besoin d’un ami qui fut exempt d’illusions et veuf de préjugés... avez-vous encore des illusions ?

— Je n’en ai plus.

— Et des préjugés ?

— Je n’en ai jamais eu.

— A la bonne heure ! À mon avis, il n’existe que deux points de vue auxquels on puisse envisager la vie : ou bien comme un purgatoire dans lequel l’homme s’épure, et alors il faut accepter toutes les misères, toutes les déceptions, tous les malheurs, à titre d’épreuves ; ou bien l’existence doit être considérée comme une bouffonnerie grotesque, et, dans ce cas, les plaisirs formeront le vrai, le seul objectif des mortels. Les êtres qui nous entourent seront tous méprisables, et il nous faudra les exploiter, de peur d’être dupés par eux.

— Je suis parfaitement de cet avis, baron, et votre raisonnement contient la synthèse delà philosophie que j’ai toujours suivie.

— Enchanté, vicomte !

— J’ai épuisé la coupe de toutes les jouissances : n’ayant plus de fortune, il ne me reste plus qu’à mourir !

— Pas encore, vicomte, pas encore ! Devenez mon ami, mon coopérateur, et je vous promets l’opulence !

— Bien vrai ! interrogea le visiteur.

En posant cette question, l’œil du vicomte eut un éclair de convoitise qui n’échappa point au regard scrutateur du baron.

— Allons, je vois que nous nous entendons... Revenez souvent, suivez tous mes conseils, et je vous jure que je tiendrai ma promesse... En attendant, voici de quoi vous mettra à l’aise momentanément.

Et le baron tendit un paquet de billets de banque à son interlocuteur.

Mais celui-ci eut un geste d'hésitation.

— Prenez, prenez donc, mon jeune ami, autrement je vais croire qu'il vous reste encore des préjugés

— Au fait, prononça le vicomte, j’ai d’avance sacrifié ma vie, je vous la livre ! Quoi que vous me commandiez, j’obéirai ! Je vendrais mon existence vingt-cinq mille francs, afin d’avoir encore un mois de plaisirs à l’actif de mes folies ; vous me laissez vivre et vous me donnez la somme, c'est donc un marché où tout est bénéfice pour moi !

— Oui, vivez, mon ami, et surtout, vivez largement ; je pourvoirai à tous vos besoins.

— J’accepte, et, désormais, comptez sur mon dévouement absolu.

— Maintenant que nos affaires d’intérêt sont réglées, permettez-moi de tous adresser quelques questions.

— Faites, baron, faites ; je vous répondrai avec franchise ; au point où nous en sommes, je n’ai rien à dissimuler avec vous.

— D’abord, votre titre ?

— Est un titre d’emprunt ; mon nom également.

— Je m’en doutais ! Du reste, Je n’en ai nul souci ; cependant, il ne faudrait pas que cela nuisît à vos entrées dans le monde.

— Je ne connais que les cabarets à la mode et je ne fréquente que les salons des femmes interlopes.

— Mais vous avez dû inévitablement lier connaissance avec des jeunes gins de la meilleure société ?

— Naturellement ; d’autant que ces messieurs sont d’un commerce facile ! Pourvu qu’on soit gai compagnon et qu’on sache dépenser à propos quelques centaines de louis, ils n’en demandent pas davantage.

— Oui, je sais : ce sont là des références devant lesquelles on s’incline volontiers. Mais j’y songe ! ces jeunes gens se feront, sans doute, un plaisir de vous introduire dans leur famille et de vous faciliter ainsi l’accès de réunions mieux choisies !

— Çà, j'en suis sûr !

— Alors tout est pour le mieux de ce côté... Reste une seconde question plus délicate, mais pour laquelle J’exige une entière franchise.

— Parlez, baron !

— Vos moyens d’existence !

— Le jeu !

— Il faudra y renoncer ; c’est dangereux. Le plus habile se laissé prendre, tôt ou tard.

— C’est entendu, je ne jouerai plus !

Le 13e en littérature

Le quartier de la Gare

Monsieur Lecoq

par
Émile Gaboriau

Le 20 février 18.., un dimanche, qui se trouvait être le dimanche gras, sur les onze heures du soir, une ronde d’agents du service de la sûreté sortait du poste de police de l’ancienne barrière d’Italie.
La mission de cette ronde était d’explorer ce vaste quartier qui s’étend de la route de Fontainebleau à la Seine, depuis les boulevards extérieurs jusqu’aux fortifications.
Ces parages déserts avaient alors la fâcheuse réputation qu’ont aujourd’hui les carrières d’Amérique.

(1869)

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La Butte-aux-Cailles

Le trésor caché

par
Charles Derennes

Depuis toujours on habitait, mon père et moi, sur la Butte-aux-Cailles ; encore aujourd'hui, ce quartier-là n'est guère pareil à tous les autres. Mais si vous l'aviez vu du temps que je vous parle ! Des cahutes s'accrochaient à la butte comme des boutons au nez d'un galeux ; ça grouillait de gosses et de chiens, de poux et de puces...

(1907)

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La prairie de la Glacière

Sans Famille

par
Hector Malot

C’est un quartier peu connu des Parisiens que celui qui se trouve entre la Maison-Blanche et la Glacière ; on sait vaguement qu’il y a quelque part par là une petite vallée, mais comme la rivière qui l’arrose est la Bièvre, on dit et l’on croit que cette vallée est un des endroits les plus sales et les plus tristes de la banlieue de Paris. Il n’en est rien cependant, et l’endroit vaut mieux que sa réputation.

(1878)

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La Butte-aux-Cailles

Bouscot

par
Gaston Chéreau

Il habitait tout là-bas, aux Gobelins, dans un pâté de bicoques en carton que bousculent des rues à noms magnifiques rue des Cinq-Diamants, rue de l'Espérance, rue de la Butte-aux-Cailles…

(1909)

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Le quartier de la Gare

Un crime passionnel

par
J. H. Rosny

Je songe à l'histoire de la petite Jeannette, qui vivait dans le noble quartier de la Gare.

(1908)

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La rue Jonas

Zigomar - La femme rousse

par
Léon Sazie

L'antre de « la Baleine » donnait sur la rue Jonas, comme nous l'avons dit. Cette rue au nom biblique se trouvait dans un grouillement de petites voies étroites, courtes, basses, tortueuses, qui forment un coin à part dans ce quartier.

(1910)

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La Cité Jeanne d'Arc

Les mémoires de Rossignol

par
Rossignol

Ma « clientèle » de la rue Sainte-Marguerite disparaissait peu à peu. Elle s'était réfugiée cité Doré, qui donne rue Pinel et boulevard de la Gare, ou cité Jeanne-d'Arc, près de la rue Nationale, dans le treizième arrondissement.

(1894)

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Un Treizième à découvrir dans...

Saviez-vous que... ?

La Société des logements économiques pour familles nombreuses inaugurait, en novembre 1911, cet immeuble situé 14-16, boulevard Kellermann, face à la porte de Bicêtre qui comportait, selon le Gil Blas, cent sept logements occupés par 824 personnes dont 585 enfants.

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Le 21 août 1881, M. François, Jean, Félix Cantagrel (Amboise 1810 - Paris 1887) fut de nouveau élu député du 13ème arrondissement au Corps législatif. Il avait été élu une première fois en 1876.
Son nom fut donné en 1899 à la voie nouvelle reliant le carrefour Tolbiac/Patay à la rue Watt. Il y eut même une rue Cantagrel prolongée.

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Ernest Rousselle (1836-1896) -C'est lui ! - et son fils Henri (1866-1925) étaient négociants en vins.

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Les premiers commissaires de police ayant autorité sur les quartiers du nouveaux 13e arrondissement issus de l’annexion du 1er janvier 1860 étaient :
M. Daudet, pour les quartiers de la Salpétrière et de la Gare. Ses bureaux étaient installés 62, boulevard de l’Hôpital ;
M. Juhel pour les quartiers de la Maison-Blanche et de Croulebarbe. Ses bureaux étaient installés 36, route d’Italie, l’avenue d’Italie actuelle.

L'image du jour

L'image du jour
Charles Marville, la rue Saint-Hippolyte vue depuis la rue Pascal (détail) - 1864

Initialement, la rue Saint-Hippolyte reliait la rue Mouffetard ancienne à la rue de Lourcine. Le percement du boulevard Arago entraina une modification complète des lieux. La nouvelle rue Saint-Hippolyte relia la rue Pascal à la rue de la Glacière.